La bande du Fouquet’s, oligarchie française

Retour du Kiosque de plumedepresse, version gratuite. « Nous sommes les partageux ! », a coutume de lancer Jean-Luc Mélenchon. Chiche ! On est comme ça, chez plumedepresse : le Kiosque revient en version totalement gratuite. Youpi. On attaque avec la bande du Fouquet’s.

 

Oligarchie

« La bande du Fouquet’s s’est-elle vraiment régalée à la table du sarkozysme, pendant ces quatre ans ? Disons qu’elle n’a pas eu à regretter son soutien (rien que pour le bouclier fiscal), même si ses rêves les plus fous n’ont pas été exaucés, résume Libération. Qui précise que pas moins de 16 membres de cette bande ont été décorés de la Légion de la honte d’honneur, mais s’attarde moins sur les colifichets que sur les affaires : « Prenons quatre gros dossiers politico-industriels du début du quinquennat.

1) Nicolas Sarkozy a bataillé durant des mois pour faire la fusion entre GDF et Suez, quitte à renier son engagement de ne pas privatiser GDF.

2) Il a placé le groupe d’électronique de défense Thales sous le contrôle de Dassault.

3 et 4) Il a supprimé la publicité sur les télévisions publiques et légalisé les sites de jeu et de poker en ligne. A chaque fois, le gouvernement a dit avoir de bonnes raisons de faire ce qu’il a fait. A chaque fois, un (ou plusieurs) membre «de la bande Fouquet’s» en a directement profité. En toute légalité. La fusion GDF-Suez ? Elle a bien sûr ravi le premier actionnaire privé du groupe, le milliardaire belge Albert Frère, allié fidèle de Bernard Arnault. Le rapprochement Thales-Dassault ? Serge Dassault, patron propriétaire du groupe homonyme et du Figaro, a pu imposer ses conditions. La fin de la publicité à France Télévisions ? Le coup a fait cette fois deux heureux. Martin Bouygues, d’abord, dont le groupe avait comme par hasard suggéré la bonne idée, dans une note transmise à l’Elysée fin 2007. (…) Alain Minc est à la manœuvre. En soufflant l’idée au chef de l’Etat, Minc avait en tête de permettre à son protégé Stéphane Courbit (et vieux copain de Sarkozy) de racheter la régie publicitaire de France Télévisions. Joli coup double, donc. Enfin, derrière l’ouverture du marché des jeux et du poker en ligne, on retrouve une belle brochette d’intérêts : le même Stéphane Courbit, Dominique Desseigne (le patron du Fouquet’s), Bouygues et Arnault. Tous ont mis de l’argent (à des degrés divers) dans le secteur. Merci qui ? Sauf qu’à l’exception de la fusion GDF-Suez, rien ne s’est passé comme prévu. Thales traverse, depuis la prise de contrôle de Dassault, une grave crise de management. La publicité supprimée sur France Télévisions n’est pas (ou si peu) allée dans la tirelire de TF1 et de M6, mais dans les caisses des chaînes de la TNT. Et le supposé eldorado du jeu en ligne français s’est révélé, pour l’instant en tout cas, un pauvre mirage. Avant de gagner, il faut bien jouer. Et pour l’instant, le croupier Sarkozy ne porte pas franchement chance.  » Et en plus il est nul ! Conclusion rime avec Mélenchon (présidons !) : « Nous sommes tous prêts, aujourd’hui, à clamer notre admiration pour la révolte des Egyptiens, des Tunisiens pour la démocratie, mais personne n’a l’air de se rendre compte que, chez nous, nous avons aussi une oligarchie qui s’appelle la bande du Fouquet’s »*.

*Sur Europe 1.

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