Jésus (8) La révolte

 La révolte

-37 av J.C.

         Au printemps Hérode met le siège devant Jérusalem qui tombe au bout de cinq mois. Durand ces cinq mois, Hérode ne resta pas inactif. Selon Flavius Josephe :

 « il prit dix cohortes, dont cinq de Romains et cinq de Juifs, mêlées de mercenaires, avec un petit nombre de cavaliers ; à la tête de ce détachement il marcha sur Jéricho…il envoya l’armée romaine prendre ses quartiers d’hiver dans des contrées dont il avait reçu la soumission, Idumée, Galilée, Samarie. Ce son côté, Antigone obtint, en achetant Silo, de pouvoir loger une partie de l’armée romaine à Lydda ; il faisait ainsi sa cour à Antoine…installait à Samarie sa mère et ses autres parents, qu’il avait emmenés de Masada ; quand il eut pourvu à leur sûreté, il partit pour s’emparer des dernières forteresses de Galilée et en chasser les garnisons d’Antigone…Puis il partit relancer les brigands des cavernes, qui, ravageant une grande partie de la contrée, maltraitaient les habitants autant que la guerre même. Il envoya en avant trois bataillons d’infanterie et un escadron de cavalerie au bourg d’Arbèles ; lui-même les y rejoignit le quarantième jour avec le reste de ses forces. Les ennemis ne se dérobèrent pas à l’attaque ; ils marchèrent en armes à sa rencontre, joignant à l’expérience de la guerre l’audace des brigands. Ils engagèrent donc la lutte et avec leur aile droite mirent en déroute l’aile gauche d’Hérode ; mais lui, pivotant vivement avec son aile droite qu’il commandait en personne, vint porter secours aux siens : non seulement il arrêta la fuite de ses propres troupes, mais il s’élança encore contre ceux qui les poursuivaient et contint leur élan jusqu’au moment où ils cédèrent aux attaques de front et prirent la fuite.

 Hérode les poursuivit, en les massacrant, jusqu’au Jourdain ; un grand nombre périt, le reste se dispersa au delà du fleuve. Ainsi la Galilée fut délivrée de ses terreurs, sauf toutefois les brigands qui restaient blottis dans les cavernes et dont la destruction demanda du temps.

 Ventidius manda Silo et Hérode auprès de lui pour le seconder dans la guerre contre les Parthes, les invitant à régler d’abord les affaires de Judée. Hérode, sans se faire prier, lui envoya Silo, mais lui-même se mit en campagne contre les brigands des cavernes.

 Il imagina un stratagème très hasardeux. Il plaça ses soldats les plus vigoureux dans des coffres, qu’il fit descendre d’en haut à l’aide de cordes et amena à l’entrée des Cavernes ; ceux-ci massacraient alors les brigands et leurs enfants et lançaient des brandons enflammés contre ceux qui se défendaient. Hérode, voulant en sauver quelques-uns, les invita par la voix d’un héraut à se rendre auprès de lui. Aucun n’obéit de son propre gré[1][150], et parmi ceux qui y furent contraints, beaucoup préférèrent la mort à la captivité.

Hérode se rendit ainsi maître des cavernes et de leurs habitants. »

           On se rend compte, encore une fois, de l’importance pour Hérode d’éradiquer ces « brigands » qui, en fait, étaient des révolutionnaires, défendant les droits de la famille royale légitime issue de la lignée de David, tout en combattant les héritiers légitimes de la lignée Hasmonéenne.

          Pendant qu’Hérode se rend auprès d’Antoine, Antigone vainc Joseph, frère d’Hérode, qui lui avait désobéit en attaquant Antigone. Voici les détails rapportés par Flavius Josephe.

