Le laïcisme, nouvelle religion – 4

Yan Barcelo, 13 mars 2011

Toute la question de fond, qui fait s’affronter laïcisme et foi religieuse, s’est maintenant déplacée. Il ne s’agit plus de simplement séparer les pouvoirs de l’Église et de l’État. Il est maintenant impératif d’enlever du domaine politique le moindre signe religieux, qu’il s’agisse du crucifix de l’Assemblée nationale ou, tout particulièrement, de la prière du maire Tremblay. Déjà, la pensée laïque occupe la position dominante et établit la base du débat : si on conserve le crucifix à l’assemblée, c’est en tant « qu’objet du patrimoine historique », certainement pas à titre de « signe religieux ». Vouloir le conserver à titre de signe religieux le condamnerait irrémédiablement aux oubliettes.

Or, que le maire Tremblay récite ou non une prière en début de séance de son conseil me semble guère un sujet de controverse. Qu’il en fasse une me laisse, en fait, plutôt indifférent. Mais retournons la situation : si le maire d’un village se mêlait, au début de chaque conseil, de faire une profession de foi athée, n’y aurait-il pas lieu de s’inquiéter?

Pour ma part, je le serais. Pourquoi? Parce que je craindrais que ce politicien soit animé de façon suspecte par un programme dont les fondements ne conviendraient pas nécessairement à une conscience religieuse. Et c’est là, je crois, le fond du problème : cette prière du maire Tremblay inquiète des gens qui récusent tout agenda politique qui soit d’inspiration religieuse, chrétienne ou autre.

Tout ce théâtre des « offenses » et des « signes » est peut intéressant en soi, sauf dans la mesure où il recouvre des préoccupations plus profondes. Il s’agit de savoir si les décisions politiques du maire seront inspirées par des valeurs de foi chrétienne ou par des valeurs de non-foi athée. Ces deux sphères sont-elles incompatibles? Pas nécessairement. Il y a un vaste territoire d’humanisme où elles peuvent se rejoindre. Toutefois, il y a des sujets limites où elles s’affrontent: l’euthanasie, l’avortement, les contenus pédagogiques des écoles, les subventions aux événements culturels.

On dira que le maire de Saguenay n’a pas grand-chose à voir avec l’euthanasie et l’avortement. Pas de façon directe dans les grands débats législatifs, il va de soi. Mais il peut approuver ou interdire l’octroi d’un permis pour une clinique d’avortement sur son territoire pour toutes sortes de raisons…  Ou il peut approuver une subvention en préférant un concert de musique sacrée plutôt qu’un « jam heavy metal ».

Or, je prévois que c’est sur ce terrain des enjeux politiques que l’offensive laïque va porter de plus en plus. Il ne s’agira plus seulement d’aseptiser l’espace public en y retirant tout « signe » religieux. Il s’agira de plus en plus d’extirper de la pensée étatique toute inspiration, toute notion, plus encore, tout relent qui soit de l’ordre de la croyance religieuse et de la foi. Et je ne parle pas ici de la foi dans sa saveur chrétienne (le petit Jésus, la Vierge Marie, etc.). Je parle de la foi dans sa dimension existentielle et cosmique commune à toute religion et à toute spiritualité. Comme je l’ai démontré dans mon essai, il s’adonne que notre « saveur » de foi, en Occident, est profondément et radicalement chrétienne. Et cet enracinement a donné tout le « miracle » de civilisation qu’est l’Occident. En tentant d’arracher cet enracinement, on risque de faire flétrir cette civilisation elle-même.

Or, si le laïcisme, qui est essentiellement une variante de l’athéisme, est lui aussi une religion, il y a tout lieu de le traiter comme tel, comme une religion parmi d’autres. Et ses demandes d’oblitération des signes religieux ne doit pas porter plus de poids que la demande d’une musulmane pour porter le voile.

