La mauvaise foi

Je viens d’écouter avec ébahissement la Ministre Beauchamp contredire l’interprétation qu’ont donnée les trois leaders étudiants de la teneur et de la portée du consensus qui est sorti de leur tardive négociation-marathon.

A quoi diable joue cette dame ?  Elle parle d’un accord signé, l’autre partie d’une proposition a soumettre aux étudiants. Qui dit vrai ?  Il suffira de voir si, oui ou non,  le texte sera soumis aux étudiants. S’il l’est, tous les ronds de jambes légalistes de Madame Beauchamp n’empêcheront pas le monde ordinaire de penser qu’elle a voulu tous nous enfumer.

Or, c’est le monde ordinaire qui finalement donnera les bonnes et les mauvaises notes en cette affaire.  Avec un jeune éborgné et un autre dont la vie est en danger suite aux incidents de Victoriaville, je ne pense pas que le citoyen moyen apprécie les finasseries de Madame Beauchamp.

Il les appréciera encore moins, s’il en déduit que l’on a joué aussi sur les mots quant à l’essence même de l’entente. Les étudiants auront-ils ou n’auront-ils pas un montant supplémentaire a payer cet automne ?  Si, comme l’a dit la ministre, ce n’est que le paiement qui sera reporté, mais que la somme demeurera dûe, il faudra en conclure que le message précédent des leaders étudiants n’était pas conforme aux faits… et qu’ils ont menti ou ont été trompés.

Dans un cas comme dans l’autre, cette révélation ne peut que compromettre l’acceptation par les étudiants de cette proposition que leur a faite le gouvernement. La seule conclusion à en tirer – à moins que Madame Beauchamp ne soit d’une incommensurable bêtise – est  que le gouvernement ne cherchait pas une entente, mais une occasion de discréditer les leaders étudiants et de semer la zizanie.

La riposte évidente de ceux-ci sera sans doute de demander à Madame Beauchamp de confirmer que la hausse des frais de scolarité cet automne sera bien compensée par une réduction des autres frais, équivalant à un gel de facto du coût pour l’étudiant.   Si elle refuse, ils pourront dire  qu’on a abusé de leur bonne foi et inviter les étudiants à rejeter la proposition. Et Madame Beauchamp devrait alors sans doute offrir sa démission, car qui lui fera jamais encore confiance ?

 

Pierre JC Allard

3 pensées sur “La mauvaise foi

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    6 mai 2012 à 8 08 27 05275
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    Est-ce significatif ?

    J’ai remarqué que Martine Desjardins de la FEUQ ne portait plus le carré rouge sur le coeur. :-O

    POUR SAUVER LA FACE c.a.d. Win Win (GAGNANT-GAGNANT) Un système de remboursement sera mis en place, si et seulement, si les frais affairant sont diminués, si et seulement, si un autre comité que celui dont l’ex-ministre Garon Ph.D. parlait trouve l’argent dans la présumée mauvaise gestion des universités : îlot Voyageur ? non pertinent, construction du nouvel immeuble des HEC ? non pertinent, etc. etc. :-O

    En passant, les Écoles de Relation Industrielles sont dans ces universités. Elles dispensent donc cet « enseignement normal » de réglement de conflit et de gestion de crise. Les « renards » éduquent les « poules »…Que de créativité dans la continuité. (N)

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    6 mai 2012 à 10 10 30 05305
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    L’enseignement le plus porteur est celui du contrôle des médias… voyons comment ils repareront la gaffe des journaux télévisés qui ont mis bien en évidence la contradiction flagrante entre le discours de Trois disant à leurs troupes qu’ils ont ont gagné et celui dd ela mnistre répondant au PQ que l’on n’a rien donné

    PJCA

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    6 mai 2012 à 23 11 23 05235
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     » à moins que Madame Beauchamp ne soit d’une incommensurable bêtise – est que le gouvernement ne cherchait pas une entente, mais une occasion de discréditer les leaders étudiants et de semer la zizanie. »

    Les deux ne sont pas impossible; mais le premier est évident.

    L’interprétation des étudiants devra être la bonne; sinon rien n’est réglé.

    Pour le carré rouge de Martine Desjardins, elle a expliqué qu’elle l’avait prêté à Léo Blouin parce qu’il n’avait plus le sien.

    André Lefebvre

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