Hommage à un « bon Jack »


Par Philippe David

Au Québec, une des expressions populaires que nous avons pour dire que quelqu’un est un bon diable est qu’il est un « bon Jack ». J’ignore d’où provient cet expression, mais elle est certainement appropriée dans le cas de Jack Layton. Jack Layton est né et a passé son enfance et son adolescence au Québec d’ailleurs. Je ne suis pas d’accord avec ses points de vue politiques, mais force est de reconnaitre qu’il avait de la classe et qu’il avait le cœur à la bonne place. Parmi les membres d’une classe politique qui suscite plus la dérision que l’admiration de nos jours, il était un des rares personnages qu’on aurait pu qualifier de « gentleman ».

Il y a déjà plusieurs jours que son décès a pris les canadiens par surprise. Pourtant sa dernière apparition publique, celle où il a annoncé qu’il cédait sa place, ne laissait que peu de doute dans mon esprit que son combat était loin d’être gagné. Jack Layton, un homme d’ordinaire énergique, n’était plus que l’ombre de lui-même et semblait avoir vieilli de 10 ans. Le cancer est une terrible maladie qui a emporté déjà plusieurs membres de ma famille. Je ne souhaiterais pas cela à mon pire ennemi. Mes pensées sont avec sa famille.

Jack, comme les québécois se sont plu à l’appeler aux dernières élections, nous aura quitté à l’apogée de sa carrière pour avoir réaliser l’impossible de gagner le cœur des québécois pour une formation politique qui leur était totalement antipathique avant lui. Aucun autre chef du NPD n’avait réussi à seulement faire une percée au Québec. À la dernière élection fédérale, les québécois n’avaient pas voté pour le NPD, ils ont voté pour « Jack ». Ils ont voté pour le chef le plus charismatique et on ne pourrait les blâmer, considérant les alternatives. Michael Ignatieff et Stephen Harper n’ont certainement pas su les rejoindre. Seul l’avenir dira si l’aventure entre le Québec et le NPD survivra à Jack Layton. Quant à moi, j’ai de gros doutes. Je ne vois pas vraiment qui pourrait remplir ses chaussures. Comme successeur possible, il y a bien Thomas Mulcair, mais il aura fort à faire pour maintenir les gains que le NPD a fait au dernier scrutin.

2 pensées sur “Hommage à un « bon Jack »

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    26 août 2011 à 11 11 21 08218
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    Merci pour cet article en l’honneur d’un homme tout à fait extraordinaire. Même à la veille de sa mort, il a su communiquer son amour pour sa patrie à tous les canadiens(nes) dans un geste testamentaire peu commun.
    Même si je n’ai pas été emportée par la vague orange, je ne suis absolument pas convaincue que les électeurs québécois ont voté seulement à cause de Jack. Je crois que les québecois ont aussi vôté NPD pour plusieurs raisons: Primo pour la sociale-démocratie du partie. Les québécois ont toujours un penchant vers la gauche…centre-vs- la droite canadienne. Ils ont ensuite vôté contre les politiques de Harper qui n’a pas grand chose en commun avec une bonne partie de l’électora québécois. Et tertio, après tant d’années d’immobilisme, les québécois ont totalement perdu confiance dans le Bloc et ne veulent plus entendre parler de ni constitution et ni de séparation. Même si rien n’est parfait, nous devons admettre que nous avont déjà un pays, «le Canada» où nous vivons dans l’un des meilleurs pays au monde. Considérant cette conjoncture, je me permettrais de prédire que peu importe le futur chef, non seulement le NPD, propulsé par le riche héritage de Jack, occupera encore une grande place sur l’échéquier politique, mais si parfois, les Libéraux choisissaient de se joindre à eux, ils prendront le pouvoir. Et à cause de l’optimisme et de l’amour de Jack pour son peuple, je leur souhaîte de tout coeur.

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    26 août 2011 à 12 12 23 08238
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    Au-delà de l’empathie naturelle envers une personne morte du cancer et qui durant sa vie publique avait le sourire facile, je ne connais pas vraiment ni l’homme ni le politicien. J’ai une petite idée des valeurs qu’il défendait mais je ne peux mettre le doigt sur aucune réalisation concrète. Je reconnais cependant le caractère socio-affectif de mes concitoyens qui enterrent leur sens critique à la moindre occasion.

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