Le « Kiosque permanent » – mai 2011

Le Kiosque (semi)permanent fait un timide retour.  L’emploi à temps plein de votre serviteur l’empêche désormais de l’alimenter régulièrement. De ce fait, nous ne prenons plus d’abonnement. Actuellement à la Une du Kiosque, Carla Bruni enceinte ? On s’en contrefiche !

17 juin 2011

Carla Bruni enceinte ? On s’en contrefiche !

11 h 08 – « C’est une chance pour la France, absolument, a déclaré Bernadette Chirac à propos de la nouvelle de la grossesse de la première dame de mes fesses. Un bébé à l’Elysée, c’est magnifique pour eux et pour tous les Français. » De qui se moque-t-elle ? Si elle savait à quel point on s’en contrefiche !

16 mai 2011

Faire de la sécurité et de l’immigration « une obsession » pour affronter Le Pen au deuxième tour : la stratégie cynique de Sarkozy

06 h 37 – @rrêt sur images a relevé dans l’émission Complément d’enquête le témoignage anonyme d’un « proche » du président de la République : « Nicolas Sarkozy cherche-t-il à reproduire un « 21 avril » en 2012, en espérant affronter Marine Le Pen au second tour ? L’hypothèse, déjà évoquée dans la presse, a été confirmée hier soir sur France 2 par un « proche » (anonyme) de Sarkozy au cours de l’émission Complément d’enquête. Décryptant la stratégie élaborée par Patrick Buisson, conseiller de l’Elysée passé par l’extrême droite, ce témoin raconte que la manoeuvre consiste à créer « dans l’esprit public des stress complémentaires sur les sujets immigration, sécurité » pour en faire « une marotte, une obsession » pendant la campagne, et ainsi éliminer la gauche du deuxième tour. Quitte à pousser Marine Le Pen en tête au premier tour.«  En l’état actuel d’impopularité du chef de l’Etat, il apparaît en effet que seul ce « 21 avril » bis pourrait le sauver. Il cherche donc sciemment à faire monter Le Pen en imposant ses thèmes de prédilection. La manoeuvre fonctionnera-t-elle ?

15 mai 2011

Strauss-Kahn arrêté pour agression sexuelle

08 h 38 – Incroyable nouvelle à la Une du New York Times : Dominique Strauss-Kahn, accusé d’agression sexuelle par une employée de l’hôtel Sofitel de Manhattan, a été arrêté par la police américaine dans l’avion qui devait le ramener à Paris. Rue89 résume ainsi l’affaire : « vers 13 heures, une femme de chambre de 32 ans a pénétré dans sa suite (à 3 000 dolllars la nuit), à l’hôtel Sofitel situé sur la 44e rue, pensant qu’elle était inoccupée. Selon le New York Times citant le témoignage de la femme de chambre à la police, Dominique Strauss-Kahn serait apparu nu sortant de la salle de bains, et aurait tenté d’abuser d’elle. « Selon son récit, il l’attrape, l’amène sur le lit, et tente d’abuser sexuellement d’elle. Elle le repousse et il la traîne jusqu’à la salle de bains où il tente une seconde fois d’abuser d’elle ». Selon le porte-parole de la police cité par le New York Times, elle aurait réussi à s’échapper et à prévenir ses collègues, qui ont immédiatement appelé la police. Quand celle-ci est arrivée à l’hôtel, il n’était plus là, étant parti précipitamment, oubliant notamment son téléphone portable sur le lit. » Ça paraît si énorme qu’on a du mal à la croire !

Mise à jour de 9 h 22 : « La police new yorkaise annonce que Dominique Strauss-Kahn vient d’être inculpé par le parquet pour agression sexuelle, tentative de viol et séquestration », annonce Le Parisien.

5 mai 2011

Prison pour les sans-papiers : Paris viole le droit européen (mais s’en fiche, on verra après 2012 !)

