LA GUERRE DES GUERRES

Quelque chose de nouveau se dégage du panorama mondial, quelque chose qui n’apparaissait pas avec autant de clarté que ce n’est le cas aujourd’hui. Les peuples s’éveillent et comprennent mieux que quiconque ce quelque chose de nouveau. C’est que les rideaux derrière lesquels se cachent les tireurs de ficelles, ceux et celles qui commandent les pouvoirs politiques, judiciaires, financiers,  tombent. Ils apparaissent maintenant sans masque, à découvert tant dans leur cupidité que  dans leurs manipulations et leurs mensonges. Ils ne peuvent plus se cacher ni dissimuler leur mesquinerie et leurs crimes. Les sépulcres blanchis à l’intérieur desquels ils y dissimulaient leur pourriture viennent d’éclater.

Nous n’en sommes plus à des différents idéologiques, à des ambitions du pouvoir pour le pouvoir, à des choix démocratiques entre un parti et un autre, mais à un saut qualitatif dans la conscience du pouvoir des peuples à assumer eux-mêmes leur propre destinée. Éclairés et soutenus par la présence de nouvelles technologies, surtout celles de l’information alternative et des communications, ils peuvent détecter les faussaires qui se paient leur tête et les mettre à la porte. Ils ont vaincu la peur. Ils ont retrouvé une nouvelle solidarité.

Lorsque le peuple vénézuélien se soulève, en 2002, pour chasser les putschistes et ramener leur Président là où il l’avait placé trois ans plus tôt, il a alors donné un signal que le temps des tricheries était fini. Lorsque le peuple bolivien, en 2008, a fait sa longue marche vers le Parlement pour y rejoindre son Président, en grève de la faim depuis plusieurs jours, il a démontré que le véritable pouvoir leur appartenait et que les sénateurs devaient s’exécuter pour approuver leur nouvelle constitution. Maintenant ce sont les peuples du Moyen Orient et de l’Afrique du nord qui se lèvent et disent c’est assez. La Tunisie, l’Égypte et d’autres qui suivront voient les chaînes avec lesquels on les retient dans la pauvreté, la misère et, sans doute plus que tout, dans la tromperie, la tricherie, le mensonge, la manipulation, le vol pur et simple. Cette prise de conscience frappe de plein fouet leur dignité dans ce qu’ils sont comme personnes et comme peuples. Ils sont indignés, blessés et en colère.

De toute évidence, ces changements de garde et de gardiens ne se réaliseront pas sans que les grands joueurs des pouvoirs dominants essaient de reprendre le contrôle de la situation, non plus avec la force des armes, que l’opinion mondiale ne saurait tolérer, mais en se fondant dans le peuple, un peu comme des caméléons, pour encore une fois le manipuler plus subtilement. Nous assistons actuellement en Égypte à l’utilisation de l’axiome  « diviser pour régner« .  Tout est bon pour briser le front commun unissant la voix d’un peuple. Allons donc savoir qui sont ceux et celles derrière ces appuis soudains au Président Moubarak, lançant des slogans et des pierres, brandissant des photos encore toutes fraîches de ce dernier ? A-t-on converti les policiers et policières du pays en militants et militantes? A-t-on ouvert la bourse pour se payer des mercenaires prêts à tout pour gagner de quoi faire vivre leurs familles ? As-t-on tout simplement monté de toute pièce ce spectacle pour que le monde voit sur les écrans de leurs téléviseurs que le peuple égyptien est divisé et que la transition proposée par Moubarak est ce qu’il y a de plus raisonnable ? Est-ce dans l’espoir de justifier l’intervention de l’armée? Avec ces gens et les services spécialisés de Washington tout est possible. Au moment d’écrire ces lignes les images qui nous arrivent du Caire montrent la confrontation de deux camps qui s’opposent. Ce sont les seules images, à euronews, qui sont diffusées depuis tôt ce matin (02-02-2011)

Que va-t-il se passer? De toute évidence les tenants du pouvoir en Égyptes et dans les grandes capitales occidentales ne veulent pas perdre le contrôle de la transition. Le modelage de la démocratie est toujours plus facile lorsqu’on en est l’artisan principal. Déjà, nos médias font ressortir certaines figures qui émergent de ces foules mais aussi de l’étranger. Washington ne manquera pas de soutenir discrètement l’ancien responsable de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), M. Mohamed ElBaradei, désigné par les contestataires comme leader de l’opposition. Il faudra de la clairvoyance et de cet instinct qui permet de détecter les faussaires. Quoi qu’il en soit, la situation à venir ne pourra plus être de même nature que celle qui est dénoncée et combattue par les peuples porteurs d’une conscience nouvelle des réalités sociales et politiques. Les tricheurs et les manipulateurs finiront bien par être mis à découvert.

Dans le livre de l’Apocalypse, il y a une façon d’identifier ces sépulcres blanchis et le sort qui les attend.

« Mais les lâches, les renégats, les dépravés, les assassins, les impurs, les sorciers, les idolâtres, bref, tous les hommes de mensonge, leur lot se trouve dans l’étang brûlant de feu et de soufre : c’est la seconde mort.  » » Apocalypse 21,8

Oscar Fortin,

Québec, le 31 janvier 2011

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Oscar Fortin

Libre penseur intéressé par tout ce qui interpelle l'humain dans ses valeurs sociales, politiques, économiques et religieuses. Bien que disposant d'une formation en Science Politique (maîtrise) ainsi qu'en Théologie (maîtrise), je demeure avant tout à l'écoute des évènements et de ce qu'ils m'inspirent.

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