Karachi : Sarkozy jusqu’au cou

Certains journalistes sont vraiment des sales bêtes ! Prenez France 24 par exemple. Une chaîne française de télé internationale qui dépend directement du ministère des Affaires étrangères : on l’imagine marchant avec discipline au pas du sarkozysme. Mais voilà qu’un de ses journalistes (inconnu) prend l’initiative de publier un article de l’AFP. Agence qui, elle aussi, verrouillée comme elle l’est au plus haut niveau, devrait garder son petit doigt sur la couture du pantalon. Mais ces empêcheurs de propagander en rond ont trouvé une astuce : la revue de presse. On ne prend pas position, on cite les confrères qui le font. Revue de presse en l’occurence pour le moins édifiante, concernant les derniers développements de l’affaire Karachi.

Jugez plutôt : « La « République irréprochable » promise par Nicolas Sarkozy en 2007 « se porte mal » et le président est « directement touché » par les nouvelles révélations sur l’affaire de Karachi mettant en cause un fidèle parmi les fidèles, Brice Hortefeux, estime la presse régionale samedi. « De rebonds en rebondissements, de révélations en allégations, de dénégations en semi-aveux, l’affaire de Karachi poursuit sa course folle », constate Patrice Chabanet dans son éditorial du Journal de la Haute-Marne. » Notons l’usage du verbe constater, tout sauf neutre. Mais poursuivons :  »Au train où vont les choses, dire que l’affaire Karachi est en train de semer la panique à l’Elysée va finir par relever de l’euphémisme », assure Jacques Guyon dans les colonnes de La Charente libre. « Chaque jour, chaque heure amène son petit lot de révélations, sa rumeur qui est déjà une certitude, la liste ne cessant de s’allonger des copains et des coquins qui se goinfrent sur le ventre de Marianne. L’atmosphère devient irrespirable », s’exaspère L’Union/L’Ardennais sous la plume d’Hervé Chabaud. Après la mise en examen de deux proches de Nicolas Sarkozy dans l’enquête sur le volet financier du dossier Karachi, c’est Brice Hortefeux, homme de confiance du chef de l’Etat, qui se retrouve dans la tourmente après la révélation d’une conversation téléphonique avec un protagoniste de l’affaire dans laquelle l’ex-ministre de l’Intérieur s’inquiète de l’enquête du juge. Pour Olivier Pirot, de La Nouvelle République du Centre Ouest, il ne fait aucun doute que « lorsque c’est Brice Hortefeux qui se fait rattraper par l’affaire Karachi, c’est le président de la République qui par ricochet est directement touché ». « C’est un jeu de massacre autour de Nicolas Sarkozy. Un à un, ceux qui l’ont accompagné tout au long de sa carrière, sont en passe de tomber au champ de déshonneur », commente Jean-Michel Helvig dans La République des Pyrénées. « La « République irréprochable » que promettait Nicolas Sarkozy se porte mal », juge Patrick Fluckiger dans L’Alsace. Alors que le parquet de Paris a décidé « d’enquêter sur les fuites qui ont permis à la presse de remonter, par Hortefeux interposé, jusqu’au sommet de l’Etat, où la fébrilité est patente », l’éditorialiste alsacien note amèrement que « cela devient une habitude : ce n’est pas le scandale qui inquiète, c’est sa révélation ». « Désormais, le chantre de la République irréprochable se retrouve disqualifié dans son opération main propre », renchérit Yann Marec dans le Midi libre. » Tout est dit, non ?

Pas tout-à-fait : il faut préciser que le communiqué publié par l’Elysée pour tenter de dédouaner le chef de l’Etat est un pur scandale de foutage de gueule. Fabrice Arfi l’explique sur Mediapart : « S’agissant de l’affaire dite de “Karachi”, le nom du chef de l’Etat n’apparaît dans aucun des éléments du dossier. Il n’a été cité par aucun témoin ou acteur de ce dossier », affirment les services de la présidence. Ces deux petites phrases posent un double problème. Primo, dans une République où la Constitution garantit la séparation des pouvoirs — notamment politique et judiciaire —, comment l’Elysée peut, de manière aussi péremptoire, assurer que « le nom du chef de l’Etat n’apparaît dans aucun des éléments du  dossier » ou qu’ « il n’a été cité par aucun témoin ou acteur de ce dossier » ? Nicolas Sarkozy n’est ni mis en examen ni partie civile dans cette affaire ; en théorie, il n’a donc pas accès à la procédure. Secundo, ce que l’Elysée assure, de manière aussi péremptoire, est un mensonge. Oui, Nicolas Sarkozy est désigné par plusieurs témoins et plusieurs documents dans le dossier du juge Van Ruymbeke. » Et Arfi de citer SEPT documents ou témoignages impliquant directement Sarkozy ! L’UMP est une mafia et le président son parrain.

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