 (F.J.) « Antigone ne se contenta pas de la victoire : il porta la fureur au point d’outrager Joseph même après sa mort. Comme les cadavres étaient restés en sa puissance, il fit couper la tête de Joseph, malgré la rançon de cinquante talents que Phéroras, frère du défunt, lui offrait pour la racheter. En Galilée, la victoire d’Antigone produisit un si grand bouleversement que ceux des notables qui favorisaient Hérode furent emmenés et noyés dans le lac (de Génésareth) par les partisans d’Antigone. Il y eut aussi de nombreuses défections en Idumée[2][155], où Machæras fortifiait à nouveau une place du nom de Gittha. De tout cela, Hérode ne savait encore rien. Antoine, après la prise de Samosate, avait établi Sossius gouverneur de Syrie ; il lui ordonna de secourir Hérode contre Antigone et s’en retourna de sa personne en Égypte[3][156]. Sossius envoya tout de suite deux légions pour seconder Hérode ; lui-même suivit de près avec le reste de ses troupes. »

 « … Six mille ennemis environ, descendant des montagnes, escarmouchèrent avec son avant-garde. N’osant pas en venir aux mains avec les Romains, ils les attaquèrent de loin avec des pierres et des traits et leur blessèrent beaucoup de monde. Hérode lui-même, qui chevauchait devant le front des troupes, fut atteint d’un javelot au côté. »

 « Le lendemain, il lit couper la tête à Pappos, général d’Antigone, qui avait été tué dans le combat, et envoya cette tête à son frère Phéroras, comme prix du meurtre de leur frère : car c’était Pappos qui avait tué Joseph. Quand le mauvais temps fut passé[4][159], il se dirigea sur Jérusalem et conduisit son armée jusque sous les murs : il y avait alors trois ans qu’il avait été salué à Rome du nom de roi. »

 « … Aussi, malgré l’importance des forces qui entouraient la ville, ils supportèrent le siège pendant cinq mois[5][164] ; enfin, quelques soldats d’élite d’Hérode eurent la hardiesse d’escalader le mur et s’élancèrent dans la ville ; après eux montèrent des centurions de Sossius. D’abord ils prirent le quartier voisin du Temple et comme les troupes débordaient de toutes parts, le carnage sévit sous mille aspects, car la longueur du siège avait exaspéré les Romains, et les Juifs de l’armée d’Hérode s’appliquaient à ne laisser survivre aucun de leurs adversaires. On égorgea les vaincus par monceaux dans les ruelles et les maisons où ils se pressaient ou aux abords du Temple qu’ils qu’ils cherchaient à gagner ; on n’épargna ni l’enfance ni la vieillesse ni la faiblesse du sexe ;  le roi eut beau envoyer partout des messagers exhorter à la clémence, les combattants ne retinrent point leurs bras, et, comme ivres de fureur, firent tomber leurs coups sur tous les âges indistinctement. Alors Antigone, sans considérer ni son ancienne fortune ni sa fortune présente, descendit de la citadelle (Baris) et se jeta aux pieds de Sossius. Celui-ci, loin de s’apitoyer sur son infortune, éclata de rire sans mesure et l’appela Antiqona ; cependant il ne le traita pas comme une femme, qu’on eût laissée en liberté :  Antigone fut mis aux fers et placé sous une garde étroite. »

          Antigone se rend à (Caius)Sossius qui le fait décapiter sur la demande d’Hérode. Celui-ci prend le titre de roi des Juifs. Il prend Jérusalem (le 8 juillet).

         Hérode a vaincu tous les opposants de sa royauté. Il ne reste que quelques « brigands » qui prendront un certain temps avant de redevenir une « puissance révolutionnaire» valable.

 -36 av J.C.

        Hérode consolide son pouvoir. Il fait exécuter 45 notables du parti d’Antigone, probablement des Sadducéens membres du Sanhédrin. Le Sanhédrin lui-même ne dispose plus que d’un pouvoir judiciaire religieux. Hérode fait revenir Hyrcan II de Babylone et nomme grand-prêtre Ananel. Hérode craint en effet qu’Hyrcan ne s’attire les faveurs de la riche communauté juive de Babylonie et que cela ne constitue un danger pour son pouvoir. Il l’invite donc à rentrer à Jérusalem. Judah Aristobule III, petit-fils d’Hyrcan et frère de Myriam l’hasmonéenne, est alors le dernier prétendant légitime de la dynastie hasmonéenne. Avec Hyrcan, il représente un danger pour Hérode.

 -35 av J.C.

        Hérode accorde à Aristobule III la charge de grand prêtre bien qu’il n’ait que 17 ans, puis, tout de suite après la première cérémonie que le nouveau Grand-Prêtre officie, il le fait noyer dans son palais de Jéricho. Cela soulève contre lui sa femme Myriam, sa belle-mère Alexandra et Hyrcan. S’appuyant sur Cléopâtre d’Égypte, Alexandra obtient qu’Hérode soit convoqué devant Antoine. Appuyé par ses présents, Hérode parvient à se justifier. À son retour, il fait exécuter son beau-frère Joseph et emprisonner Alexandra.

 31 av. J.-C.,

        Cléopâtre obtient d’Antoine la région de Jéricho et un tribut des Nabatéens. Comme ceux-ci cessent bientôt de payer le tribut, Cléopâtre exige d’Hérode qu’il leur déclare la guerre. Hérode, ayant vaincu les Nabatéens, rencontre Octave à Rhodes après sa victoire à Actium. Octave confirme la royauté d’Hérode (printemps de l’année 30 av. J.-C.) et lui restitue la région de Jéricho à laquelle il ajoute Gadara, Hippos, Samarie, Gaza, Anthédon, Joppé et la tour de Straton.

 -30 av J.C.

        Hérode fait finalement tuer HyrcanII Selon Flavius Josèphe, Hyrcan II a laissé le souvenir d’un personnage de peu d’énergie et de faible détermination, qui par son alliance avec les Romains s’est rendu complice de l’abaissement de la Judée et de la profanation du Temple, qui n’a pas su s’opposer avec vigueur aux menées dirigées contre lui par ses neveux et qui enfin est resté sous la coupe de son mentor Antipater. Il faut cependant remarquer que l’histoire de Josèphe s’appuie sur des historiens hellénisés donc généralement hostiles aux souverains juifs hasmonéens. Nicolas de Damas en particulier, en tant que secrétaire d‘Hérode, cherche à mettre en avant la personnalité d’Antipater face à Hyrcan.

Hyrcan II a maintenu la législation et les traditions religieuses juives. Au cours de son pontificat, ce sont les pharisiens qui ont eu la haute main sur l’interprétation de la Loi

 -29 av J.C.

          Hérode fait tuer Myriam son épouse, sous l’instigation de sa sœur Salomé I. Il s’engage, à ce moment-là, sur la pente qui fera de lui, un psychopathe jaloux et insécure qui se laissera diriger par les événements. Hérode n’est alors plus « maître de sa destinée » mais reste quand même « responsable de ses actes ». L’emprise de sa sœur, Salome I, y sera pour beaucoup de cette déchéance d’Hérode.

 -28 av J.C.

        Hérode fait tuer sa belle-mère Alexandra la fille d’Hyrcan II La mort de Mariamne (Myriam), la seule de ses dix femmes qu’il aimait, accusée d’infidélité par Salomé I, la sœur d’Hérode, accable le roi de chagrin et le laisse au bord de la folie. Du fait de ces exécutions, (dont celles de trois de ses propres fils qu’il suspectait de comploter pour l’évincer du pouvoir), Hérode acquiert la réputation d’un tyran sanguinaire et paranoïaque.

 20 av. J.-C.

       Hérode commence la reconstruction du Temple de Jérusalem

 -7 av J.C.

       Hérode fait tuer ses deux fils Alexandre et Aristobule qu’il avait eu avec Myriam.

 -4 av J.C.

