Hayek ou Keynes ? – SUITE et Fin

Comment faire pour garantir une croissance décente après une récession sévère? Les réponses apportées à cette problématique sont radicalement différentes – et même opposées – selon que l’on soit aux Etats-Unis ou en Europe! De fait, les approches et stratégies adoptées n’ont jamais été aussi fondamentalement divergentes entre ces deux blocs.

Les USA ont ainsi opté pour injecter des centaines de milliards de dollars empruntés afin de tenter de stimuler leur économie avec, en ligne de mire, une influence espérée positive sur l’embauche et la consommation. C’est l’amélioration de la compétitivité qui est donc privilégiée au détriment de l’aggravation de déficits supposés se résorber par la suite progressivement dès le retour de la croissance. Cet angle d’attaque Keynésien des Etats-Unis étant, lui, contrecarré par l’approche Hayékienne de l’Europe qui part du principe que la demande intérieure ne sera encouragée que si les consommateurs reprennent confiance grâce à des Etats travaillant à résorber leurs déficits et ce même si cet effort de réduction des endettements bride à court terme la croissance. C’est selon cette logique que M. Trichet a ainsi tout récemment défendu cette stratégie  » favorable à la confiance, à la consommation et à l’investissement »…

En théorie, c’est l’approche Américaine qui s’impose dans le cadre d’une fragilisation de l’économie. Toutefois, cette propension à s’endetter exagérément aujourd’hui pour rembourser demain ne peut – en pratique – être validée qu’à la condition expresse que le pays, que ses citoyens et que les créanciers étrangers ne soient persuadés de l’avenir – fiscal et budgétaire – du débiteur. Cette perte de confiance internationale et même intérieure en les Etats-Unis est aujourd’hui sur le point de dégénérer en une spirale susceptible d’avoir des effets ravageurs sur l’activité économique. Dans un tel contexte, tous les endettements et déficits contractés le sont pour rien…

Michel Santi

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