13 h 24 – « Les ministères de la justice et de l’intérieur avaient souhaité procéder à «une analyse approfondie» de la décision de la Cour de justice de l’Union européenne, qui interdit d’incarcérer un étranger sans titre de séjour. C’est fait. Ils s’assoient dessus », écrit sur son blog le journaliste du Monde Pascal Johannès. Il cite une dépêche de l’AFP du 3 mai : « Après l’arrêt jeudi de la Cour européenne de Justice enjoignant l’Italie de ne plus incarcérer un étranger en situation irrégulière, la France estime n’être pas concernée et continuera de le faire «en cas de refus» d’éloignement, a indiqué mardi le ministère de l’Intérieur. Interrogé par l’AFP sur les conséquences de cet arrêt européen, le ministère a souligné qu’il visait «directement une réglementation italienne» et que le dispositif français était «différent» de celui de l’Italie. «A ce stade de notre analyse, le dispositif existant en droit français est suffisamment différent pour qu’on n’ait pas la même interprétation sur la signification de cet arrêt», a indiqué le ministère de l’Intérieur. Selon lui, en Italie, «la peine d’emprisonnement existe pour le simple fait de rester(sur le territoire) en séjour irrégulier». «En France, poursuit-on de même source, elle ne vise que le refus d’être reconduit à une frontière». Une telle «soustraction à une mesure d’éloignement constitue un comportement délibéré de fuite, de rébellion», juge-t-on Place Beauvau, et c’est cette « fuite », cette « rébellion » qui sont pénalisées. »Johannès commente :« Autant de contre-vérités en si peu de lignes relève assurément de la prouesse. La France, comme tous les pays de l’Union, est évidemment concernée. (…)En France, la prison ne vise que le refus d’être reconduit à une frontière ? C’est évidemment faux. L’article L621-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers dispose que “L’étranger qui a pénétré ou séjourné en France sans se conformer aux dispositions des articles L. 211-1 et L. 311-1 ou qui s’est maintenu en France au-delà de la durée autorisée par son visa sera puni d’un emprisonnement d’un an et d’une amende de 3 750 Euros.” Enfin, la Cour de justice souligne très clairement que le droit de l’Union interdit d’incarcérer un étranger en situation illégale “pour le seul motif qu’il demeure, en violation d’un ordre de quitter le territoire de cet Etat dans un délai déterminé, sur ledit territoire sans motif justifié”. Cette violation d’un ordre de quitter le territoire est puni en France d’une peine de trois ans de prison. » Le résultat est couru d’avance : « Les déclarations du ministère de l’Intérieur prouvent une fois de plus que le gouvernement français, faute de prendre acte des décisions qui s’imposent aux pays membres, préfère être condamné par les juridictions internationales plutôt que de prendre des mesures législatives qui s’imposent. C’était le cas pour la garde à vue, avec les désordres que l’aveuglement français a finalement provoqués. C’est désormais le cas pour l’éloignement des étrangers. Ce le sera bientôt pour le statut du parquet. En attendant, les avocats des sans-papiers ne manqueront pas de saisir les tribunaux du non-respect de la directive européenne, la Cour de cassation appliquera le droit européen, mais tout cela prendra du temps et le pays ne sera sans doute plus en période électorale. »

