La haine de l’entrepreneuriat

Il existe un certain malaise au Québec et il nous a mis sur une trajectoire d’autodestruction. Si certains entretiennent encore l’espoir qu’un jour cette province puisse devenir un pays, il faudra un jour guérir cette maladie. Alors que l’entrepreneuriat, la prise de risque et l’innovation que ça entraine ont toujours été le moteur de toute économie, le Québec est anti-entrepreneurial. Doit-on être surpris que le Québec tire de la patte du point de vue économique.

Malgré plus d’un demi-milliard en aide à l’entrepreneuriat, le nombre d’entrepreneurs parmi la population de 15 ans et plus est passé de 3,4% en 1987 à 2,9% en 2008. La part des nouvelles entreprises dans le nombre total des entreprises a chuté de 14,6% en 1991 a 11,2% en 2006, pendant ce temps en Ontario elle passait de 13,9% à 11,2%. Moins des deux tiers des entreprises québécoises survivent plus de deux ans et seulement un tiers sont encore ne opération après cinq ans. En guise de comparaison, la moyenne de survie après cinq ans des pays de l’OCDE est de 50%.

Pire encore,il y a a deux fois plus d’entrepreneurs dans le reste du Canada qu’au Québec, et au Québec, il y a deux fois plus d’immigrants et d’anglophones qui choisissent de devenir entrepreneurs que de francophones et on surprend de constater une anglicisation des commerces à Montréal. Si tous les propriétaires d’entreprises sont anglophones, guess what? C’est l’anglais qui l’emporte!

C’est certain que la fiscalité plus progressive du Québec (taux d’imposition fédéral/provincial combiné jusqu’à 48%) et le fardeau règlementaire (473 lois et 2345 règlements pour donner respectivement 15 000 et 21 000 pages), sont des facteurs qui sont non-négligeables et qui expliquent pourquoi nous somme la caboose du train économique canadien, ça n’explique pas pourquoi si peu de francophones semblent vouloir se lancer en affaire. Je crois qu’il y a là une grosse question d’attitude d’ordre culturel. Peut-être est-ce nos racines catholiques qui nous donnent un certain dédain pour l’argent que les anglophones, majoritairement protestants et les immigrants n’ont pas? Pourtant, il y a eu de nombreuses entreprises dans notre histoire qui ont été démarrées par les religieux. Toujours est-il que selon certaines études, 19,2% des québécois reconnaissent l’ambition comme une qualité entrepreneuriale (32% dans le ROC) et le succès financier est perçu négativement par 40,2% des québécois contre 28% au ROC. Désolé, mais on ne pourra certainement pas devenir riches, si on croit que le succès financier est une tare!

Je crois certainement que notre système d’éducation y est pour quelque chose. Un système où l’enseignement de l’économie est étonnamment négligée, où on nivelle fréquemment vers le bas. Où on enveloppe les enfants de papier à bulle et on évite de trop les faire forcer de peur d’abimer leur estime de soi. Un système où le mot excellence est banni du vocabulaire. Ceux qui en sortent n’ont jamais été mis au défi, mais croient à tort qu’ils ont vraiment accompli quelque chose. On les a tellement couvé, qu’ils sont allergiques au risque. Comment voulez-vous qu’ils développent l’instinct pour démarrer une entreprise. Ils sont bien plus enclins à rester dans leur zone de confort sans vouloir en sortir.

Une culture, pour être préservée doit savoir produire et entreprendre. Il est triste de constater qu’au Québec, la culture entrepreneuriale est en train de mourir et que les québécois se contentent seulement de poinçonner leurs cartes de temps et faire leur petit 35-40 heures par semaine, plutôt que de devenir maitres de leur propre destinées. Il faudrait peut-être commencer à enseigner à nos enfants qu’il n’y a rien de mal à faire de l’argent.

7 pensées sur “La haine de l’entrepreneuriat

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    1 juillet 2011 à 1 01 09 07097
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    Oui à l’entrepreneuriat… mais sérieusement. En opposant sécurité et ambition, on a créé un clivage social. Les chiffres que vous citez sont la preuve que cette approche ne fonctionne pas. Il faut assurer un socle de base de solidarité et de planification, et c’est sur cette base qu’il faut bâtir un « piano nobile » d’entrepreneuriat et de liberté, ouvert à l’initiative et à la créativité.