       Hérode tombe malade. C’est le moment choisit par les « rebelles » à la royauté d’Hérode pour agir. Voici comment cela débute selon Flavius Josephe :

 « A toutes ces misères vint s’ajouter un soulèvement du peuple. Il y avait dans la capitale deux docteurs qui passaient pour fort experts dans les lois des ancêtres et qui, pour cette raison, jouissaient dans toute la nation d’une très grande renommée : ils s’appelaient Judas, fils de Sepphorée, et Matthias, fils de Margalos. Ses docteurs expliquaient les lois devant un nombreux auditoire de jeunes gens et, tous les jours, ils réunissaient ainsi une véritable armée d’hommes à la fleur de l’âge. Quand ils surent que le roi se consumait de chagrin et de maladie, ils firent entendre confidentiellement à leurs amis que le moment était venu de venger Dieu et de détruire les ouvrages élevés au mépris des lois nationales. Il était, en effet, interdit de placer dans le Temple des images, des bustes ou des représentations quelconques d’êtres vivants. Or, le roi avait fait ériger au-dessus de la grande porte du Temple un aigle d’or : les docteurs exhortaient leurs amis à le détruire, proclamant que, si même l’acte offrait quelque danger, il était beau de mourir pour la loi nationale ; car l’âme de ceux qui avaient une telle fin était immortelle[6][301] et gardait éternellement le sentiment de sa félicité, tandis que les âmes sans noblesse qui n’avaient pas suivi leur enseignement s’attachaient par ignorance à la vie et préféraient à une fin héroïque la mort par la maladie.

 Pendant qu’ils discouraient ainsi, le bruit se répandit que le roi était à la mort ; les jeunes gens se mirent à l’œuvre d’autant plus hardiment. Au milieu du jour, à l’heure où, dans le Temple, circulait beaucoup de monde, ils se firent descendre du toit au moyen de grosses cordes et brisèrent à coups de hache l’aigle d’or. Le préfet du roi, aussitôt informé, accourut avec un fort détachement, arrêta environ quarante jeunes gens et les conduisit devant le roi. Hérode leur demanda d’abord s’ils avaient osé abattre l’aigle d’or. Ils le reconnurent. – Qui vous l’a ordonné ? – La loi de nos pères. – Et pourquoi tant de joie au moment où vous allez être mis a mort ? – C’est qu’après notre mort, nous jouirons d’une félicité plus parfaite.

 Là-dessus, le roi entra dans une si violente colère qu’il en oublia sa maladie. Il se fit porter dans l’assemblée et y prononça un long réquisitoire contre ces hommes : c’étaient des sacrilèges qui, sous prétexte de servir la loi, poursuivaient, en réalité, un dessein plus profond ; il fallait donc les punir comme des impies. Le peuple, craignant que les poursuites ne s’étendissent démesurément, pria le roi de se borner à punir les machinateurs de l’entreprise ainsi que ceux qui avaient été arrêtés en flagrant délit, et de détourner sa colère des autres. Le roi se laissa fléchir à grand’ peine ; les jeunes gens qui s’étaient fait descendre du toit et les docteurs furent brûlés vifs ; les autres prisonniers furent livrés aux bourreaux. »

        Avant de mourir, Hérode fit tuer Antipater, son fils qu’il avait mis en prison.

         À la mort d’Hérode Ier le Grand, son royaume, conquis grâce à un mélange d’habileté diplomatique et de guerre impitoyable, est divisé entre ses 3 fils,

 1) Archélaos recevant la moitié du royaume (Judée) et le titre d’ethnarque,

2) Hérode Antipas, la Galilée et

3) Philippe, la Trachonitide

        Plus tard, le royaume d’Hérode disparaîtra et la Judée sera incorporée à la Syrie.

        Flavius Josèphe prétend qu’à la veille de sa mort, il avait voulu ordonner un massacre des docteurs pharisiens « pour être sûr que les Juifs pleureraient après sa mort ». Par contre, un courant juif minoritaire, les Hérodiens, le considérait comme le Messie annoncé. La tradition chrétienne, à partir des Évangiles, est constamment hostile à Hérode. Elle lui attribue le massacre des Innocents. Dans l’iconographie et dans les mystères médiévaux, il est représenté en vieillard cruel et tyrannique.

        Le 7 mai 2007, une équipe d’archéologues menée par le professeur Ehud Netzer, de l’Université hébraïque de Jérusalem, a annoncé avoir découvert la tombe d’Hérode au sommet du mont Hérodion, à une douzaine de kilomètres au sud de Jérusalem[5]. Les fouilles ont été entreprises en 1950 par un groupe de moines franciscains, puis reprises en 1972 par des archéologues israéliens sous la direction d’Ehud Netzere.

           1) Archélaos, fils aîné d’Hérode le Grand,

 après le décès de son père à Jéricho en 4 av. J-C., se rend à Rome pour se faire reconnaître roi de Judée par l’empereur Auguste, mais ce dernier préfère le nommer tétrarque.

         2) Hérode Antipas II (21 av. J.-C.39 ap. J.-C.),

          Tétrarque de Galilée et de Pérée (région située au nord-est de la Mer Morte, à l’est du Jourdain) de 4 av. J.-C. à 39, fils d’Hérode Ier le Grand et de Malthace la Samaritaine, sa quatrième femme. Hérode Antipas épouse d’abord Phasaelis une nabatéenne, fille d’Arétas IV de Pétra, qu’il répudie pour épouser sa nièce Hérodiade, petite-fille de Hérode Ier, femme de son demi-frère Hérode Philippe Ier et mère de Salomé.

         Il construisit en l’honneur de l’empereur Tibère, la ville de Tibériade, sur le lac de Galilée.

        Vaincu par son précédent beau-père Arétas IV lors d’une bataille où il perdit son armée, il fut destitué par l’empereur Caligula en 39. Les Romains, excédés par le pouvoir important d’Hérode Antipas, décidèrent de l’exiler dans le sud de la Gaule à Saint-Bertrand de Comminges[1]. Hérodiade choisit de le suivre. Il s’agit, pour les historiens, de la première présence de juifs dans la ville.

       Hérode Antipas apparaît dans les Évangiles, notamment :

a) dans la relation de la décapitation de Jean le Baptiste qui lui reprochait d’avoir épousé Hérodiade (Mc 6,17 ; Mt 14,1) et dont il offre la tête coupée sur un plateau à Salomé

 b) dans la relation du procès de Jésus : Ponce Pilate renvoya ce dernier à Hérode Antipas parce qu’il était Galiléen (Lc 23,8). Dans les Évangiles il est toujours désigné par le seul nom d’Hérode, qualifié par Jésus de « renard » (Lc 13,32). Ce fut le seul Hérode que Jésus rencontra. (Ce qui est loin d’être certain)

      3) Hérode Philippe appelé simplement Philippe

 est le fils d’Hérode le Grand avec sa 5e femme Cléopatre de Jérusalem.

Il régna avec le titre de tétrarque, de -4 à 34 sur les districts du nord :

Gaulanitide ;

Batanée ;

Trachonitide ;

Auranitide.

       La capitale de ces territoires est appelée dans les Évangiles Césarée de Philippe, (aujourd’hui Baniyas, dans le Golan au pied du mont Hermon) pour ne pas la confondre avec Césarée.

      Il est le premier époux de Salomé, fille de Hérode Philippe I et d’Hérodiade.

 +6 ap J.C. au bout de dix années de règne, la situation en Judée est telle, qu’une délégation juive parvient à Rome pour en informer Auguste. Archélaos est décrit comme un tyran cruel et brutal, irrespectueux et incapable de maintenir l’ordre et la paix.

Convoqué par Auguste, Archélaus est déposé et exilé à Vienne en Gaule. Il fut remplacé par le préfet romain nommé Coponius. (Ce qui n’est pas le résultat que Jésus prévoyait au sujet d’Archélaos dans sa « parabole des mines).

        Voici la description des événements, selon Flavius Josephe,  pendant qu’Archélaos se rend à Rome.

 « Après le départ d’Archélaos, il (Varus) était monté à Jérusalem pour contenir les mutins, et comme il était évident que le peuple ne se tiendrait pas en repos, il avait laissé dans la ville une des trois légions de Syrie qu’il avait amenées avec lui ; lui-même s’en retourna à Antioche. L’arrivée de Sabinus fournit aux Juifs l’occasion d’un soulèvement. Celui-ci essayait de contraindre par la violence les gardes à lui livrer les citadelles, et recherchait avec âpreté les trésors royaux, employant à cette tâche non seulement les soldats laissés par Varus, mais encore la multitude de ses propres esclaves, qu’il pourvut tous d’armes pour en faire les instruments de son avidité.

 Quand arriva la Pentecôte, les Juifs appellent ainsi une fête qui survient sept semaines après Pâque et qui tire son nom de ce nombre de jours – le peuple s’assembla non pour célébrer la solennité habituelle, mais pour donner vent à sa colère. Une innombrable multitude afflua de la Galilée, de l’Idumée, de Jéricho, de la Pérée située au delà du Jourdain, mais c’étaient surtout les indigènes de Judée qui se distinguaient par le nombre et l’ardeur. Après s’être divisés en trois corps, les Juifs établirent autant de camps, l’un du côté nord du Temple, l’autre au midi, dans le voisinage de l’hippodrome, le troisième près du palais royal, au couchant. Investissant ainsi les Romains de toutes parts, ils les assiégèrent.

 Sabinus, effrayé de leur nombre et de leur audace, dépêcha à Varus messager sur messager, réclamant de prompts secours, assurant que si le légat tardait, sa légion serait taillée en pièces. Lui-même, monté sur la plus haute tour de la citadelle, qui portait le nom de Phasaël, – en l’honneur du frère d’Hérode, tombé sous les coups des Parthes, – faisait signe de là aux soldats de sa légion d’attaquer les ennemis, car l’effroi lui ôtait le courage de descendre même vers les siens. Les soldats, obéissant, s’élancèrent vers le Temple et engagèrent contre les Juifs une lutte acharnée.

       Tant que personne ne les combattit d’en haut, l’expérience militaire leur donna l’avantage sur des combattants novices ; mais quand un grand nombre de Juifs, grimpant sur les portiques, firent pleuvoir de là des traits sur la tête des assaillants, beaucoup de ceux-ci périrent, et les Romains ne pouvaient ni se défendre contre ceux qui tiraient d’en haut, ni soutenir le corps à corps des autres.

 Ainsi accablés en haut et en bas, les légionnaires mirent le feu aux portiques, ouvrages merveilleux par leur grandeur et leur magnificence. Des Juifs qui les défendaient, les uns, en grand nombre, entourés soudain par l’incendie, périrent ; d’autres, sautant parmi les ennemis, tombèrent sous leurs coups ; quelques-uns se précipitèrent à la renverse dans l’abîme, de l’autre côté des murs : plusieurs enfin, réduits au désespoir, se jetèrent sur leur propre épée pour éviter de devenir la proie des flammes. Quant à ceux qui, s’étant glissés en bas du mur, vinrent se heurter contre les Romains, la stupeur où ils étaient plongés les livrait sans défense. Quand les uns furent morts, les autres dispersés par la panique, les légionnaires, s’élançant contre le trésor sacré, dénué de défenseurs, en enlevèrent près de 400 talents, dont Sabinus recueillit ce qui ne fut pas dérobé. »

 « Le reste du pays était aussi plein de troubles, et l’occasion faisait surgir de nombreux prétendants à la royauté. En Idumée, deux mille anciens soldats d’Hérode prirent les armes et combattirent les troupes royales que commandait Achab, cousin du roi. Celui-ci d’ailleurs se replia sur les places les plus fortes, évitant soigneusement de s’engager en rase campagne.

