Harper et les jocrisses

Ottawa va licencier 20 000 fonctionnaires.  Vous savez  ces chanceux qui croyaient avoir une sécurité d’emploi ?  On les a bien eus ! …  Chaque sous-groupe de fonctionnaires en est donc aujourd’hui à vouloir convaincre qui-de-droit qu’ils sont, eux  – douaniers, inspecteurs des aliments ou que sais-je –  VRAIMENT  essentiels à l’État et au bien être des citoyens, alors que pour les autres fonctionnaires, bah… c’est moins sûr…  Ca discute ferme.  Les couteaux volent bas.

A l’intérieur de chaque sous-groupe, chaque quidam, qu’il soit préposé aux latrines ou vice-président, est lui à convaincre son propre  « qui de droit » de patron qu’il est – lui et pas son  collègue – un des rouages indispensables sans lesquels la structure dégraissée qui survivra aux coupures ne pourra fonctionner.   Les couteaux ne volent plus : c’est le corps-àcorps.

Les syndicats de la fonction publique ?  Le climat des dernières décennies ne les a pas préparés à une bagarre : ils sont un peu pansus. Flasques. Nuls. Pas de grosses vagues.  Les autres citoyens qui voient dresser la guillotine ?  Ils ont leurs propres tracas.  Beaucoup sont persuadés que les gens du public ne fichent rien. Beaucoup jalousent depuis longtemps la sécurité d’emploi des fonctionnaires.  Donc, « Un indien de moins », comme on dit au El Salvador quand il y a un deuil, « c’est une tortilla de plus dans l’assiette » . On verse une « larme furtive », comme aurait chanté Pavarotti …. et on n’y pense plus…. La solidarité ?  Harper en a eu raison.

Y a t-il trop de fonctionnaires. Je n’en sais rien. Je sais qu’avec la mécanisation, l’automation et les délocalisations, il ne reste que 12% de la main d’œuvre qui produit des biens.  Le reste de nous, au privé comme au public, nous brassons des idées ou du papier, rendons des services…  Pas si facile de voir ce qui est utile et ce qui ne l’est pas….

Mais, ce que je sais, c’est qu’on avait promis aux fonctionnaires la sécurité d’emploi et qu’on la leur enlève.  Fourberie. Derrière Harper, c’est l’État  qui ne tient pas ses promesses.   Derrière les fonctionnaires jocrisses qui ont cru à la promesse de la sécurité, il y a les jocrisses que nous sommes tous.  Croyons-nous encore que cet État menteur,  sans foi ni loi, maintiendra les services, payera les rentes et soutiendra la valeur de l’argent ?   Nous pourrions regretter cette naïveté.

Pierre JC Allard

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