Le déni des conséquences

Le déni des conséquences

Le militarisme, ancien, présent et futur, est un déni des conséquences.

Cette phrase, elle m’est venue après avoir écouté une émission de voyage et de cuisine sur le canal Zeste, nommée « Anthony Bourdain — Sans réservation ». De prime abord, j’avoue que ça peut avoir l’air absurde…

Toute l’émission se passe au Laos et il y a une partie où l’animateur, un États-Unien qui pour une fois n’avait pas beaucoup d’appétit, se retrouve invité à manger chez une famille où le père a perdu un bras et une jambe. Il a été victime d’une explosion alors qu’il bêchait dans sa cour : son instrument a frappé un obus qui était resté là depuis la guerre du Vietnam.

Sans entrer dans les détails, les États-Unis ont largué sur ce pays des millions et des millions de bombes de toutes sortes alors qu’ils n’étaient pas en guerre contre eux, mais bien avec leurs voisins. Ces bombes n’ont pas, bien sûr, toutes explosé.

Et de pauvres gens qui se souviennent à peine ou pas de ces conflits lointains payent le prix aujourd’hui et le payeront demain.

Ça serait bien le comble de demander au militarisme d’inclure la notion de responsabilité, alors ça devient logique de vouloir sa totale disparition.

Et comme prémisse à ma tristesse, j’avais cette sourde colère d’avoir encore croisé un peu plus tôt sur l’autoroute un bolide orné du ruban décoré d’étoiles blanches sur fond bleu et rouge scandant : « Support Our Troups ».

(Photo : phil_p)




Catégorie(s): Histoire, opinions · Mots-clés: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *