Inhumanité Européenne !

Pour la crise de la dette souveraine en Europe, la période actuelle est critique. Il devient impossible aux responsables de l’Union et aux gouvernements des pays riches membres de cette même Union de continuer à rivaliser au jeu de l’autruche car il n’est aujourd’hui plus question – et de très loin – de jouer la montre. Lent pourrissement de la situation grecque toléré par des technocrates bruxellois – à la compétence douteuse – coupables de négligence criminelle envers un pauvre pays à la dérive. Méga crise en gestation similaire à l’épisode dramatique de l’automne 2008 ayant suivi la faillite de Lehman ! A force de tergiversations et de lâchetés, les gouvernements allemands, autrichiens, hollandais mais également français vont donc apprendre à leur dépens (et bien-sûr au nôtre) qu’une tourmente majeure saisissant le système bancaire européen aura des retombées sérieuses, voire désastreuses, sur l’ensemble des pays Occidentaux.

La Grèce, ce petit pays honteusement abandonné à son sort, vient en effet de se rappeler à leur souvenir et voilà que nos brillants cerveaux bruxellois se rendent subitement compte que l’effet domino provoqué par le défaut de paiement grec sur le Portugal et sur l’Irlande sera … un moindre mal ! Non : cette contagion inéluctable atteindra le cœur même ou plutôt le système nerveux de l’Union en faisant vaciller – ou imploser – les coffres forts qui les nourrissent. Eh oui, nos élites dirigeantes qui ne prennent vraiment au sérieux que ce qui les atteint personnellement sentent le vent irrésistiblement tourner car le système bancaire européen se retrouve aujourd’hui sapé jusque dans ses fondements. Avec un retard pitoyable, ils sont confrontés à une vague de défauts des nations européennes périphériques qui feraient des ravages parmi les banques allemandes, françaises ou encore britanniques. Le non paiement de 30% de leurs engagements par la Grèce, l’Irlande, le Portugal et l’Espagne enverrait ainsi au tapis nombre d’établissements européens prestigieux (détenant près de 1.5 milliards d’Euros de papiers valeurs de ces pays) dans un cataclysme qui n’aurait vraiment rien à envier à la panique de Septembre 2008!

Les dirigeants européens ont-ils enfin compris une évidence, à savoir que ces rigueurs budgétaires sans précédents imposées aux nations périphériques se devaient d’être atténuées par une vraie solidarité de la part de l’Union et ce faute de pouvoir être soulagées par la soupape de la dévaluation massive favorable aux exportations ? Comment et pourquoi ces nations hautement sinistrées seraient-elles toujours motivées au point où elles en sont par consentir encore plus de sacrifices alors même que l’étau de l’Euro qui les étouffent n’est contrebalancé que par les leçons doctement prodiguées par des dirigeants de l’Union qui y distillent au passage mépris et condescendance à leur égard ? A l’égard d’une population grecque (pour ne citer qu’elle) proche du point de rupture dont les jeunes subissent un chômage de 40% et où l’emploi précaire ou de courte durée est devenu routinier. Impossible en effet d’exercer son droit de grève sereinement dans un contexte où les réductions salariales sont régulières et ce à condition que le salaire soit toujours payé et n’évoquons même pas les vacances qui ne sont plus de mise.

Génération maudite qui n’a même plus le droit de se plaindre à force d’avoir été accusée d’avoir vécu au-dessus de ses moyens alors que ses dirigeants se complaisaient dans une corruption sans borne ! Ne nous étonnons pas que les valeurs de démocratie et de légalité soient désormais vides de sens pour un peuple qui lutte quotidiennement pour obtenir l’élémentaire et ne nous étonnons pas plus de l’explosion sociale inéluctable. Qu’ils sont devenus ridicules et pathétiques ces marchés qui font payer 25% à la Grèce pour ses emprunts à 2 ans ! Qu’ils sont devenus caducs ces chiffres économiques qui font état d’une contraction de 8% de son économie ou de 12% pour l’économie irlandaise ! Il est vraiment temps de laisser ces pays respirer et de leur accorder enfin le droit à la faillite.

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