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2005/02/07/t10-le-filet-sous-le-trapeze/

    Pierre JC Allard

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    2 juillet 2011 à 9 09 29 07297
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    «Si certains entretiennent encore l’espoir qu’un jour cette province puisse devenir un pays, il faudra un jour guérir cette maladie.»

    Ce n’est pas une maladie. C’est une possibilité parmi tant d’autres, pour se donner des moyens de choisir l’avenir du prolétariat habitant la terre nommée Québec.

    Le maladif, c’est le nationalisme, mais d’autant que je sache, les indépendantistes de Q-s ne s’appuient pas sur la ceinture fléchée quant à leur dessein.

    Quant aux Québécois, on peut aisément, avec la propagande, leur proposer un projet révolutionnaire, ce que le PQ n’a jamais offert et ce que le Bloc n’a jamais défendu. Vous sous-estimez la malléabilité de la nation monsieur David. Elle a par exemple applaudi les monarques princiers, ce que les Québécois n’auraient jamais fait jadis. Vive Radio-Canada et les films de Disney, qui ont mis la table pendant des décennies pour minimiser le parasitisme de ces larves tellement riches qu’elles ne se font même pas à bouffer toutes seules…

    «Alors que l’entrepreneuriat, la prise de risque et l’innovation que ça entraine ont toujours été le moteur de toute économie, le Québec est anti-entrepreneurial. Doit-on être surpris que le Québec tire de la patte du point de vue économique.»

    C’est faux. Le Québec n’est pas anti-entrepreneurial, anti-risque, ou anti-innovation.

    Par exemple, Hydro-Québec qui créait le moteur-roue, que les valets de la bourgeoisie ont préféré vendre au plus offrant…. Comme innovation, ce n’était pas rien.

    Quant à l’entrepreneuriat, vous savez très bien qu’il n’est possible que pour ceux et celles qui en ont les moyens, c’est-à-dire une minorité des Québécoises et des Québécois. Ce n’est pas à la majorité laborieuse de plier aux caprices de ces petits privilégiés, avantagés par une économie désuète qui ne partage pas les richesses, celles, ironiquement, créées par ceux et celles qui la quémandent.

    Quant au risque, vous ne savez que reconnaître celui de vos maîtres, de vos paresseux qui n’ont que le capital à jouer, alors que les prolétaires y jouent leur santé et leur vie! Un Québécois meure aux 4 jours, en travaillant à faire vivre vos élites avantagés par un système qui même dépourvu d’État, les avantagerait! Les parasites n’auraient alors qu’à se payer des mercenaires à matraque…

    Maintenant, quant aux faits, le Québec n’est pas pire que les autres, il offre tout simplement trop d’avantages aux travailleurs salariés et syndiqués, aux yeux des minorités parasitaires bourgeoises, qui le boudent et qui vont investir dans des paradis fiscaux où les droits des travailleurs sont quasi inexistants. Bref, à lire madame Elgrably, cette pute à bourgeois, et Éric Duhaime, cet agent de la CIA qui me demande d’être son ami sur Facebook, il faudrait pratiquement rétablir l’esclavage et la prostitution juvénile, qui attirent les investisseurs ailleurs dans le monde… Qui sait? Peut-être que Legault mettra cet énoncé dans son programme!

    Les compagnies fichent le camp ailleurs, parce qu’ailleurs, ils se plient l’échine plus bas que nous. Les compagnies investissent ailleurs, où le prolétariat est docile et non chaland, quant à ses droits ou ses intérêts. Vive le Ghana! Vive la Somalie et le Sri Lanka! Sans oublier la Suisse, qui cache les voleurs, les mafias et les tueurs, sans parler du blanchiment d’argent qu’elle leur offre.

    Quant à savoir si le Québec tire de la patte, il suffit de voir les États-Unis d’Amérique s’embourber dans leurs dettes et de voir à quel point le capitalisme est instable et inefficace pour comprendre que vos vœux pieux ne peuvent pas se réaliser. Washington va faire faillite, et l’ensemble de l’économie mondiale a connu des hausses via un système impérialiste, où le capitalisme s’est étendu par les armes et le sang des belligérants.

