Le dur métier de Banquier Central…

Avez-vous remarqué comme le cycle des taux d’intérêts s’est progressivement inversé? En effet, les Banques Centrales Brésilienne, Indienne, Israélienne et Néo-Zélandaise ont toutes remonté leurs taux ces derniers jours. En fait, 14 Banques Centrales sur les 32 qui comptent globalement ont procédé à des relèvements de taux depuis le milieu de l’an dernier. En outre, la Chine – qui n’a pas formellement élevé les siens – a néanmoins resserré sa politique monétaire via l’imposition de restrictions sur les crédits consentis sachant que certains pays d’Europe Centrale et de l’Est ont clairement décrété l’abandon du cycle baissier alors même qu’ils avaient encore réduit leurs taux au premier semestre de cette année…

Pour autant, et en dépit de mouvements de hausse de taux au sein de nations aux économies modernes et intégrées comme l’Australie, le Canada ou la Suède, la politique monétaire globale reste particulièrement expansionniste et généreuse car certaines Banques Centrales – et non des moindres! – poursuivent leurs injections de liquidités ou baisses de taux quantitatives. Effectivement, impossible d’ignorer que les P.I.B. combinés des Etats-Unis, de l’Union Européenne et du Japon – ceux-là même qui persévèrent dans leur politique monétaire expansionniste – pèsent pour plus de la moitié dans la richesse mondiale. Pourtant, le schéma global actuel ne devient  vraiment révélateur que dès lors que l’on s’adonne à une comparaison entre le taux d’intérêt nominal moyen mondial qui est de 2.5% et le chiffre de l’inflation mondiale qui est de 3% … comparaison aboutissant ainsi à un taux d’intérêt résiduel négatif de – 0.6% ! Politique monétaire mondiale moyenne hyper expansionniste donc puisque ce taux d’intérêt négatif est à mettre en rapport avec le P.I.B. mondial médian de 4.8% au second trimestre 2010 et ce en dépit des hausses de taux des pays cités ci-dessus…

En fait, les Banquiers Centraux qui comptent sont condamnés à devoir courir vite dans les mois et années à venir car ils devront opérer – malgré leurs déficits abyssaux – des hausses relativement brutales de leurs taux d’intérêt si leur volonté est de se mettre en accord avec l’orthodoxie qui exige que toute lutte contre l’inflation nécessite un loyer de l’argent plus élevé. A moins qu’ils ne prennent la décision – politique – tout compte fait assez défendable de tolérer une certaine inflation permettant de soulager un peu le fardeau de ces dettes? Toujours est-il que, à présent que le simulacre des stress-tests des Banques Européennes est derrière nous, peut-être serait-il opportun de réclamer des comptes à nos Banques Centrales Occidentales consistant à leur faire passer à leur tour une batterie de stress-tests!

Une Banque Centrale ne peut certes pas (comme un établissement classique) sombrer dans la faillite. Néanmoins, mal conduite, une Banque Centrale peut potentiellement coûter des milliards à ses contribuables…

 

MIchel Santi

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