« JE RENONCE À L’ÉTAT DU VATICAN, À SES POMPES ET À SES ŒUVRES »

OSCAR FORTIN

 NOTE: DEPUIS L’ANNONCE DE LA DÉMISSION DU PAPE, BEAUCOUP DE CHOSES SE SONT DITES ET DES VOIX PROPHÉTIQUES SE SONT FAIT ENTENDRE. DANS LES JOURS QUI VIENNENT, UN NOUVEAU PAPE SERA ÉLU. SAURA-T-IL REJOINDRE L’ÉGLISE LÀ OÙ ELLE VIT VRAIMENT ?

L’heure de la conversion, celle qui nait du cœur et de l’esprit, est arrivée. L’Humanité ne peut plus se raconter des histoires. Avec les moyens de communication dont elle dispose, elle porte son regard non plus sur des groupes privilégiés de personnes, mais sur les sept milliards qui habitent cette terre, aspirant toutes à la vérité, à la justice, à la solidarité, au respect et à la compassion. Cette humanité ne peut plus mettre son destin entre les mains de pouvoirs et d’empires dont les intérêts sont de toute autre nature et dont les acteurs sont limités à une minorité.

Le temps de la conversion est arrivé, particulièrement pour ceux et celles qui ont pris prétexte de ces grandes valeurs dont sont porteurs, entre autres, les Évangiles et le Nazaréen, pour bâtir leur petit royaume à l’image de celui des empires et des conquérants. Il en est ainsi de l’État du Vatican que l’on confond injustement avec l’Église, corps spirituel de la communauté portée par l’Esprit du Nazaréen, esprit de justice, de vérité, et de compassion. Il s’agit de deux réalités fort distinctes dont les principes de vie sont d’un ordre totalement différent.

Le Vatican est un État dont la réalité et les objectifs se moulent avec ceux des oligarchies et des empires qui dominent nos sociétés. Il est le bras religieux qui transforme en sauveurs, les conquérants, qui bénit les armées et condamne ceux qui en sont leurs adversaires, faisant de ces derniers, des terroristes, des communistes, des marxistes, des ignorants sans sens et sans valeur. Il est un allié objectif de l’instauration de ce nouvel ordre mondial auquel s’adonnent les grandes puissances de ce monde.

L’Église, par contre, est cette communauté de vie qu’unit l’Esprit de vérité, de justice, de solidarité, de respect et de compassion. Elle englobe toutes les personnes de bonne volonté qui répondent prioritairement, par leur vie et leurs œuvres, à ces impératifs pour une Humanité à visage toujours plus humain. Le caractère universel de cette dernière prend en compte les sept milliards d’êtres humains qui ont tous et toutes également droit au banquet de la vie. Nous n’en sommes vraiment plus à ces groupes privilégiés, à ces castes et à ces empires qui décident du sort des autres. Nous en sommes à une convergence des forces de transformation de nos sociétés pour une humanité meilleure et plus solidaire. Les pays émergents de l’Amérique latine et les solidarités qu’ils inspirent aux peuples à travers le monde en sont un bel exemple.

C’est en ce sens qu’il faut comprendre le titre qui coiffe cet article. La foi n’est pas matière à compromis, elle ne peut être ni froide ni chaude. Elle est, dans ses fondements, radicale. En ce sens, on ne peut, au nom de la même foi, être un allié fiable pour l’État du Vatican et, en même temps, un allié fiable pour cette communauté de vie portée par cet esprit de vérité, de justice, de solidarité et de compassion.

Serait-ce un signe des temps, cette démission de Benoît XVI qui, selon les prédictions de l’évêque Malachie, laissera la place au dernier pape, lequel connaitra la fin de l’État du Vatican et de tout ce qui va avec?

« Dans la dernière persécution de la sainte Église romaine siégera Pierre le Romain, qui paîtra ses brebis au milieu de nombreuses tribulations. Celles-ci étant passées, la ville aux sept collines sera détruite et le Juge terrible jugera son peuple. » 

Si on en croit la description que nous donne l’évangéliste Mathieu de ce jugement, ce dernier portera essentiellement sur les points suivants :

Aux uns, il dira : «Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume qui vous a été préparé depuis la fondation du monde. Car j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger, j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire, j’étais un étranger et vous m’avez accueilli, nu et vous m’avez vêtu, malade, et vous m’avez visité, prisonnier et vous êtes venus me voir. »

Alors les justes lui répondront : «Seigneur, quand nous est-il arrivé de te voir affamé et de te nourrir, assoiffé, et de te désaltérer, étranger, et de t’accueillir, nu, et de te vêtir, malade ou prisonnier et de venir te voir?» 

Alors il leur fera cette réponse : «En vérité, je vous le dis, dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.»