4 mai 2011

Christine Lagarde et Eric Woerth : conflits d’intérêts à la mode UMP

23 h 59 – « Tepa ou t’es pas cap’ ? Osons avec Oséo » : deux slogans pour vous résumer l’affaire qui embarrasse la ministre du Cac 40 de l’Economie. « Christine Lagarde, n’a pas respecté une circulaire obligeant les membres du gouvernement à confier à un tiers la gestion de leur patrimoine mobilier, relaie Le Monde, en prenant une participation dans Applicatour, société dirigée par le fils du PDG d’Oséo, affirme jeudi le site Acteurspublics.com. » La directive violée est signée François Fillon, destinée à prévenir les conflits d’intérêts. Puisque c’est bien de cela qu’est accusée Lagarde, par un autre article d’Acteurspublics, qui donne la parole à Olivier Dord, professeur de droit public à l’université Paris-X, auditionné dans le cadre de la commission qui a planché, à la demande de Nicolas Sarkozy, « pour la prévention des conflits d’intérêts dans la vie publique », la commission Sauvé. Dord ne tourne pas autour du pot lorsqu’on lui demande si la ministre est coupable de conflit d’intérêts : « Clairement, oui. Le conflit d’intérêts, c’est l’interférence entre la mission d’intérêt général qu’exerce une personne publique, en l’occurrence un ministre, et ses propres intérêts privés. Dans cette affaire, le conflit d’intérêts résulte du fait que la ministre de l’Économie a pris des parts dans une société liée au fils du dirigeant d’un établissement sous le contrôle de Bercy, lui-même ayant des parts dans cette même société. Il y a donc un risque d’atteinte à la neutralité et à l’impartialité de l’exercice des fonctions de Mme Lagarde vis-à-vis d’Oséo. Comment la ministre peut-elle exercer de manière impartiale un contrôle vis-à-vis du PDG d’Oséo en sachant qu’elle est liée directement dans une affaire financière avec lui ? Il y a incontestablement un conflit d’intérêts tel qu’il est défini dans le rapport Sauvé. » Avec Jean-François Copé, Gérard Longuet, André Santini et bien sûr Eric Woerth, Lagarde rejoint donc le club des éminents UMPistes soupçonnés de « conflit d’intérêts », comme la marque de fabrique d’un système. Quant à notre feuilleton Eric Woerth en prison !©, il a connu un nouvel épisode avec l’audition hier, en tant que « témoin assisté », de l’ancien ministre devant la Commission d’instruction de la Cour de justice de la République. L’Express résume ainsi l’affaire : « Plusieurs points sont en débat. Le parquet de la Cour de cassation a relevé que la vente d’une parcelle de forêt domaniale de ce type n’était possible que par une loi. Il a été jugé nécessaire aussi d’examiner les liens d’Eric Woerth, maire de Chantilly depuis 1995, et proche du milieu des courses, avec les acquéreurs. » Pas de déclaration, ni de Woerth ni de son avocat, à la sortie de l’audition, qui a duré quatre heures. A suivre.

?

Violences policières contre les anti-nucléaires

13 h 22 – « Hier dans la soirée, les premiers activistes de Greenpeace ayant participé au blocage du chantier EPR de Flamanville sont sortis de garde à vue. Avec un bilan inquiétant : au moins quatre d’entre eux ont subi des violences de la part des forces de l’ordre au moment où ils ont été délogés : un militant a reçu deux décharges de Taser, trois autres ont été frappés et portent des stigmates (œil au beurre noir, dent ébréchée). Greenpeace condamne ces violences perpétrées sur des militants non-violents et demande aux autorités de s’expliquer. Hier soir, pourtant, la gendarmerie déclarait à l’AFP : «l’évacuation s’est déroulée sans incident». «Cette situation reflète la philosophie du gouvernement français et d’EDF après Fukushima : empêcher l’information et la contestation du choix nucléaire en France en intimidant ceux qui oseraient se mettre sur le chemin de l’atome », déclare Sophia Majnoni, en charge de la campagne Nucléaire pour Greenpeace. » La suite à lire sur le site de Greenpeace. Côté policier, on contre-attaque : « Seize militants de Greenpeace ayant participé au blocage lundi du chantier de l’EPR à Flamanville (Manche) devaient être déférés mardi après-midi devant le procureur de la République de Cherbourg puis le juge de la détention et des libertés, a-t-on appris auprès de l’avocat de Greenpeace, annonce L’Express. « On reproche à ces militants qui étaient montés sur des grues du chantier les délits d’entrave à l’exercice de la liberté du travail, d’opposition à l’exécution de travaux d’utilité publique et de mise en danger de la vie d’autrui », a expliqué à l’AFP Me Alexandre Faro. 26 autres militants, également placés en garde à vue lundi soir après leur évacuation du chantier par les gendarmes, ont été libérés et sont convoqués le 16 juin au tribunal correctionnel de Cherbourg, selon la même source. Ils comparaîtront pour « entrave à l’exercice de la liberté du travail » et « opposition à l’exécution de travaux publics ». Matraquage physique et judiciaire, criminalisation de la contestation, répression : ainsi va le sarkozysme.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *