La leçon Cantat

Yan Barcelo, 24 avril 2011

Le pardon est au cœur du christianisme et, en ce jour de Pâques, c’est sur le pardon que je vous soumets une réflexion autour de la controverse suscitée par la venue du chanteur Bertrand Cantat au Québec. Au centre le plus essentiel de l’amour du prochain – cette injonction la plus révolutionnaire de l’histoire et que le Christ nous a léguée – il y a le pardon, pardon sans lequel l’amour est interdit.

D’ailleurs, toute la pratique psychanalytique et psychologique du 20e siècle aboutit aujourd’hui à ce constat tout simple : le moment où la guérison intérieure commence à s’opérer n’est pas un « insight » quelconque, une sorte d’émergence à la conscience de quel que matériel refoulé que ce soit, c’est le moment où on pardonne aux personnes essentielles de notre vie, à commencer par nous-mêmes.

Nous avons été récemment conviés à une réflexion sur le pardon lors de la controverse suscitée par l’invitation faite à Cantat par le Théâtre du Nouveau-Monde (TNM) de participer à la pièce de Sophocle, Les Femmes. L’épisode a montré que nombre de Québécois avaient encore de bons instincts spirituels. Toutefois, on pourrait considérer que le passage de ces instincts à la claire compréhension intellectuelle a fait défaut. Plusieurs ont refusé de donner ce pardon que les responsables du TNM leur demandaient d’accorder – et ils ont eu raison. Ou tout au moins, plusieurs ont peut-être accordé leur pardon, mais pas nécessairement leur absolution. Car le pardon n’est pas une voie à sens unique, mais à double voie. On peut accorder son pardon à une personne, mais cela ne veut pas dire qu’il faut normaliser la participation de celle-ci au concert social. Étape cruciale à franchir pour que cette normalisation ait lieu, il aurait fallu que l’autre parti, dans ce cas-ci Bertrand Cantat, demande aux Québécois et Québécoises leur pardon et manifeste son repentir.

Or, il n’en fut rien. Je ne dis pas que Cantat n’a pas déjà demandé pardon et montré du remords pour son homicide involontaire. Je n’en sais rien. Et voilà justement tout le problème : nous n’en savons rien. Personne n’a tenté de nous éclairer sur la chose. Tout ce que nous avons su, par les médias, c’est qu’un type qui a tué sa compagne dans un geste involontaire – mais en lui fracassant quand même une vingtaine d’os dans le visage – allait monter sur la scène de la plus vénérable institution théâtrale au Québec. Au Québec, le TNM, c’est un peu l’équivalent de la Comédie-Française en France. Faire monter Cantat sur la scène de la Comédie-Française, ou du TNM, cela implique une absolution et un pardon profond de son geste. Plusieurs ont refusé ou retenu leur pardon – avec raison.

Portons le débat sur un terrain plus intime en prenant l’exemple de parents dont la fille se serait fait assassiner par un individu. Ces parents, s’ils avaient un très grand cœur, pourraient très bien pardonner au meurtrier de leur enfant (et nous avons justement un cas au Québec de parents qui, ayant vécu un tel drame, ont donné leur pardon au meurtrier).

Geste éminemment humain… et chrétien. Or, supposons que ce meurtrier, après avoir purgé sa peine, se chercherait un emploi et aboutirait par hasard à la porte de l’entreprise du père de la jeune fille assassinée. Que faire? L’embaucher? Peut-être, mais pas avant que deux conditions aient été remplies. a) Il faudrait que le meurtrier demande expressément le pardon du père et de son épouse, de même que de tous les intimes touchés par le drame. b) Et il faudrait que le meurtrier soit présenté à l’ensemble des employés et leur demande à eux aussi leur pardon.

Une telle demande ne garantirait pas que le meurtrier n’est plus dangereux, mais son geste d’humilité amorcerait le processus de guérison dans sa nouvelle communauté de travail et permettrait chez tous le long labeur intime pour les amener à « remettre les compteurs à zéro ». Remarquez, le fait que le pardon soit demandé et accordé n’entraîne pas nécessairement la normalisation de la situation de travail de l’ex-condamné et qu’il entre inévitablement au service de l’entreprise. Ici, nombre d’autres considérations peuvent être en jeu : le fait, par exemple, que la présence d’un ex-meurtrier puisse disloquer l’équilibre du groupe, compromettant la survie même de l’entreprise. Évidemment, il s’agit là d’un développement peu probable et extrême, mais on ne sait jamais. Il n’est pas difficile d’imaginer qu’une employé importante de l’entreprise ne puisse tout simplement pas vivre avec l’idée de la présence à proximité d’un ex-tueur.

Or, c’est tout ce travail de « retour » et de « renouement » qui a manqué dans l’épisode du TNM et dont on nous demandait de faire l’économie. On nous demandait de pardonner, mais sans qu’une demande de pardon ne vienne de l’autre partie, Cantat en l’occurrence. Si celui-ci voulait monter sur la scène du TNM, il fallait que la direction du TNM lui donne l’occasion d’exprimer sa peine et son remords et montre qu’il est déjà en route sur « le droit chemin ». Alors, je crois qu’une majorité de gens se seraient réjouis de l’accueillir sur scène. (Cette absence de perception d’un remords authentique chez un autre criminel, le financier Vincent Lacroix, est justement ce qui rend son rapport si trouble avec l’ensemble de la population du Québec. La déchirure qu’il a faite au tissu spirituel de la société demeure béante.)

Je poursuivrai cette chronique la semaine prochaine. D’ici là, je vous fais à tous mes meilleurs vœux de Joyeuses Pâques !

36 pensées sur “La leçon Cantat

  • avatar
    24 avril 2011 à 2 02 50 04504
    Permalink

    Je suis de ceux qui refuse l’absolution, mais mon motif ne tient pas tant à l’expression du repentir qu’a l’effet de modèle. Qu’il soit ou non pardonné obéit aux regles que vous posez dans votre article, mais ce pardon ne peut justifier sa présence en scène.

    Applaudir un acteur est lui accorder valeur de modèle. On ne peut dissocier son art de ce qu’il est, car il y a consensus sur la valeur de l’art in se. C’est LUI qu’on applaudit. On ne peut l’applaudir sans dire implicitement que le geste qu’il a posé est de moindre importance que son talent. C’est ce que je refuse d’accepter.

    Pierre JC Allard

    Répondre
    • avatar
      24 avril 2011 à 4 04 13 04134
      Permalink

      Oui

      Un bon artiste, est un artiste mort.

      Répondre
  • avatar
    24 avril 2011 à 4 04 31 04314
    Permalink

    Quand on voit et entend tous ceux qui ont fait des excuses « sincères » publiquement (ça ne « coûte » rien…) , on peut se dire qu’ils ont compris le filon pour recevoir « l’absolution » ! Et cela ne les empêche pas de continuer leur petit train train, comme si de rien n’était !!!

    A se demander où commence la sincérité !

    Répondre
  • avatar
    24 avril 2011 à 6 06 40 04404
    Permalink

    Ce type ne peut mériter d’avoir des excuses pour avoir tué.
    Il méritait la prison à vie.

    Répondre
  • avatar
    24 avril 2011 à 8 08 00 04004
    Permalink

    Est-il en notre pouvoir d’accorder le pardon ?
    Ni haine ni pardon .. mais qu’il traîne à jamais devant nous ses casseroles d’infamie . .

    Répondre
  • avatar
    24 avril 2011 à 8 08 19 04194
    Permalink

    Bertrand Cantat a demandé pardon à la famille de la victime au moment de son procès, madame Trintignant au ostensiblement tourné la tête, je pense que ça l’a dissuadé de recommencer.
    Je ne comprends pas très bien votre propos, on n’a pas à accorder notre pardon ( cela ne concerne que la famille de la victime ) et d’ailleurs les commentaires à votre texte montrent que, même si Cantat exprimait ses remords publiquement, ça n’ y changerait rien.
    En outre, vous confondez art et morale, l’artiste n’a pas à être un modèle et ne doit surtout pas l’être, il doit juste offrir un regard, son regard singulier sur le monde. Beaucoup de grands artistes ont une part d’ombre plus ou moins prononcée.
    Et sinon, est-ce que vous demandez à tous les artistes qui montent sur la scène du TNM leur casier judiciaire ? Peut-être y en a-il qui ont un casier plus chargé que celui du musicien ? Qu’en savons-nous ?