Aux autres, il dira : « «Allez loin de moi, maudits, dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et ses anges. Car j’ai eu faim et vous ne m’avez pas donné à manger, j’ai eu soif et vous ne m’avez pas donné à boire, j’étais un étranger et vous ne m’avez pas accueilli, nu, et vous ne m’avez pas vêtu, malade et prisonnier et vous ne m’avez pas visité. »

Alors ceux-ci lui demanderont à leur tour : «Seigneur, quand nous est-il arrivé de te voir affamé ou assoiffé, étranger ou nu, malade ou prisonnier, et de ne te point secourir?»

Alors il leur répondra : «En vérité je vous le dis, dans la mesure où vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, à moi non plus vous ne l’avez pas fait. » (Mt,25 :34-45)

Bref commentaire :

Vous aurez remarqué qu’il n’y a aucune référence, dans ce jugement, à quelque foi religieuse que ce soit, pas plus qu’aux pratiques cultuelles qui les caractérisent, ni de référence aux races pas plus qu’il n’y a de discrimination par rapport à la couleur de la peau. Tout peut se résumer à cette simple question : qu’as-tu fait et que fais-tu de ton frère et de ta sœur en qui coule le sang de l’Humanité ?

Voilà, me semble-t-il, la véritable question qui nous est posée, le véritable défi qu’il nous faut relever.

Oscar Fortin

Québec, le 3 mars 2013

http://humanisme.blogspot.com

http://www.legrandsoir.info/les-veritables-raisons-de-la-demission-de-benoit-xvi-pagina-12.html

 

avatar

Oscar Fortin

Libre penseur intéressé par tout ce qui interpelle l’humain dans ses valeurs sociales, politiques, économiques et religieuses. Bien que disposant d’une formation en Science Politique (maîtrise) ainsi qu’en Théologie (maîtrise), je demeure avant tout à l’écoute des évènements et de ce qu’ils m’inspirent.

6 pensées sur “« JE RENONCE À L’ÉTAT DU VATICAN, À SES POMPES ET À SES ŒUVRES »

  • avatar
    4 mars 2013 à 0 12 20 03203
    Permalink

    Et n’appeler personne sur cette terre ‘Père’ ou Maitre ou Docteur. Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. (Matthieu 23)

    Et pour ajouter l’annecdote; mon papa avait l’habitude de propager le mythe du troisième secret de Fatima contenant cette phrase: Pauvre Canada. Un pape canadien comme dernier pape scellerait le tout.

    Je suis à revisionner le film Les Souliers de St-Pierre, film hollywoodien de 1968 où le nouveau pape venait d’un pays communiste, un certain Kiril Lakota. 10 ans plus tard en 1988 un certain Karol Wojty?a devenait pape.

    Denis G

    Répondre
  • avatar
    4 mars 2013 à 5 05 54 03543
    Permalink

    Merci M.Fortin toujours un plaisir avoué de vous lire ici ou sur votre blog humanisme.

    Parlant de chevaliers entourant le frêle et votre article récent sur cet orde militaire et le pape, j’ai déjà posté mes commentaires à leur sujet sur Centpapiers en 2010:

    http://centpapiers.com/politique-et-culs-benis/#comment-17697

    DG

    Répondre
  • avatar
    4 mars 2013 à 6 06 20 03203
    Permalink

    Denis et Pierre, merci pour vos commentaires. Je pense que nous sommes sur une même longueur d’onde et que l’esprit qui nous inspire souffle dans la même direction.

    Bonne journée à vous deux

    oscar

    Répondre
  • avatar
    7 mars 2013 à 18 06 58 03583
    Permalink

    @M. O.Fortin,

    La plupart sinon la totalité de ces hommes d’église souffre d’un délire de grandeur résultat de l’investissement narcissique de leur mère Pygmalion.

    Par un tour de passe-passe qui m’apparaît vicieux vous tenter de nous faire avaler que le vatican et l’église sont deux choses différentes. Vous vous faites ainsi, selon moi, complice du vatican.

    C’est comme quand Al Capone, ou d’autres plus contemporains mafieux, s’affiche en pharisien généreux complice de son curé.

    Je constate aussi que cette mafia se comporte comme une corporation professionnelle appliquant son code de discipline mais soustrayant ses membres à la rigueur de la Loi. Il est temps de percer leur balonne, de les ramener sur terre.

    Ceci fera grandir ce troupeau que vous assimilez à l’Église et correspondra à votre phrase :

    « Tout peut se résumer à cette simple question : qu’as-tu fait et que fais-tu de ton frère et de ta sœur en qui coule le sang de l’Humanité ? »

    Ne méritent-ils pas la vérité de la réalité ?

    St-Paul, sur le chemin de Damasse, remonte sur son cheval, sortant d’un épisode de dépression.

    Cordialement.

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *