Juillet 2011 ou le début de la débâcle occidentale

Cette mi Juillet sonne comme une fin de partie, voire comme un mat. De manière tout à fait prévisible, la situation évolue ou, devrait-on dire, les métastases progressent car ils ne touchent plus seulement aujourd’hui ceux des pays qui furent dédaigneusement qualifiés comme faisant partie de l’Europe périphérique. En ce bel été 2011, le cancer des déficits publics se met à gangréner le « cœur » même de la zone Euro tout en menaçant d’essaimer vers l’ensemble des nations occidentales aux économies dites « intégrées »…

Attachez vos ceintures car cet été risque donc d’être celui de tous les périls et non des moindres puisque, à tout seigneur tout honneur, l’échec possible des négociations américaines sur l’augmentation du plafond de l’endettement fédéral provoquera immanquablement une ruée hors des Bons du Trésor US ! Ces obligations d’Etat américaines, Rolls Royce des emprunts souverains globaux qui étaient « la » valeur refuge suprême en cas de tourmentes, risquent donc de subir une liquéfaction de leurs valorisations si les politiciens de ce pays poursuivent leur surenchère tout aussi malsaine qu’inconsciente. Il va de soi que, dans cette hypothèse, c’est l’ensemble des actifs financiers internationaux qui seraient menacés d’implosion ! L’impact d’un tel séisme serait à l’évidence totalement dévastateur pour toutes les nations occidentales. En fait, l’existence même de cette menace – le fait même qu’elle soit envisageable – est d’ores et déjà catastrophique pour l’Occident en terme de confiance et de crédibilité et ce même si ce scénario catastrophique ne devait pas se concrétiser.

Car, du haut de leur boulimie dépensière et de leur politique se bornant à cacher la poussière sous le tapis en espérant qu’elle disparaisse des radars, nos pays dits « développés » prennent en otage le monde entier. Ne perdons pas le temps ou l’énergie d’évoquer – ou de rappeler – le ratio dettes / P.I.B. de l’Italie qui se situe à 119%, ni les 5.27% qu’elle se voit aujourd’hui contrainte de payer sur ses bons à 10 ans, pas plus du différentiel entre les obligations souveraines italiennes et allemandes à son plus haut historique… Comment la troisième économie européenne et septième mondiale parviendra-t-elle à re financer ses 1’000 milliards d’Euros d’endettements ces cinq prochaines années reste en effet un mystère. Comme il est impossible de porter secours à une économie aussi importante, résignons-nous donc à accueillir la contagion fiscale.

Parallèlement, est-il décent de s’attarder sur la tragicomédie américaine et sur ces déchirements de politiciens qui s’étripent avec pour seul enjeu de remonter le plafond de leur endettement de 14.3 à 16.7 milliards de dollars ? Posture politique, pression intense du Tea Party sur les Républicains, certes … mais, en cas d’échec de ces pourparlers, le Gouvernement US devra choisir entre ne pas payer les aides sociales de ses citoyens ou ne pas payer aux chinois les intérêts sur leurs placements en T-Bonds ! Eh oui : on en est là…Il est plus que probable que, en finalité, un arrangement de dernière minute sera trouvé comme il est vraisemblable qu’une solution aux déboires européens qui consisterait à faire payer les Etats en même temps que le contribuable avec une participation du secteur privé sera concoctée…

En attendant, le chute de l’occident est programmée et inévitable, quoiqu’il arrive, et nous devront assumer seuls les plaies de nos déficits et de nos endettements dont nous sommes seuls responsables. La vie facile « à l’occidentale » est à l’agonie, faites-en votre deuil !

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