    Et après la débâcle de 2007-2008, où des banques privées n’ont même pas été foutues de se faire un budget viable, et où le FMI est également sur le point de faire faillite lui-même, on se demande pourquoi certains continuent de prêcher dans le désert, que l’eau ne coule pas faute des païens au capitalisme.

    Votre grand héro, Milton Friedman, coordonnait lui-même, les économistes chiliens sous la dictature de Pinochet, ça résume assez bien l’essentiel du discours libertarien… Hypocrisie. Un État bien fort et très répressif, au service de la minorité parasitaire bourgeoise.

    «En guise de comparaison, la moyenne de survie après cinq ans des pays de l’OCDE est de 50%.»

    Il n’y pas un seul pays sur Terre, qui se compare à un autre. Ses mœurs, les avancées sociales, etc.. Tout est différent d’un endroit à l’autre. Mais la bourgeoisie et leurs laquais voudraient bien que ce soit le cas, que les prolétaires soient aussi dociles et serviles d’un endroit à un autre.

    Et c’est en bonne partie ce que défend ce texte. Il demande la conciliation des classes, il demande surtout que le prolétariat se plie toujours plus le dos, pour être le plus profitable possible pour la minorité «libre» d’investir et d’entreprendre.

    «Pire encore,il y a a deux fois plus d’entrepreneurs dans le reste du Canada qu’au Québec, et au Québec, il y a deux fois plus d’immigrants et d’anglophones qui choisissent de devenir entrepreneurs que de francophones et on surprend de constater une anglicisation des commerces à Montréal. Si tous les propriétaires d’entreprises sont anglophones, guess what? C’est l’anglais qui l’emporte!»

    C’est un constat qui se fait à l’envers des faits. C’est parce que l’anglais l’emporte déjà sur les marchés, que les anglais investissent plus. Et c’est parce que les immigrants arrivants ont possiblement plus d’éducation en ce sens qu’ils sont enclins à entreprendre,, et qu’ils ont les moyens de le faire, indéniablement.

    Vous coupez court au débat en faisant fi de biens des facteurs, quant à l’entrepreneuriat des Québécois.

    D’autre part, votre vision des choses s’exclusive chez les propriétaires privées des moyens de production, en aucun cas vous ne ferez part d’entrepreneuriat coopératif et c’est bien ce qui rend tout ce texte totalitaire et orienté d’emblée, vers l’asservissement des salariés.

    Les méchants prolétaires coûtent trop cher… À croire les capitalistes et leurs extrémistes libertariens, il faudrait se vendre aux plus offrants et abaisser au maximum ses demandes pour s’assurer d’investissements étrangers, ou locaux! Autrement dit, les capitalistes ne sont pas capables de voir autre chose que l’asservissement d’une classe à une autre, des créateurs de richesses au diktat de ceux qui n’ont de mérite que ce qu’ils possèdent préalablement, avant leur entreprise.

    Et cela me fait un peu penser à Radio-Canada, qui s’émerveille de voir les parasites monarques venir fouler le sol canadien, ou à ces filles toutes maquillées aux seins remontés, qui appellent le prince à les baiser, à baiser une canadienne sur leurs T-Shirt! Allez les esclaves, pliez l’échine! Sinon, pas de miette!

    Les employeurs sont comme les monarques, ce sont des parasites. Le bourgeois n’est que l’intermédiaire entre l’offre et la demande, pour la seule et unique raison qu’il possède le capital nécessaire à l’entrepreneuriat! Un parasite excusé par un système carburant au capital qu’il détient, la belle affaire! La belle excuse!

    «C’est certain que la fiscalité plus progressive du Québec (taux d’imposition fédéral/provincial combiné jusqu’à 48%) et le fardeau règlementaire (473 lois et 2345 règlements pour donner respectivement 15 000 et 21 000 pages), sont des facteurs qui sont non-négligeables et qui expliquent pourquoi nous somme la caboose du train économique canadien, ça n’explique pas pourquoi si peu de francophones semblent vouloir se lancer en affaire.»

    Et voilà, qu’est-ce que je disais! Mais pourtant, le fardeau fiscal des entreprises au Québec est bien en de ça des autres États nord-américains! Moins de réglementation, moins de contrainte pour ces pauvres investisseurs… Et quoi encore? Ils en sont à demander à un locataire de payer une somme en dépôt pour les appartements… La droite n’en aura jamais assez! Pour la minorité parasitaire bourgeoise, elle est de toute façon prête à prendre les armes et à tuer. L’histoire nous le rappelle…

    «Je crois qu’il y a là une grosse question d’attitude d’ordre culturel. Peut-être est-ce nos racines catholiques qui nous donnent un certain dédain pour l’argent que les anglophones, majoritairement protestants et les immigrants n’ont pas?»

