la stragégie du Toc

Entre une Marine qui veut se donner un look « fréquentable » tachant de masquer les militants gênants, et un Sarközi qui pourrait prévoir en secret une belle insurrection de banlieue, enjolivé d’un plan « com » de naissance, propre à attendrir le citoyen naïf, en passant par une gauche encore divisée, et un clan écolo englué d’un Hulot incertain, lorgnant du coté de Borloo, les stratégies sont en train de se mettre en place dans chaque camp à l’horizon des élections de mai 2012.

Dans le camp de gauche, après l’épisode calamiteux de DSK, on pourrait s’interroger si dans le fond, cette défection ne serait pas une bonne nouvelle ?

Car rien ne dit que dans l’hypothèse d’un second tour qui aurait opposé celui-ci au président sortant, il en serait sorti vainqueur, tant il était considéré d’être un « Sarko Light ».

Quelque soit l’issue de la longue bataille juridique qui va occuper l’ex-directeur du FMI, le terrain s’est dégagé pour Hollande, « l’homme normal » qui avec humour et opportunité se hisse dorénavant au premier rang à gauche.

Mais si l’on se souvient que l’échec de Ségolène en 2007 a été en partie du à ceux de son camp, comme l’a expliqué Jean Christophe Cambadélis (lien)  on peut s’inquiéter à juste titre des inimitiés que les Strausskahniens, Royalistes, ou même Aubrystes, vouent à  Hollande, même si ceux-ci le contestent. lien

Comme aurait dit Jean le Bon, à la bataille de Poitiers : « gardez moi de mes amis, quant à mes ennemis je m’en charge ». lien

En réalité, c’est la carte de l’engagement anti-nucléaire qui risque de faire gagner (ou perdre) le PS. lien

En effet, si ce parti en reste au rang de vagues promesses évoquant une « possible sortie progressive » dans 30 ou 40 ans, (lien) les voix écologistes pourraient se transformer pour partie au second tour en votes blancs.

Tout est dans le mot progressif, car dans le fond, la sortie du nucléaire pourrait être beaucoup plus rapide.

Considérant que la France consomme en moyenne ~275 MTEP/an (millions de tonnes équivalent pétrole) (lien), un régime draconien d’isolation des habitations et des entreprises, sur la base d’un coefficient de 0,6 permettrait d’économiser ~50 Mtep, et de lancer un énorme chantier dans tous le pays, générateur d’emplois.

Ce qui correspondrait à la fermeture de 21 réacteurs nucléaires, sachant que chacun produit 2,36 Mtep/an (pour 137 Mtep/an produits par l’ensemble du parc nucléaire français). lien

Le rendement de la production énergétique est aussi une piste à creuser, si l’on sait l’énorme différence qu’il y a entre l’énergie produite, et celle qui arrive en fin de compte chez le consommateur.

Avec une centrale nucléaire, ou thermique, le rendement est de l’ordre de 40%, ce qui revient à dire que pour 1 TEP arrivée en fin de compte chez le consommateur, il aura fallu en produire 2,5. (lien)

Il y en en effet souvent la confusion entre énergie primaire (celle qui est produite) et énergie finale (celle qui est consommée) car pour ~275 Mtep d’énergie primaire, la consommation d’énergie finale est de ~160 Mtep. lien

D’où l’intérêt de consommer sur place l’énergie produite, au lieu de toujours chercher à la centraliser, ce qui permettrait de fermer encore plus de réacteurs nucléaires, sans pour autant se priver.

La balle est donc dans le camp socialiste, qui, s’il veut s’attirer les faveurs et l’éventuel score à deux chiffres (lien) des écologistes, devra clarifier son engagement.

Au centre, une certaine agitation règne.

Borloo, faisant feu de tout bois, inscrit dans une logique de récupération (lien) et de chantage vis-à-vis de son ex-clan, et Villepin encore empêtré dans ses démêlés juridiques, mais que 49% des français souhaitent comme candidat en 2012 (lien), pourraient faire beaucoup de dégâts dans le camp de l’UMP.

C’est à ce camp là qu’il nous faut nous intéresser, car comme on le sait, voyou n’est pas le masculin de voyelle.

Depuis le début du millénaire, la délinquance fait parler d’elle, et certaines banlieues deviennent des zones de non droit.

On s’en souvient, Sarközi, dès 2005 était allé faire des déclarations définitives et provocantes, promettant karcher et violence aux impétrants.

La mort de deux jeunes poursuivis par la police, lesquels s’étaient réfugiés dans un transfo, a été l’étincelle qui a mis le feu aux banlieues en 2005.

Pour la police, çà s’est soldé par un non lieu. lien

A l’époque 4900 véhicules avaient brulé, et de nombreuses constructions dans 300 communes différentes avaient été dévastées. lien

Y aurait-il la possibilité d’une stratégie?

