La guerre au coeur du capitalisme

GILLES BONAFI

La guerre joue un rôle clé dans notre système économique, elle est l’arme absolue qui lui permet de survivre. Pour ceux qui en doutent, voici quelques données :

Source : Fed of St Louis research

On peut constater que le taux de chômage aux USA qui avait atteint le pic de 20 % le 1 juin 1938, disparaît totalement (0,24 % le 1 juin 1942) au cours de la seconde guerre mondiale. En effet, les USA sont entrés en guerre en 1941 suite à l’attaque de Pearl Harbor.

Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas le New Deal, la fameuse politique Keynésienne de Roosevelt, qui a permis de sortir de la crise économique provoquée par le krach de 1929, mais bel et bien la guerre.

En plaçant la banque et surtout l’intérêt au coeur du système, on finit par créer ce que l’on appelle en mathématiques des exponentielles.

( Placement de 100 000 dollars au taux de 4% sur 100 ans : y = 100000 x (1,04 puissance 100 ).

L’exponentielle étant une droite qui tend vers l’infini on comprend mieux pourquoi l’économie possède un fonctionnement cyclique illustré par Nikolaï Kondratiev.

C’est pour cette raison que tous les trentes à trente cinq ans (1815 – 1848 – 1870 – 1914 – 1939 – 1971), il faut remettre les compteurs à zéro, rôle qui est dévolu aux révolutions et surtout aux grandes guerres (première et seconde). Or, avec les bombes atomiques, à moins d’un suicide collectif, le processus est brisé.

Ainsi, le système financier international mis en place par les accords de Bretton Woods en 1944, plaçant le dollar comme monnaie de référence a totalement implosé le 15 août 1971. Le président Nixon, imposa la fin de la convertibilité du dollar par rapport à l’or. Les économistes n’ont d’ailleurs pas compris à l’époque que ce n’était pas seulement le déclin des USA qui débutait, mais, la fin de tout notre système économique basé sur la dette.

Le système, pour survivre, devait de façon virtuelle accroître sans cesse la masse monétaire, un rôle dévolu à la finance. On a donc décorrélé l’argent de toute réalité physique pour le faire lentement glisser dans le domaine du virtuel.

Une fois atteint le point de rupture, les dépenses militaires explosent (exponentielle en rouge) avec, pour les USA, le chiffre  hallucinant de 834,6 milliards de dollars (Q3 2012) :

 

Source : Fed of St Louis research

Il est d’ailleurs intéressant de comparer les dépenses militaires des USA avec celles du reste du monde :

Source : SIPRI

Lorsque l’on parle de notre système économique, personne ne parle du rôle majeur de la guerre : la soupape de sécurité du système. Il serait peut-être grand temps d’inventer une autre façon de vivre ensemble qui ne se résume pas à vendre, acheter et s’entretuer.

« Jamais dans l’histoire telle que nous la connaissons, l’homme n’a été autant qu’aujourd’hui un problème pour lui-même. » Max Scheler

GILLES BONAFI

P.S. Pour ceux qui aiment les anecdotes, la petite Histoire… et sont curieux de cette photo  en couverture

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