Tout ce débat autour de la foi et du laïcisme peut sembler fort abstrait et déconnecté de toute réalité concrète. Un débat stérile entre les intellectuels citadins du laïcisme et le « quétaine » de Saguenay. Pas du tout. Je vais tenter de montrer dans ma prochaine chronique comment ce discours de la foi, ou plutôt son absence croissante, agit très concrètement dans notre société. Dans la même édition de La Presse du 17 février où on attaquait le maire de Saguenay pour sa prière publique, dans la page voisine A20, un exemple éloquent nous était fourni des conséquences très concrètes, et malheureuses, d’un monde de plus en plus dominé par la foi laïciste. Et je tenterai de le « déchiffrer ».

16 pensées sur “Le laïcisme, nouvelle religion – 4

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    13 mars 2011 à 5 05 54 03543
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    Difinition : (Religion)  » Système de représentation du monde et de croyances reliant les hommes entre eux au sein de leurs communautés et les reliant à leur environnement naturel, fondé sur la foi dans l’existence de forces inconnues – appelées aussi Dieu(x) – qui lui ont donné naissance, qui dirigent sa vie et qui prennent en charge sa conscience après la mort »
    Expliquez-moi en quoi cela s’applique à l’athéisme ou ce que vous appelez le laïcisme ?…
    Autre définition : « Ensemble de croyances et de pratiques culturelles qui constituent les rapports de l’Homme avec une ou des puissances divines ou surnaturelles. »
    Expliquez-moi à nouveau en quoi cela s’applique à l’athéisme ? C’est quoi les « pratiques culturelles « des athées ? C’est quoi les « puissances divines et surnaturelles » auxquelles croient les athées ?
    La stupidité de vos articles est infinie…

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      13 mars 2011 à 13 01 02 03023
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      « Comment une absence de religion pourrait-elle être une religion ? C’est débile… »

      Petit détail:

      L’athéisme n’est pas « l’absence de religion »; c’est la Foi en l’inexistence de Dieu.

      Autrement dit: une Foi « contraire », mais une Foi tout de même.

      Amicalement

      Elie l’Artiste

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        13 mars 2011 à 13 01 06 03063
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        Une croyance n’est pas une religion ! Croire que Dieu n’existe pas ne fait pas une religion! Je persiste que c’est débile…

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          13 mars 2011 à 19 07 18 03183
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          Par contre un acte de Foi est un acte de Foi.

          Ce n’est pas moi qui ai parlé « d’absence de religion ». L’absence de religion n’est pas de l’athéisme; c’est du laïcisme.

          Et l’athéisme n’a aucun rapport avec le laïcisme. L’un parle de l’inexistence de Dieu et l’autre de l’ingérence de la religion dans l’autorité publique.

          Amicalement

          Elie l’Artiste

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      13 mars 2011 à 13 01 08 03083
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      Les athées sont francs-maçons ? Ah, ha, ha 😀

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    13 mars 2011 à 7 07 04 03043
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    Il y a diverses manières d’aborder cette question de la laïcité versus la religion. À la page 3 de ce même journal vous trouverez un article portant sur la laicité, la religion et l’athéisme. Je vous y réfère comme point de vue à intégrer dans ce débat. Vous verrez que dans cette réflexion je fais une distinction entre foi et religion….

    http://www.centpapiers.com/laicicite-religion-atheisme/63773

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    13 mars 2011 à 8 08 20 03203
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    Il y a une différence marquée entre la politique du beurre d’arachide et le beurre d’arachide lui-même.

    Tout comme il y a une différence marquée entre la politique religieuse et la religion.

    Ajoutons qu’il y a une différence entre la politique laïque et la laïcité.

    Cessons d’en faire de la politique.

    Amicalement

    Elie l’Artiste

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      13 mars 2011 à 9 09 49 03493
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      Ils font tous de la politique, j’ai limpression.

      Amicalement

      Elie l’Artiste

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    13 mars 2011 à 14 02 42 03423
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    L’athéisme une religion? Je ne pense pas, c’est plutôt son contraire à mon avis. C’est l’absence d’une croyance/foi à un Dieu.

    Mais est-ce que ça pourrait être une religion face au monde matériel?

    Que dire de la science? Elle a de plus en plus l’air d’une religion, elle. La foi inébranlable en la science et la technologie. Son temple sacré serait surement le CERN…

    Et l’argent? Une religion? Avec ses temples – les centre-d’achats, les banques, etc.

