Il se passe quelque chose à Monopolis


Il se passe quelque chose à Monopolis… et ce n’est pas tout a fait du Starmania. On sait que, depuis les dernières élections municipales, Projet Montréal, la formation politique dont Richard Bergeron est le leader, accordait sont appui à l’administration du Maire Tremblay, créant au palier des décisions un consensus que la population n’avait certes pas annoncé par ses suffrages au dernier scrutin.

Bon, tant mieux si, avec de la bonne volonté, on a pu ramer un temps la barque  Concordia face au vent sans la faire chavirer, mais il demeure qu’on ne sait pas trop quel cap elle s’est fixée.  Va-t-0n  encore longtemps se limiter  à ne pas faire naufrage, alors qu’il faudrait bouger, avancer, aller quelque part ?  Il y a des décisions cruciales a prendre.  Dépenser des milliards pour l’echangeur Turcot est une de ces grandes décisions.

Les villes impliquées ont unanimement exprimées  leur accord avec une solution concernant ce projet. On vient de décider de ne pas en tenir compte. On va procéder selon des décisions prises ailleurs, et avec le soutien d’une administration municipale dont le moins qu’on puisse dire est qu’elle a montré tous les signes d’une corruption rampante pendant son dernier mandat et qu’elle a été reconduite fortuitement, dans une course a trois, avec un soutien minimal de la population.

C’est cette même administration qui va ici encore « collaborer » étroitement avec une gouvernance provinciale qui en est l’amie de toujours, cette dernière elle-meme impliquée dans une foire aux scandales  comme on n’en  a jamais vu et qui ne jouit même plus du soutien du quart de la population. Vous vous sentez rassurés ?

Qui va surveiller ces gens qui vont faire valser nos milliards  CONTRE L’AVIS  UNANIME DES INSTANCES  MUNICIPALES qui se sont exprimées en avril dernier  ?   En fait, la seule crédibilité de l’administration municipale reposait jusqu’à hier sur l’appui de Projet Montreal, présent au Comité Executif en la personne de Richard Bergeron. Il a démissionné.  Je vous transmets ici son message de départ.

***

Chers amis, Chères amies,

Comme vous le savez certainement, mon expérience au Comité exécutif de la Ville de Montréal s’est achevée hier.

Il y a deux mois, j’avais annoncé au maire de Montréal que je lui remettrais ma démission si la Ville s’inclinait devant un projet Turcot imposé par Québec qui ne répondrait pas aux exigences des Montréalais-ses. Or, hier après-midi, M. Tremblay m’a confirmé que la plus récente version du projet, qui sera officiellement dévoilée mardi prochain et que je n’ai pas vue, ne correspondrait pas . Notamment, le nouveau projet ne fait toujours aucune place au transport collectif électrique réclamé par les citoyen-nes. Du même souffle, M. Tremblay a indiqué que la Ville se rangerait derrière ce projet et m’a demandé de lui garantir ma solidarité à cet égard – ce que j’ai naturellement refusé de faire.

En conférence de presse, ce matin, j’ai expliqué que les Montréalais-es font aujourd’hui face à deux visions opposées. La première, frileuse et passéiste, consiste à reproduire les erreurs des 50 dernières années au détriment des intérêts environnementaux, économiques, urbanistiques et sanitaires de Montréal. Cette vision rétrograde, c’est celle de Gérald Tremblay et du Ministère des transports.

Je suis peiné et déçu que le maire de Montréal renie les engagements solennels qu’il a pris envers les Montréalais-es, pour se rallier à sa famille politique de Québec. Quant à nous, chez Projet Montréal, nous continuerons de promouvoir l’idée qu’il n’y a pas de fatalité. Le MTQ prévoit entreprendre la mise en chantier du nouveau Turcot à la fin de 2011. Il reste donc un an, soit une période amplement suffisante, selon les normes internationales, pour concevoir un projet dont nous serons tous fiers.

Avec vous et aux côtés des milliers de citoyens qui souhaitent faire entrer Montréal dans le XXIe siècle, nous poursuivrons notre travail pour promouvoir la vision résolument moderne et humaniste de la ville que Projet Montréal porte depuis bientôt six ans. Plus que jamais, Projet Montréal doit être à la pointe du combat !

Au plaisir de vous retrouver, amitiés,


Richard Bergeron

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