Il est plus facile pour un chameau…

Avez-vous remarqué comment les entreprises qui licencient sont très souvent récompensées par les marchés via une augmentation de leur titre en bourse? Tandis que, parallèlement, celles qui embauchent courent le risque d’être jugées avec grande circonspection par l’armada des analystes financiers confortablement installés dans leur fauteuil? Notre système financier a ainsi imposé à nos entreprises d’apprendre à faire le travail de 200 salariés avec seulement 100 afin de maximiser ses profits. Il est absolument invraisemblable que nul gourou de la Finance ou aucun « observateur avisé » de Wall Street n’ait jusque là effectué la relation entre cette politique consistant à l’essorage optimal du salarié et les très mauvaises statistiques du chômage – par exemple – aux Etats-Unis!  

Quand les gardiens du temple comprendront-ils enfin que travailleurs et employés contribuent tout autant que l’actionnariat à leur enrichissement et à leurs « deals » gagnants? Pas de sitôt en réalité car, pour le moment, ils vivent dans un univers de peur et d’incertitude où la seule problématique qui les agite – y aura-t-il reprise? – ne les tourmente que du fait de leurs profits qui déclinent… Peur et Gourmandise font en effet régulièrement chuter le Dow Jones de 150 à 200 points mais faut-il en arriver là pour que l’investisseur et le banquier daignent enfin s’intéresser à la statistique des sans emplois? Faudra-t-il une autre catastrophe pour qu’ils découvrent également la masse de ceux qui, ayant un job, sont néanmoins sous employés ou pour qu’ils comprennent l’état d’esprit de tous les autres salariés effrayés par un contexte tapissé d’insécurité? Comment s’étonner que la consommation – ce moteur suprême de l’activité économique – ne reparte pas dans un pays (comme les USA) où règne un tel état d’esprit?

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