Des sa prise du pouvoir, le chef de l’état a supprimé la « police de proximité » laissant le champ libre à tous les excès et exacerbant les populations fragilisées. lien

D’une part, dans ces banlieues, le taux de chômage frappant les jeunes issus de l’immigration est de 40%, alors que celui des jeunes est de 20% et le taux moyen français est de ~10%. lien

Ce sont des données de 2006, mais malgré les promesses électorales de 2007, la situation se serait plutôt aggravée, puisqu’elle a progressé de plus de 57% entre janvier 2008 et janvier 2009. lien

En janvier 2011, un jeune sur quatre est au chômage dans les zones dites sensibles. lien

D’un autre coté, le refus du gouvernement de réglementer la vente du cannabis en favorise le trafic, enrichissant la maffia, permettant aux délinquants de pratiquer un marché noir juteux, et de se procurer des armes lourdes. vidéo

Parallèlement, dans le Sud-Ouest, un ancien camp militaire de l’Otan a été transformé en un camp d’entrainement de forces spéciales, destinées à mater une guerre de banlieue.

Tout est donc prêt pour une belle insurrection à quelques mois de la présidentielle.

Le « pompier pyromane» aurait-il la stratégie de provoquer une situation de guerre civile ?

On peut logiquement s’interroger.

Une fois la guerre civile déclarée, l’état d’urgence décrété, les forces spéciales lancées sur le terrain, la victoire assurée, les français effrayés, puis rassurés n’auraient pas d’hésitation à donner leurs voix à celui qui les aurait sortis de cette tragique et sanglante situation.

Quant au dernier acteur de cette improbable campagne, c’est la « Marine » nationale, qui a quitté les habits trop voyants d’une extrême droite raciste et agressive, pour se parer d’une illusoire tenue présidentielle.

Elle a même décidé, malgré le désaveu de son père, d’exclure du mouvement un élu du FN qui embarrassait sa stratégie de communication, car celui-ci s’était fendu d’un salut nazi. lien

Elle profite d’une situation de crise et de détresse sociale, et à l’instar d’un Hitler de sinistre mémoire, son projet politique pour 2012 ressemble comme un frère à celui mis en œuvre dans les années 30 par le parti hitlérien, ainsi que le démontre cet article de « myeurop.info ».

Les similitudes sont frappantes : sortie de l’euro, limitation des importations, indexation des salaires sur les prix, arrêt de l’immigration, suppression de l’âge de la retraite etc.

Du coup, elle séduit le milieu ouvrier qui délaisse de plus en plus les partis de gauche, pour rejoindre le parti frontiste.

Elle joue sur la corde populiste du « tous pourris » (sauf moi) profitant des casseroles judiciaires qui s’accumulent sur pas mal d’élus.

Elle joue les « chevaliers blancs », profitant d’une maladresse de Georges Tron à son égard, en portant plainte contre lui pour diffamation. lien

Aurait-elle oublié que son père, fondateur du mouvement, vient de comparaitre devant la justice pour incitation à la haine envers les musulmans et les personnes d’origine algérienne, écopant de 2 mois de prison avec sursis, d’une amende de 20 000 € et d’un an d’inéligibilité ? lien

Mais drapée dans sa nouvelle tenue de justicière, elle multiplie les plaintes : une contre Jean Luc Mélenchon pour injures publiques (lien), mais aussi contre Rama Yade qui lui a reproché d’être « une famille de profiteurs (…) qui s’en met plein les poches ». lien

Pourtant l’UMP et le FN font des efforts désespérés pour afficher leur différence alors que tout les rassemble. lien

Tous les deux utilisent l’insécurité et le refus de l’immigration comme cheval de bataille.

Comme l’a conclu l’analyste politique Stéphane Rozes « il n’y a pas tant de différence que ça entre l’UMP et le FN». lien

Pas étonnant des lors que Patrick Buisson, l’éminence noire du candidat UMP, cherche surtout à contrer Marine Le Pen en déclarant dans une interview donné au « Point » (9 juin-page 56) « avec Nicolas Sarközi, nous savons comment nous allons contrer Marine Le Pen. Sans alliance, l’espérance du pouvoir est totalement exclue pour elle. Elle peut perdre sur la thématique du vote utile. Elle fait croire qu’il y a une perspective politique, alors qu’il n’y en a pas ».

Mais toutes les cartes sont-elles distribuées ?

Pas sur, comme on le découvre avec la récente peau de banane glissée par un Chirac à l’humour corrézien…et corrosif. lien

Car comme dit souvent mon vieil ami africain : « le singe qui monte au cocotier doit avoir le cul propre ».

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