J’me trouve une job moé-même!!!

J’me trouve une job moé-même!!!

-Salut François! Ça va?

-Bin sûr! Pis toé?

-Pas mal. Pas mal! Dis-donc? T’en pense quoi de la loi sur le « Placement »?

-C’é quoi ça?

-Tu n’écoute pas les nouvelles?

-J’ai pas l’temps, je fais « d’l’over time » de ce temps-là. C’est quoi ta loi?

-Une loi que le gouvernement veut installer pour faire une banque de noms de travailleurs où l’employeur va aller choisir ses employés.

-Moé j’m’en fiche pas mal, quand chu « slacké », j’me trouve une job moé-même.

-Mais là, tu n’auras plus le droit. Tu vas être obligé de te déclarer comme travailleur cherchant un emploi et c’est eux qui vont t’en trouver un.

-Y m’trouveront rien, parce que ça m’intéresse pas pantoute. Voir si j’aurai pas le droit de m’trouver une job. J’aimerais bin voir ça, moé!!!

-Mais ça va t’aider à te trouver du travail, non?

-J’veux rien savoir d’un ti-cul qui va me trouver du travail à ma place. Ch’suis pas un enfant, câlisse!!!

-Alors tu fais comment quand tu ne travailles pas?

-C’est pas compliqué, je vais voir les compétiteurs de mon ancien patron. C’est pas long qu’un travailleur les connait tous. On en parle tout le temps sur les chantiers.

-Pis si ça marche pas?

-La dernière fois, je me suis « parké » à la sortie d’un fournisseur de matériaux et j’ai suivit le premier « truck » qui transportait des « studs de métal ». J’étais certain de trouver un contracteur  de mon métier.

-Ça s’est passé comment?

-J’ai mis mon chapeau dur et je suis rentré sur le chantier. J’ai demandé au premier gars de ma spécialité où était le « boss ». Il m’a dit : « C’est lui là-bas avec le chapeau blanc! ». Je l’ai approché et j’ai dit :

As-tu besoin d’un bon homme?

-As-tu ta carte?

-Bin sûr, tiens là v’la!

-Tu as travaillé pour qui?

-Ça faisait cinq ans que je travaille pour …Untel. Là, y manque d’ouvrage; sans ça j’changerais jamais de compagnie.

-Ok! Tu commences après-midi.

-Non. J’commence demain matin. Après-midi j’ai queck chose à faire. Pis à part ça, des demi-journées, j’aime pas ça. On commence à quelle heure icitte; j’aime ça commencer de bonne heure.

-Soit ici à six heures.

-J’va être icitte à six heure moins quart. Salut, à demain.

Pis ça fini drette là. J’ai jamais besoin qu’on m’trouve d’l’ouvrage. J’aime mieux choisir mon « boss » moé-même. Si tu passes par le placement, tu deviens un numéros. Ça m’intéresse pas.

-Mais tu vas y être obligé, mon grand; sans ça tu vas payer une amende.

-C’est qui le calvert qui organise ça?

-La ministre du travail.

-À connait quoi dans la construction ta minisse du travail. À travaille pas!!! En plus, elle pis sa « gang » fait partie des dépenses dans mon budget.

-Elle veut empêcher que les unions décident qui va travailler et combien d’employé vont sur le chantier.

-J’ai jamais demandé à l’union de me trouver une job. Ceux qui vont à l’union où au bureau de placement, c’est pour s’assir s’une chaise pis dire à leur femme, le soir, qu’y a pas d’ouvrage. C’est pas des gars qui veulent travailler.

-Le gouvernement ne voit pas les choses comme ça.

-Le gouvernement est habitué d’engager des gars qui vont s’assir dans salle d’acceuil du bureau pour attendre une job, où ils vont s’assir le reste de leur vie. C’est pas comme ça qu’ça marche dans construction. Va falloir que le gouvernement s’réveille. On n’est pas des numéros. Si y font ça, on va être obligé d’les réveiller nous aute-même sacrament!!!

 

Amicalement

André Lefebvre

 

 

 

Une pensée sur “J’me trouve une job moé-même!!!

  • avatar
    29 octobre 2011 à 8 08 34 103410
    Permalink

    C’est volontairement que j’ai employé le « joual » que les têtes d’affiches des médias, s’amusent à coller aux employés de la construction pour les placer dans une seconde classe de la société.

    Ces « têtes d’affiches », « socially correct » qui ne semblent pas du tout dérangés par le fait de devenir UN NUMÉRO et de perdre leurs droits individuels.

    Remarquez que le « joual » n’est pas la caractéristique exclusive des gens de la construction; et ne comporte pas des expressions comme « cool », « Yeah », « man » ou autres « nouveautés ».

    Amicalement

    André Lefebvre

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