    Répondre
    • avatar
      24 avril 2011 à 9 09 24 04244
      Permalink

      Je pense que le fait de « savoir » change tout, justement.

      Pour ceux desquels nous ne savons pas, il ne se produira rien aussi longtemps que l’on ne saura pas.

      Lorsqu’on saura, on ajustera notre tir.

      Par exemple, je peux bien pardonner à Vincent Lacroix, mais ne me demandez pas d’aplaudir qu’on lui donne une place dans la société qui lui donnera la possibilité d’influencer l’intellect de cette société; il y a déjà trop de voleurs et d’escrocs.

      Quant aux « tueurs », je veux bien leur acheter un porte-monnaie, mais je ne leur permettrai pas d’influencer la société de quelque façon que ce soit.

      Bertrand Cantat peut très bien écrire un livre s’il veut se faire comprendre; et probablement que je lirais son livre; mais je n’irai pas applaudir cet individu quel que soit sa performance pour ne pas subir inconsciemment son influence.

      J’ai visionné une « lapidation de jeune fille » cette semaine. Je ne sais pas encore si je m’en suis remis. Émotionnellement, j’aurais mitraillé toute cette foule.

      Et pourtant j’accepte et je comprends, intellectuellement, que cette foule pouvait être animée d’une « soif de justice » envers cette jeune fille. C’est une possibilité; mais il est également possible que cette foule était influencée par des « éclairés » qui la manipulait. Les chances sont énormes pour que ce soit le cas.

      Difficile de trancher dans tout cet imbroglio intello-émotionnel.

      Les « accomodements » trop raisonnables sont dangereux. C’est d’ailleurs la raison de l’existence des lois. Elles gardent le tracé de la voie que l’on a choisit et qui est à être respectée lorsqu’on n’est pas certain.

      Amicalement

      Elie l’Artiste

      Répondre
      • avatar
        24 avril 2011 à 13 01 38 04384
        Permalink

        Justement, il me semble que ou bien l’on demande à chaque artiste de présenter son casier judiciaire avant de monter sur le scène du TNM ou bien on acccueille tout le monde quelqu’ait pu être son passé.

        Répondre
        • avatar
          24 avril 2011 à 13 01 56 04564
          Permalink

          Pourtant j’ai bien dit:

          « Pour ceux desquels nous ne savons pas, il ne se produira rien aussi longtemps que l’on ne saura pas.

          Lorsqu’on saura, on ajustera notre tir. »

          Répondre
          • avatar
            24 avril 2011 à 14 02 35 04354
            Permalink

            Donc, tant qu’on ne connaît pas le casier judiciaire de l’atiste, on ferme les yeux mais quand le crime a été médiatisé commen celui de Cantat, on l’empêche d’accéder à la scène. Et que savons-nous du passé judiciaire de celui qui va le remplacer dans la pièce de Mouawad sur la scène du TNM ? S’il n’est pas célèbre, ça n’a pas d’importance ? Euh, il y a quelque chose qui m’échappe.

          • avatar
            25 avril 2011 à 13 01 39 04394
            Permalink

            « Euh, il y a quelque chose qui m’échappe. »

            C’est pourtant assez simple et vous le dites vous-même, en partie:

            Tant qu’on ne connait pas le casier judiciaire de…qui que ce soit… on ne ferme pas les yeux, puisqu’on n’a rien à voir; donc, rien à dire.

            C’est aussi simple que ça. Et cela se prête à tous les individus, à tous les niveaux de la société.

            Amicalement

            Elie l’Artiste

  • avatar
    24 avril 2011 à 9 09 28 04284
    Permalink

    Bertrand que j’ai eu le plaisir d’interviewer (contrairement à « Soirée ça craint » qu’il avait refusé) : il était vivace, bon-enfant, l’esprit très aiguisé et maîtrisant l’espace.

    Mon avis est que c’est le comportement des parents de la victime qui est indigne, car leur projet de lui pourrir la vie jusqu’à la fin est une insulte pour tous ceux qui perdent leurs enfants sous les bombes américaines (et françaises, israéliennes, etc…).

    Une bonne guérison de l’âme (appelée « le pardon ») passe plus souvent par l’action pour faire que la cause des morts injustes ne se reproduise pas.

    La vengeance est un autre crime, volontaire celui-là, tandis que le bien que le chanteur peut faire au monde est mesurable, en témoigne qu’il ait été parmi les plus grands groupes de rock. Et cela grâce à des textes justes et puissants.

    Ce serait une grande perte qu’il ne puisse plus exercer son art, sachant que l’inspiration, l’harmonie morale, ne s’obtiennent selon aucune règle connue.

    Répondre
  • avatar
    24 avril 2011 à 11 11 07 04074
    Permalink

    « le bien que le chanteur peut faire au monde est mesurable » écrivez-vous 8119 !!!!

    Vivez ce qu’a vécu la famille TRINTIGNANT et nous verrons si votre réaction face à la réalité du moment est celle d’aujourd’hui.

    Répondre
  • avatar
    24 avril 2011 à 12 12 15 04154
    Permalink

    Je me suis déjà largement exprimée dans votre article intitulé « Bertrand Cantat ne jouera pas au Canada : un soulagement ? », je n’y reviendrai donc pas.

    Je me contenterai d’évoquer un article du journal « Le Point » : « Bertrand Cantat, l’autre peine ». Intéressant, je trouve, et intéressant aussi le commentaire d’un lecteur.

    Voici ce commentaire, qui a pour titre : « Comprends pas ».

    « Affaire Polanski. Viol aggravé sur mineure. Aucune peine purgée, puisque quitté le pays avant d’être jugé. La justice le rattrape. Pétition du show-bizz : non à « l’acharnement », Polanski est un génie. Cet homme doit être jugé ! Polanski doit pouvoir continuer à s’exprimer. La victime ? Polanski est un grand artiste. La violence faite aux femmes ? Polanski est un génie. Polanski victime de la haine. Polanski acclamé, standing ovation. Parmi les signataires de la pétition contre « l’acharnement » : Nadine Trintignant. »

    Autre commentaire, du même lecteur, intitulé « Comprends pas non plus » :

    « Cluzet : « 17 coups mortels ».
    Compte rendu du procès, rapport des experts sur internet : 4 gifles.
    Pas excusable, mais ? »

    Un autre lecteur confirme la signature de Nadine Trintignant à la pétition contre l’acharnement dont aurait été victime Polanski, en donnant un lien :

    http://www.elle.fr/elle/Societe/Interviews/Nadine-Trintignant-pourquoi-elle-a-signe-la-petition-pour-Roman-Polanski/(gid)/999666

    S’il n’est pas utile je pense de préciser la différence entre un viol aggravé et un homicide involontaire, reste néanmoins un malaise, en tout cas pour ce qui me concerne.

    Pour finir, je citerai la très belle Lettre de Wajdi Mouawad à sa fille Aimée, à lire dans « Le Devoir », article intitulé « Le théâtre en prise directe sur la vie ».

    Répondre
  • avatar
    24 avril 2011 à 12 12 36 04364
    Permalink

    Quelques-uns des commentaires, à commencer par celui de Pierre Allard, font une distinction nécessaire entre pardon et normalisation. Le pardon que nous accordons à quelqu’un qui nous a offensé n’exige pas de celui-ci qu’il demande notre pardon. Le pardon est un don qui n’attend rien de l’autre (la prière du Christ demande à Dieu de nous pardonner comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensé et le Christ dit à un apôtre de pardonner à son frère 7 fois 77 fois…). Cependant, pour que la position sociale de celui qui a offensé – Cantat dans ce cas-ci – soit normalisée, son repentir et son attente de pardon sont absolument requis. Pour moi, avant que Cantat ne monte en scène au TNM, savoir qu’il est repenti est essentiel. Après cela, je sui prêt à l’accueillir sur une scène. Cependant, il est vrai que monter sur une scène qui a valeur d’institution comme le TNM n’est pas tout à fait la même chose que d’entrer à l’emploi d’une échoppe. Et je peux très bien comprendre la position de Pierre Allard qui refuse cette normalisation, d’autant plus qu’il semble que dans sa mise en scène même, Wajdi Mouawad n’entendait pas simplement faire appel à Cantat comme à n’importe quel autre comédien, mais voulait effectuer une remémoration symbolique du geste de Cantat par la présence même de Cantat. Je ne connais pas le détail du propos de Mouawad, mais je perçois que nous sommes ici dans une sorte de « fiction-réalité » narcissique qui ne me dit rien qui vaille et qui me semble une autre instance perverse de notre société du spectacle où tout est bon pour se faire une célébrité ou la consolider.

    @Mariann
    Quand vous dites que nous n’avons pas à accorder notre pardon, je crois que vous faites erreur. Relisez quelques-uns des commentaires faits ici: bien des gens recouvrent une blessure, grande ou petite, que le geste de Cantat a rouverte et, qu’ils le veuillent ou non, ils abritent un ressentiment qui appelle un pardon qu’ils refusent d’accorder.

    Ce sont des thèmes que j’entends développer dans ma chronique de la semaine prochaine, en traitant tout particulièrement de l’institution du TNM qui n’a pas été à la hauteur de la situation.

    Répondre
    • avatar
      24 avril 2011 à 13 01 00 04004
      Permalink

      « Le pardon que nous accordons à quelqu’un qui nous a offensé n’exige pas de celui-ci qu’il demande notre pardon. Le pardon est un don qui n’attend rien de l’autre (la prière du Christ demande à Dieu de nous pardonner comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensé et le Christ dit à un apôtre de pardonner à son frère 7 fois 77 fois…).

      Ne peut-on laisser de côté le religieux et ses mythes dont fait partie le pardon pour juger en tant qu’homme n’ayant comme référence que l’homme réel et non une divinité, pure invention pour esprit en mal de caution ?

      Répondre
    • avatar
      24 avril 2011 à 13 01 55 04554
      Permalink

      Je ne me reconnais pas dans ces notions de pardon et rédemption car je ne suis pas chrétienne.
      Et encore une fois, bien des témoignages montrent que ni les remords ni les excuses de Cantat ne changeraient rien à l’ostracisme dont il est victime.
      Il me semble qu’en montant sur une scène, l’artiste présente comme un miroir au spectateur où vont se jouer les passions et l’imitation de réel ( catharsis et mimésis ). Or dans le cas de Cantat, le miroir est trop difficile à regarder et au lieu de fermer les yeux et de ne pas aller le voir, certains préfèrent refuser qu’il accède à une scène. Or, et je suis bien d’accord avec Wajdi Mouawad lorsqu’il parle de symbole, Cantat est un symbole vivant de notre part la plus noire et violente. Cette partie de nous qui peut nous conduire au pire. Ce que nous voyons en Cantat, c’est que l’on peut aimer et tuer en même temps, c’est que l’on peut être un homme fin, gentil et cultivé et en même temps frapper jusqu’à tuer. Détester Cantat ( et le mot n’est pas trop fort au vu de certains commentaires ), c’est détester cette part de notre humanité et c’est se détester soi-même. Refuser qu’il monte sur une scène, c’est refuser que notre côté sombre, qui pourtant est bien réel, existe et la présence de cet homme-là précisément sur scène nous permettrait justement de le questionner.

      Répondre
      • avatar
        25 avril 2011 à 13 01 51 04514
        Permalink

        « Refuser qu’il monte sur une scène, c’est refuser que notre côté sombre, qui pourtant est bien réel, existe et la présence de cet homme-là précisément sur scène nous permettrait justement de le questionner. »

        Cette phrase est très belle; sauf qu’elle ne suit pas sa propre logique.

        Logiquement, si Cantat représente dorénavant notre côté sombre, c’est peut-être là, finalement, pourquoi la majorité refuse qu’il se manifeste.

        Non pas parce qu’on refuse de reconnaître l’existence de ce côté sombre de l’être humain, mais qu’on en est très conscient et qu’on persiste à contrôler sa manifestation.

        Finalement, selon cette logique, le refus de laisser Cantat se manifester, dans ce qu’il représente maintenant, est strictement un signe de maîtrise de notre « sauvagerie innée ».

        L’idée me semble intéressante.
        Merci Mariann

        Amicalement

        Elie l’Artiste

        Répondre
        • avatar
          29 avril 2011 à 11 11 33 04334
          Permalink

          Vous avez l’art des sophismes en réutilisant mon argument en votre faveur
          Ce que je veux dire et pardon si je l’ai mal exprimé, c’est qu’en refusant que Cantat ente dans votre pays et monte sur scène, vous le rejetez comme extérieur à l’humanité comme si cette soirée fatale de Vilnius ne pouvait arriver qu’à lui et pas à d’autres.
          Il y en effet une loi mise en avant par vos hommes politiques indiquant qu’il n’aurait pas le droit d’entrer dans votre pays, mais vous savez bien qu’il est venu, comme Lorraine Pintal l’a confirmé, il y a quelques semaines pour des répétitions et que ça n’a posé aucun souci à la douane. Donc refuser de le faire entrer va au-delà de sa légitimité à être là.

          Répondre
          • avatar
            29 avril 2011 à 15 03 08 04084
            Permalink

            Encore une mauvaise définition du sophisme.

            Par contre, avouez que c’est, finalement, de la loqiue.

            Ce qui est surprenant, c’est que, sans ce remu-ménage au sujet de sa présence, il aurait pu se produire sans aucun problème. Une fois que le spectacle aurait été commencé je ne crois pas qu’on l’aurait arrêté.

            Donc la question devient:

            Est-ce tout simplement un coup de publicité?

            Si oui, c’est infâme.

            Exxusez-moi de ne plus commenter cette idiotie.

            Amicalement

            Elie l’Artiste

  • avatar
    24 avril 2011 à 14 02 17 04174
    Permalink

    « Cantat est un symbole vivant de notre part la plus noire et violente. Cette partie de nous qui peut nous conduire au pire. Ce que nous voyons en Cantat, c’est que l’on peut aimer et tuer en même temps, c’est que l’on peut être un homme fin, gentil et cultivé et en même temps frapper jusqu’à tuer. Détester Cantat ( et le mot n’est pas trop fort au vu de certains commentaires ), c’est détester cette part de notre humanité et c’est se détester soi-même. Refuser qu’il monte sur une scène, c’est refuser que notre côté sombre, qui pourtant est bien réel, existe et la présence de cet homme-là précisément sur scène nous permettrait justement de le questionner. »

    Cantat, les assasins, les tueurs agissent pour nous éviter de tuer!
    Ils tuent par procuration.
    C’est vraiment du délire.

    Allez voir ce monsieur, le laisser parader sur scène, c’est cautionner ses agissements, c’est accepter le personnage.

    Heureusement que nous n’avons pas tous, au fond de nous, cette noirceur que certains psychologues veulent nous imposer.

    J’arrête là mes commentaires.

    Bonne nuit.

    Répondre
    • avatar
      24 avril 2011 à 14 02 25 04254
      Permalink

      Je n’ai pas du tout écrit cela. Et aller le voir sur scène, ce n’est certes pas cautionner ses actes. L’artiste n’est justement pas un modèle, c’est ce que j’ai écrit précédemment.
      Et la noirceur est en chacun de nous, ainsi que la lumière

      Répondre
    • avatar
      24 avril 2011 à 14 02 36 04364
      Permalink

      Oh vous savez le nombre de personne qui tuent leur famille en ce moment

      ca en devient marrant non ?

      « pan pan pan » parlons du paon

      Burnout, précarité, dette, violence, suicide, meurtre

      1% de personne en prison, soit quelques millions

      jolie modèle de société ?

      bienvenu dans le monde réel.

      Canta n’a pas de lecon a donné

      non mais tout ce que je viens de vous de la réalité qui vous manque là …

      Répondre
      • avatar
        24 avril 2011 à 14 02 40 04404
        Permalink

        Des millions ca fais quoi des millions pour votre cerveau ?

        2 000 000 fois vous ?

        Ca fais beaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaacoup

        Ca fais de quoi mettre sous tombe, tout l’horizon que vous pouvez voir

        Des vies comme la votre

        Des millions de vie

        Et on parle de canta, et on parle de petit problème sans jamais vouloir revenir a l’essentiel
        et on perd son temps

        PErdez votre temps, vous n’en avez plus beaucoup

        Répondre
  • avatar
    24 avril 2011 à 19 07 02 04024
    Permalink

    Qu’à lire cet article où il démarre avec un pardon et finit encore dans la controverse.
    Un pardon, c’est un pardon, pas un demi-pardon.
    Si on dit que l’on pardonne, cessons de jouer sur les mots, c’est un pardon clair et net et sans équivoque et on n’en reparle plus.
    Là, on tâtonne, on tourne autour du pot, on pardonnne mais on n’assiste pas à la représentation.
    Être intègre, ça ne dit rien à personne?
    Ni être intègre dans le pardon?

    Répondre
  • avatar
    25 avril 2011 à 13 01 02 04024
    Permalink

    Juste une petite remarque en passant : attribuer au christianisme seul le bénéfice du pardon comme vertu est une imposture. Faut-il vous rappeler la fête juive du Yom Kippour, celle du « grand pardon » ?
    Pour le reste, de quoi vous mêlez-vous ?

    Répondre
  • avatar
    25 avril 2011 à 15 03 54 04544
    Permalink

    @L’Artiste
    J’aime bien votre facon de souligner les incohérences logiques chez certains intervenants. Je vous invite à poursuivre.

    @Leon
    Je ne sais pas où vous allez chercher que « j’attribue au christianisme seul le bénéfice du pardon comme vertu ». Le christianisme dispose de quelques exclusivités, mais pas de celle-là, comme vous le soulignez avec justesse. Cependant, notre tradition n’étant ni hindouiste, ni bouddhiste, ni shintoïse, ni même judaïque, sauf partiellement, c’est par le christianisme que cette notion nous a été transmise. Toutefois, plus que dans d’autres traditions, le pardon me semble central au message du Christ puisque ce dernier a posé l’amour au centre même de son ministère. D’ailleurs, ses deux derniers gestes sur la croix sont de pardonner à un des larrons qui lui demande expressément son pardon et de pardonner à ceux qui l’ont torturé et crucifié. Difficile d’avoir un témoignage plus fort de la valeur essentielle du pardon dans l’économie spirituelle du monde. Sans le pardon, nous nous retrouvons dans la logique des religions archaïques dominées par le sacrifice, la loi du talion et la perpétuation indéfinie de la violence.

    Répondre
  • Ping : Les Voix du PANDA » Blog Archive » La leçon Cantat

  • avatar
    27 avril 2011 à 13 01 47 04474
    Permalink

    @ Yan Barcelo

    Qui sait, vous finirez peut-être par l’entendre et par l’admettre ?

    Je vous rappelle que le pape actuel, en réaffirmant que Dieu a bien commandé, entre autres meurtres, le génocide des cananéens « pour de bonnes raisons qu’il faut connaître et savoir comprendre » nous ramène à ce que vous appelez

    « la logique des religions archaïques dominées par le sacrifice, la loi du talion et la perpétuation indéfinie de la violence ».

    Comme vous dites aussi : « Difficile d’avoir un témoignage plus fort de la valeur essentielle du pardon dans l’économie spirituelle du monde » !

    (mais là, évidemment, j’ironise car je suis d’accord avec vous sur le beau message du « Christ », c’est seulement Ratzinger-Benoît XVI qui m’écoeure)

    Alors, c’est pour quand la révolte des catholiques contre leur pape indigne ?

    Répondre
    • avatar
      27 avril 2011 à 18 06 14 04144
      Permalink

      Monsieur Régnier,
      Vous en avez essentiellement contre l’Église catholique alors que je n’en ai pas particulièrement pour elle. Je me réclame de l’héritage chrétien dans la mesure où il est fidèle au message évangélique du Christ. Là où l’Église y est conforme, j’applaudis. Là où elle dévie, je me désole. Là où quelqu’un manifeste un authentique esprit chrétien, même s’il est shintoïste ou animiste, j’applaudis; là où un chrétien ne manifeste pas un tel esprit, ou même le contraire, je me désole.

      Répondre
  • avatar
    28 avril 2011 à 1 01 56 04564
    Permalink

    Oui Yan Barcelo, c’est bien ainsi que je vois vos interventions et elles sont bonnes, comme toutes celles des catholiques ou sympathisants qui vont dans le même sens.

