Le laïcisme, nouvelle religion – 4

Yan Barcelo, 13 mars 2011

Toute la question de fond, qui fait s’affronter laïcisme et foi religieuse, s’est maintenant déplacée. Il ne s’agit plus de simplement séparer les pouvoirs de l’Église et de l’État. Il est maintenant impératif d’enlever du domaine politique le moindre signe religieux, qu’il s’agisse du crucifix de l’Assemblée nationale ou, tout particulièrement, de la prière du maire Tremblay. Déjà, la pensée laïque occupe la position dominante et établit la base du débat : si on conserve le crucifix à l’assemblée, c’est en tant « qu’objet du patrimoine historique », certainement pas à titre de « signe religieux ». Vouloir le conserver à titre de signe religieux le condamnerait irrémédiablement aux oubliettes.

Or, que le maire Tremblay récite ou non une prière en début de séance de son conseil me semble guère un sujet de controverse. Qu’il en fasse une me laisse, en fait, plutôt indifférent. Mais retournons la situation : si le maire d’un village se mêlait, au début de chaque conseil, de faire une profession de foi athée, n’y aurait-il pas lieu de s’inquiéter?

Pour ma part, je le serais. Pourquoi? Parce que je craindrais que ce politicien soit animé de façon suspecte par un programme dont les fondements ne conviendraient pas nécessairement à une conscience religieuse. Et c’est là, je crois, le fond du problème : cette prière du maire Tremblay inquiète des gens qui récusent tout agenda politique qui soit d’inspiration religieuse, chrétienne ou autre.

Tout ce théâtre des « offenses » et des « signes » est peut intéressant en soi, sauf dans la mesure où il recouvre des préoccupations plus profondes. Il s’agit de savoir si les décisions politiques du maire seront inspirées par des valeurs de foi chrétienne ou par des valeurs de non-foi athée. Ces deux sphères sont-elles incompatibles? Pas nécessairement. Il y a un vaste territoire d’humanisme où elles peuvent se rejoindre. Toutefois, il y a des sujets limites où elles s’affrontent: l’euthanasie, l’avortement, les contenus pédagogiques des écoles, les subventions aux événements culturels.

On dira que le maire de Saguenay n’a pas grand-chose à voir avec l’euthanasie et l’avortement. Pas de façon directe dans les grands débats législatifs, il va de soi. Mais il peut approuver ou interdire l’octroi d’un permis pour une clinique d’avortement sur son territoire pour toutes sortes de raisons…  Ou il peut approuver une subvention en préférant un concert de musique sacrée plutôt qu’un « jam heavy metal ».

Or, je prévois que c’est sur ce terrain des enjeux politiques que l’offensive laïque va porter de plus en plus. Il ne s’agira plus seulement d’aseptiser l’espace public en y retirant tout « signe » religieux. Il s’agira de plus en plus d’extirper de la pensée étatique toute inspiration, toute notion, plus encore, tout relent qui soit de l’ordre de la croyance religieuse et de la foi. Et je ne parle pas ici de la foi dans sa saveur chrétienne (le petit Jésus, la Vierge Marie, etc.). Je parle de la foi dans sa dimension existentielle et cosmique commune à toute religion et à toute spiritualité. Comme je l’ai démontré dans mon essai, il s’adonne que notre « saveur » de foi, en Occident, est profondément et radicalement chrétienne. Et cet enracinement a donné tout le « miracle » de civilisation qu’est l’Occident. En tentant d’arracher cet enracinement, on risque de faire flétrir cette civilisation elle-même.

Or, si le laïcisme, qui est essentiellement une variante de l’athéisme, est lui aussi une religion, il y a tout lieu de le traiter comme tel, comme une religion parmi d’autres. Et ses demandes d’oblitération des signes religieux ne doit pas porter plus de poids que la demande d’une musulmane pour porter le voile.

