Inconséquents Allemands

N’est-il pas excessivement lassant d’assister à la mauvaise humeur combinée à la leçon de morale allemandes vis-à-vis de l’aide à apporter aux pays sinistrés comme la Grèce ou l’Irlande?

Après tout, le sauvetage grec était également destiné à secourir les banques allemandes qui s’étaient gavées d’obligations grecques en même temps que d’autres produits et papiers à risques d’Europe périphérique afin de satisfaire l’appétit de rendement des investisseurs allemands!

A-t-on jamais entendu les exportateurs allemands se plaindre de vendre leurs autos ou leurs machines à ces pays Européens durant la période d’euphorie et alors même qu’ils savaient pertinemment que ces pays vivaient sur du crédit facile?

Les allemands ayant façonné l’Euro à leur unique diapason, ils ne pouvaient en fait ignorer qu’une telle crise se déclencherait… Cette rigueur germanique et cette politique monétaire de la BCE strictement et exclusivement orientée sur la lutte contre les pressions inflationnistes ne pouvaient en effet que convenir à des nations austères et disciplinées comme l’Allemagne. Les autres nations moins organisées, aux industries peu efficientes, aux économies souvent corrompues et où l’investissement structurel était déficient ayant perdu – avec l’Euro – la faculté de dévaluer leur monnaie nationale afin de récupérer un peu en compétitivité.

Pourtant, responsables politiques et économiques allemands (et du Nord plus généralement) décidèrent d’ignorer cette profonde dichotomie pendant que les politiciens du Sud se remplissaient les poches ou remettaient simplement les inévitables réformes à plus tard. La crise grecque a fini par révéler le racisme latent de la majorité des allemands ainsi que leur dédain à l’encontre de nations tout juste bonnes à accueillir leurs touristes.

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