L’assouplissement quantitatif

(Un milliard de dollars en coupure de 100$)

L’assouplissement quantitatif. Nous entrons dans un nouveau jargon, un nouveau langage, que les habitants de la planète financière parlent. Il s’agit du banco-langage. Des termes à la résonance cognitive douteuse qui décrivent une réalité virtuelle. L’assouplissement quantitatif.

J’imagine que c’est le seul terme valable lorsque vous voulez faire croire que vous avez plus d’argent que la réalité. Selon Wikipedia, l’assouplissement quantitatif est la création d’argent ex-nihilo  par une banque centrale, et son injection dans le système bancaire.

Ce n’est pas aussi directement déviant au point qu’on imprime des tonnes de billets de banque, bien que cela se fasse. Dans cet âge électronique, lorsque la Banque d’Angleterre ou la Fed veulent quantitativement assouplir les choses, ils font simplement un transfert électronique à eux-mêmes. Les hommes cravatés ne font que pousser sur quelques boutons et se disent qu’ils ont quelques milliards de plus qu’ils pensaient. Ceci est l’équivalent bancaire de prétendre que vous venez de trouver un billet de 20$ et que vous vous faites venir un gros club sandwich pour célébrer, sur la base que que ne serez pas capable de payer lorsqu’il arrive, mais étant dans un joyeux esprit d’attente. Seulement que les banquiers peuvent penser que c’est raisonnable. C’est ce qu’ils font en finançant leur propre dette, ils monétisent leurs dettes.

Ce nouveau terme n’est qu’un parmi des dizaines de termes d’un nouveau lexique dont nous ignorons encore tous la signification. Vous vous rendez compte que vous n’êtes plus en train de parler un langage connu lorsque vous entendez les gens déblatérer des mots comme commodity swaps, credit default swaps, stratégies d’arbitrage sur la structure du capital, système fractionnaire bancaire, contango, corrélation, sécurité hybride, option à barrière activante, option quanto, test de stress, thêta, valeur d’un point de base et exposition maximale dérivée d’ajustement aléatoire. Pour vous dire vrai, je viens d’inventer le dernier terme. J’entre dans ce délire de faire-croire virtuel.

Le nouveau langage latin que personne de la plèbe ne comprend, le banco-langage. J’ai essayé d’appliquer les nouvelles règles à mes propres affaires. J’ai appelé ma banque la semaine passée et je leur ai dit que contrairement à leur données, j’ai un bonus de quatre ans sans pénalité à effet saisonnier et non trois, ayant tout juste injecté une année de plus dans le système pour assouplir quantitativement ma prime quanto question de faire un test de stress thêta. Ils ont refusé de réduire mes coûts de renouvellement. Mais je travail encore sur ce dossier.

Pendant ce temps, perdu dans ce brouillard sémantique, les médias et les politiciens refusent de vous parler de l’élément le plus important de la prochaine phase de la crise financière. Les contrats du marché des produits dérivés totalisent environ 700 000 milliards de dollars (700 000 000 000 000$) selon la Banque des règlements internationaux (BRI) ou Bank for International Settlements (BIS) en anglais).

Pour vous donner une idée de grandeur et vous mettre ce chiffre en perspective, la crise du marché de l’hypothèque résidentiel (subprime) était au plus de 23 000$ milliards aux États-Unis. Nous nous échinons avec ces plans de sauvetage pour sauver les marchés boursiers, mais il n’est évalué qu’à un peu moins de 15 000$ milliards au total, aux États-Unis encore. Le PIB de ce dernier est de 14 200$ milliards. La valeur totale de tous les marchés boursiers du monde ne dépassent pas les 50 000$ milliards, selon la World Federation of Exchanges.

La bulle des produits dérivés qui est en train d’éclater et qui va prendre toute son ampleur cette année et en 2010, celle du papier commercial bancaire, des fonds de couvertures, est de l’ordre de 700 000 milliards de dollars. (Source)

Maintenant, la photo ci-bas représente 1000 milliards de dollars en coupures de 100$. Avez-vous vu la taille d’un humain, dans le coin à gauche, en tout petit? Maintenant, multipliez cela par 700. Ceci devrait vous donner une idée de l’ordre de grandeur des chiffres dont nous parlons ici.

Voilà l’éléphant dans le coin du salon que tout le monde refuse de voir.

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6 pensées sur “L’assouplissement quantitatif

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    9 novembre 2010 à 17 05 49 114911
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    Donc, ce serait vrai que quelqu’un veut faire « sauter la banque »?

    Ce qui ne serait pas si mal, cela obligerait à tout rééquilibrer après.

    De toute façon, les dettes s’effaceront d’elles-mêmes.

    Amicalement

    André Lefebvre

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      10 novembre 2010 à 0 12 00 110011
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      Les leurs, oui, mais pas les miennes ! ;-(

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        10 novembre 2010 à 16 04 50 115011
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        Si leur banques sautent, tes dettes disparaîtront aussi pas longtemps après. 😉

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    10 novembre 2010 à 20 08 08 110811
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    Pourquoi vouloir défoncer le systéme en utilisant les outils qu’ils vous tend ? pourquoi carrément ne pas s’en passer ? ils vous sont si essentiels ? votre adaptation /intelligence ne vous permet pas de penser à quelque chose d’alternatif au lieu de penser de façon linéaire ( comme eux ) sur comment les baiser ? ( ils ont déjà couverts toutes les facettes)

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    10 novembre 2010 à 23 11 12 111211
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    Bonjour,
    Probablement que François aimerait se mêler à la conversation, sauf que nous avons reçu un message indiquant que son ordinateur l’a lâché.
    On va avoir la paix pour un bout 😀
    _________
    Je partage entièrement l’avis de Marc: il n’y a aucune solution dans une approche linéaire. Elle ne ferait qu’engraisser le monstre pour ajouter aux malheurs.
    Je verrais des solutions alternatives au moment où des groupements en auront assez ras-le-bol, qu’ils formeront des cellules étrangères au système.
    La meilleure façon d’y échapper est d’en créer plusieurs dans lesquels ils ne puissent avoir aucune prise. Il faut donc que ces solutions soient débranchées du cordon ombilical qui nous lie à cet éléphant qui écrase tout.
    Ce doit être sans doute la raison pour laquelle les sociétés et leurs « dirigeants » ont compris qu’il faut diviser les citoyens en utilisant de ce qu’il y a de plus faible chez lui: son orgueil et sa vanité.
    Quand on contrôle et qu’on nourrit la vanité de cet « un », on le distancie des autres et du même coup on lui fait oublier qu’il est un être social mais capable d’être au dessus des autres.
    C’est pourquoi les rapports réels et dénués d’authenticité chez certains, trouve sa tasse de thé dans un monde de « solidarité virtuelle » où le rôle a plus d’importance que la personne.
    On voit là toute la manipulation qui nous a menés à être des individus sociaux, indépendants, importants, fiers, bouffis, etc.
    Tous des Elvis Gratton contents de leur gros garage… 😉

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    11 novembre 2010 à 22 10 05 110511
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    De retour!

    Solution: payer vos dettes, n’empruntez plus des banques et retirez votre argent des banques!

    Ne nourrissez pas la bête!

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