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    14 mars 2011 à 15 03 19 03193
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    @Oscar Fortin
    J’ai lu votre texte auquel vous référez dans votre commentaire. Un très beau texte, profondément chrétien en ce que le christianisme porte de plus beau et de plus inclusif. J’aime tout particulièrement l’élaboration des « sacrements » que vous y faites.

    Je tiens à vous souligner que le point de vue que vous y apportez nourrit ma réflexion et demeure en arrière-plan de mes interventions. Je ne crois pas qu’il y ait lieu que athées, agnostiques et croyants se fassent la guerre. Comme je le dis dans cette chronique, je crois qu’il y a un vaste terrain, celui de l’humanisme, où tous peuvent se rejoindre. Toutefois, il reste qu’il y a plusieurs lieux d’affrontements en ce moment où les chrétiens sont mis aux abois au nom d’un « mouvement », le laïcisme, qui se réclame de la rationalité et du bon sens, et qui refuse de reconnaître qu’il est tout autant une croyance. Et plus qu’une croyance : une religion.
    @ Léon
    Et ici, je vais offrir une réponse à la question de Léon, en citant un extrait d’une de mes chroniques précédentes et en tâchant de préciser davantage ma pensée. Voici l’extrait :
    « J’ai argumenté dans l’essai SIDA de civilisation, à l’intérieur de ce site, que l’être humain est métaphysique par essence. Il est situé, qu’il le veuille ou non, devant l’immense mystère de l’être (le simple fait que les choses sont) et devant la question incontournable d’un possible destin cosmique qui englobe son existence actuelle et sa possible survie après cette existence.
    Toute position intellectuellement articulée qui se prononce face à ce destin cosmique relève inévitablement de la métaphysique et, dans certains cas plus particuliers, de religion et de spiritualité. Dire que l’homme est appelé à régler les comportements de sa vie selon les préceptes d’une conscience inspirée par Dieu, ce que propose le christianisme ou l’islamisme, relève de la foi. Et dire que l’homme n’a à répondre à aucun Dieu, qu’il est illusoire de se soucier de conscience et d’un destin cosmique, que sa station dans la vie est uniquement réglée par la raison, ce que propose le laïcisme, cela relève aussi de la foi. Mais dans ce cas, il s’agit d’une non-foi, d’une a-métaphysique. Cela reste de l’ordre de la foi et de la métaphysique, mais sur un mode négatif. »

    Face à cet extrait, je reviens sur votre définition tirée d’un dictionnaire.
    Définition : (Religion) » Système de représentation du monde et de croyances reliant les hommes entre eux au sein de leurs communautés et les reliant à leur environnement naturel, fondé sur la foi dans l’existence de forces inconnues – appelées aussi Dieu(x) – qui lui ont donné naissance, qui dirigent sa vie et qui prennent en charge sa conscience après la mort »