    Les Italiens aiment le fric, et ils sont très religieux. C’est du racisme. Les Québécois ne sont pas moins ou plus cons que les autres, ce sont des francophones, dans un bassin immense d’anglophones. Ils ont un conditionnement autre et sont toujours sur leurs gardes, faute d’avoir été abusés trop souvent.

    Depuis le «Libre-Échange», les Québécois ont perdu beaucoup d’emplois, cela pèse également dans la balance.

    D’autre part, quand on dit qu’il n’y a que 180 000 employeurs au Québec et que nous sommes des millions de salariés, d’autres alertes devraient à mon avis, sonner dans votre petite tête. Certes, moins d’employeurs qu’ailleurs, mais certes également, une mauvaise répartition de la richesse!

    «Toujours est-il que selon certaines études, 19,2% des québécois reconnaissent l’ambition comme une qualité entrepreneuriale (32% dans le ROC) et le succès financier est perçu négativement par 40,2% des québécois contre 28% au ROC. Désolé, mais on ne pourra certainement pas devenir riches, si on croit que le succès financier est une tare!»

    Succès financier sur le dos des autres! Oui! C’est ce que voient les Québécois, alors que vous ne voyez, vous, que le succès de l’employeur, qui n’a pourtant pas d’autre mérite que d’avoir possédé les capitaux nécessaires, au bon moment, au bon endroit!

    Mais encore, on ne deviendra jamais riche dans un système capitaliste, seuls les bourgeois s’y enrichissent, et les mieux salariés, une minorité. Alors pas la peine de nous mentir d’avantage et de nous promettre, encore, la richesse. Elle n’arrivera jamais cette richesse, elle est là, dans les poches d’une minorité que vous applaudissez.

    «Je crois certainement que notre système d’éducation y est pour quelque chose. Un système où l’enseignement de l’économie est étonnamment négligée, où on nivelle fréquemment vers le bas.»

    Oui, comme vous le faites pour les conditions sociales, ou pour les conditions de travail des créateurs de richesses que sont les prolétaires, ces salariés dont vous ne reconnaissez pas l’exploitation par les minorités parasitaires bourgeoises. On nivèle vers le bas quand on dit aux travailleurs de Poste-Canada, qu’ailleurs ils sont payés moins chers. On nivèle vers le bas quand on nous compare aux dociles prolétaires des pays du tiers-monde, lesquels font l’envie des bourgeois que vous défendez, ou que vos amis du RLQ défendent (Tiens donc, du corporatisme!).

    Je suis pour l’entrepreneuriat, mais contre l’exploitation. Or, c’est parfaitement cohérent et ça se conjugue très bien. Pas besoin de soutenir l’insoutenable pour parler d’entrepreneuriat. Pas besoin de soutenir l’exploitation de la majorité par la minorité parasitaire.

    Les Québécois se disent : Wow! J’ai deux choix! Exploiter, ou me faire exploiter! Et quand certains veulent travailler pour l’État, pour se faire conséquents de leurs valeurs, vous les dites lâches et aux mamelles de l’État, alors que de facto, l’IEDM, Fraser, Cyrano et cie, sont toutes aux mamelles des bourgeois et des pétrolières.

    «Où on enveloppe les enfants de papier à bulle et on évite de trop les faire forcer de peur d’abimer leur estime de soi.»

    N’importe quoi. Je n’ai jamais vécu cette situation à l’école et la professeure de ma plus vieille cette année, prônait l’excellence et l’élitisme, tout en prônant le respect des différences. C’est vraiment idéologique comme propos, et ça n’est qu’affirmation de votre part. Ça n’est pas observable dans les écoles. Une machination libertarienne, qui préfère s’inventer des «réalités» plutôt que d’y faire face.

    «On les a tellement couvé, qu’ils sont allergiques au risque.»

