La culture du « no-fault » au Québec

Scandales de corruption dans les administrations municipales de Montréal et Laval, intimidation, taux de suicide élevé au Québec, etc. Tous ces cas ont de quoi décourager tout citoyen le moindrement bien informé.

Malgré ces maux qui gangrènent notre société, dans l’ensemble de la province, nous jouons collectivement à l’autruche : ne rien voir, ne rien entendre et n’être responsable de rien. La question à se poser dans un tel contexte : pourquoi cette culture du no-fault?

Faut-il mettre la faute de cette déresponsabilisation collective sur le dos du modèle québécois instauré depuis la Révolution Tranquille? Est-ce que le gouvernement et son État-providence prennent trop de place dans nos vies, au point où nous nous sommes désengagés de notre propre prise en charge en tant que société?

Il y a 50 ans débutait la Révolution Tranquille. Dans le cadre de cet événement ayant délimité les cadres de notre social-démocratie actuelle, l’État québécois a pris en charge des institutions jusque là assumées par la famille ou le clergé : santé, éducation, les aînés… Dans ce transfert de compétences, s’est perdue la notion de responsabilité.

Dans cette disparition de l’imputabilité, les administrations à l’échelle provinciale et municipale ainsi que nos institutions pourrissent de l’intérieur et les fonds publics, servant à les financer sont détournés au profit d’intérêts privés et de clans criminels, la mafia en tête. Nous, les citoyens payeurs d’impôts, souffrons de ces dérivations, car nous peinons à recevoir, de manière adéquate, les services pour lesquels nous avons payé des taxes et des impôts.

Dans cette vague de détournement de fonds publics, Il n’y a qu’à regarder ce qui se passe à la Commission Charbonneau et dans l’actualité. Récemment, lors de l’annonce de sa démission en tant que maire de Montréal, Gérald Tremblay se posait en victime des événements et de son entourage politique qu’il accuse de l’avoir sciemment trahi. Est-il aussi innocent qu’il le prétend ou a-t-il simplement fermé les yeux sur les magouilles et la corruption au sein de l’administration municipale? Seul l’avenir nous le dira ou bien la Commission Charbonneau.

En attendant, nous baignons collectivement dans une irresponsabilité crasse. Ce n’est pas un héritage glorieux que nous a laissé la Révolution Tranquille. À quand un retour du balancier pour que nous cessions de nous poser en éternelles victimes?

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