L’autre François…

L’autre François…

L’improbable victoire, en 1986, d’un certain François, et l’histoire cocasse de la dissolution décidée par Chirac, sur les conseils de son 1er ministre Villepin, de la même promotion qu’un autre énarque et confrère, un autre François, nous interroge sur la possibilité d’une répétition historique.

En effet, c’est Hollande qui, dans le droit fil chiraquien, de par sa terre d’élection, et son fonctionnement politique, se rapproche le plus de Mitterrand mais aussi de Chirac.

Qui a oublié que sans les discrètes consignes de vote du buveur de Corona corrézien, Mitterrand n’aurait peut-être pas emporté le morceau ?

Qui a oublié que sans les voix du camp de gauche, Chirac n’aurait pas gagné la partie en 2002 face à Le Pen ? lien

C’est cette réflexion que devrait se faire l’autocrate présidentiel actuel, car il se trouve confronté à un triple problème.

D’abord assumer l’échec de son quinquennat, avec son lot de promesses non tenues, et le justifier autrement qu’en affirmant que c’est « la faute à la crise  », d’autant que l’Allemagne, qui subit la même crise,s’en sort mieux la France. lien

Ensuite gérer le challenger qui se trouve en face de lui, adversaire réellement dangereux, parce que cultivé, sachant manier l’humour, qualités qu’il maitrise mal, et enfin contrer des chiraquiens à court de revanche.

Car de Villepin à Debré, en passant par Juppé, la partie est loin d’être gagnée, d’autant que dans son propre camp, des dents commencent à rayer le parquet, et les appétits s’aiguisent, constatant la fragilité du candidat de l’UMP autoproclamé.

Devant la possibilité d’une défaite de son candidat, Copé n’attendra peut-être pas 2017, et Juppé qui se dit fidèle, s’il est encouragé par ses amis, pourrait être tenté de jouer les troubles fêtes. lien

A n’en point douter la présidentielle de 2012 risque d’être animée, car on n’est jamais à l’abri d’une surprises.

Ségolène, privée de victoire à 3 reprises pourrait ruer dans les brancards.

La première fois, plombée par son propre camp, elle a perdu la présidentielle,

La deuxième, lors de probables tricheries elle a été privée du poste de secrétaire général pour le plus grand profit de Martine.

Et la troisième, écartée du 2ème tour de la primaire socialiste, manifestement suite à son échec présidentiel.

Pourquoi n’imaginerait-elle pas quitter son propre camp, et briguer une place de choix aux cotés d’Eva Joly  ?

N’a-t-elle pas été ministre de l’environnement au sein de la gauche pluriel du gouvernement Mitterrand ?

Son propre camp qui n’a cessé de l’humilier, au point qu’elle se trouve obligée de soutenir son ex-compagnon, lui qui l’a quittée pour une autre, au second tour des primaires socialistes, avec un score misérable de 7%, ne la poussera-t-elle pas à se désister et rejoindre le camp des écologistes ?

Ce serait une belle réponse de la bergère au berger.

Et puis quoiqu’en disent certains aubrystes, une partie de ces partisans déçus pourraient répondre absent lors du premier tour de la présidentielle, rejoignant le camp improbable des mélanchonistes, affaiblissant ainsi le PS, privant de second tour l’autre François.

Des lors tout reste possible, car Marine Le Pen reste en embuscade, tentant de se refaire une virginité antiraciste, grignotant des parts de marché du commerce droitiste, et à force de tirer la couverture à lui, toujours plus à droite, Sarközi risque de perdre une partie de son camp.

Il faut découvrir avec intérêt, sur son blog, la prose récente d’Hervé Gaymard, ce chiraquien sarkoziste, nostalgique de l’UDF, pour découvrir à quel point le camp UMP se trouve déchiré. lien

Mais revenons à l’autre François : s’il fait preuve de timidité sur le chapitre nucléaire, alors que Fukushima risque d’ici avril 2012 de nous réserver de bien mauvaises surprises, il donnera un avantage certain aux écologistes, et pourrait se retrouver dans la délicate posture qu’à connu Jospin en 2002.

C’est l’effet « Bandwagon  » qui pourrait faire perdre le candidat présidentiel.

Partant sur le concept que les sondages influencent l’opinion, François Miquet-Marty, analyste politologue, décrit ce phénomène : «  sur la base d’enquête d’opinion, les journalistes accordent une visibilité plus forte au candidat, le présentent comme un possible challenger de ses compétiteurs les mieux placés. Ainsi s’installe un double phénomène de visibilité et de crédibilité croissantes qui favorise, en retour, une progression des scores du candidat sur des registres différents  ». lien

Or le 19 octobre 2011 un sondage donnait Hollande gagnant au second tour face à Nicolas Sarközi avec un score de 62 contre 38. lien

Rappelons-nous qu’en 2002 l’institut LH2 avait publié dans « libération » un sondage favorable à Jospin, avec un score de 66% contre 34% pour Chirac. On connait la suite. lien

Devant la menace que fait peser pour Sarközi la candidature de Hollande, le cabinet noir du premier va commencer à jeter ses premières « boules puantes », afin de délégitimer son adversaire, l’attaquant sur sa sincérité, et le décrivant comme un manipulateur sans scrupule, allant dans l’imposture jusqu’à se travestir de droite. lien

Et puis, François Hollande s’est accroché une première casserole, qui porte le joli nom de Caton.

Sous le pseudo de Caton, André Bercoff, journaliste de sensibilité à gauche, se faisant passer comme un puissant homme de droite, écrit un pamphlet assassin contre « son propre camp » : « pour vaincre la gauche, il faudra se débarrasser de la droite » (Fayard éditeur). lien

Le livre fait un malheur, et lors d’une interview en 1983, c’est Hollande, (alors directeur du cabinet de Max Gallo, porte parole de la Mittérandie), qui, se faisant passer pour Caton, répondra aux questions du journaliste de France Inter, ce qu’à dévoilé Jean Michel Apathie début octobre sur l’antenne de Canal +. lien

Puis, ce même cabinet noir va insister sur son inexpérience ministérielle. lien

Enfin, Hollande, à force de jouer la gauche du centre pourrait perdre des voix pour le plus grand profit de Bayrou, lequel n’a pas dit son dernier mot, car tant qu’à choisir la voie centrale, l’électeur pourrait préférer l’authentique à la copie, et un parti d’écologiste, menée par l’ex juge anti-corruption, alors que les « affaires » ne sont toujours pas réglée, et renforcé au deuxième tour par l’extrême gauche et les royalistes pourrait se retrouver au cœur du jeux présidentiel.

Tout cela n’est bien sur que suppositions, et projections sur l’avenir, mais il ne faut jamais mésestimer l’adversaire.

Car comme dit mon vieil ami africain :

« Le bœuf ne se vante de sa force devant l’éléphant ».

L’image illustrant l’article provient de « radiovisyonplusfm.com »

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