    Les beaux mots. Le risque! Faut le faire! Ils risquent quoi, les bourgeois? Du papier! Les travailleurs risquent leur vie et ne méritent pas en cela, d’exploiter leur prochain! Qu’ils aillent se faire foutre, les employeurs avec leur pseudo-risque! Les travailleurs risquent leur santé et leur vie, pour faire fructifier le capital, en conjuguant leur force de travail aux moyens de production possédés par les parasites que vous défendez! Ça, c’est du vrai risque! Au Québec, à tous les 4 jours, un Québécois meure au travail selon la CSST. Et vous avez le culot de dire qu’ils n’osent pas prendre de risque! La belle affaire!

    Les bourgeois sont des peureux, des paresseux et des non-méritants! Ils méritent un pied au cul, point final. Et de travailler, comme tout le monde!

    «Comment voulez-vous qu’ils développent l’instinct pour démarrer une entreprise. Ils sont bien plus enclins à rester dans leur zone de confort sans vouloir en sortir.»

    Pour démarrer une entreprise, il faut d’abord avec le capital préalablement nécessaire. Alors cessez donc de condamner cette population québécoise, soumise à un système économique qui ne partage pas les richesses. Et si tout le monde entreprend, plus personne ne créera la richesse…

    La réalité, c’est que ces gens ont tous leur place dans la société, mais non nécessairement dans cette hiérarchie donnée et organisée par ceux qui y sont privilégiés. L’entrepreneur n’a pas besoin d’exploiter son prochain pour faire sa part dans la société, comme le prolétaire n’a pas besoin de se faire exploiter pour faire fructifier un capital investi. C’est du totalitarisme.

    «Une culture, pour être préservée doit savoir produire et entreprendre. Il est triste de constater qu’au Québec, la culture entrepreneuriale est en train de mourir et que les québécois se contentent seulement de poinçonner leurs cartes de temps et faire leur petit 35-40 heures par semaine, plutôt que de devenir maitres de leur propre destinées. Il faudrait peut-être commencer à enseigner à nos enfants qu’il n’y a rien de mal à faire de l’argent.»

    Encore n’importe quoi. Ça fait deux ans que je suis sur un projet d’entreprise coopérative, ça fait deux ans que les problèmes découlent également. Vous condamnez les travailleurs d’être trop pauvres pour pouvoir entreprendre. C’est pathétique. Pire encore, vous les condamnez de ne pas être envieux des exploitants de la masse! Faut le faire!

    Tant mieux si les Québécois n’adhèrent pas à vos projets! C’est probablement la façon, l’approche, le problème. Proposez-leur d’obtenir leur moyen de production, et d’y entreprendre sans y être exploités, ça a fonctionné à bien des endroits et soit dit en passant, en Amérique du Nord, ce sont les coopératives qui ont la meilleure espérance de vie.

    Idéologiquement borné, le capitaliste ne voit les problèmes que chez les autres.

    @ PJCA

    «Il faut assurer un socle de base de solidarité et de planification, et c’est sur cette base qu’il faut bâtir un « piano nobile » d’entrepreneuriat et de liberté, ouvert à l’initiative et à la créativité.»

    Cher monsieur Allard, tant que les projets seront d’emblée formés d’une classe exploitante et d’une exploitée, je vous le dis à l’avance, vous perdez votre tempos, et le nôtre.

    Les communistes, les socialistes et ceux qui en ont marre de cette division claire entre riches et pauvres, ne vous suivront jamais si vous n’allez pas plus loin. Ne comptez jamais sur moi pour accepter la conciliation de classes, jamais.

    Solidairement,

    Sylvain Guillemette

    Un socialiste pour l’entrepreneuriat, contre l’exploitation des humains par les humains!

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      2 juillet 2011 à 15 03 15 07157
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      Sylvain,

      il y a des jours où la résistance la force et le courage laissent place au fatalisme qui louvoient les gens de mon âge, épuisés par de longues luttes.
      Un texte et une répartie solide comme celui que tu viens de nous offrir confirment que la jeunesse en éveil est prête et convaincue pour le grand changement.

      Le 15 octobre c’est l’espoir qui nous donne rendez-vous. Un mouvement mondial de changement qui s’ammorce, violemment ou pacifiquement, où dans cette révolution qui vient les mous et les lèches-cul seront écartés promptement. Non ce n’est plus l’heure de la diplomatie, c’est l’heure de reconnaitre ceux qui ont déjà choisis leurs camps.

      Quand l’heure sonnera le glas du système, soit assuré que des gens comme moi offriront leurs vies pour préserver la jeunesse des vôtres. Mais avant on aura fait tomber bien des têtes, raccoucis l’ordre féodal du fascisme démocratique et décapité l’esclavagisme capital.

      En résistance connais bien tes amis disait Georges Guingouin, en révolution il suffit de reconnaitre l’ennemi. Ce sera l’un ou l’autre selon la conclusion de ce qui vient.

      DG

      La crise des valeurs

      La réussite sociale, héritage du pharisaïsme, est une valeur partagée par les Américains. La préférence avouée en faveur du gain, du profit, et de l’argent en font des valeurs. Cette transcendance en affiche d’ailleurs la devise sur leurs pièces de monnaie; In God We Trust. Ce type de valeur est visiblement une valeur matérielle, une nouvelle idole. Le financier manie cette valeur, l’économiste l’étudie. Pour la préciser, l’économie, avec Adam Smith, a marqué une distinction entre valeur d’usage et valeur d’échange. L’objet d’étude spécifique de l’économiste est avant tout d’expliquer comment s’établit un prix sur un marché. Pour résoudre ce problème, il doit définir l’essence de la valeur économique des choses. Il distingue donc valeur d’usage et valeur d’échange et distingue ce qui est dû, dans la constitution de la valeur, à la matière première, au travail humain, au rapport de l’offre et de la demande. Il est important de noter que dans le contexte postmoderne qui est le nôtre, un glissement de sens très important s’est effectué en faveur de cette définition de la valeur. Notre matérialisme ambiant se reconnaît en ce que le mot même de valeur dans l’opinion évoque immédiatement l’argent. Il est patent que l’argent est notre première valeur et il est implicite que nous croyons que c’est justement avec de l’argent que l’on peut obtenir les autres valeurs. C’est ainsi que le vice de la cupidité s’est transformé en vertu. Personne n’ose le dire haut et fort, mais c’est bien ce que pense la plupart d’entre nous et c’est ce que globalement la société de consommation propose. Le luxe, la richesse sont des valeurs qui en sont la conséquence.
      C’est pourtant contre ces «valeurs bourgeoises» que se sont dirigées toutes les critiques pendant la période d’effervescence intellectuelle qu’a été la période des années 60-70 en occident. Mais elles n’ont pas empêché le panneau publicitaire de remplacer le drapeau, le « jingle«  d’expulser l’hymne national et le slogan d’éjecter la devise. Le consommateur a complètement rejeté le citoyen, et l’actionnaire a pris le pas sur l’électeur.
      Dans nos hôpitaux, le malade est devenu patient puis client. La notion de client introduit celle de la richesse; le client qui en aura les moyens sera proportionnellement moins patient.
      Dans les transports en communs on ne voyage plus l’humain, on le transporte, au même titre que la marchandise. Les véhicules n’ont plus de passagers ou d’utilisateurs mais des usagers; parce que collectif, on n’utilise pas, on use, on détériore, certains diront qu’on abuse. L’utilité du partage, parce que non rentable, devient subtilement abusive.
      Les médias, propriété des commerçants, sournoisement, en véhiculant une vision publicitaire de l’humain, imposent le culte de l’image de Marque et une glorification du spectaculaire, de l’immédiat, de la futile réussite ou de l‘éphémère vedette. L’information spectacle procède maintenant à l’éradication de la nouvelle objective au profit de l’opinion subjective et contribue au déracinement et à l’isolement d’un humanisme de solidarité. Pas étonnant lorsqu’on sait que dans plusieurs cas, les marchands d’armes et les marchands de propagande que sont devenus les médias, ont les mêmes actionnaires. La démocratie actuelle est comme un troupeau d’aveugles influencés par de cupides semi voyants. Médiocratie d’une autorité vulgaire de marchands, le modèle américain est un triomphe pour les affaires mais un lamentable échec pour l’être humain.
      Décadence d’un civilisation du commerce, illusion d’une organisation de modernité, stupide consensus de la médiocrité, le mensonge de la démocratie, au service des voleurs d’humanité, est acclamé par la propagande servile des médias marchands, les médiacrates de notre époque. Esclaves dociles des opinions propagées par la médiacratie, les narrateurs d’information qui autrefois rapportaient simplement la nouvelle, donnent leur opinion (celle des actionnaires) et influencent, à hauteur du spectacle de leur popularité, le peuple illusionné qui croit s’abreuver à la source de vérité.
      .
      La politique, astreinte à l’éducation et à la gestion d’un parc de la ressource humaine, est devenue le valet de la productivité; de l’efficace et du rentable. L’instruction contrôlée par l’Etat est désormais réduit au service de la ressource matérielle. Le politique organise les lois pour la société des marchands qui l’a élu et veille à la sauvegarde de la Propriété et à la Sécurité de ceux qui la possèdent. Ceux-ci d’ailleurs voudraient lui réserver les seules fonctions qui vaillent; ceux de gardien, de voyageur de commerce mondial et d’endosseur financier au développement de leur individuelle richesse. Certains économistes stupides et ignares font même l’éloge de la richesse comme étant la condition du mieux-être de la masse. Le mieux-être de la masse n’est pas la richesse mais son partage. Ces gourous de la finance, (devenue subitement une science qu’on glorifie depuis peu; le premier pseudo-Nobel des sciences économiques a été attribué en 1969), ont été incapables de prévoir les crises de son histoire; se contentant de les analyser après coup afin de rassurer le peuple et donner l’illusion d’un certain contrôle, permettant aux exploiteurs de se faire réélire démocratiquement. La bourse ne s’effondre plus, on a maintenant l’audace de voler directement (scandale Enron, et autres…). Il ne faudrait jamais perdre de vue que le marchand ne produit rien. Il transporte et transige. Même élu démocratiquement, une personne sensée refuserait de se faire opérer par un membre de l’association des bouchers ou des poissonniers. Et pourtant, sous le credo de la mondialisation et en regard d’une unique valeur «l’économique», le marchand fait loi. En démocratie, « c’est la majorité qui fait norme » comme le déclarait le sophiste Protagoras, qu’elle soit dans l’erreur ou dans la vérité,.
      Nous pouvons noter que ces valeurs sont marquées par une logique de dualité. Jamais dans toute l’histoire de l’humain la maxime de Roosevelt n’a été autant d’actualité, « Le capitalisme c’est la privatisation des profits et la socialisation des pertes ». Rigoureusement parlant, les termes sont duels : luxe/austérité, richesse/pauvreté, gain/perte, réussite sociale/échec social, abondance/misère, etc. «Avec ou contre nous de Georges W. Bush» est devenue la norme démocratique. Menacé de retour à l’âge de pierre, il n’y a d’autre choix que la collaboration, éclipsant de la place publique toute forme de critique.
      Voici le nouvel ordre mondial; la Cupidité à son paroxysme,
      voici la Nouvelle Jérusalem; la Cité transformée en supermarché.