    La première partie de la définition concerne les substrats culturels de croyances et de représentations qui structurent une société. Même dans une société athéiste, un phénomène dont l’histoire ne fournit pas d’exemplaires, ces substrats seraient inévitables : après tout, il faut bien que les membres d’une société s’entendent sur un modus vivendi les reliant entre eux et les reliant à leur environnement naturel. La différence se creuse quand on ajoute la dimension métaphysique des « forces inconnues » et de Dieu, qui fournissent au système de représentation son « point de fuite » en quelque sorte, sa fondation d’appui sans quoi le système serait remis en question.
    L’athéisme nie la réalité de ce point d’appui dans l’invisible des forces inconnues. En cela, il peut sembler tout à fait « rationnel », puisque ce domaine invisible ne peut être prouvé. Cependant, un fait est indéniable : même s’il ne peut être prouvé, ce domaine invisible hante et trouble l’homme, que celui-ci le veuille ou non. C’est le sens de ma première proposition : « l’humain est métaphysique par essence ». Or, déclarer que « Dieu n’est pas » s’avère en soi un geste métaphysique, mais dans ce cas, sur un mode a-métaphysique (je dis bien a-métaphysique, non pas non-métaphysique).
    À présent, déclarer l’inexistence de Dieu entraîne nécessairement une réorganisation profonde de tous les substrats de représentation de la société. Au nom de quoi? Je propose quatre principes fondateurs de l’athéisme auxquels vous agréerez peut-être : raison, anthropocentrisme, matérialisme, absence de foi. Le dernier principe est auto-explicatif. Le deuxième se résume à la proposition antique des philosophes sophistes : « l’homme est la mesure de toute chose ». Quant au matérialisme, il est le principe à la base d’une certaine science voulant que nous vivons dans un univers uniquement matériel dans lequel la matière est auto-organisatrice, les facultés supérieures qui apparaissent dans le cours de l’évolution étant l’œuvre d’une accumulation quantitative de facteurs inférieurs. Enfin, ces trois principes sont subalternes au premier : la raison. C’est par l’exercice systématique de la raison qu’on parvient aux trois principes subalternes.
    Or, ces principes procèdent d’une surextension de la faculté de raison qui, comme chez Descartes, en arrive à occuper tout le terrain d’une façon illégitime. La raison est un outil certes important et précieux, mais il n’en est qu’un seul auquel l’humain a recours. Dans le monde même de la matière, il y a tout d’abord les réflexes, automatismes et réflexes biologiques. Par exemple, votre système digestif dont votre vie dépend entièrement, est d’une extraordinaire complexité, d’une intelligence prodigieuse, qui échappe totalement au contrôle de votre raison. La raison peut le disséquer et le « comprendre » dans sa logique d’organisation, mais elle n’y a aucun accès et nulle hégémonie pour le gérer et le contrôler. C’est un système qui opère de lui-même, avec ses propres principes, sa propre logique, sa vie propre.
    Ajoutez à cette immense sphère réflexe tout le domaine aussi immense de « l’inconscient » dans laquelle la raison opère comme une fragile et minuscule lumière. Et ajoutez encore l’intuition, une capacité de saisie pré-analytique à côté de laquelle l’opération de dissection de la raison apparaît bien balourde.
    Or, dans ces immenses ordres qui dépassent l’opération de la raison (bien que cela n’implique pas nécessairement qu’ils soient inaccessibles à la raison), croire au primat exclusif de la raison relève d’un acte de foi, un acte aussi irrationnel que la foi elle-même. Et la foi, en tant que phénomène d’abord spirituel, s’appuie sur la raison dans une certaine mesure, mais aussi sur les autres ordres de l’instinct, de l’inconscient et de l’intuition, pour trouver appui sur une transcendance – Dieu – qui organise et justifie autant la raison que les autres ordres de la vie. Dieu est le lieu où la raison, ayant épuisé sa course, vient échouer. La raison ne peut ni le démontrer, ni le réfuter. Son ordre n’a pas accès au divin. Bien sûr, la raison peut tenter de prouver l’existence de Dieu, comme ont tenté de le faire les philosophes scholastiques, ou son inexistence, comme l’ont fait nombre de philosophes existentialistes ou rationnalistes, mais les deux tentatives sont vouées à l’échec. Dieu, ou l’Amour, ou l’Intelligence cosmique, ou le Mystère continue de hanter l’esprit humain, quoiqu’en disent les philosophes et penseurs de tout acabit.
    Passons à l’anthropocentrisme qui propose que « l’homme est la mesure de toute chose ». Encore une prétention orgueilleuse dont la vie quotidienne nous montre constamment l’insuffisance: l’homme est aux prises avec des forces biologiques, sociales, écologiques, cosmiques qui dépassent infiniment sa mesure, auxquelles il doit s’ajuster constamment, et pour lesquelles sa mesure n’est tout simplement pas… à la mesure.
    Finalement, ces quelques propositions montrent, je crois, que les bases de l’athéisme relèvent d’une « foi », une foi irrationnelle en quelques articles fort valables en soi dans la sphère qui leur est propre, mais nettement imparfaits et insuffisants pour rendre compte de la totalité de la vie, du cosmos et de l’expérience humaine. Et qui dit « foi » dit nécessairement « religion ». Mais dans ce cas, il s’agit, encore une fois, d’une non-foi, d’une a-religion, d’une a-spiritualité.
    Finalement, un mot sur les rituels et symboles qu’on associe toujours aux religions, mais dont la définition à laquelle vous référez ne tient pas compte, je vous le signale. Ce dictionnaire a d’ailleurs raison : les rituels et symboles demeurent tout à fait accessoires et extérieurs à la foi et aux systèmes de croyance qui en dépendent. On prétend que l’athéisme ne dispose pas de telles simagrées et signes superstitieux. Permettez-moi d’être en désaccord : il souscrit tout particulièrement aux chiffres, aux statistiques, à tous les régimes de la quantification. Il croit avec ferveur aux credos naïfs du scientisme qui prétend que toute la vie se résume et se réduit aux entrechocs aveugles de la matière. Et il aime tout particulièrement mener ses messes basses à l’endroit des religions de toutes sortes, des messes basses dont la stridence devient au fil des années de plus en plus virulente.
    Et pour finir, sachez que j’ai beaucoup de respect, parfois même de l’admiration, pour de nombreux athées et agnostiques. Je suis tout à fait d’accord pour leur donner voix au chapitre et leur donner une place dans le concert social. Et je suis tout à fait d’accord pour qu’ils formulent leurs idées : ils sont des forces magnifiques devant lesquelles le christianisme et toutes les religions sont obligées de se purifier et d’affiner leurs propositions. Cependant, je refuse qu’en leur nom on procède à l’aseptisation religieuse de la société au nom d’un supposé principe de « neutralité ». Cette neutralité est un leurre et un mensonge. Elle a une couleur et une marque très certaines : celle de l’athéisme dont l’agenda sous-tend les propositions de la laïcité. Elle fait en sorte que la laïcité prend la couleur de la foi a-religieuse qui l’anime et s’y manifeste de plus en plus, en fait qui a présidé à sa naissance : l’athéisme.

