Le dialogue de sourds (1ère partie)

G. Edward Griffin

G. Edward Griffin

Le monde politique est truffé d’étiquettes. Nous pouvons être conservateur ou libéraux, droitiste ou gauchistes, démocrates, républicains, libertariens, communistes, fascistes, etc… Mais au travers toutes ces étiquettes, personne n’arrive à décrire de façon précise ce que ces étiquettes représentent vraiment, Ces étiquettes ne servent qu’à attribuer une aura de bonté ou de méchanceté selon celui qui les emploie et les émotions qui sont déclenchées par le discours et chaque orateur semble en avoir une définition différente. Afin de dégager un sens dans les débat politiques, il est essentiel d’abandonner le vieux vocabulaire et établir un vocabulaire plus simple.Une fois que les termes sont clairement définis, beaucoup de gens se rendront compte qu’ils sont d’accord sur l’essentiel.

Vous serez probablement surpris d’apprendre que pratiquement tous les débats politiques peuvent se diviser en deux courants de pensée communs. Ces courants de pensée encouragent tous deux des actions à prendre, mais la grande différence de provient pas autant des actions elles-même mais des principes qui motivent ces actions. Ce grand débat est en fait entre l’éthique du collectivisme et celle de l’individualisme. Ces deux mots ont une signification réelle. Nous reconnaissons au départ que les adhérents des deux courants de pensée sont mus par des bonnes intentions et qu’ils veulent tous le bien de leurs familles et du monde en général. Là où ils divergent est le moyen d’y arriver. Dans ce billet en cinq parties, j’aimerais explorer les points communs et divergences des ces deux courants de pensée tels qu’exposés par l’écrivain et philosophe G. Edward Griffin. La première partie traitera des droits humains, la deuxième traitera de la suprématie du groupe, la troisième de coercition et liberté, la quatrième de l’égalité et l’inégalité devant la loi et la cinquième du rôle du gouvernement.

Partie I: Les droits humains

Les collectivistes et les individualistes sont tous d’accord que les droits humains sont importants, mais ils divergent à savoir à quel point ils sont importants et surtout sur leur provenance. Les droits sont un concept abstrait, ils se définissent différemment selon les endroits et les personnes, mais si nous voulons vivre dans un monde avec la plus grande liberté possible, il est important d’avoir un sens précis de quel devraient être nos droits. La première chose à considérer dans la quête d’une définition des droits et que leur source déterminent leur nature. Donc si nous pouvons nous entendre sur la source des droits, il est facile de s’entendre sur leur nature. Prenons par exemple une communauté qui engage un garde de sécurité. Dans l’exercice de ses fonctions, ce garde peut très bien patrouiller la communauté et même utiliser la force afin de prévenir le vol, mais il n’aurait pas le droit d’obliger les membres de la communauté à mettre leurs enfants au lit à une telle heure ou de faire des dons à une charité. Pourquoi? Parce que le garde détient son autorité des membres de la communauté et ne peut faire autre chose que ce que les individus de cette communauté ont le droit de faire eux-même. Si ces individus n’ont pas le droit d’utiliser la force pour contraindre leurs voisins à faire un don à une œuvre de charité, ils ne peuvent donc pas déléguer ce pouvoir au garde.

En réalité, il est facile d’oublier qu’à la source, les droits sont gagnés sur le champs de bataille. Les pères fondateurs américains par exemple, ont acquis le droit d’écrire leur constitution et leur charte des droits en battant les forces britanniques. Sinon ils n’auraient pu écrire autre chose que des lettres d’adieu avant leur exécution. S’il a déjà été dit que le pouvoir politique provient de la bouche d’un fusil, c’est également vrai de nos droits. Un homme peut bien proclamer qu’il détient tel ou tel droit selon la loi, mais il est sans pouvoir de faire respecter ces droits devant le fusil d’un bandit ou un tyran. Du moment que nous perdons l’habilité de défendre nos droits physiquement, nous les perdons.

Nous arrivons donc à la divergence fondamentale entre les collectivistes et les individualistes. Si les droits sont gagnés sur le champs de bataille, ils appartiennent donc au vainqueurs, mais qui sont-ils? Si nous présumons que ce sont les gouvernements qui gagnent les guerres et que les hommes servent le gouvernement, alors le gouvernement est la source des droits et c’est à lui de les octroyer, mais si au contraire, les guerres sont gagnées par les hommes et que les gouvernement sont à leur service dans cette quête, les droits proviennent des hommes, et il leur appartient de les déléguer à leur gouvernement.

Les collectivistes croient que les droits proviennent du gouvernement et que les hommes servent le gouvernement. Les individualistes n’aiment pas cette assomption car si un gouvernement peut octroyer des droits, il peut aussi les enlever et c’est incompatible avec le concept de liberté personnelle. Un exemple de la position individualiste par rapport aux droits se retrouve dans la déclaration de l’indépendance américaine:

« Nous tenons ces vérités comme évidence que tous les hommes sont créés égaux et qu’ils ont été dotés par leur créateur de certains droits inaliénables; que parmi ces droits sont la vie, la liberté et la poursuite du bonheur. Que pour protéger ces droits, les gouvernements ont été institués parmi les hommes. »

Ces quelques lignes incarnent la position individualiste que les droits sont innés à l’homme et que les gouvernements existent non pas pour nous accorder nos droits, mais pour les protéger.

Par contraste, tous les systèmes politiques collectivistes considèrent que les droit sont accordés par l’État et que les hommes lui sont subordonnés. Ça inclue le socialisme, le communisme, le fascisme et le nazisme et les Nations Unies. L’article 4 du Pacte International relatif aux droits économiques, sociaux et culturels de l’ONU se lit comme suit:

« Les Etats parties au présent Pacte reconnaissent que, dans la jouissance des droits assurés par l’Etat conformément au présent Pacte, l’Etat ne peut soumettre ces droits qu‘aux limitations établies par la loi, dans la seule mesure compatible avec la nature de ces droits et exclusivement en vue de favoriser le bien-être général dans une société démocratique. »

Nous voyons ici que non seulement les droits sont considérés comme octroyés par l’État, mais qu’ils sont sujets aux limitations établies par la loi, ce qui sous-entend que lorsqu’ils seront prêts à vous enlever ces droits, une seule loi suffira pour y arriver. Si on compare avec la charte des droits américaine, elle prescrit que le Congrès n’écrira aucune loi abrogeant la liberté d’expression, d’assemblée, de religion, etc. Pas de limitations établies par la loi, aucune loi. Comparez aussi avec la charte canadienne et québécoise et leur clause « nonobstant », trahissant la mentalité collectiviste de nos législateurs.

Selon le point de vue individualiste, les individus délèguent le pouvoir à leur gouvernement, ce qui signifie que le gouvernement n’a pas le droit de faire que que les individus eux-mêmes ne peuvent faire. Les individus ne peuvent pas déléguer ce qu’ils n’ont pas et même s’ils sont un très grand nombre si aucun d’eux n’a ce droit, alors un million d’entre eux n’auront pas plus ce droit.

Prenons un exemple de trois naufragés qui s’accrochent à un morceau de débris qui ne peut soutenir que deux hommes. Les individualistes et les collectivistes dirons tous deux que deux de ces hommes sont justifiés de se débarrasser du troisième. Selon le collectiviste, ce serait le plus grand bien pour le plus grand nombre. Mais si nous ramenons l’exemple à deux hommes qui s’accrochent à un débris que ne peut soutenir qu’un homme, il serait quand même justifié qu’un utilise la force pour se débarrasser de l’autre à cause de la primauté du droit de survie. Donc, dans le premier exemple, l’agissement des deux hommes est justifié non pas par un droit de groupe, mais par le droit de survie de chaque individu. L’utilisation de la force physique pour protéger nos vies, notre liberté et notre propriété serait donc une fonction légitime du gouvernement parce qu’elle est dérivée du droit de légitime défense de chaque individu et non d’un droit dérivé du groupe.

Mais supposons que le gouvernement décrète qu’on ne peut pas travailler le dimanche et même si nous assumons que la majorité des citoyens supportent cette proposition, d’où le gouvernement tiendrait-il l’autorité d’utiliser la force pour faire respecter cette loi, puisqu’aucun citoyen individuel n’a le droit d’empêcher son voisin de travailler? Il faudrait que le gouvernement s’auto-attribue cet autorité. Et nous nous trouverions sur une pente glissante. Lorsque nous laissons le gouvernement s’engager dans cette voie, un décret en suit un autre. De faire fermer les commerces le dimanche n’est peut-être pas en soi une grande entrave à notre liberté, mais du moment que nous acceptons que le gouvernement puisse s’auto-attribuer des pouvoirs, nous acceptons également que nos droits proviennent du gouvernement et nous nous engageons sur la route de la servitude.

Comme nous verrons dans la seconde partie, les collectivistes n’ont pas ce genre de scrupules. Ils croient que le gouvernement a effectivement des pouvoirs supérieurs aux individus et que ces pouvoirs ne proviennent pas des individus, mais de la société elle-même.

4 pensées sur “Le dialogue de sourds (1ère partie)

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    4 novembre 2010 à 6 06 35 113511
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    Excellente description et très bon article. Très hâte de lire la suite.

    Merci beaucoup.

    André Lefebvre

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    4 novembre 2010 à 15 03 51 115111
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    Excellent. J’ai bien hâte de voir la suite. Ça me semble une série de billet très prometteuse pour l’explication des principes de libertés.

    Une suggestion: par la suite, peut-être pourrais-tu essayer de faire un billet (ou une série) sur l’histoire de notre cheminement vers la servitude…

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    4 novembre 2010 à 20 08 03 110311
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    @ Waried et Lartiste

    Merci, vous ne perdez rien pour attendre, les prochains chapitres seront très illuminant.

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    8 novembre 2010 à 11 11 03 110311
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    «personne n’arrive à décrire de façon précise ce que ces étiquettes représentent vraiment, Ces étiquettes ne servent qu’à attribuer une aura de bonté ou de méchanceté selon celui qui les emploie et les émotions qui sont déclenchées par le discours et chaque orateur semble en avoir une définition différente.»

    N’importe quoi Philippe, il n’y a que vous, ici, qui n’y comprenez rien. Et pourtant, cela me paraît simple. En fait, ce torchon idéologique n’est que le reflet de votre ignorance quant à la portée de chacun des termes qui se trouvent dans ce texte. Vous ne les saisissez pas vous-mêmes, et vous affligez votre lectorat de votre ignorance crasse.

    (http://www.marxists.org/francais/politzer/works/principes/principes_6.htm) Idéalisme :
    «• Idéalisme moral et idéalisme philosophique.
    Nous avons dénoncé la confusion créée par le langage courant en ce qui concerne le matérialisme. La même confusion se retrouve à propos de l’idéalisme.
    Il ne faut pas confondre, en effet, l’idéalisme moral et l’idéalisme philosophique.
    L’idéalisme moral consiste à se dévouer à une cause, à un idéal. L’histoire du mouvement ouvrier international nous apprend qu’un nombre incalculable de révolutionnaires, de marxistes, se sont dévoués jusqu’au sacrifice de leur vie pour un idéal moral, et pourtant ils étaient les adversaires de cet autre idéalisme qu’on appelle idéalisme philosophique.
    L’idéalisme philosophique est une doctrine qui a pour base l’explication du monde par l’esprit.
    C’est la doctrine qui répond à la question fondamentale de la philosophie en disant : « c’est la pensée qui est l’élément principal, le plus important, le premier ». Et l’idéalisme, en affirmant l’importance première de la pensée, affirme que c’est elle qui produit l’être ou, autrement dit, que : « c’est l’esprit qui produit la matière ».
    Telle est la première forme de l’idéalisme; elle a trouvé son plein développement dans les religions en affirmant que Dieu, « esprit pur », était le créateur de la matière.
    La religion qui a prétendu et prétend encore être en dehors des discussions philosophiques est, en réalité, au contraire, la représentation directe et logique de la philosophie idéaliste.
    Or, la science intervenant au cours des siècles, il devint bientôt nécessaire d’expliquer la matière, le monde, les choses autrement que par Dieu seulement. Car, dès le XVIe siècle, la science commença à expliquer les phénomènes de la nature sans tenir compte de Dieu et en se passant de l’hypothèse de la création.
    Pour mieux combattre ces explications scientifiques, matérialistes et athées, il fallut donc pousser plus loin l’idéalisme et nier l’existence même de la matière.
    C’est à quoi s’est attaché, au début du XVIII° siècle, un évêque anglais, Berkeley, qu’on a pu appeler le père de l’idéalisme.

    …….

    • Conséquences des raisonnements idéalistes.
    La thèse étant : « Tout n’existe que dans notre esprit », on doit en conclure que le monde extérieur n’existe pas.
    En poussant ce raisonnement jusqu’au bout, nous en arriverions à dire: « Je suis seul à exister, puisque je ne connais les autres hommes que par mes idées, que les autres hommes ne sont pour moi, comme les objets matériels, que des collections d’idées. » C’est ce qu’en philosophie on appelle le solipsisme (qui veut dire seul-moi-même).
    Berkeley, nous dit Lénine dans son livre déjà cité, se défend d’instinct contre l’accusation de soutenir une telle théorie. On constate même que le solipsisme, forme extrême de l’idéalisme, n’a été soutenu par aucun philosophe.
    C’est pourquoi nous devons nous attacher, en discutant avec les idéalistes, à faire ressortir que les raisonnements qui nient effectivement la matière, pour être logiques et conséquents, doivent en arriver à cette extrémité absurde qu’est le solipsisme.

    ……

    • Les arguments idéalistes.
    Nous nous sommes attachés à résumer le plus simplement possible la théorie de Berkeley, parce que c’est lui qui, le plus franchement, a exposé ce qu’est l’idéalisme philosophique.
    Mais il est certain que, pour bien comprendre ces raisonnements, qui sont nouveaux pour nous, il est maintenant indispensable de les prendre très au sérieux et de faire un effort intellectuel. Pourquoi ?
    Parce que nous verrons par la suite que, si l’idéalisme se présente d’une façon plus cachée et sous couvert de mots et d’expressions nouvelles, toutes les philosophies idéalistes ne font que reprendre les arguments du « vieux Berkeley » (Lénine).
    Parce que nous verrons aussi combien, la philosophie idéaliste qui a dominé et qui domine encore l’histoire officielle de la philosophie, apportant avec elle une méthode de pensée dont nous sommes imprégnés, a su pénétrer en nous malgré une éducation entièrement laïque.
    La base des arguments de toutes les philosophies idéalistes se trouvant dans les raisonnements de l’évêque Berkeley, nous allons donc, pour résumer ce chapitre, essayer de dégager quels sont ces principaux arguments et ce qu’ils tentent de nous démontrer.
    ……..

    (http://www.marxists.org/francais/politzer/works/principes/principes_7.htm) Matérialisme :

    «…….. • Quels sont les principes et les arguments des matérialistes ?
    Pour répondre, il nous faut revenir à la question fondamentale de la philosophie, celle des rapports entre l’être et la pensée : lequel de l’un ou de l’autre est le principal ?
    Les matérialistes affirment d’abord qu’il y a un rapport déterminé entre l’être et la pensée, entre la matière et l’esprit. Pour eux, c’est l’être, la matière, qui est la réalité première, la chose première, et l’esprit qui est la réalité seconde, postérieure, dépendant de la matière.
    Donc, pour les matérialistes, ce n’est pas l’esprit ou Dieu qui ont créé le monde et la matière, mais c’est le monde, la matière, la nature qui ont créé l’esprit :
    L’esprit n’est lui-même que le produit supérieur de la matière. (Friedrich Engels : Ludwig Feuerbach, p. 18.)
    C’est pourquoi, si nous reprenons la question que nous avons posée dans le deuxième chapitre: « D’où vient que l’homme pense ? » Les matérialistes répondent que l’homme pense parce qu’il a un cerveau et que la pensée est le produit du cerveau. Pour eux, il ne peut y avoir de pensée sans matière, sans corps.
    Notre conscience et notre pensée, si transcendantes qu’elles nous paraissent, ne sont que des produits d’un organe matériel, corporel, le cerveau. (Idem, p. 18.)
    Par conséquent, pour les matérialistes, la matière, l’être sont quelque chose de réel, existant en dehors de notre pensée, et n’ont pas besoin de la pensée ou de l’esprit pour exister. De même, l’esprit ne pouvant exister sans matière, il n’y a pas d’âme immortelle et indépendante du corps.
    Contrairement à ce que disent les idéalistes, les choses qui nous entourent existent indépendamment de nous : ce sont elles qui nous donnent nos pensées ; et nos idées ne sont que le reflet des choses dans notre cerveau.
    C’est pourquoi, devant le deuxième aspect de la question des rapports de l’être et de la pensée : –
    Quelle relation y a-t-il entre nos idées sur le monde environnant et ce monde lui-même ? Notre pensée est-elle en état de connaître le monde réel ? Pouvons-nous, dans nos conceptions du monde réel, reproduire une image fidèle de la réalité ? Cette question est appelée en langage philosophique la question de l’identité de la pensée et de l’être. (Friedrich Engels : Ludwig Feuerbach, p. 15.)
    – les matérialistes affirment : oui ! Nous pouvons connaître le monde, et les idées que nous nous faisons de ce monde sont de plus en plus justes, puisque nous pouvons l’étudier à l’aide des sciences, que celles-ci nous prouvent continuellement par l’expérience que les choses qui nous entourent ont bien une réalité qui leur est propre, indépendante de nous, et que ces choses, les hommes peuvent déjà en partie les reproduire, les créer artificiellement.
    Pour nous résumer, nous dirons donc que les matérialistes, devant le problème fondamental de la philosophie, affirment :
    1. Que c’est la matière qui produit l’esprit et que, scientifiquement, on n’a jamais vu d’esprit sans matière.
    2. Que la matière existe en dehors de tout esprit et qu’elle n’a pas besoin de l’esprit pour exister, ayant une existence qui lui est particulière, et que, par conséquent, contrairement à ce que disent les idéalistes, ce ne sont pas nos idées qui créent les choses, mais, au contraire, ce sont les choses qui nous donnent nos idées.
    3. Que nous sommes capables de connaître le monde, que les idées que nous nous faisons de la matière et du monde sont de plus en plus justes, puisque, à l’aide des sciences, nous pouvons préciser ce que nous connaissons déjà et découvrir ce que nous ignorons. ……….»

    Autrement dit, chacun des termes émis dans ce texte, n‘est pas la réflexion de simples opposants entre eux, mais celle reflétant les contradictions de philosophies contradictoires.

    La droite est généralement associée aux idéalistes, qui ne reconnaissent pas les faits, mais seulement leurs propres affirmations. L’idéaliste n’a pas besoin de voir, il n’a qu’à croire. Et c’est que ce que les capitalistes imposent entre autre, à leurs disciples. La «croyance», l’aveuglement volontaire, et voire l’aliénation volontaire.

    Alors que de l’autre, le matérialiste, reconnaissant la portée de la science, s’en remet aux observations scientifiques qu’il peut faire, ou que d’autres on fait avant lui, ou après lui. Le matérialiste a besoin de voir et ne croit pas. Je suis matérialiste, et donc, je ne crois pas aveuglément que le riche ou le bourgeois soit méritant, mais j’observe que «ses cartes» lui étaient bien disposées, et que donc, les conditionnements sont pour quelque chose quant à sa condition.

    Voilà déjà deux notions que vous devriez adopter et comprendre, plutôt que d’affliger votre bêtise au lectorat de Centpapiers. Mais tant mieux si ça plait aux idéalistes après tout!

    Mais brièvement, les idéalistes et les matérialistes sont en guerre, parce que leur argumentaire est pour chacun, contradictoire de celui de l’autre, et ce n’est pas d’hier! Et non, il n’y a pas de conciliation possible entre des croyants et des observateurs. L’intelligence humaine tentera toujours de repousser la bêtise humaine. Les matérialistes forment la réaction normale de celui qui se préoccupe des faits, en fonction des «croyances» qu’on tente de lui imposer du côté idéaliste. Tout comme, finalement, monsieur David tente d’imposer le mythe du mérite bourgeois, alors que je m’efforce de faire remarquer au lectorat de CP, que ces «mérites» sont préalablement relatifs aux conditionnements, menant eux, aux conditions. J’observe, il croit.

    «Afin de dégager un sens dans les débat politiques, il est essentiel d’abandonner le vieux vocabulaire et établir un vocabulaire plus simple.Une fois que les termes sont clairement définis, beaucoup de gens se rendront compte qu’ils sont d’accord sur l’essentiel.»

    En optant pour «simplifier» les termes, on tente vainement ici, de simplifier le débat. Mais ce n’est pas si simple. Et non, sur l’essentiel, l’une et l’autre des parties ne pourront finalement pas s’entendre.

    L’une des parties croit, alors que l’autre ne croit pas et observe des faits différents des croyances de la première partie.

    «Ces courants de pensée encouragent tous deux des actions à prendre, mais la grande différence de provient pas autant des actions elles-même mais des principes qui motivent ces actions. Ce grand débat est en fait entre l’éthique du collectivisme et celle de l’individualisme.»

    Totalement faux. Ce n’est pas là, le centre débat, vous faites faute route. Le débat débute au moment où vous, libertariens, imposez vos croyances, non basées sur des faits, mais bien sur des croyances non-fondées, et lorsque des matérialistes tombent sur vos dires, qu’ils observent comme erronés, avec des «observations» observables, quantifiables et qualifiables.

    L’individualisme n’est pas l’essence de votre discours, il découle plutôt, lui-même, de vos croyances, telle celle du mérite des bourgeois, laquelle nous, matérialistes, ne reconnaissons pas…, c’est qu’il n’y a aucune preuve…. L’individualisme n’est donc, lui aussi, que le fruit de vos croyances, la condition de ce conditionnement de la bêtise. Alors que le collectivisme est une réponse scientifique, observable, et observée, en relation directe avec les contradictions qu’imposent les dires de l’individualisme, des idéalistes.

    Aux mensonges et oui dires des idéalistes, quant au mérite, par exemple, des bourgeois, les matérialistes répondent que les conditionnements des bourgeois, expliquent leur condition. Et je l’ai moi-même fait à de nombreuses reprises, ici même. J’ai par exemple démenti vos dires sur des mérites que vous aviez octroyés à certains bourgeois, en arguant que tel ou tel conditionnement préalable, conditionnait pour les conditions futures d’un particulier. Sinon, j’ai souvent, à maintes reprises, argué que celui qui possédait un pommier, aurait indéniablement plus de pommes que celui qui n’en possédait point.

    Bref, la droite se bute à ses croyances, et la gauche tente de réagir du mieux qu’elle peut, à ce diktat. Mais encore, la droite et la gauche, ne sont que relatives à la droite «du président» de l’Assemblée, ou sa gauche. La gauche n’est pas monolithique, la droite on plus. Mais en la droite, nous reconnaissons toujours la notion d’idéalisme, telle que décrite par Georges Politzer.

    Mais ce ne sont donc pas les principes qui fondent la gauche et la droite, sinon ses principes philosophiques. La droite est idéaliste, la gauche est matérialiste. Mais encore, je connais des gens se disant de gauche ne se pliant pas à ces principes de base en philosophie. Ce sont nos idiots utiles, tout le monde a ses idiots utiles en fait. C’est une part de l’ignorance non contestée pourrait-on dire.

    Le collectivisme n’est donc qu’une réponse à l’individualisme, duquel découlaient des tas d’injustices, tout en rappelant que l’individualisme naît préalablement de la bêtise, de l’idéalisme et des affirmations sans argument, de ces idéalistes. Le matérialiste n’est donc que le fruit des contradictions portées par l’idéalisme, la réalité perceptible des contradictions qui s’imposent des deux discours.

    Il y a les scientifiques, et les autres, qui continuent de nier les faits, comme monsieur David le fait souvent; en prétextant que les données de l’OMS, quand elles concernent Cuba, sont fausses. En prétextant que Cuba va mieux socialement que tous les pays de son calibre. En arguant que les riches individus, ne sont que de parfaits méritants, alors qu’il est observable, et observé, qu’ils ne sont eux-mêmes que le fruit de leurs propres conditionnements. Etc..

    Ou ne prenez sinon, que l’exemple où monsieur David nie l’exploitation du labeur du prolétariat par la bourgeoisie, qu’il qualifie d’entente commune, apportant à chacun sa juste part du tribut. Et pourtant, le fait même d’accepter de se faire tondre la laine, ne justifie pas que l’on nie cette tonte. Mais c’est exactement ce que fait monsieur David, ou quelconque autre libertarien, issu lui aussi du mouvement idéaliste.

    «Nous reconnaissons au départ que les adhérents des deux courants de pensée sont mus par des bonnes intentions et qu’ils veulent tous le bien de leurs familles et du monde en général. Là où ils divergent est le moyen d’y arriver.»

    Ce ne peut pas être vrai. En fait, les dires des capitalistes, issus du mouvement idéaliste, portent des conclusions rapides, avant même l’essai, l’étude ou les constats de leurs projets. Le système qu’ils prônent par exemple, ne cesse de concentrer la richesse au sein d’une minorité, qui du coup, devient elle, le seul potentiel acteur de la société, vu ses richesses amassées. Le matérialiste l’observe, en fait art au capitaliste, qui lui, en fait fi. En faisant fi, il met de côté les faits, et s’obstine à tenir coûte que coûte, la ligne de ses dogmes. Ce faisant, il met également de côté ceux qu’il dit servir, ou vouloir servir.

    D’ailleurs, aucun modèle libertarien dans le monde, ne fonctionne. Ils donnent tous les résultats escomptés par les matérialistes. Ils concentrent au sein d’une minorité parasitaire, la richesse créée par les prolétaires. Et du coup, une majorité populaire souffre des réussites d’une minorité parasitaire, que défendent ces libertariens, via le modèle qu’ils préconisent. Ils ne peuvent donc pas prétendre vouloir le bien du monde entier, ou sinon, c’est précisément tout ce qu’ils peuvent faire.

    Partie I :

    «mais si nous voulons vivre dans un monde avec la plus grande liberté possible, il est important d’avoir un sens précis de quel devraient être nos droits.»

    C’est un constat borné, issu de son idéalisme.

    Les droits sont définis par les humains, via des consentements démocratiques ou despotiques. Ce que devraient être nos droits, dans le monde idéaliste des libertariens, c’est pour être exact, tout ce qui est relatif à leurs dogmes en premier lieu. Pour l’idéaliste, même si la richesse n’est pas partagée, tous doivent faire face aux mêmes obligations, et aux mêmes droits. Mais ces droits sont précisément relatifs aux richesses que vous possédez préalablement. Comment entreprendre, même si vous y avez droit, si vous ne possédez pas le capital nécessaire pour ce? Comment entreprendre une poursuite judiciaire contre quiconque, si le capital n’est pas au rendez-vous? Comment se faire soigner dans un monde où la santé est privatisée, si les capitaux ne sont pas de la partie?

    L’absence de débat sur toutes ces contradictions, présente un totalitarisme. Puisque l’adoption d’autres constats, sur ces autres constats dénués de débat, ne peuvent qu’être totalitaires.

    Les idéalistes pataugent donc constamment dans la bêtise, la négation et le totalitarisme. Il leur est impossible d’aller au-delà de leurs croyances. Ils deviennent sinon, matérialistes.