      Denis Gélinas, octobre 2004

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          3 juillet 2011 à 13 01 22 07227
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          @Terez

          je me souviens très bien de tes commentaires à propos de l’asservissement de notre civilisation au ‘travail’ et de tes liens sur d’autre voies possible comme objectif en remplacement de cet esprit ‘esclavagiste’ que notre société nous propose comme idéal.
          C’est justement ici que je diverge des conclusions de PJCA, lui pardonnant sa vision sur le ‘travail’ étant donné sa longue carrière dans un univers rattaché à celui-ci.

          Travail, du latin Tri Palium trois pieux, instrument de torture. (lien)

          DG

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    3 juillet 2011 à 7 07 04 07047
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    Est-ce moi ou c’est la société du spectacle, de Guy Debord? Ça y ressemble Denis.

    Tu connais la servitude moderne?

    Si c’est de toi Denis, c’est très bien dit!

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      3 juillet 2011 à 12 12 18 07187
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      Les premiers mots du premier paragraphe sont de Serge Carfantan que j’ai rajouté plus tard (en 2006) car il servait bien d’introduction.
      Le reste est de moi, écrit un soir de fatalisme juste avant la réélection de Bush. Je l’ai écrit pour moi afin de bien résumer ma pensée.
      Je me suis engagé ‘en résistance’ à ce moment après la lecture de l’appel du conseil de la résistance ‘Créer c’est résister, résister c’est créer‘.

      Merci pour la référence à Guy Debord que je vais lire promptement et à Jean-François Brient et Victor León Fuentes que j’avais déjà lu.

      DG

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