Le Carré Blanc de l’armistice

Tout le monde est pour la vertu. Il est clair qu’une trève serait la bienvenue dans l’escalade  de cette grève des étudiants qui laisse planer la menace d’un drame. Une trève qu’on pourra prolonger en armistice, en renvoyant la décison à un arbitrage consenti par les deux parties d’où pourra sortir la paix.

Vivement une trève et l’armistice.  Le problème de tout armistice, toutefois, c’est de décider de la ligne en deçà et au delà de laquelle se tiendront les parties pendant qu’on négociera la paix.   C’est un problème sérieux, car aucune des parties n’est jamais parfaitement de bonne foi quand on discute de cette ligne. Que ce soit à Panmunjeom, sur le platau du Golan ou sur l’autre rive du Rhin, chacune veut occuper une position stratégique.

C’est un probleme si sérieux, que si les deux parties ne veulent pas très fort la paix, la discussion pour décider de la ligne d’armistice  peut devenir un casus belli tout aussi aussi grave que les  causes initiales du conflit.  Aussi bête que cela paraisse, la période qui précède un cesser-le-feu est souvent l’occasion de combats plus acharnés que jamais pour occuper le territoire et en tirer un avantage pour négocier.

Ainsi, pour le conflit étudiant en cours, le risque est grand d’une recrudescence des manifestations et de leur violence quand on s’approchera d’une trève. Au moment de la conclure, un détail secondaire peut devenir la pierre d’achoppement. Un détail qui sera entièrement dans le paraître, puisque la bataille est pour l’opinion publique…

Les étudiants gagneraient à une trève qui sauverait leur session. Ils l’obtiendront s’ils prêtent attention à la sémantique des palabres qui la permettront, se souvenant que l’ombre n’est pas la proie et que c’est l’intransigeance sémantique du gouvernement qui a fait rejeter l’entente de samedi dernier.  Concrètement, les étudiants ne doivent pas prononcer les mots  GEL ni MORATOIRE.  Ils sont inutiles.

Il est déjà acquis que la hausse des frais ne sera pas exigible en septembre, ni en janvier.  Qu’on leur impute des montants  additionnels sous protêt devient dès lors sans signifiance réelle, car si on reporte le paiement de ces montants pour deux (2) sessions, on leur aura de facto consenti un prêt.

Un prêt qui sera  remboursé par une baisse des frais afférents, ou sinon sera certainement reconduit à long terme plutôt que de relancer la bacchanale alors qu’on sera encore plus près des élections…  Rentrer sans payer la hausse en septembre, c’est occuper le territoire…. Inutile de courir quand le temps travaille pour soi.

Pierre JC Allard

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