Je te tiens, tu me tiens par la barbichette…

C’est entendu, la Chine devrait se retrouver – si tout va bien – première économie du monde – devant les Etats-Unis – à l’horizon 2020. La réalité est néanmoins un peu plus nuancée et un peu plus complexe…

Les différences qualitatives sont en effet flagrantes avec les Etats-Unis car, alors que le revenu de l’américain moyen se situe autour de 43’000 dollars, le chinois moyen, lui, doit actuellement se contenter de 2’800 dollars! Et que dire des centaines de millions de chinois, encore sur le seuil de la faim, habitant des zones rurales dont l’évolution offre des contrastes criants avec les citadins de Shanghai et de Pékin? Le fait est que les écarts de productivité sont immenses entre ces deux nations, la Chine n’étant – de loin – pas prête à assumer le leadership économique et financier mondial. Il est effectivement impossible de perpétuer à l’infini un système édifié (et de bouleverser des réflexes économiques) construits entièrement sur des principes superficiels consistant à faire prospérer un pays au dépens des autres à la faveur de l’accumulation de ses excédents commerciaux.

A cet égard, c’est surtout la Chine qui se retrouve aujourd’hui bel et bien coincée avec ses immenses réserves de près de 3’000 milliards de dollars majoritairement investis en Bons du Trésor et autres actifs américains car un boycott des Etats-Unis entraînerait sur le champ une dégringolade du billet vert et une dépréciation catastrophique de ces mêmes placements et réserves chinois… Sans négliger les 330 milliards de dollars en marchandises achetées annuellement à la Chine par les USA qui ne pourraient plus consommer autant chinois si leur dollar et leur économie se flétrissaient.

Pour autant, le défi fondamental que devra affronter la Chine ces prochaines décennies reste intérieur et est d’ordre démographique car, après avoir atteint un sommet autour des 1.4 milliards d’habitants dans une quinzaine d’années, sa population déclinera irrémédiablement par la suite pendant que sa moyenne d’âge augmentera insidieusement. En conclusion, rien n’est gagné pour la Chine et il semblerait bien que les Etats-Unis conservent de très fortes chances de rester la locomotive du monde et ce pendant un demi-siècle supplémentaire.

Une pensée sur “Je te tiens, tu me tiens par la barbichette…

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    24 janvier 2011 à 8 08 07 01071
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    « Et que dire des centaines de millions de chinois, encore sur le seuil de la faim, habitant des zones rurales dont l’évolution offre des contrastes criants avec les citadins de Shanghai et de Pékin? »

    En fait, on ne peut rien dire à leur sujet. Et je crois que ces personnes n’ont aucun lien important avec l’économie mondiale et même l’économie de leur pays.

    Les ruraux, habituellement, sont autosuffisants ou presque. Quelles que soient les décisions économiques du gouvernement, cela les affecte très peu.

    Et si le dollars tombe, au USA on ne pourra acheter que des produits chinois qui seront les moins coûteux.

    L’économie Américaine est très en danger.

    Amicalement

    André Lefebvre

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