    Je dis seulement que ce serait mieux encore si l’église revenait au seul message évangélique, et rejetait fermement sa conception criminogène de Dieu, hélas relancée par Ratzinger-Benoît XVI.

    Je dis que ce rejet est absolument indispensable, en ce début du XXIe siècle qui voit la violence religieuse relancée un peu partout dans le monde pour des raisons théologiques.

    Je dis que ce rejet permettrait aux chrétiens d’aider efficacement les musulmans pacifiques, qui veulent eux-mêmes un tel rejet de leur religion, où il est beaucoup plus difficile à obtenir puisque la prétendue volonté de violence de Dieu est une composante explicite de sa base théologique.

    Au lieu d’aider ces musulmans pacifiques l’église de Benoît XVI se fait complice des islamistes violents qui, eux, ne veulent rien changer.

    Voir ici :

    http://www.centpapiers.com/benoit-xvi-premier-responsable-de-la-violence-religieuse-1/38279

    et ici :

    http://www.centpapiers.com/contre-la-violence-religieuse-pourquoi-si-peu-dexigence/18143

    Au sein même de l’église catholique la nécessité du rejet demandé ci-dessus est de plus en plus prise en compte, et ce dernier texte a été reproduit, il y a quelques mois, par le réseau Culture et Foi dans sa rubrique « textes critiques ».

    Par ailleurs, des lecteurs de Témoignage Chrétien, de La Croix, de La Vie… sont de plus en plus nombreux à me dire leur accord sur le sujet.

    Continuez de mettre en valeur le message d’amour et de paix du prophète juif Jésus. On n’a pas fait mieux, depuis, en matière religieuse. AJOUTEZ-Y la nécessité de rejeter fermement la conception violente de Dieu ramenée dans l’église par Ratzinger-Benoît XVI, ce sera mieux encore.

    Bien amicalement.
    P.R.

    Répondre
  • avatar
    29 avril 2011 à 12 12 35 04354
    Permalink

    Bonjour,

    Je pensais que le débat était clos.
    J’avais quitté le débat le 24 avril dernier.

    Terminons par une bonne blague :
    Un assassin est condamné à la guillotine. Le président du tribunal trébuche sur les mots en lisant la sentence. Il bafouille. Il s’exaspère. Finalement, incapable de terminer sa lecture, il tend son papier à l’accusé :
    – Tenez, mon ami, vous lirez ça plus tard, à tête reposée…
    Par Doc – Publié dans : Humour et Blagues/ Humor – Communauté : Oui la vie peut être marrante.

    François.

    Répondre
  • avatar
    29 avril 2011 à 19 07 18 04184
    Permalink

    J’ai particulièment apprécié la lecture de cet article. Cette question de pardon a soulevé publiquement et privément beaucoup de passion et d’intérêt. Pour ma part, je joins ma voix à celle de Confucius qui affirme que « plutôt que maudire les ténèbres, allumons une chandelle, si petite soit-elle. » J’estime que le pardon est une option du coeur qui va contre l’instinct spontané de rendre le mal pour le mal; et cela ne veut pas dire d’être naïf et de donner ses perles au cochon. Le pardon est bien sûr une position chrétienne, mais je préciserais qu’elle est avant humaine. Et c’est en étant pleinement humain que l’on éloigne le mal, les guerres, les divisions.

    Répondre
  • avatar
    6 février 2012 à 5 05 28 02282
    Permalink

    Pour commencer, on ne peut pas juger quelqu’un qui refuse de donner le pardon. On peut se réconcilier avec l’Artiste sans lui pardonner. J’ai lu ça quelque part : « La réconciliation, c’est l’acceptation de ce qui est nécessaire de passer à autre chose à un moment donné, ou alors on retombe dans la spirale de la violence rétributrice à l’infini. »

    Ses fans n’ont rien à voir avec le Pardon. Et Bertrand saura très bien, à travers ses mots, exprimer sa peine et son remords. Il n’y a qu’à lire dans son regard, l’épaisseur de son âme.

    Et comme dirait Bernard Comment dans « Cantat, malgré tout » : « L’Epaisseur d’un Homme dans le temps ne peut s’effacer ou s’oblitérer sous l’émotion de l’instant ».

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *