LA PAUVRETÉ ? On déjeune et on en parle…

Le monde de l’enfer est rempli de bonnes intentions… de charité chrétienne, de cœur vaillants et de gens vexés de voir les riches – s’enrichir – et les pauvres s’appauvrir. Plutôt que de pleurer comme le ministre péquiste des finances monsieur Marceau sur le sort de ses amis millionnaires, pris au dépourvu par une surtaxe – prévue – et rétroactive (?), opprimant les riches surtaxés de notre société «équitable», des gens bien intentionnés – futiles et bien payés – cherchent à comprendre la pauvreté.

Qu’est-ce que Dan Bigras, Ricardo Petrella, Laure Waridel, Vivian Labrie et Julian Boal (du théâtre de l’opprimé) ont en commun ? Tous ces gens étudient les pauvres, leur comportement, leurs ascendants et leurs descendants, leurs précarités, leurs conditions de survie et leur misère grandissante et tous ces personnages en sont extrêmement peinés, à un point tel qu’ils ont décidé d’unir leur compassion et de dire NON À LA PAUVRETÉ. Ils souhaitent même rendre la pauvreté hors la loi !

Tiens donc, mais la pauvreté est déjà «hors la loi» au Canada et particulièrement au Québec, où une loi remplie de vœux pieux a été adoptée à l’Assemblée nationale péquiste  souveraine du Québec contemporain le 13 décembre 2002, à l’unanimité des députés marionnettes présents dans l’enceinte du Parlement (1).

Depuis ce temps, le Québec est devenu un lieu de pèlerinage mondial, où de charitables experts viennent ausculter nos pauvres afin de comprendre pourquoi, malgré la loi, ils sont chaque jour plus pauvres… J’aurais pensé que les pauvres sont probablement les plus experts en pauvreté, mais il semble que je me sois trompé… les «bobos» sont passés maîtres dans l’art de décortiquer les pauvres et de leur donner des conseils pour sortir de leur misère, comme de « travailler plus pour gagner plus » (droit d’auteur reconnu à Nicolas Sarkozy)

Dans un effort pour renverser le processus de paupérisation qui affecte même les «bobos» et les assistés sociaux, cet aéropage de bien pensants sera à Montréal au Gésu – 1200 rue Bleury – dimanche  le 14 octobre 2012, 13 h 30, afin de promouvoir « Six idées qui changent le monde » pour mieux  pleurnicher sur la pauvreté.

Pour vous familiariser avec le concept de pauvreté, Visitez le site web : http://www.pauvrete.qc.ca/

ROBERT BIBEAU

robertbibeau@hotmail.com

(1) http://www.mess.gouv.qc.ca/grands-dossiers/lutte-contre-la-pauvrete/loi.asp

http://www.aceci.org/documents/affiche-5a7mars2011.pdf

http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/le-peuple-francais-s-appauvrit-93456

 

Une pensée sur “LA PAUVRETÉ ? On déjeune et on en parle…

  • avatar
    12 octobre 2012 à 21 09 10 101010
    Permalink

    (Y)
    Les chiffres de la pauvreté sont éloquents:
    octobre 1989:
    personne seule prestataire de l’aide sociale 497$ par mois (5,964$ par an = 48 semaines) *
    salaire minimum: 5.00$ l’heure x 40 heures x 4 semaines = 800$ par mois (10,400$ par an = 52 semaines)
    prestations d’aide sociale sur 52 semaines: 57% du salaire minimum

    mai 2012:
    personne seule prestataire de l’aide sociale 589$ par mois (7,068$ par an = 48 semaines) *
    salaire minimum: 9.90$ l’heure x 40 heures x 4 semaines = 1,584$ par mois (20,592$ par an = 52 semaines)
    prestations d’aide sociale sur 52 semaines: 34% du salaire minimum

    * l’aide sociale est mensuelle (que le mois compte 4 ou 5 semaines le montant est le même)

    C’est un crime social. Malheureusement les personnes concernées devant occuper leur quotidien à survivre jusqu’au lendemain n’ont ni l’énergie, ni le temps, ni l’argent pour revendiquer. L’indice d’inflation sur lequel le gouvernement se base pour indexer les prestations n’est aucunement représentatif des dépenses que ces personnes encourent, puisqu’elles sont soumises aux augmentations beaucoup plus élevées des seules dépenses qui les affectent (logement, électricité, nourriture).

    Que dire des lois qui protègent les démunis? à part qu’elles sont bafouées, qu’il ne se trouve personne pour les faire respecter et que dans un récipient fourre-tout on arrive à faire patauger ceux qui se démerdent au quotidien pour tenir la pauvreté à bout de bras (travailleurs sociaux, centres spécialisés, organismes divers), ceux qui sont censés représenter les pauvres et ceux qui sont censés veiller financièrement sur eux. Tir en rafale de pourcentages, de recettes, de plans d’actions défaits de budget en budget qui essaient surtout d’éviter de hausser les prestations en dépensant ces budgets pour des programmes qui ont l’avantage d’avorter tôt ou tard. Au bout du compte ce qui reste toujours c’est la pauvreté elle-même et la certitude qu’une fois tout ce beau monde rentré chez lui, dans ses couvertures et ses draps chauds, la pauvreté continue de se détériorer.

    Il faudrait exiger de ceux qui tripotent ce merdier avec un pince-nez et des oeillères de vivre avec 589$ par mois.

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *