LA TOUR DE BABEL

ELYAN:

Depuis quelques mois, un marasme palpable s’est installé, un peu partout, un peu pour tous. On a l’impression que la planète toute entière est en attente. Il règne un silence peu commun.

Bien sûr la nouvelle n’arrête pas, mais elle n’est plus nouvelle. Un déjà vu incroyablement prévisible, sinon même ce qui ne l’est pas n’étonne plus.

Il semble que l’humanité ait atteint son seuil critique, celui qu’il fallait prévoir parce que les hommes de bonne volonté sont à perdre les derniers outils dont ils disposaient et qu’on les force à trouver refuge dans de quelconques retranchements improvisés.

Ce qui dérange c’est qu’on voit sans équivoque qu’il y a une ruée abusive vers un contrôle irréversiblement résolu à s’étendre.

Qu’on ne nous parle plus de contexte et de situation économique, car ils n’existent que parce qu’on les a créés, à coup de guerres, d’inflations, de robotisations, d’essais-erreurs insolents, de soif de richesse et de désir démesuré de pouvoir.

Il n’est pas nécessairement vrai ni réalisable qu’il faille augmenter la cadence, tant dans notre travail que dans notre ingéniosité, pour palier à cette course à la survie devenue infernale. Chaque jour la société de consommation assassine de nouveaux perdants. C’est bien là le côté machiavélique de la chose, puisque perdre à ce jeu est impensable! Se maintenir dans le tourbillon affecte l’ego, car lorsqu’on tourne à vide on a inévitablement l’impression d’échouer et que chaque solitude garde le secret de ses échecs. Mais voilà, on peut difficilement parler d’échec parce qu’il y a plutôt une incapacité, une impossibilité à marcher continuellement sur la corde raide.

Qui avait le droit d’envahir nos destinées avec des PIB, des cotes de bourses rock’n roll, des ralentissements économiques, des inflations et des compressions budgétaires?

Qui allait nous montrer ceux à qui tout ceci profite, puisque de plus en plus de gens subissent?

Nous voulons bien comprendre tous les tableaux de croissance économique, d’inflation et de statistiques et toutes ces conneries devenues nécessaires, créées pour le besoin d’intérêts invisibles qui leur permettent de se vautrer dans un système emmuré, mais est-ce nécessaire? Oui, si nous désirons suivre le train. Non, si nous avons compris que le train ne mène nulle part, du moins nulle part où nous avons envie d’aller.

Je revois les tours, lorsque pleuvaient des papiers inutiles, statistiques maintenant tous à la baisse, servant a maintenir dans ces prisons des gens qui n’ont pu reprendre leur vie la où ils l’avaient laissée le matin, hors des murs de l’invisible machine à fabriquer leur vie. Nous sommes dans de telles tours, occupés à générer des papiers. Le reste, ce qui n’a pas été inventé de toute pièce, devient peu à peu étranger.

Qu’attendons-nous de la vie, sans références à ce qu’on nous impose, mais plutôt à ce qu’elle offre véritablement? Nous ne sommes pourtant pas nés pieds et poings liés. La vie nous a été donnée et c’est aussi tout ce que nous possédons.

 

ELYAN

5 pensées sur “LA TOUR DE BABEL

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    26 mai 2013 à 5 05 41 05415
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    Merci Elyan pour cette réflexion plus que pertinente sur les temps que nous vivons. L’image de la « Tour de Babel » en est une belle expression.

    Bonne journée à vous

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    26 mai 2013 à 8 08 12 05125
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    Nous n’êtes pas la seul, moi aussi je le ressent peut-être pas exactement de la même façon et avec les mêmes mots. La plupart des humains ont leur conscience perdu, dans les désirs matérialistes implantés par la publicité, la haine de l’autre par des propagandes politiques, l’enflure de leur égotisme encourager par l’idéologie de compétition. Ils se croient libre mais leur conscience est contrôlé par des dominants pervers. Je prend de temps en temps congé de tout cela et m’émerveille du spectacle de la nature, de la vie et du cosmos. Je me dis en moi-même, vides de ta tête leurs idéologies de guerre de tous contre tous et contemple la beauté de la nature et du cosmos. Parfois, je ressent une présence à peine discernable qu’aucun mot ne peut décrire. La vie peut avoir ses moments de sublime beauté, il s’agit de prendre les meilleurs choix possibles pour l’embellir.

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    26 mai 2013 à 13 01 22 05225
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    Voilà où nous en sommes…
    Superbe prise de conscience.
    Et là, nous en sommes à tourner en rond à faire des démonstrations sans que les dirigeants ne lèvent le petit doigt.
    Rien à changer. Il faut ajouter « plus de la même chose ».

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    1 juin 2013 à 12 12 18 06186
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    @ Tous
    Merci d’avoir lu et commenté. Je mets toute ma confiance dans les petites et grandes choses que nos réflexions apportent, des changements q’elles permettent d’apporter en apprenant à n’aliéner rien qui nous empêcherait de produire et de préserver le meilleur de nous-mêmes. C’est une grande victoire sur toute forme de d’impuissance.

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