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      15 mars 2011 à 6 06 49 03493
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      C’est un tel tissu d’inepties qu’il décourage une réponse circonstanciée. Mais en gros vous mélangez tout, parce que cela vous arrange dans votre misère intellectuelle et spirituelle personnelle : la laïcité qui est un principe de séparation des églises et de l’Etat, la laïcisme qui est un militantisme rigoureux pour le respect de la laïcité et qui peut être( ou pas) sous-tendu par de l’athéisme, mais qui ne peuvent en aucune façon se confondre, métaphysique qui est une réflexion rationnelle et religion qui est du domaine de l’irrationnel, foi qui est du domaine de la conviction personnelle et religion indissociable de rituels, croyance et foi religieuse, comme si croire en l’homéopathie en faisait une religion, bref c’est un grand n’importe quoi intellectuel absolument navrant.
      Le pire reste tout de même l’énumération de ce qui est supposé constituer les rites de l’athéisme. Vos n’avez décidément aucun sens du ridicule.
      Quant à « l’aseptisation religieuse de la société », c’est vous qui avez employé le terme. Cela voudrait-il dire que vous reconnaissez à la religion sa nocivité pathogène à défaut de lui reconnaître son pitoyable rôle de béquille pour des humains qui sont incapables de se reconnaître comme mortels ?

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    14 mars 2011 à 16 04 23 03233
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    Donc tout ce qui n’est pas « Foi religieuse » est admirable mais à circonscrire.

    Revenons sur la fonction de la raison. Vous semblez donner à la « Foi positive » le mérite de l’identification de « Ce qui est » métaphysique, insinuant que la raison n’y a pas accès.

    Curieusement 500 ans avant Jésus-Christ, c’est à dire avant Saül de Tarse, vous m’excuserez, un dénommé Socrate avait expliqué très clairement « l’êtreté » des choses.

    Autrement dit la « métaphysique » à son plus haut niveau.

    Il l’avait expliqué avec des exemples simples et facilement accessibles.

    L’un de ces exemples était: « la beauté » dont on voit la manifestation mais qu’on ne voit, elle-même, jamais.

    La beauté « est »; mais on ne peut pas l’apercevoir. Il l’appelle « la beauté en soi »(Évidemment il ne parle pas de la beauté en nous-même mais de la beauté dans son « êtreté ».

    1500 ans av J.C. Moïse parlait déjà de « Celui qui est »; qui n’est pas une « révélation » intuitive mais le réultat d’un raisonnement assez simple. « Je suis celui qui possède un esprit et un corps »; donc je suis « autre chose » que cet esprit et ce corps; en fait je suis « Celui qui est » propriétaire.

    Par contre, Moïse s’est servit de ce résultat raisonné pour en faire une « religion » très asservissante.

    Finalement le Christianisme est tout simplement une synthèse
    1) des histoires plus ou moins religieuses antérieures ainsi que
    2) des pensées métaphysiques antérieures.

    Je pourrais même dire que Socrate est mort pour son amour de la « Cité » qui était l’ensemble des gens qui l’entouraient; ses ennemis tout comme ses amis.

    Mais je ne le dis pas pour ne pas donner l’impression de vouloir inculquer une opinion « qui n’est qu’une partie de la vérité ».

    Amicalement

    Elie l’Artiste

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    14 mars 2011 à 17 05 11 03113
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    @Élie L’Artiste
    Vous noterez qu’au cours des deux derniers siècles, la métaphysique a été « déconstruite » et contestée en même temps que la foi religieuse. Ce qui n’est pas fortuit.

    Je ne sais pas pourquoi vous vous excusez de m’indiquer un fait qui précède Saul de Tarse de 500 ans. Que je sache, tant la métaphysique que la foi religieuse n’ont pas attendu Saint-Paul pour exister.

    Enfin, je crois que vous mêlez des choses. Que les objets du monde puissent être « beaux », personne ne constestera ce fait du côté des athéistes, des agnostiques et des a-métaphysiciens. Mais pour ce qui est de « l’êtreté » de la beauté, cette « Beauté en soi » dont parle Socrate, et Platon à sa suite, voilà un thème que tout le mouvement de déconstruction de la métaphysique remet en question. Or, je vous invite à relire Platon (celui qui signe les textes de Socrate…): la Beauté dont il parle est une réalité qui transcende toute saisie par la raison. Certes, on peut discourir des choses belles, mais la Beauté dont elles sont habitées échappent à la préhension de la raison. Elles relèvent d’une saisie directe, d’une contemplation intuitive, au-delà des filets de la raison. Finalement, affirmer l’existence objective de ce « domaine » métaphysique où résident la Beauté, le Bien et la Vérité en soi peut très bien relever pour Socrate et Platon d’une « évidence », il n’en reste pas moins qu’il s’agit d’un acte qui relève de la foi. Pour les quelques rares élus à qui a été donné le don de la vision profonde, c’est une évidence; pour les autres, c’est un acte de foi. (Mais vous constaterez que chez les grands mystiques à qui il a été donné de voir l’être-en-soi, la foi, étrangement, est immensément renforcée et exaltée) L’accès à ce domaine de l’en-doi, qui fonde pourtant toute la philosophie occidentale, est interdit à la raison discursive. Il relève d’une préhension intuitive et mystérieuse qui est de l’ordre de la contemplation mystique. Et c’est tout ce domaine merveilleux de l’être-en-soi que les athéistes cherchent à nous ravir en le niant au nom d’une religion de la raison.

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      14 mars 2011 à 19 07 50 03503
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      « la Beauté, le Bien et la Vérité en soi peut très bien relever pour Socrate et Platon d’une « évidence », il n’en reste pas moins qu’il s’agit « d’un acte qui relève de la foi ». »

      Et pourtant il y met énormément de « raisonnement » pour nous l’expliquer.

      Socrate n’était pas un homme de Foi; il était un homme de « raison ».

      « Pour les quelques rares élus à qui a été donné le don de la « vision profonde », c’est une évidence; « pour les autres », c’est un acte de foi. »

      Heureux de constater que vous soyez d’accord avec moi. La Foi est nécessaire à ceux qui ne « voient pas très loin ».

      Je remarque que vous me dites:

      « Finalement, affirmer l’existence objective de ce « domaine » métaphysique où résident la Beauté, le Bien et la Vérité en soi peut très bien relever pour Socrate et Platon d’une « évidence », il n’en reste pas moins qu’il s’agit d’un acte qui relève de la foi. »

      Suivi de:

      « Pour les quelques rares élus à qui a été donné le don de la vision profonde, c’est une évidence; pour les autres, c’est un acte de foi. »

      Ce qui signifie que vous dites que Socrate et Platon, c’est une évidence « découlant d’un acte de Foi », et, ensuite vous enchaînez que Socrate et Platon sont de ceux, qui ne font pas partie des « autres » pour qui, c’est un « acte de Foi ».

      « Évidence dû à la Foi » et « Foi dû à l’évidence », je ne vois pas vraiment la différence.

      D’ailleurs « l’évidence » de Socrate, au sujet de la Beauté, le Bien et la Vérité en soi, n’est pas dû à une « vision profonde mystique » c’est dû à un raisonnement qu’il nous explique par A + B assez longuement et assez facile à suivre.

      « L’accès à ce domaine de l’en-doi, qui fonde pourtant toute la philosophie occidentale, est interdit à la raison discursive. »

      Et pourtant vous serez certainement d’accord pour dire que Socrate l’explique lors d’une conversation et même d’une discussion. Je n’insinuerai pas que vous n’avez pas lu Platon, évidemment, et qu’il vous faudrait le relire. 😉

      « Il relève d’une préhension intuitive et mystérieuse qui est de l’ordre de la contemplation mystique. »

      Là vous me demandez de faire un acte de Foi; car je n’ai jamais expérimenté de contemplation mystique; et pourtant je comprends très bien ce que Socrate voulait expliquer.

      « Et c’est tout ce domaine merveilleux de l’être-en-soi que les athéistes cherchent à nous ravir en le niant au nom d’une religion de la raison. »

      La je ne sais pas trop quoi vous dire. Vous prévilégiez une religion intuitive et mystique à une religion de la « raison ».

      Pourtant, encore une fois, Jésus a dit: « Cherchez et vous trouverez ». Croyez-vous qu’il voulait dire de chercher à « vider notre esprit » pour être intuitif et atteindre la contemplation mystique ou s’il voulait dire de chercher pour obtenir la « connaissance »?

      Lorsqu’il dit: « Je suis la voie, la vérité et la vie » croyez-vous qu’il signifiait de livrer nos âmes dans les mains du clergé en récitant un acte d’humilité, ou s’il s’adressait à chacun de nous en particulier de sorte qu’il respectait l’individualité de chacun.

      Quant à la condamnation de l’Athéisme, il est « évident » que cette position est une « réaction » énmotionnelle dûe aux actions des religions et nous sommes bien obligé de vivre avec leurs conséquences.

      La position Athéiste n’est pas une position de « raison » mais bien plutôt d’émotion.

      Remarquez que la « rebellion » est tout aussi émotionnelle que la « béatitude » ou la « croyance d’être une nullité poussièreuse ».

      Il est, à mon sens, plus « raisonnable » d’accepter que nous sommes des « êtres » pour l’instant « humains ».

      Amicalement

      Elie l’Artiste

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        14 mars 2011 à 20 08 31 03313
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        Sur Terre, vous dites?

        Que viens faire le racisme ici?

        Un musulman n’est pas un athée à ce qu’il me semble.

        L’Athéisme ne peut pas être une position de « raison » puisqu’il n’y a aucune preuve que Dieu n’existe pas. Il ne reste que la position « émotionnelle » anti cléricale.

        L’Agnosticisme est déjà beaucoup plus « raisonnable » car il ne prend pas position pour ou contre quelque chose de non prouvé.

        Alors soyons tous « officiellement » agostiques (on croira ce que l’on veut inmdividuellement) et ne faisons plus de politique avec des sujets dont on n’est même pas certain de l’existence.

        Quant à mes « envolées » au-dessus de la mêlée, comme vous dites, c’est simplement que je suis conscient d’être propriétaire d’un esprit et d’un corps. Il faudra m’en excuser. 😉

        Mais dites-moi?

        Ètes-vous?
        🙂

        Amicalement

        Elie l’Artiste

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