Le C.A. nouveau : encore du sexe intelligent

Je me suis régalé ce lundi 10 septembre lors de la première de la saison de C.A., la série écrite par Louis Morissette et diffusée à Radio-Canada à 21 h (veuillez noter qu’à compter du 1er octobre, l’émission sera diffusée tous les lundis à 21 h 30.). Cette série est un bon traitement pour décoincer les tabous, une vraie thérapie gratuite pour tous les analphabètes du sexe. Je ne peux que la conseiller à tout le monde.

Cette émission mettait en parallèle le trouble de Jean-Michel (Louis Morissette) devant l’amour de Catou (une ex flamme d’un soir qui a eu un accident qui l’a rendu paraplégique) et de la découverte par le groupe de magazines pornographiques appartenant à l’amoureux de Sarah (Isabelle Blais), alors qu’elle est immensément mal à l’aise avec ça. Donc, on passe en revue quelques considérations de la vie de couple avec une personne paraplégique, entre autres par des flashes symboliques et hypothétiques : une scène de mariage qui se déroule devant un véhicule de transport adapté où le couple, après la photo officielle avec la famille, monte ensuite tranquillement sur le monte-charge ; et la meilleure, celle où on voit Jean-Michel, de dos, se faire faire une fellation par Catou, alors qu’il fait faire des va-et-vient au fauteuil roulant, et puis on le voit de face avec la gueule d’un gars qui s’ennuie ferme… Aussi, en rapport avec la découverte par Yannick (Antoine Bertrand) d’un magazine Playboy dans un coffre à outil, cet épisode donne l’occasion de dévoiler un peu plus la réalité de la consommation de matériel pornographique par beaucoup d’hommes, et en même temps du changement des habitudes de consommations vers le réseau internet.

Ce qu’il y a de bien avec cette émission, c’est qu’elle ne se gêne pas pour discuter de sujets que l’on garde en majorité dans la sphère privée. J’ai écouté la première saison pratiquement au complet et je me souviens avoir eu souvent des discussions animées avec ma compagne sur les sujets de l’émission. Alors, dans ce cas, je suis d’accord pour écouter la télévision quand elle nous offre du contenu de cette qualité : c’est de l’humour intelligent, un brin provocateur (en tout cas pour ma gouverne) et très axé sur la psychologie des personnages, sur une analyse poussée des liens sociaux et des différences intrinsèques des individus. Malgré les quelques frivolités, comme d’apposer les pensées des personnages en courts flashes et d’inclure tous les personnages du groupe dans les scènes de retour en arrière, cette série est très réaliste. Et la réalisation est fidèle à la première saison, elle se fait discrète pour laisser parler le scénario.

En espérant que je convaincrai quelques puritains et quelques curieux de se dégourdir les lundis soir prochains : ça fait tellement de bien !

2 pensées sur “Le C.A. nouveau : encore du sexe intelligent

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    11 septembre 2007 à 20 08 49 09499
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    Que dire de plus que : chacun ses goûts !

    Mais non, ça serait trop facile !

    Pour ce qui est des métaphores avec les dénominations avec le sexe, je le prends plus comme une coquetterie qui, comme tout le monde le fait, travestit les vrais termes pour les rendre moins agressifs pour nos pauvres oreilles chastes. Je suis certain aussi qu’il a trouvé ce moyen de dire les choses en réfléchissant au comment contourner un risque de censure s’il y allait crument, puisqu’il voulait parler beaucoup de sexualité. Et je n’ai jamais pensé utiliser les termes qu’il a trouvé dans la vie de tous les jours, ils sont trop typés et collés sur l’ambiance de la série.

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    11 septembre 2007 à 19 07 14 09149
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    J’ai donné une seconde chance à C.A. hier.

    Il me semble qu’au contraire et comme d’autres, j’ai trouvé la chose très peu élaborée : « la straight est straight, la cochonne est cochonne, le gros est gros et le macho est macho ». Pas très subtil, et surtout pas réaliste !

    En plus, on essaie tellement de nous enfoncer les métaphores autour du sexe dans le crâne, en espérant que les gens dans la rue en viennent à les répéter, que s’en est pathétique…

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