Tout ce débat autour de la foi et du laïcisme peut sembler fort abstrait et déconnecté de toute réalité concrète. Un débat stérile entre les intellectuels citadins du laïcisme et le « quétaine » de Saguenay. Pas du tout. Je vais tenter de montrer dans ma prochaine chronique comment ce discours de la foi, ou plutôt son absence croissante, agit très concrètement dans notre société. Dans la même édition de La Presse du 17 février où on attaquait le maire de Saguenay pour sa prière publique, dans la page voisine A20, un exemple éloquent nous était fourni des conséquences très concrètes, et malheureuses, d’un monde de plus en plus dominé par la foi laïciste. Et je tenterai de le « déchiffrer ».

26 pensées sur “Le laïcisme, nouvelle religion – 4

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    13 mars 2011 à 9 09 43 03433
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    Comme vous vous en doutez, je ne suis pas d’accord avec ce qu’a écrit Yan BARCELO. Même si cela s’est pratiqué depuis des siècles, il me semble intolérant et donc anormal d’imposer la vue d’un crucifix dans un lieu public, un tribunal, par exemple.
    En effet, même s’il passe inaperçu, il s’agit d’un symbole prosélyte parce que, au moins de manière subliminale et donc inconsciente, il suggère implicitement que la Justice est rendue sous les auspices de Dieu.
    En Belgique, pays de tradition catholique, on a résolu le problème selon l’habituel « compromis à la belge » : lors des séances de Cour d’Assises, un tenture masque le tableau représentant un immense crucifix faisant partie du « patrimoine historique » ou artistique … !
    Hypocrisie plutôt que remise en question … !
    Réciter un prière, comme le faisait George W. BUSH, avant une séance avec ses ministres, c’était tenter de démontrer que leurs décisions, la sienne surtout, étaient nécessairement inspirées par Dieu et ne pouvaient donc qu’être judicieuses et pertinentes ! Cela prouvait surtout l’ irresponsabilité personnelle de ce président, son absence de tout souci de neutralité et de tolérance à l’égard des incroyants, même si ceux-ci sont encore minoritaires aux USA.
    Comme au Québec, ce genre de prières constitue une forme de démagogie, totalement inacceptable à mes yeux. Cela prouve enfin que ces politiciens sont totalement obnubilés par leur optique religieuse unilatérale, tout à fait dépendants et influencés qu’ils sont par leur éducation religieuse et leur milieu croyant exclusif.

    Yan BARCELO ne distingue manifestement pas la laïcité politique, qui est un « minimum minimorum » : la séparation des prérogatives des Etats et des religions, et d’autre part, la laïcité philosophique, celle qui, bien qu’ antidogmatique, n’est pas antireligieuse ni « athéiste », puisqu’elle prône un système éducatif pluraliste permettant, par une information minimale, objective et non prosélyte, de choisir aussi librement et tardivement que possible une option religieuse OU une option laïque.

    Les religions et la laïcité peuvent en effet s’entendre sur quelques principes ou valeurs, telles que l’acceptation de la différence de l’autre, mais pas sur des questions telles que l’euthanasie, l’avortement, les projets pédagogiques, la liberté de choix des parents, etc. En effet, leurs conceptions respectives de l’autonomie, de la responsabilité individuelle et de la soumission sont incompatibles.
    Je ne parlerais pas de « miracle » de la civilisation occidentale, vu le grand nombre de guerres religieuses ou idéologiques que l’intolérance, d’où qu’elle vienne, a généré !
    Le « laïcisme » n’est pas une « variété de l’athéisme », et encore moins une « religion » ou une « foi laïciste » : c’est une opinion philosophique humaniste fondée sur l’autonomie de la raison et le respect de la liberté de conscience.

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    13 mars 2011 à 10 10 19 03193
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    « il me semble intolérant et donc anormal d’imposer la vue d’un crucifix dans un lieu public, un tribunal, par exemple. »

    Je pourrais tout aussi bien dire qu’il est intolérant de ne pas tolérer la vue d’un crucifix dans un tel lieu et je ne vois pas pourquoi cela ne serait pas valable. HA! 😡 👿

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    13 mars 2011 à 13 01 41 03413
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    Bonjour Sombredereliction,
    Je vois que vous jouez sur les mots, à la manière des jésuites …
    Renvoyer à l’expéditeur ses arguments est devenu courant, faute de mieux.
    Un symbole religieux, ou laïque, est légitime s’il n’est pas ostentatoire ou prosélyte. Par exemple s’il est porté discrètement par une personne pour exprimer visuellement son appartenance à une conviction religieuse ou laïque. (Exit donc le voile islamique à l’école, dans les administrations, …).

    Ainsi, j’ai apposé sur la vitre arrière de ma voiture un autocollant figurant le « flambeau de la laïcité », afin que si un grave accident de roulage devait m’arriver, un (rare) curé bien intentionné, passant par là, s’abstienne de m’administrer, contre mon gré, son « extrême onction in articulo mortis ».

    A mes yeux d’athée, il n’est pas honnête intellectuellement d’imposer ses convictions religieuses à autrui, s’il ne l’a pas souhaité, surtout insidieusement et hypocritement par le biais d’un crucifix dans une salle de classe, une chambre d’hôpital, une salle d’audience, etc… où l’on se trouve en situation d’infériorité. Ce prosélytisme, qui est la caractéristique de l’irrépressible volonté d’évangélisation chrétienne, ne me paraît pas sincère et de « bonne foi », mais volontaire depuis que les religions sont en chute libre. Je le considère donc comme inacceptable.
    C’est aussi le cas, par exemple, des parents croyants lorsqu’ils imposent leur foi à leur enfant : en l’absence d’esprit critique à cet âge, l’ influence parentale et environnementale est émotionnelle et d’autant plus prégnante du fait qu’ils lui cachent volontairement les alternatives laïques, afin de l’empêcher de découvrir ultérieurement d’autres horizons philosophiques. Et pour cause : ces parents croyants les ignorent le plus souvent eux-mêmes, ayant été victimes de la même occultation …
    « La tolérance ne consiste pas à tolérer l’intolérable ! » (Jules ROMAINS).

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    13 mars 2011 à 15 03 50 03503
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    @ M. THYS

    surtout insidieusement et hypocritement par le biais d’un crucifix dans une salle de classe, une chambre d’hôpital, une salle d’audience, etc… où l’on se trouve en situation d’infériorité.

    À lire ce commentaire, vous devez être rarement bien dans votre peau, cher monsieur. Mais, dites donc, c’est quoi ce complexe ?? Puis, à quand un vote sur la création d’un nouveau pays : AtheeLand ? J’aurais même une suggestion pour l’endroit : les îles Galápagos !

    Fraddé
    P.S : «Reconnais le moment favorable» – Pittacos de Mytilène

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    13 mars 2011 à 17 05 45 03453
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    @ Fradé
    Je me sens très bien dans ma peau, depuis près de 50 ans que j’ai eu la chance de perdre ma foi protestante en découvrant les horizons philosophiques qu’on m’avait cachés !
    Cela ne semble pas avoir été votre cas.
    Vous ne m’avez pas bien lu ou pas compris : je ne prône nullement l’athéisme (ce serait dogmatique !), mais le libre choix entre croyance ou incroyance.
    Oui : dans une classe, dans un lit d’hôpital ou dans un tribunal, on est en situation de faiblesse ou d’infériorité. Un crucifix, à ces endroits, revient à profiter de cette situation. Dans les hôpitaux belges, en vertu du principe de « neutralité », (sauf évidemment dans les établissements catholiques), il n’y a plus de crucifix, et on demande au patient s’il souhaite la visite d’un prêtre, d’un conseiller laïque ou de personne.

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    13 mars 2011 à 17 05 49 03493
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    J’oubliais : … si le patient  » souhaite la visite d’un prêtre, OU d’un pasteur, d’un rabbin, d’une imam, d’un conseiller laïque ou de personne.
    On ne peut être plus tolérant !

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    13 mars 2011 à 23 11 53 03533
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    Je ne peux pas commenter sur la situation belge qui m’est inconnue, mais au Québec, je ne peux m’empêcher de voir les petits crucifix ornant certaines salles publiques, comme un charmant vestige du passé. En général, cela produit sur moi un petit effet d’ émerveillement, mais aucun sentiment d’infériorité ou d’oppression. Naturellement je n’exprime là qu’un sentiment personnel, rien de plus.

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    14 mars 2011 à 0 12 31 03313
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    SD
    Bon commentaire!
    P.S.: Vous ne me croirez pas, mais plusieurs empruntent votre personnalité.
    Ceux-là, on les efface…. 🙂

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    14 mars 2011 à 1 01 18 03183
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    Je maintiens qu’il faut être émotionnellement troublé pour se sentir en «situation d’infériorité» et «oppressé» lorsqu’on voit des symboles de son propre héritage religieux. Comment un individu peut en arriver à cracher sur son héritage spirituel-religieux-symbolique commun et toutes les valeurs qui y sont inhérentes ? Surtout venant de la part d’un Européen … dont ses ancêtres de différentes époques se sont battus et ont été victorieux grâce à leurs convictions chrétiennes profondes et le système de justice qui y est rattaché. Pensons à la lutte contre le communisme, le fascisme, contre la machine de guerre islamiste (Espagne et Roumanie), contre les tyrans de la royauté. Non … c’est troublant comme école de pensée.

    Fraddé
    P.S : «Reconnais le moment favorable» – Pittacos de Mytilène

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    14 mars 2011 à 3 03 04 03043
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    Je ne conteste pas l’héritage chrétien de l’Europe, malgré l’intolérance et les violences dont le catholicisme est responsable (l’Inquisition, etc), mais il ne faudrait pas oublier celui des Lumières, malgré les excès de la Révolution française, et enfin celui des libres penseurs et francs-maçons a-dogmatiques et anti-dogmatiques qui continuent à promouvoir l’émancipation des esprits.
    Pour ma part, même si je me l’explique, je continue à m’étonner de voir les croyants défendre inconditionnellement leur religion, comme s’ils étaient incapables d’ évoluer dans leurs conception, alors que leur « Créateur » les a pourtant pourvu d’un cerveau qui en est capable capable.

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    14 mars 2011 à 9 09 42 03423
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    « P.S.: Vous ne me croirez pas, mais plusieurs empruntent votre personnalité.
    Ceux-là, on les efface….  »
    Voilà qui m’intrigue et… m’effraie,! 😯

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    14 mars 2011 à 17 05 39 03393
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    celui des libres penseurs et francs-maçons a-dogmatiques et anti-dogmatiques qui continuent à promouvoir l’émancipation des esprits

    Bon, là le type nous vante le «grand» héritage des francs-maçons et combien ces gens nous ont «libéré». Vous n’êtes pas sérieux, M. Thys ? On en a eu, au Québec/Canada, des premiers ministres ayant fait partie de la franc-maçonnerie (la ‘French Power’) ; pensons entre autres à Pierre Elliott Trudeau (Frère Chasseur), à Jean Lesage (Père de l’Illusion Tranquille), à Robert Bourassa et Bernard Landry. Quatre hommes qui nous ont nui, qui nous ont endetté, qui nous ont hypothéqué et tout ce qu’ils ont touché a fini par virer en merde. Ils ont jeté à la poubelle tout notre héritage chrétien et le respect fondamental que le peuple avait pour la vie humaine. Je ne parle pas non plus des notions de «travailler fort» et «de ne pas vivre au-dessus de ses moyens», qui elles aussi ont pris le bord !

    Certaines théories avancent même que les programmes appliqués par ces politiciens auraient été implémentés des années avant leur arrivée au pouvoir. Implémentés par qui ? Certains répondent, sans hésiter, qu’ils furent pensés à même les conseils franc-maçonniques.

    Si vous avez un sincère respect pour la franc-maçonnerie internationale, je crois que nous allons arrêter le dialogue dès maintenant.

    Cordialement,

    Fraddé
    P.S : «Reconnais le moment favorable» – Pittacos de Mytilène

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    14 mars 2011 à 17 05 47 03473
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    @ S.D

    Merci pour le lien. Je t’avouerai que j’ai vu ça venir depuis plusieurs années déjà. Ça explique en grande partie pourquoi j’ai placé l’ensemble de mes «billes» en Asie du Sud-Est, il y a déjà quelques années.

    Fraddé
    P.S : «Reconnais le moment favorable» – Pittacos de Mytilène

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    15 mars 2011 à 15 03 21 03213
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    Bonjour Fradé,
    Etant Belge, je n’ai suivi que de très loin l’évolution de la politique canadienne et québécoise, (surtout les débats relatifs au cours d’Ethique et Culture religieuse).
    Mais je doute a priori que les quatre premiers ministres francs-maçons cités, qui ne sont pas nécessairement athées et encore moins antireligieux, aient « jeté à la poubelle tout l’héritage chrétien ».
    Par contre, je ne pourrais que les approuver dans la mesure où cet héritage, essentiellement catholique et communautariste, était devenu inadapté à la pluralité des cultures et des convictions, et donc à un vivre ensemble harmonieux.
    Il importait donc qu’ils fassent évoluer les mentalités religieuses et traditionalistes au Québec, notamment par plusieurs années de discussions à propos du cours d’ECR.
    Mais de manière encore insuffisante, à mon sens : non seulement ce cours privilégie le christianisme, par rapport aux autres religions, mais surtout, il occulte les options laïques. Sauf erreur, la mention de l’athéisme a même été supprimée !
    Quant aux critiques relatives à la gestion financière, elles peuvent être adressées à d’autres hommes politiques que des francs-maçons.

    Vous avez partiellement raison à propos de l’influence de la franc-maçonnerie. En effet, à l’exception des Obédiences dites « régulières » (majoritaires dans les pays anglo-saxons, qui imposent la croyance en Dieu et en l’immortalité de l’âme, et qui s’interdisent de discuter de questions de société), il est vrai qu’avant d’être débattues politiquement, des questions telles que la dépénalisation partielle de l’avortement, la légalisation de l’euthanasie, sous certaines conditions, etc. sont « pensées » au sein des Loges appartenant aux Obédiences adogmatiques,
    Je n’ai donc pas « un égal respect » pour les diverses Obédiences qui constituent la franc-maçonnerie universelle, même si je respecte leur idéal commun de progrès de l’être humain et de l’humanité.
    Mais je comprendrais que vous souhaitiez « arrêter le dialogue dès maintenant ».
    Cordialement,
    Michel THYS à Waterloo (1815)AA

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    15 mars 2011 à 16 04 02 03023
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    On arrête ce dialogue , mais on arrêtera pas l’autre et je ne suis pas à Waterloo(1815) BB , Foi de ,
    Jean-Marie De Serre.

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    15 mars 2011 à 17 05 39 03393
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    M. Thys

    Effectivement, la rupture du dialogue, dans ce cas, est préférable. Je ne dis pas cela par condescendance ou par mépris, mais par expérience, car il n’est pas long que ce genre de dialogue se transforme en «dialogue de sourds».

    Vous dites :

    Vous avez partiellement raison à propos de l’influence de la franc-maçonnerie. […] il est vrai qu’avant d’être débattues politiquement, des questions telles que la dépénalisation partielle de l’avortement, la légalisation de l’euthanasie, sous certaines conditions, etc. sont « pensées » au sein des Loges appartenant aux Obédiences adogmatiques

    Merci de le reconnaître. Je veux tout de même vous laisser sur une réflexion (pour vous, dans votre esprit), car ça fait déjà un certain temps que j’étudie le phénomène de la franc-maçonnerie. La première sous-réflexion est par rapport à l’allégeance que portent les hauts gradés maçonniques (30e degré et plus), qui eux influencent les étages inférieurs de la pyramide. À qui portent-ils allégeance (pas seulement dans le monde anglo-saxon, comme vous le prétendez) ? Puis, quel est le lien direct entre cette allégeance, leur volonté de laïciser (lire ici «déchristianiser tout l’espace public») l’Occident et leurs tables de pilotage mises en œuvre pour y arriver ?

    Et, la deuxième sous-réflexion : trouvez le lien entre la franc-maçonnerie contemporaine et l’époque qu’on a appelé «l’Inquisition». Si vous prenez le temps de bien faire les liens et d’aller au fond des choses dans cette réflexion, avec honnêteté, vous risquez de découvrir certains éléments contenant une grande laideur. Vous aurez devant vous un dessein bien dessiné …

    Fraddé
    P.S : «Reconnais le moment favorable» – Pittacos de Mytilène

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    16 mars 2011 à 10 10 15 03153
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    @ Fraddé :
    Il faut être franc-maçon pour savoir que les « hauts grades » n’ont, en tout cas, aucune connexion avec les trois premiers et donc aucune influence sur ceux-ci.
    Plutôt que de parler d’ « allégeance », je dirais que les Loges « régulières » du monde entier, ainsi que les les « Grandes Loges » déistes « , et même certaines Loges adogmatiques, travaillent à la gloire du « Grand Architecte de l’Univers », alias Dieu, mais ce symbole est plus ou moins librement interprétable.
    Ni au Grand Orient de France, ni à celui de Belgique, qui sont des Obédiences adogmatiques et antidogmatiques, pas plus que dans les Loges féminines ou mixtes, il n’y a de « volonté de déchristianiser tout l’espace public » de l’Occident.
    Si « volonté de laïciser » il y a, elle se limite, en France, à faire respecter la laïcité politique instaurée par la loi de 1905, et en Belgique, à faire inscrire le principe de laïcité dans la Constitution, et non plus celui d’une pseudo neutralité surtout favorable à la religion catholique.
    Je cherche en vain « un lien entre la franc maçonnerie contemporaine et l’époque de l’Inquisition ». Certes, en franc-maçonnerie, il y a une recherche d’une « vérité » personnelle, partielle et provisoire, en vue du perfectionnement individuel et du progrès de l’humanité, et d’autre part une « enquête » quant aux motivations et à la sincérité des convictions d’un candidat, sa probité, ses qualités de coeur et d’esprit, et même « l’épreuve du bandeau » après avoir médité dans un « cabinet de réflexion » qui ressemble à un cachot. Mais tout y est symbole.Toutes les convictions sont respectées (sauf celles des terroristes) a fortiori lorsqu’elles ont été remises en question, et qu’elles sont le fruit de la réflexion et du libre examen.
    On entre difficilement en franc-maçonnerie, mais on en sort facilement.
    Au contraire, l’Inquisition désigne d’une part la « recherche » (inquirere) – c’est le sens initial- et la poursuite des hérétiques, et d’autre part la juridiction devant laquelle était traduit les accusés. Des tortures et des bûchers ont encore eu lieu en Espagne jusqu’en 1788 (La Torquemada) et en France, en 1766 (supplice du Chevalier de la Barre). Mais il y eut parfois un acquittements …
    De nos jours, c’est le principe même de la poursuite et de la condamnation pour de simples opinions qui heurtent le plus nos consciences, du moins celles des laïques, si j’en juge par certains commentaires de chrétiens fondamentalistes.
    En toute honnêteté, je ne vois aucune « laideur » dans la démarche initiatique et symbolique des francs-maçons …
    Vous reconnaîtrez qu’on ne peut en juger que lorsqu’on en fait partie.

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    16 mars 2011 à 10 10 21 03213
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    Corrections :
    –  » devant laquelle était traduit l’accusé » ou alors : « devant laquelle étaient traduits les accusés ».
    – « il y eut parfois un acquittement ».
    Sorry !

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    16 mars 2011 à 12 12 55 03553
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    Vous reconnaîtrez qu’on ne peut en juger que lorsqu’on en fait partie.

    Ou bien après avoir eu, à mes côtés, pendant des jours et des jours, des individus qui ont fait partie de la franc-maçonnerie, qui venaient de la quitté, et qui m’ont livré des témoignages qui arrivent à ébranler les gens les plus froids. Ça donne froid dans le dos, surtout lorsqu’on sait préalablement que le groupe renferme la crème intellectuelle, scientifique, commerciale et financière de ce monde.

    Plutôt que de parler d’ « allégeance », je dirais que les Loges « régulières » du monde entier, ainsi que les les « Grandes Loges » déistes « , et même certaines Loges adogmatiques, travaillent à la gloire du « Grand Architecte de l’Univers », alias Dieu, mais ce symbole est plus ou moins librement interprétable

    Si vous n’avez aucune idée de l’identité unique de ce « Grand Architecte de l’Univers », c’est que vous ne devez pas être très haut dans la hiérarchie. D’ailleurs, c’est normal d’être actuellement tenu dans l’ignorance, à ce sujet. Tous les témoignages que j’ai reçu allaient dans le même sens : le «God» maçonnique, le «Grand Géomètre», représenté par un grand G sur le symbole de la franc-maçonnerie internationale, est nul autre que l’Ennemi du Dieu chrétien, Satan.

    Qu’on le prenne dans sa forme exclusivement symbolique, il n’en demeure pas moins que ces individus, hauts placés, travaillent dans l’intérêt du divin malin. Ça nous démontre l’aspect tordu de cette vieille entreprise. Ce qui explique également, de façon claire et sans contradiction, la volonté des francs-maçons d’affaiblir la chrétienté et les enseignements qui en découlent, qui justifie les tables de pilotage qu’ils ont tenu et tiennent toujours pour aseptiser davantage des lieux publics, ce riche et précieux héritage.

    C’était la réponse à la première sous-réflexion. Sachant cela, vous pourrez très bien répondre à la deuxième (le lien avec l’«Inquisition»). Un indice : pensez à une roue qui tourne.

    Fraddé
    P.S : «Reconnais le moment favorable» – Pittacos de Mytilène

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    17 mars 2011 à 6 06 59 03593
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    @ Fraddé:
    Le « degré » que j’ai atteint en franc-maçonnerie ne regarde pas les « profanes », et je m’étonne que vous puissiez porter un quelconque jugement à ce sujet. Je ne peux que constater votre solide préjugé à l’égard de la franc-maçonnerie a-dogmatique, ce qui est logique, mais quand même surprenant dans le cas de la franc-maçonnerie dogmatique et théiste.

    Ceux qui ont quitté la franc-maçonnerie et « livrent des témoignages » alors qu’ils avaient fait le serment de ne rien dévoiler, sont parjures, et n’auraient jamais dû être cooptés ! Ce sont souvent des gens qui avaient des espoirs arrivistes et intéressés. Etant vite déçus et repérés, ils ne tardent pas à s’en aller. Ils sont heureusement minoritaires.

    Pour « travailler dans l’intérêt du divin malin, encore faudrait-il y croire !
    Je pense que vous serez mal reçu si vous allez dire à des francs-maçons, même réguliers, que le Gadlu, God, n’est « nul autre que l’ennemi du dieu chrétien, Satan ».

    Je ne fréquente pas les francs-maçons « réguliers » (parce qu’ils ne reconnaissent pas comme Maçons ceux faisant partie d’autres Obédiences).
    Mais il serait logique que certains de ces « réguliers » au moins contestent le dogmatisme catholique ou évangélique qui est à la base de l’enseignement confessionnel, par définition unilatéral.

    « Aseptiser les lieux publics » n’est justifié que lorsque les symboles religieux sont exhibés dans un but de prosélytisme.
    Je ne vois toujours aucun rapport entre l’Inquisition et la franc-maçonnerie. La « roue qui tourne » évoque le supplice du même nom, mais il était réservé aux criminels, pas aux « hérétiques »lors de l’Inquisition, qui étaient condamnés au bûcher, et à d’autres tortures atroces, surtout à l’égard des « sorcières, que je vous invite à découvrir via Internet …
    A mes yeux, la « roue qui tourne » évoque la fin inéluctable du dogmatisme, de l’obscurantisme et du cléricalisme, du moins dans la majorité des pays intellectualisés.

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    17 mars 2011 à 16 04 22 03223
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    @ M. Thys

    Vous dites :

    Le « degré » que j’ai atteint en franc-maçonnerie ne regarde pas les « profanes »,

    Et :

    Ceux qui ont quitté la franc-maçonnerie et « livrent des témoignages » alors qu’ils avaient fait le serment de ne rien dévoiler, sont parjures, et n’auraient jamais dû être cooptés !

    Hmmm, des secrets, des secrets. Je sens de la haine dans vos propos cités ci-dessus, M. Thys. Je vois que toute vérité n’est pas bonne à dire lorsque ça concerne la F-M.I. C’est d’autant plus bizarre que d’un côté de la bouche, vous critiquiez les aspects «dogmatique» et «obscurantiste» des religions chrétiennes, et de l’autre côté de la bouche, vous tenez mordicus aux secrets de la F-M.I et à l’importance du serment

    Je dois tout de même vous remercier : dans cette discussion, vous m’avez donné certains éléments importants qui corroborent les versions d’anciens francs-maçons ayant quitté le navire avant qu’il soit trop tard. Des infos venant de l’autre côté de la clôture … Un jour, je révélerai certaines informations troublantes sur les pratiques, les dogmes, les courants de pensée (l’eugénisme, entre autres) et certains desseins de la F-M.I, sur mon blog personnel.

    Sur ça, bonne chance pour le futur, M. Thys. Je terminerai en vous disant que tant qu’il vous restera du temps, les changements, dans votre vie personnelle, seront toujours possibles.

    Cordialement,

    Fraddé
    P.S : «Reconnais le moment favorable» – Pittacos de Mytilène

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    17 mars 2011 à 21 09 54 03543
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    S.D

    Oui. Les chiffres varient d’une source à l’autre, mais on parle entre 6 et 9 millions d’individus, dans le monde, qui en feraient partie.

    Fraddé
    P.S : «Reconnais le moment favorable» – Pittacos de Mytilène

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    18 mars 2011 à 4 04 46 03463
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    @ M. Fraddé,
    Permettez-moi de compléter, tout en la corrigeant, votre information.
    Les francs-maçons sont plutôt discrets que secrets. En effet, tous les rituels maçonnique sont accessibles dans la plupart des bibliothèques, et même via certaines vidéos. Certes, la transparence est nécessaire, mais cette divulgation est toujours mal interprétée par ceux qui n’ont pas été initiés.
    Le seul « secret » maçonnique est incommunicable, car c’est la perception que chaque franc-maçon se fait de son propre cheminement initiatique.
    Les Maçons s’engagent à ne pas dévoiler l’appartenance maçonnique des autres, parce que cela fait partie de leur vie privée et pour leur éviter des répercussions fréquentes si leur employeur est catholique. Il ne faut pas oublier non plus que les nazis ne se sont pas seulement attaqués aux juifs …
    Le « serment » maçonnique consiste seulement à s’engager à rester discret, à respecter ses engagements de probité et de travail au sein de la Loge, soit dit sans trahir aucun secret.

    Le eugénistes était nombreux du temps de Darwin (qui ne l’était pas) et après, et donc sans doute parmi certains francs-maçons, mais je n’en connais pas. Par contre, avez-vous lu « L’homme, cet inconnu » ( 1935), du très catholique docteur Alexis CARREL, (1873-1944) , prix Nobel de médecine en 1912 ? Je lis, page 388 : « (…) pour ceux qui ont tué, qui ont volé à main armée, qui ont enlevé des enfants, qui ont dépouillé les pauvres, qui ont gravement trompé la confiance du public, un établissement euthanasique, pourvu de gaz appropriés, permettrait d’en disposer de manière plus humaine et économique » ! ! !
    D’où le zyclon B des chambres à gaz …

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