Le grand ré équilibrage

C’est toute une génération d’occidentaux – la nôtre – qui a profité et bénéficié d’un authentique électrochoc donné aux prix grâce à la globalisation ! Voilà en effet près de trente ans que ses retombées compriment progressivement nos tarifs à l’importation par la courroie de transmission d’une main d’œuvre rémunérée nettement moins chère auprès de nations (autrefois) en mal d’intégration. Pourtant, cette tendance lourde nous ayant permis d’améliorer considérablement nos niveaux de vie grâce aux produits finis chinois, indiens ou autres est aujourd’hui en passe de se conclure, voire de s’inverser.

En fait, les motifs de cette véritable révolution en gestation sont tout à la fois à chercher du côté occidental que pour des raisons intérieures à ces nations émergentes. Un gigantesque ré équilibrage est ainsi en cours qui se traduira par des marchandises chinoises ou indiennes qui seront vendues plus chères à l’Occident et ce tout d’abord parce qu’il est impératif que les niveaux de vie de leurs populations s’améliorent à la faveur de leurs revenus qui augmenteraient. Par ailleurs et sur le plus court terme, ces grands pays exportateurs seront contraints de laisser leurs devises respectives s’apprécier dans le but de rendre moins attractives leurs exportations aux yeux des consommateurs occidentaux et ce afin de remédier et de soulager nos immenses déficits commerciaux… En réalité, ce grand ré équilibrage ou, dit crument, ce grand renchérissement – qui n’est que justice après tout – sera la résultante de réajustements substantiels des parités des changes et des augmentations de coûts de production au sein même de ces pays exportateurs.

Attendons-nous donc – eu égard à la très forte pénétration de la Chine dans nos économies du G 7 – à une reprise graduelle mais absolument incontournable des pressions inflationnistes ! Certes, les autres « tigres » asiatiques en compétition féroce avec la Chine feront des efforts acharnés pour maintenir leurs prix inchangés afin de récupérer ses parts de marché. Des nations de taille moindre – comme le Vietnam – qui ne réajusteront probablement pas à la hausse les salaires de leurs travailleurs, seront donc en mesure de contrer partiellement cette tendance généralisée à la hausse de nos prix à l’importation… Néanmoins, comme ces pays n’ont – de loin – pas la capacité ni la surface et encore moins les infrastructures de la Chine ou même de l’Inde, les effets de lissage sur le renchérissement de nos prix et donc sur nos niveaux de vie resteront assez marginaux.

La hausse des matières premières n’est donc pas terminée car ces pays à forte croissance continueront à se livrer une compétition afin de se procurer un maximum de stock de ces denrées vitales pour leur production actuelle et future sachant que la flambée des matières premières est bien-sûr une des autres raisons fondamentales de l’augmentation des produits manufacturés de ces pays émergents… En d’autres termes, nos économies modernes et avancées sont à l’aube de subir un véritable choc des prix qui réduira substantiellement nos pouvoirs d’achat tout en y semant un trouble inflationniste plus vécu depuis une trentaine d’années.

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