 A Sepphoris de Galilée, « Judas, fils de cet Ezéchias » qui jadis avait infesté le pays à la tête d’une troupe de brigands et que le roi Hérode avait capturé, réunit une multitude considérable, saccagea les arsenaux royaux, et, après avoir armé ses compagnons, attaqua ceux qui lui disputaient le pouvoir

 Dans la Pérée, Simon, un des esclaves royaux, fier de sa beauté et de sa haute taille, ceignit le diadème. Courant le pays avec des brigands qu’il avait rassemblés, il brûla le palais royal de Jéricho et beaucoup de villas de gens opulents pour s’enrichir du pillage. Pas une maison de quelque apparence n’eût échappé aux flammes si Gratus, commandant de l’infanterie royale, prenant avec lui les archers de la Trachonitide et les plus aguerris des Sébasténiens, n’eût barré le chemin à ce bandit. Nombre de Péréens tombèrent dans le combat : quant à Simon lui-même, comme il s’enfuyait par un ravin, Gratus lui coupa la retraite et frappa le fugitif d’un coup d’épée oblique qui sépara sa tète du tronc.

 A la même époque, le palais de Betharamphta, voisin du Jourdain, fut également incendié par d’autres insurgés de la Pérée.

 3. [60] On vit alors un simple berger aspirer au trône. Il s’appelait Athrongéos et avait pour tout motif d’espérance la vigueur de son corps, une âme dédaigneuse de la mort, et quatre frères tout semblables à lui. A chacun d’eux il confia une bande d’hommes armés, et les expédia en courses comme ses lieutenants et satrapes ; lui-même, jouant au roi, se réservait les affaires les plus considérables. C’est alors qu’il ceignit le diadème ; il se maintint assez longtemps, parcourant la montagne avec ses frères. Ils s’appliquaient surtout à tuer des Romains et des gens du roi, mais ils n’épargnèrent pas davantage les Juifs qui tombaient entre leurs mains, dès qu’il y avait quelque chose à gagner. Ils osèrent un jour cerner près d’Emmaüs un fort détachement de Romains, qui portaient à la légion du blé et des armes. Leur centurion Arius et quarante des plus braves tombèrent sous les traits des brigands ; le reste, qui risquait d’en subir autant, fut sauvé par l’intervention de Gratus accompagné de ses Sébasténiens. Après avoir, au cours de la guerre, surpris ainsi nombre de Juifs et de Romains, ils furent enfin pris, l’aîné par Archélaüs, les deux suivants par Gratus et Ptolémée, à qui le hasard les livra ; le quatrième vint se rendre à Archélaüs par composition. Ce dénouement se produisit plus tard ; à l’époque où nous parlons, ces hommes remplissaient toute la Judée d’une véritable guerre de brigands. »

        Et nous voilà bien immergé dans la période « Christique » de Jésus le naziréen. Sa parabole des mines nous indique qu’il est celui qui attaque le temple à Jérusalem, pendant que son père Judas de Gamala  s’empare de Sepphoris en Galilée. Quant à l’incendie du palais de Betharamphta, puisqu’il est près du Jourdain, les responsables purent très bien être Jean le Baptiste et sa troupe de « disciples, qui est cousin et du même âge de Jésus. Il est curieux que Flavius Josephe ne fasse qu’une anecdote de cet épisode du Jourdain.

       Par contre, il est indéniable que Flavius Josephe laisse entendre que cette révolte à la grandeur du pays, est une rébellion bien planifiée par une autorité spécifique qu’il ne nomme pas, mais que l’on devine par sa description de l’importance de ce Judas de Gamala comparativement à l’insignifiance des autres intervenants.

 Nous continuerons au prochain article.

 À bientôt

                                                                      Elie l’Artiste


 

 

 

 

 

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