L’ami ben Ali de Sarkozy

En fouinant un peu, nous sommes tombé sur un article signé Vincent Jauvert, journaliste au Nouvel Observateur, datant de juin 2009 et titré Iran : l’étrange posture de Nicolas Sarkozy, d’une actualité saisissante : « Hier, Nicolas Sarkozy a dénoncé « l’ampleur de la fraude » en Iran. Pourquoi va-t-il si loin ? Aucun autre pays ne l’a fait. Même les Britanniques, d’ordinaire très sourcilleux sur ces sujets, se sont contentés d’émettre de « sérieux doutes » sur les résultats. (…) Faut-il rappeler qu’avant même l’annonce officielle du résultat de l’élection présidentielle en Algérie, le chef de l’Etat a félicité Bouteflika pour sa victoire obtenue avec 90% des voix – un score dont « l’ampleur » n’a pas semblé troubler Nicolas Sarkozy ? Faut-il rappeler qu’il s’est empressé de féliciter, avant  tout le monde, Vladimir Poutine et Dimitri Medvedev pour leurs succès électoraux dans les conditions que l’on sait, avec les fraudes massives qui ont été documentées et alors qu’à la différence d’Ahmadinejad, Poutine et Medvedev n’ont jamais accepté de débattre à la télévision avec leurs opposants. Faut-il enfin rappeler que Nicolas Sarkozy a félicité Ben Ali pour « les progrès de la démocratie en Tunisie » et qu’il a déclaré de Tunis où sont emprisonnés quantité de prisonniers politiques et où les élections sont aussi démocratiques qu’en RDA : « je ne vois pas au nom de quoi je me permettrais de m’ériger en donneur de leçons » sur ces sujets. » C’est que la proximité entre le dictateur et le président de la République saute aux yeux de la photo illustrant l’article, celle d’une accolade fraternelle excédant largement le protocole de l’accueil diplomatique !

« La diplomatie française aura donné l’impression d’appuyer jusqu’au bout le régime du président tunisien, Ben Ali, apparaissant dépassée par les événements et ne montrant à aucun moment le moindre signe de soutien aux revendications de démocratisation exprimées par les manifestations, qui ont conduit, vendredi 14 janvier, à la fuite vers Djedda, en Arabie saoudite, du dirigeant tunisien, au pouvoir depuis vingt-trois ans », accuse Le Monde, avant de rappeler l’indécente proposition de Mam : « Mardi 11 janvier, tandis que la contestation gagne Tunis, des propos tenus par la ministre des Affaires étrangères française, Michèle Alliot-Marie, devant l’Assemblée nationale, à Paris, suscitent une certaine consternation, y compris à l’intérieur du Quai d’Orsay. Le gouvernement tunisien vient d’établir un bilan de 21 civils tués par balles depuis le début des troubles, et Mme Alliot-Marie propose… une coopération policière. La France veut faire bénéficier la Tunisie du « savoir-faire de (ses) forces de sécurité », afin de « régler des situations sécuritaires de ce type », explique la ministre, afin que « le droit de manifester soit assuré, de même que la sécurité ». L’ « apaisement peut reposer sur des techniques de maintien de l’ordre », estime Mme Alliot-Marie. La crise semble ainsi ramenée à un problème de professionnalisme des forces de l’ordre tunisiennes, auquel viennent s’ajouter les difficultés économiques. Mme Alliot-Marie évoque des « troubles sociaux de grande ampleur », sans mentionner le volet politique des revendications des manifestants, qui dénoncent un pouvoir confisqué par la famille Ben Ali et s’en prennent aux affiches du chef de l’Etat. » L’odieuse Mam se proposait donc d’aider ben Ali à se maintenir au pouvoir en réprimant les manifestations, mais avec moins de victimes ! Là aussi, la photo illustrant l’article est accablante pour Sarkozy : et vas-y que je tiens tes mains dans les miennes, et que cette grande marque d’affection est accompagnée de l’hilarité qui trahit la complicité de vieux potes !

Vous vous souvenez du coup du « président des droits de l’Homme » ?

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