La crasse qui suinte

 

Je suis à écouter depuis deux (2) heures le bavardage redondant des représentants du peuple québécois au Salon Bleu de l’Assemblée nationale.  Il s’agit de cette loi spéciale qui devrait régler la crise dite étudiante.  On n’en a pas encore parlé, de cette crise : on se pose des questions. Mieux dit, on se porte des accusations en forme de questions. C’est la règle du jeu.

C’est aussi la règle du jeu qu’on ne répond jamais à une question. On dévie TOUJOURS sur autre chose, car c’est un principe établi que répondre a une questio serait admettre que celui qui l’a posée n’était pas totalement sot, ni hors-sujet et lui concéder l’avantage inacceptable d’orienter ne serait-ce qu’un moment du débat.

On a donc un dialogue de sourds, d’ou sort l’impression erronée, mais persistante, qu’ils sont tous des sots et sont toujours hors-sujet, errant comme des poules à la tête coupée autour d’un débat qui n’est JAMAIS orienté. Lamentable.

La hausse des frais de scolarité, le coût de l’éducation, que la désordre se soit installé et que le système judiciaire ne soit plus respecté sont évidemment des problèmes graves, … Mais  n’oublie-t-on pas le plus important ?

Le plus important, c’est que la contestation étudiante est l’expression, non pas tant d’un désaccord sur les faits ou les politique de l’État, que d’un colossal MEPRIS envers la gouvernance et envers ceux qui gouvernent.

Ce soir, le débat spécial sur l’éducation est couvert, dans l’esprit de tous, par le scandale d’un corruption omniprésente dont on se demande si cette crise n’a pas été fomentée uniquement pour la faire oublier.  L’ex- Président du Comité exécutif de la métropole du Québec est accusé de corruption.  C’est grave. Plus grave que les vitrines des banques.

Pourquoi disparaîtrait ce mépris des jeunes envers ce qu’on pourrait appeler le « système » ?   Et ne voit-on pas que ce mépris  n’est que la pointe avancée de la perte de confiance de TOUS les gouvernés envers les gouvernants ?

La force cachée du mouvement étudiant, c’est que même les citoyens qui sont pour la hausse des frais de scolarité et contre tout désordre se reconnaissent en ceux qui s’opposent au système. Au moment de vérité, qui sait si les « Rouges » ne seront pas vus comme des justiciers…

Et ce n’est pas le spectacle navrant de ce soir, d’une démocratie impuissante qui se limite à un échange de platitudes de mauvaise foi, qui redonnera confiance au peuple et amènera de nouveaux amis au Systeme.

 

Pierre JC Allard

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