    Ce que devraient être les droits pour un libertarien, dans un monde libertaire, c’est en fait tout ce que pourraient se payer ces mieux nantis, par leurs conditionnements, et qu’importe ces conditionnements. Et c’est là que le matérialiste, que monsieur David voit comme un collectiviste, entre en jeu, en arguant que le modèle d’abord engagé, ne peut pas partager les richesses, pour admettre et imposer ensuite, les injustices proposées par le capitalisme, qui lui également, ne tient pas compte des conditionnements. Ce modèle n’a de toute façon pas été pensé par les travailleurs, mais bel et bien par les bourgeois, et en fonction de leurs intérêts.

    Mais c’est qu’il faut alors reconnaître, ce que ne peut pas faire un idéaliste, le fait qu’il existe des classes en nos sociétés. Et ceux qui ne le reconnaissent pas, sont clairement idéalistes, se refusant de reconnaître les «faits». Et chacune des classes n’a pas les mêmes intérêts, bien évidemment. Alors tant que le système capitaliste sera, tous les humains ne pourront pas aspirer aux mêmes valeurs, aux mêmes rêves, etc.. Ils n’ont pas les mêmes intérêts.

    Donc, pour monsieur David, se refusant de reconnaître les classes, il est normal que le riche aie le «droit» d’entreprendre en matière de santé, puisque le système le lui permet, via sa préalable possession de capitaux pour ce. Pour monsieur David, les droits sont relatifs aux capitaux que vous possédez. Tout simplement. Mais quand un système économique ne partage pas les richesses, comme l’observent les matérialistes, comment peut-on ensuite perpétuer les contradictions, en octroyant des «droits» à ceux qui sont les mieux nantis parmi cette masse, bref, à cette minorité parasitaire que forment les bourgeois minoritaires, parasitant pour s’enrichir déjà, le labeur des autres?

    C’est fort simple! Par totalitarisme. Le capitalisme n’est donc, lui aussi, qu’un autre modèle totalitaire, faisant fi des observations réelles et scientifiques, bonifiant plutôt les mythes du «mérite» et du «sacrifice», arguant pour l’enrichissement personnel d’une minorité parasitaire, dont le pouvoir est bien établi et fortifié par les dogmes du système lui-même.

    «Donc si nous pouvons nous entendre sur la source des droits, il est facile de s’entendre sur leur nature.»

    Mais nous ne nous entendons pas sur les faits, alors… les idéalistes affirment que les bourgeois sont méritants, et qu’il n’y a pas d’exploitation du prolétariat, alors que les matérialistes observent le contraire, soit qu’il y a des classes, et que la bourgeoisie, en étant une, exploite le labeur d’autrui, du prolétariat en l’occurrence. Nous observons également que celui chez qui se concentrent les richesses par quelconque conditionnement, possède ensuite les «préalables» nécessaires à l’entreprenariat. Et que par conséquent, il crée de nouveaux conditionnements d’enrichissement, et de concentration donc, de la richesse au sein de cette même minorité avantagée par ses conditionnements.

    Tant que les capitalistes, ces idéalistes, ne reconnaîtront pas chaque classe comme un fait observable, avec ses propres intérêts à chacune, nous ne pourrons jamais faire de débat sur tout cela. Il ne pourrait qu’en résulter «un dialogue de sourd»! Le titre était donc bien choisi, mais visait les mauvaises personnes! Ce sont les libertariens qui refusent le débat du mérite, bref, des bases mêmes de leurs dogmes, de leur système capitaliste.

    «En réalité, il est facile d’oublier qu’à la source, les droits sont gagnés sur le champs de bataille. Les pères fondateurs américains par exemple, ont acquis le droit d’écrire leur constitution et leur charte des droits en battant les forces britanniques. Sinon ils n’auraient pu écrire autre chose que des lettres d’adieu avant leur exécution.»

    L’accès universel aux soins de santé est d’ailleurs le fruit d’une longue bataille. C’est devenu un droit, que d’avoir l’accès universel aux soins de santé.

    D’autre part, il est étonnant de concevoir que les droits soient acquis par les armes, mais repris également par les armes… Le droit n’est donc, lui aussi, qu’affirmation. C’est une décision humaine, non pas un fait inné qui vient du ciel.

    Le plus fort a le droit de tout faire. Il a le soutien de la masse. Et nous le voyons d’ailleurs dans tous les aspects de nos sociétés. George Bush Jr a fait faire tous les actes terroristes dont il accusait l’Irak injustement, possédait des ADM qu’il refusait aux autres nations –Obama le fait aussi…-, et bref, étant donné que les États-Unis d’Amérique étaient les plus forts, ils se sont octroyés tous ces droits, qu’ils refusaient aux autres.

    «Nous arrivons donc à la divergence fondamentale entre les collectivistes et les individualistes. Si les droits sont gagnés sur le champs de bataille, ils appartiennent donc au vainqueurs, mais qui sont-ils? Si nous présumons que ce sont les gouvernements qui gagnent les guerres et que les hommes servent le gouvernement, alors le gouvernement est la source des droits et c’est à lui de les octroyer, mais si au contraire, les guerres sont gagnées par les hommes et que les gouvernement sont à leur service dans cette quête, les droits proviennent des hommes, et il leur appartient de les déléguer à leur gouvernement.»

    Monsieur David ne sort pas souvent de chez lui! Ou ne regarde jamais l’Assemblée nationale ou la Chambre des communes. Nos droits sont signés et votés par nos élus, qui certes, servent pour leur part la bourgeoisie surtout, tout en confortant la «populasse» en lui octroyant des soupapes populaires, afin d’éviter la grogne qui en ressortirait. Toutes nos lois furent donc, par principe pseudo-démocratiques peut-être, tout de même mises en place par nos élus, démocratiquement disent-ils.

    D’autre part, je trouve intéressante de soumettre le peuple à divers référendums, pour mettre en place une véritable démocratie. Mais monsieur David ne peut pas prétendre que le gouvernement est un fantôme, ou dirigé par une main invisible. Le gouvernement est constituées d’élus, les lois y sont présentées, débattues et votées.

    Le seul constat possible ici, c’est que monsieur David ne soutient pas la démocratie. Et qu’encore une fois, il préfère s’en remettre à ses dogmes.

    «Les collectivistes croient que les droits proviennent du gouvernement et que les hommes servent le gouvernement. Les individualistes n’aiment pas cette assomption car si un gouvernement peut octroyer des droits, il peut aussi les enlever et c’est incompatible avec le concept de liberté personnelle. Un exemple de la position individualiste par rapport aux droits se retrouve dans la déclaration de l’indépendance américaine:
    “Nous tenons ces vérités comme évidence que tous les hommes sont créés égaux et qu’ils ont été dotés par leur créateur de certains droits inaliénables; que parmi ces droits sont la vie, la liberté et la poursuite du bonheur. Que pour protéger ces droits, les gouvernements ont été institués parmi les hommes.”»

    C’est faux, totalement faux. Les matérialistes reconnaissent en l’État, en le gouvernement sinon, la démocratie des élus. Ils savent qu’ils votent, parfois bêtement, pour ces élus. Ils savent également que ces élus servent surtout la bourgeoisie, tout en saupoudrant le prolétariat de maigres miettes de capital. Ils savent aussi, que le gouvernement est sensé les servir, et non pas le contraire. L’État se doit de faire avancer les intérêts de sa base, l’électorat. Est-ce le cas actuellement? Est-ce que les Libéraux servent les intérêts du prolétariat par exemple? Non, mais ils servent les intérêts de ceux qui l’ont consciemment mis au pouvoir, et ironiquement, ils n’iront pas en fonction de ceux qui ont voté bêtement pour eux. Que de logique.

    Alors non, les matérialistes, prêchant aux collectivistes, ne «croient» pas que l’État soit leur dieu, mais observent que ce même État peut servir d’outil à la mise en place d’intérêts prolétariens. Le gouvernement, selon moi, est sensé servir les intérêts de celui qui l’a élu. Le fait-il? À ceux qui l’ont élu d’en juger. Mais il ne sert certes pas la cause des travailleurs salariés.

    D’autre part, vos libertés personnelles sont encore une fois, un totalitarisme relatif à vos «croyances», et bien entendu, relatif au capital que vous possédez préalablement donc. Nous nageons en plein totalitarismes.

    La liberté personnelle d’entreprendre par exemple, est relative au système en place, et au capital que vous possédez préalablement.

    Quant à l’énoncé de l’Indépendance États-unienne, il ne fait pas mention des droits selon votre concept, et ne parle pas de liberté individuelle, mais bien de liberté au sens large du terme. Rappelons donc le contexte à monsieur David, sinon… Les États-uniens se défont de la tyrannie du Roi George, criminalisent le meurtre, et reconnaissent le droit au bonheur… Mais je n’aperçois là, aucun alibi pour exploiter le malheur d’autrui, les maladies d’autrui, ou même, je ne vois aucun argument allant en faveur du capitalisme et de son mode de partage des richesses, qui ne fonctionne d’ailleurs pas, mais qui vient légitimer les extrémismes contradictoires pourtant, selon lesquels les humains naissent égaux. D’ailleurs, il est idéaliste de dire que tous les humains naissent égaux, ce n’est pas vrai. Tous ne naissent pas en santé, ou tous ne naissent pas enfant de riche. Non, les humains ne naissent pas égaux, et ce n’est que très rarement que les humains choisissent leurs conditionnements, et c’est «jamais» qu’ils les choisissent à leur naissance –sauf pour ceux qui «croient» à la réincarnation…-.

    D’autre part, la déclaration de l’Indépendance des États-Unis n’est-elle pas écrite par les «tenants» du canon? Par la majorité, ou par les plus forts? Précisément, et «croyant» en la démocratie, les États-uniens sont forcés de reconnaître par exemple, comme possibilité, la venue d’un système de santé universel, tant que la majorité le soutient.

    «Ces quelques lignes incarnent la position individualiste que les droits sont innés à l’homme et que les gouvernements existent non pas pour nous accorder nos droits, mais pour les protéger.»

    N’importe quoi. Ces droits ne sont encore une fois, que vos affirmations, ou celle d’une déclaration signée par des hommes, tel que vous. Ce ne sont pas des lois divines tombées du ciel, mais bien des lois écrites par les humains, comme la Bible le fut, quelque version qu’elle soit.

    D’autre part, l’État n’est pas né en sol états-unien, mais bien loin de là. Les signataires de la déclaration d’indépendance n’ont rien inventé. Le fait que ces droits soient innés, n’est qu’affirmation. Une majorité constituée, pourrait affirmer le contraire et dire que la mort est un droit inaliénable. Ils pourraient jusqu’à dire que la Terre est plate, ça n’en ferait pas une loi de la nature.

    Quant au gouvernement, c’est par décret et/ou par loi que se constitueront les armées, venant défendre les intérêts de la nation en question. L’État armé défend les lois d’une nation.

    Sinon, ce que vous prônez indéniablement, c’est clairement une police au service de la bourgeoisie. Une milice privée autrement dit, qui ne fera en réalité que faire respecter l’ordre établi, établi selon des règles pipées, pipées pour les intérêts de la minorité parasitaire bourgeoise. Car dans votre modèle capitaliste sauvage, la richesse se concentrera d’avantage au sein de cette minorité parasitaire que vous idolâtrez, les classes continueront d’exister, et vous savez qu’il y aura lutte. La police que vous préconisez n’est autre chose qu’une milice au service de la dictature bourgeoise. Donc, ce que vous prônez en réalité, camouflé sous des motifs de bienfaisance, c’est l’État policier, au service de la dictature bourgeoise, laquelle on ne peut pas élire, et laquelle est inutile en réalité, à l’évolution humaine. Vous proposez les pleins pouvoirs aux bourgeois, aux mieux nantis et les lèches-culs de toute cette pourriture.

    Le gouvernement ne sert pas qu’a protéger ces droits, mais à en octroyer d’autres, en en baliser d’autres, à en bannir d’autres, etc.. Vous faites fausse route, ou ne reconnaissez pas la démocratie.

    «Par contraste, tous les systèmes politiques collectivistes considèrent que les droit sont accordés par l’État et que les hommes lui sont subordonnés. Ça inclue le socialisme, le communisme, le fascisme et le nazisme et les Nations Unies. L’article 4 du Pacte International relatif aux droits économiques, sociaux et culturels de l’ONU se lit comme suit:
    “Les Etats parties au présent Pacte reconnaissent que, dans la jouissance des droits assurés par l’Etat conformément au présent Pacte, l’Etat ne peut soumettre ces droits qu‘aux limitations établies par la loi, dans la seule mesure compatible avec la nature de ces droits et exclusivement en vue de favoriser le bien-être général dans une société démocratique.”»

    Il faudrait en fait relire comme suit : Tous les systèmes politiques démocratiques considèrent que les droits sont accordés par l’État, élu par le peuple, et que ce dernier est en réalité le maître absolu du gouvernement, aux 4 ans. Les socialistes, eux, préfèreraient un État dont les pouvoirs seraient décentralisés, où les élus seraient révocables en tout temps, et où la majorité populaire imposerait SES lois. N’imputez votre bêtise à vos ennemis…

    Et les socialistes n’ont rien à voir avec le fascisme, et/ou le nazisme. D’ailleurs, sans parler d’idéologie, on retrouve beaucoup plus près des libertariens, le courant de pensée nazi. Les amis de Jeff Fillion étaient d’ailleurs au rendez-vous de la droite morale et économique au rassemblent du RLQ. Quant à Adolph Hitler, il a eu le soutien de bourgeois, pour se rendre là où il s’est rendu. Notez-le.

    Quant au «fascisme», né de contextes plutôt nazis, il rejoint idéologiquement votre groupuscule de débiles. La droite morale est indissociable de la droite économique.

    Vous pouvez bien en être à mêler votre lectorat, déjà mêlé d’ailleurs, en mettant dans la même phrase; socialisme, fascisme ou nazisme, il n’en demeure pas moins que le fascisme et le nazisme sont associés à la droite morale de votre clique de perdus.

    Quant à l’énoncé des Nations Unies, notons qu’il parle de sociétés démocratiques, ce que vous ne faites pas. Vous vous refusez de reconnaître en l’État, le résultat de votes démocratiques. Que faire? Pfff…….soupir…

    «Nous voyons ici que non seulement les droits sont considérés comme octroyés par l’État, mais qu’ils sont sujets aux limitations établies par la loi, ce qui sous-entend que lorsqu’ils seront prêts à vous enlever ces droits, une seule loi suffira pour y arriver.»

    Mais la loi est lancée, puis débattue, et finalement, votée par les élus démocratiques. Sinon, les socialistes proposent de défaire cette centralisation des pouvoirs, via des conseils populaires comme en constituent par exemple les mairies, ou les circonscriptions. Leurs élus seraient révocables en tout temps.

    Vous devriez vous imposer la tâche de mieux connaître vos ennemis idéologiques, plutôt que de leur attribuer et de leur imputer des principes, aussi débiles que les vôtres. Je suis démocrate, même si ce n’est pas parfait. C’est un moindre mal à la dictature d’une minorité, sur la majorité. Non comme vous, je crois que l’humanité en est à une autre étape, où certes doit-elle faire valoir l’entreprenariat, mais non pas cela, au coût ultime de l’exploitation de l’être humain par l’être humain. Évoluons. La meute de loups, y en a marre.

    Nécessairement au contraire de vous, je ne crois pas que la bourgeoisie soit légitimée par son divin droit d’exploitation de nos malheurs de tout acabit –décrétés dans par vos «droits»-, ni d’exploiter d’avantages d’autres malheurs issus des premiers malheurs cités, ni d’exploiter notre «naïveté entretenue» par des larves telles que vous, défendant bec et ongles les intérêts de la minorité bourgeoise. Celle-ci ne trouve rien de mieux pour survivre sur cette Terre, que de parasiter; et nos besoins, et notre labeur, et notre santé…, et notre soif, et notre faim, etc..

    Pas besoin de ces paternalistes là, si on n’a pas besoin de l’État après tout, soyons conséquents. Les travailleurs n’ont pas besoin de parasites pour surveiller leur labeur, répondant à leur demande dans le fond.

    Les davidiens veulent nous encombrer de parasites, tout en nous faisant croire que nous nous parasitons nous-mêmes, via NOTRE État. À nous de faire élire les bons valets après tout. C’est la démocratie qui parle, qui frustre nos petits sectaires du courant libertarien. Si j’avais dit à Ste-Foy, je me serais tabasser par les chums de Jeff Fillion. Suivons-les… Ouin, me semble.

    «Si on compare avec la charte des droits américaine, elle prescrit que le Congrès n’écrira aucune loi abrogeant la liberté d’expression, d’assemblée, de religion, etc. Pas de limitations établies par la loi, aucune loi. Comparez aussi avec la charte canadienne et québécoise et leur clause “nonobstant”, trahissant la mentalité collectiviste de nos législateurs.»

    Et regardons les faits.

    Les États-Unis croulent sous les dettes de l’impérialisme auquel le capitalisme est indissociable, faute d’intérêts communs des classes –dont vous niez l’existence, par négationnisme…-, et puent d’ici le taux de criminalité, lui relatif aux injustices sociales, elles découlant directement des injustices économiques produites par le corporatisme inévitable du capitalisme, sauvage ou non. Ce ne sont que les intérêts de classe qui parlent, nous tentons de repousser la bêtise humaine.

    Votre système à vous, les libertariens, c’est le summum de la bêtise humaine, le retour aux castes tant qu’à y être…Quand les intérêts communs des bourgeois se rejoindront, le même corporatisme apparaîtra, et vous lui donnerez bien le nom qui vous chantera à ce moment, mais j’en prédis l’avènement.

    L’État n’est que le bras armé de la bourgeoisie pour écraser sa dictature, via les pseudo-élus que nous élisons, naïfs que nous sommes, ne sachant pas qu’ils défendent des intérêts bourgeois. Il n’y a jamais eu au Québec, l’élection d’un parti autre que capitaliste. Nous défendons notre propre exploitation, via le consentement de joyeuses modalités de celle-ci. Mais la bourgeoisie est dispensable en réalité. L’État, pas selon les données actuelles.

    D’ailleurs, pour reprendre votre exemple états-uniens, il serait fautif d’affirmer que cet État va mieux que le nôtre.

    «Selon le point de vue individualiste, les individus délèguent le pouvoir à leur gouvernement, ce qui signifie que le gouvernement n’a pas le droit de faire que que les individus eux-mêmes ne peuvent faire. Les individus ne peuvent pas déléguer ce qu’ils n’ont pas et même s’ils sont un très grand nombre si aucun d’eux n’a ce droit, alors un million d’entre eux n’auront pas plus ce droit.»

    Je répète, les classes prolétaires et bourgeoises existeront toujours, les intérêts de celles-ci donc, aussi. Il ne faut pas se leurrer de ce message messianique qui annonce l’avènement d’un monde sans loi, alors qu’on sait tous très bien, à preuves de ce qui existe comme exemples dans le monde et dans notre histoire humaine, que cela mènera à la dictature totale de la bourgeoisie et l’asservissement donc, du prolétariat.

    Dans le monde merveilleux de monsieur David, les bourgeois continuent, par «mérite», dont on n’a jamais vraiment débattu, d’exploiter les besoins et malheurs du prolétariat, forcé lui, de vendre sa force de travail pour subvenir à ses besoins. Le salarié, disais-je, lui, doit donc défendre ses intérêts également, en formant des unions, des syndicats. Mais tiens donc! Sans loi, les SCABS deviennent légitimes. Tant pis pour les travailleurs, ils sont libres d’aller voir ailleurs après tout…

    Bref, rien ne change, ou tout s’empire plutôt. Il faut comprendre ici, que les bourgeois dans notre monde actuel se permettent déjà de plus amples outils de propagande que la classe salariée. IEDM et sa chronique dans le journal de Péladeau. Martineau et sa jovialité populiste de sa place, dans la société… Jeff Fillion, avec sa radio-crasse abrutissante, mais dont les auditeurs vont aussi, librement, s’abrutir –Je dois être à veille d’avoir des menaces, au pire, je vais redire tout ça sur Facebook, pour m’en assurer…- qui dont lui-même, Jeff, dépend pour vivre. Il parasite ceux qu’il abrutit. Quelle ironie! Et l’autre! Duhaime! L’apologiste de Pinochet, qui n’a rien d’ab hominem, mais tout d’abominable! Bande de tarés.

    Dans le monde des davidiens, de ces sectaires, la démocratie n’a plus légitimité, c’est le capital qui parle. Doeu tout puissant, le capital, dans les mains d’une minorité, vient vite concilier celle-ci au dépend d’intérêts communs. Et v’lam! On repart le bal, et monsieur David nous revient dans 20 ou 30 ans, avec un durcissement de la dictature bourgeoise, arguant qu’il faut maintenant «mériter» vos organes, et qu’ainsi, le plus offrant peut vous les prendre, capital en échange.

    Monsieur David le disait avec les fonds de la Terre qu’il voulait exploiter, faute d’avoir épuisées les ressources de sa surface, il n’y a pas de limite avec le capitalisme. C’est ti pas beau ça?

    Les intérêts communs de classe existeront toujours tant que nous n’abolissons pas la propriété privée des moyens de production. Et la lutte de classe, par conséquent, également. L’État est le seul obstacle à la dictature totale de cette bourgeoisie, car la démocratie nous permet encore de renverser le salariat démocratiquement, via notre mode actuel d’élection.

    Aux exploités d’être vigilent…

    «Selon le collectiviste, ce serait le plus grand bien pour le plus grand nombre. Mais si nous ramenons l’exemple à deux hommes qui s’accrochent à un débris que ne peut soutenir qu’un homme, il serait quand même justifié qu’un utilise la force pour se débarrasser de l’autre à cause de la primauté du droit de survie.»

    N’importe quoi. Monsieur David impute à tous les socialistes, l’incapacité de réfléchir, alors que les «deux socialistes» par exemple, pourraient faire constat de l’échec à deux, et décider ensembles le sacrifice de l’autre..». N’importe quoi, vraiment!

    Et encore! Ici, le lectorat doit noter que monsieur David appelle à se débarrasser, hypocritement, des adversaires des libertariens. C’est une invitation déguisée à massacrer du collectiviste… Dégueulasse. Mais dans le fond, une élection démocratique de notre parti révolutionnaire socialiste par exemple, ne serait pas reconnue par les davidiens, ne reconnaissant pas la démocratie comme légitime après tout. Alors on aurait les armes au cul, il le dit plus haut, ce sont les canons qui parlent et qui dictent, surtout.

    Bref, ici, monsieur David maquille en torchon idéologique, son invitation aux libertariens à prendre les armes. Ça me paraît évident. Dangereux ces libertariens… Faites gaffe à Québec là… le maire Labeaume check ça, lui qui fait de la publicité pour une entreprise de liqueur énergétique de renommée internationale, et qui affectionne la cause de l’Afghanistan, alors que c’est là encore, une manifestation du bras armé de la bourgeoisie, aux confins de la Terre… Bande de malades.

    «Donc, dans le premier exemple, l’agissement des deux hommes est justifié non pas par un droit de groupe, mais par le droit de survie de chaque individu. L’utilisation de la force physique pour protéger nos vies, notre liberté et notre propriété serait donc une fonction légitime du gouvernement parce qu’elle est dérivée du droit de légitime défense de chaque individu et non d’un droit dérivé du groupe.»

    Sans débat sur la propriété privée des moyens de production, et de l’exploitation du labeur d’autrui qui en découle? Quand je vous dis que les davidiens ne veulent pas débattre véritablement… N’importe quoi. Le seul bon État pour les libertariens, c’est le LEUR! Et je voterais pour ça? Ah non! C’est vrai! Pas besoin! Les armes! Rien d’autre! Suivons les davidiens (Sarcasme.., je suis contre la prise des armes.)!

    «Mais supposons que le gouvernement décrète qu’on ne peut pas travailler le dimanche et même si nous assumons que la majorité des citoyens supportent cette proposition, d’où le gouvernement tiendrait-il l’autorité d’utiliser la force pour faire respecter cette loi, puisqu’aucun citoyen individuel n’a le droit d’empêcher son voisin de travailler?»

    La distribution des gains collectifs faits par la collectivité par un conseil local, serait d’augure alors. Celui qui travaille le ferait à son seul avantage, sans exploiter qui que ce soit…

    Mais en gros, vous faites face au principe de démocratie. Vous voulez revenir en arrière, et conférer aux mieux nantis tous les pouvoirs de décisions. C’est marrant, et triste en même temps. Une tranche de la population s’automutilerait, si les charismatiques Obama ou Glenn Beck le leur demandaient. L’auto flagellation…

    Retourner en arrière, au temps des puissants seigneurs, seuls aptes à se payer des gardes armés, etc.., non merci pour moi. Je préfère ma «bêtise collective» à la dictature d’une minorité parasitaire.

    «Il faudrait que le gouvernement s’auto-attribue cet autorité.»

    Non, le peuple peut voter. Référendum, etc.. La démocratie n’est pas garante de l’omniscience, le despotisme non plus, ni quelconque oligarchie. On le voit bien au Venezuela, même l’État mange la claque des bourgeois de l’oligarchie vénézuélienne, elle-même aussi soutenue par un État étranger (États-Unis d’Amériques –Ce n’est pas légal, ça, à ce que je sache. Mais en fait, ce sont les droits de propriétés privées qui créent ces torts.).

    «De faire fermer les commerces le dimanche n’est peut-être pas en soi une grande entrave à notre liberté, mais du moment que nous acceptons que le gouvernement puisse s’auto-attribuer des pouvoirs, nous acceptons également que nos droits proviennent du gouvernement et nous nous engageons sur la route de la servitude.»

    La démocratie n’impose pas cela. Chavez l’a compris d’ailleurs et c’est pourquoi il a usé de plus de 14 référendums populaires pour étayer l’appui de ses lois. Il a facilement passé le parcours, mais fait quand même face à l’oligarchie créée par les intérêts communs de ces bourges.

    Bref, la démocratie évite ce que vous dites «inévitable». Le gouvernement peut être nous, si nous y participons. Moi-même, avec mon devoir de prolétaire, je n’ai pas beaucoup plus de temps, que celui que je prends pour venir démentir vos torchons. J’ai des enfants également, et une hypothèque à payer. Alors donc, tout le monde est désintéressé, et désintéressé par les entreprises dont le mandat est de nous abrutir pour s’en assurer. La soirée du hockey passe souvent avant la démocratie, s’ils savaient ce qui les attend…

    «Comme nous verrons dans la seconde partie, les collectivistes n’ont pas ce genre de scrupules. Ils croient que le gouvernement a effectivement des pouvoirs supérieurs aux individus et que ces pouvoirs ne proviennent pas des individus, mais de la société elle-même.»

    Encore n’importe quoi. Comment monsieur David va-t-il pouvoir faire quoique ce soit en ce qui concerne Cuba et les pays de son calibre économique? Je me le demande bien.

    Le collectivisme et l’individualisme ne sont pas les sources de notre débat, nous devrions nous attarder à la source, et non aux résultantes de cette source. Ce serait sinon, encore une fois, du totalitarisme, évidemment.

    Parlons donc des idéalistes et des matérialistes. Des socialistes et des capitalistes. Parlons des «vraies affaires» comme ils disent du versant idéaliste. Monsieur David aura bien l’avantage de pouvoir nier les faits par contre, vu cette opportunité qu’offre le libertarisme et ses dogmes à la con, issus eux, d’idéologie fortement idéaliste.

    Pathétique… J’ai hâte de voir la suite. Je vais avoir du fun à démentir les débilités d’un fils de riche, frustré que la démocratie ne puisse lui conférer les pleins pouvoirs, en tant que potentiel et ultérieur bourgeois.

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