Le Japon : cas très particulier

Difficile de se mesurer au Japon en termes de dette publique car ce pays est champion de la dépense! De fait, le budget 2011 y révèle – et pour la deuxième année consécutive – de nouveaux emprunts qui devraient excéder les revenus fiscaux. En réalité, le service de la dette (autrement dit le remboursement des intérêts) absorbe à lui seul plus de la moitié du budget, c’est-à-dire que plus de la moitié des rentrées d’argent émanant des impôts est immédiatement consacrée (à pure perte) en guise de règlement de ces financements…

La source de cette plaie est aisément identifiable et provient de la faiblesse extrême des responsables politiques incapables d’imposer des restrictions budgétaires et qui se lancent dans une compétition démagogique à qui dépensera plus. Le grand – l’immense – problème du Japon étant que ses citoyens y sont forts disciplinés, peu politisés, relativement confiants (ou indifférents?) à leur gouvernements successifs, le tout dans un régime où deux partis rivaux mais consensuels concernant les affaires budgétaires se partagent le pouvoir … tant et si bien que l’esprit de contestation ou de mise en cause des autorités publiques (comme on pourrait le voir en France ou même aux Etats-Unis) y est absent, donnant ainsi toute latitude aux gouvernants en matière d’abus budgétaires…

La morale étant que les exécutifs en place doivent impérativement être contre balancés par des opinions publiques ou par un marché obligataire dépressif avant que de se décider à sacrifier le présent dans l’intérêt des générations futures. N’est-il pas tout à fait révélateur – alors que certaines nations et non des moindres subissent des pressions intenses visant à réduire leurs déficits – que le Japon puisse se payer aujourd’hui le luxe d’augmenter ses subsides agricoles de 40% par rapport à l’an dernier? … qu’il abolisse les péages routiers ou qu’il réduise, comme il l’a décidé dans ce budget 2011, les impôts sur les sociétés?!

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