Le leurre de la démocratie

On parle de tout sauf de ça, mais c’est de ça qu’il faut parler. Nous avons atteint l’abondance. La science, la technologie, l’industrie nous ont apporté l’abondance. La pauvreté que nous avons dans les pays industrialisées est un choix de la pauvreté. La misère que nous avons dans le tiers monde est un choix de la misère. C’est un choix gratuit, politique,d’abord d’inconscience, mais qui, conscientisé, devient le choix de la méchanceté.

Le choix d’une toute petite classe de dirigeants-possédants qui a fait main basse sur le pouvoir d’exploiter comme un cheptel le reste de la population. Elle ne l’exploite même pas pour en tirer plus, Ceux de cette classe ont déjà bien plus de richesse qu’ils n’en pourraient consommer ! Ceux qui sont « en haut » exploitent ceux qui sont « en bas » pour en tirer le plaisir de les manœuvrer dans leurs jeux de pouvoirs. Rien d’autre. Les « puissants» s’amusent des faibles et des pauvres pour meubler leur désoeuvrement, dans une société qui n’a plus de valeurs, plus de principes plus de buts tangibles réels.

Ils s’amusent. Rien ne s’oppose à ce que nous doublions, triplions et plus notre production en quelques années pour satisfaire non seulement les besoins, mais la plupart des désirs de tous les habitants de cette planète. Nous avons les connaissances et les ressources pour le faire. Il suffit d’un plan, d’une formation des ressources humaines, de leur affectation à la production et à la distribution.

Facile. Techniquement facile, c’est l’humain qui fait obstacle. Il faut que le Systeme invente inlassablement des problèmes, des obstacles, des crises et des guerres pour nous détourner du but évident et bien accessible qui serait de réaliser et de partager l’abondance.

Le système a bien des astuces pour nous convaincre  de rester pauvres pour le plaisir des riches ; mais, de toutes ces astuces, la plus importante et la plus infâme est de nous faire croire que c’est NOUS qui le voulons.  De nous persuader que c’est NOTRE libre choix de ne produire qu’une fraction de ce que nous pourrions produire et que nous sommes tous d’accord pour que seule une petite minorité de l’humanité profite de l’abondance.  C’est cette astuce, cet attrape-nigauds qu’on appelle la démocratie.

Il est urgent d’en parler, car il ne reste que cet obstacle, sur le chemin d’une  prise de conscience  qui s’impose de cette réalité  que  l’abondance est là et que la richesse pour tous n’est qu’un choix politique faire. La démocratie est une leurre. Il faut le voir.

Pour les détails, comme l’éducation, la santé, la justice et les autres babioles, nous avons la démocratie…. et Tarzan est heureux!    Mais pour le choix crucial qui conditionne tous les autres, celui du partage entre ceux qui possèdent et ceux qui ne possèdent pas, le peuple ne choisit pas, le peuple ne décide pas.

Pour l’argent, la monnaie, le credit, le capital, les banques – les choses sérieuses – le peuple n’a que le choix entre bonnet blanc et blanc bonnet : celui de choisir celui ou celle qui recevra du pouvoir financier  le mandat d’appliquer la politique… dont décide le pouvoir financier. La  seule politique. Non négociable. Celle par laquelle le peuple est exploité sans vergogne. Instrumenté. Bafoué.

La démocratie se confond aujourd’hui  avec le modèle corporatiste des USA, une pseudo démocratie de manipulation et de corruption.  Les arnaques alternatives des Républicains et des Démocrates – interchangeables – sont un jeu qui rappelle celui des Bleus et des Verts a Byzance.  Nous avons un fascisme collégial et une partie dego surréaliste est sans cesse en marche entre puissants qui laisse les hors-jeu sans appuis et sans espoir.

Ce modèle de démocratie a été copié dans tout l’Occident, car aucun autre ne donne tant de pouvoir  à la  simple richesse.  C’est un jeu qui est d’autant plus malsain qu’il est plus « démocratique », car les luttes de pouvoir entre « ceux d’en haut »  occupent plus de place, au fur et a mesure que s’élargit la liste des joueurs… sans pourtant que jamais une vraie majorité n’y soit conviée !

Y a –t-il une chance que nous échappions à cette fausse démocratie de manipulation et de corruption ?  Peut-être… par le pire.  Car il y a une usure du pouvoir inhérente à cette pseudo démocratie, dans la mesure où les changements les plus évidents  et qui rendent  tous les Tarzans heureux étant rapidement acquis, on en arrive ensuite a un inéluctable jeu de partage inégal des avantages arbitraires.

C’est quand on en arrive au partage de ces dépouilles arbitrairement distribuées  – tout ce fric qui découle de toutes ces  « affaires » qui scandalisent la France  – qu’une réaction anti-démocratique revient en force, se faisant des alliés de ceux que déçoit chaque nouvelle distribution puisque celle-ci est toujours au détriment des alternatives qui auraient été possibles…

Avec les magouilles  se généralise alors, au sein de la population d’en bas comme d’en haut, Le désir d’un État « non-démocratique:, autoritaire, le seul qui puisse travailler pour le bien commun contre les intérêts factieux et partisans. On a alors la politique du pire.

La politique du pire, car, rejeté par cette volonté populaire, même le peu de démocratie réelle qui persistait dans l’apparence de démocratie que l’on avait  se détériore, puis cède la place à un désir d’autorité.  Une minorité plus restreinte va accéder au pouvoir. Une période malheureuse, mais il y a des degrés dans ce malheur, selon que cette toute petite minorité, étant elle même au-dessus de la mêlée – (pensez à l’ex-URSS ou à la Chine aujourd’hui) –  veut  ou ne veut pas au moins un peu le bien du peuple …

Une période difficile, mais cette autorité, plus ou moins débonnaire,  va néanmoins mettre les pendules a l’heure, rétablir l’ordre et relancer la demande pour la démocratie.  Pour une meilleure démocratie, moins corrompue au moins au départ,  moins factice… Le mal de l’autoritarisme vécu, on aura peut-etre fait un pas en avant.

Nous sommes dans les derniers jours de pseudo-démocratie avant cette phase autoritaire.   On ne l’évitera pas. Il faut gérer cette situation… et penser l’avenir.

Pierre JC Allard

http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/03/12/171-karcher/

18 pensées sur “Le leurre de la démocratie

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    4 octobre 2010 à 3 03 56 105610
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    @Pierre Allard,

    Bien pensé:
    Nous sommes dans les derniers jours de pseudo-démocratie avant cette phase autoritaire. On ne l’évitera pas. Il faut gérer cette situation… et penser l’avenir.
    =====================
    Pour autant que le fond vaille la forme il nous reste à nous de savoir ce que nous voulons.

    Quant au fait de faire un pas en avant, j’ai plutôt le sentiment du contraire qui donne donc toute la valeur à l’illustration.
    Dans la mesure ou je puisse me tromper merci de me rectifier.
    Le Panda
    Patrick Juan

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      4 octobre 2010 à 10 10 31 103110
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      J’ai la conviction profonde que la complexité force une complémentarité et donc une interdépendance croissante, qui nivelle les pouvoirs, conduit inéluctablement vers plus de démocratie et, à la limite, exigera le consensus. Pas demain. Un jour..

      PJCA

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        4 octobre 2010 à 12 12 55 105510
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        @PJCA

        Pas demain, un jour, oui dans ce sens je comprends mieux.

        Une conviction profonde elle forcemment personnelle, que cela nivelle les pouvoirs, c’est indiscutablement à mes yeux une interpédance mais pas croissante dans tous les sens.

        Il ne faut pas lancer le péssimisme trop loin.

        Le Panda

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    4 octobre 2010 à 6 06 37 103710
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    @ Allard,

    Vous avez une vision très pessimiste. Il y a quelques mois, j’ai effacé tous mes « amis » FB qui étaient de la politique et même ceux qui en parlaient, car ils militaient toujours pour un parti, comme de belle mécaniques.

    J’ai fait le choix de ne plus voir tout ceci et pour ne me préoccuper que des plaisirs et des joies…peut-être par prescience du malheur, dont vous parlez. Et mes bagages sont toujours prêts pour me réfugier à l’étranger, sur une île grecque loin de la civilisation et proche de la vraie vie, dans un bar où il n’y aurait que deux sièges. (I) (D)

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      4 octobre 2010 à 11 11 00 100010
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      Bonjour Demian

      Je suis hédoniste, sybarite même à la mesure de mes moyens. Oui, pour les îles grecques – ou le Pelion, qui est le meilleur de l’insularité a une heure de Kolonaki – mais d’octobre à mars, il vaut mieux se replier vers le soleil…

      Mes bagages sont toujours prêts et je fais une répétition générale chaque automne en fuyant l’hiver canadien. Tout ce dont j’ai besoin ne fait d’ailleurs que 4 kg… et j’ai dit, quand j’étais encore bien jeune, que la vie était si courte que ça ne valait pas la peine de défaire sa valise…

      PJCA

      PS: Votre petit pied-à-terre http://demianwest.7duquebec.com n’attend plus que vos pénates et que vous l’aménagiez selon vos goûts. Je passe vous laisser les clefs.

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        4 octobre 2010 à 13 01 01 100110
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        @PJCA,
        Dixit:
        Mes bagages sont toujours prêts et je fais une répétition générale chaque automne en fuyant l’hiver canadien. Tout ce dont j’ai besoin ne fait d’ailleurs que 4 kg… et j’ai dit, quand j’étais encore bien jeune, que la vie était si courte que ça ne valait pas la peine de défaire sa valise…

        ===============
        Voila une phrase ou citationque nous pouvons nous coller, ou bien tu me l’as volé dans un livre un de mes miens ou j’ai relu les pssages de mon enfance.
        Mais attention de ne pas faire comme ICARE.

        Le Panda

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    4 octobre 2010 à 7 07 35 103510
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    Peut-être, devrait-on considérer l’approche suisse à la démocratie? Elle s’est prouvé relativement efficace à garder leurs politiciens honnêtes.

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      4 octobre 2010 à 7 07 50 105010
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      @PHILIPPE DAVID,

      C’est vite dit, il suffit alors de constater la garde papale rapprochée.

      Mais cela serait surement un autre débat.

      Le Panda

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        5 octobre 2010 à 17 05 15 101510
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        J’ai également beaucoup d’intérêt envers le système démocratique Suisse.

        Mais il n’est pas clair dans mon esprit.

        Amicalement

        André Lefebvre

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    4 octobre 2010 à 9 09 48 104810
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    Bien que ca puisse paraitre gros : et surtout que l’esprit autoritaire poussé par la chinoiserie semble gagner

    Je fais le pari de la démocratie, ou tout du moins de la société libérale : je me suis trompé quelque fois : on verra

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    4 octobre 2010 à 12 12 24 102410
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    Le spectacle est terminée

    La machine ne chipotera pas, elle ne fera pas de spectacle : vous savez ce mensonge perpétuel, cette illusion collective, toutes ces croyances débiles sur le travail ou l’économie : ca ne marchera pas avec elle, ni avec toute supra intelligence

    si la ou les machines voudra faire le bien c’est qu’on aura su lui donner des valeurs : je ne pense pas que ceux qui nous dirigent en sont capables ( ni pour élever un peuple et le respecter, ni pour éduquer leurs enfants dans de bonnes valeurs : je suis souvent cru ) : ni même leurs experts : ils n’ont qu’a essayer pour voir ce que la machine leur dira, ou fera : qu’ils créent leurs monstres

    Echec et mat : la vie ou la mort, la destruction ou la paix

    Ca n’arrive pas encore à l’esprit de tous : qu’importe

    l’ironie de la vie c’est qu’on meurt tous un jour

    Alors j’en vois qui n’ont pas encore touché le fond, qui ne font pas face a leur propres actes, leurs existence et leur mort : soit

    Le spectacle qui est partout, va se terminer

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    4 octobre 2010 à 12 12 26 102610
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    Beaucoup plus vite que vous ne le croyiez : tous

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    5 octobre 2010 à 17 05 01 100110
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    Bonjour ,bien d’accord avec vous sur la pseudo démocratie qui monopolise les richesses !
    La démocratie en tant que contenant ,permet – en théorie du moins – la libre expression du citoyen .. Mais dans son contenu , cette expression est sans cesse corrompue par les manipulations de l’opinion organisées par les grands groupes de pression et intérêts financiers privés, achetant ou noyautant partis politiques ,médias, agences de communication etc . .
    Éclairer les citoyens en dehors de ces groupes de pression et d’oppression, , un combat sans cesse à renouveler ,auquel Centpapiers participe pleinement !

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    6 octobre 2010 à 5 05 16 101610
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    Je conseille de lire ‘La démocratie et les financiers’, de Francis Delaisi, écrit en 1991 et réédité en 1936. Il montre les rouages de l’illusionnisme capitaliste-médiatique-politique que nous percevons (faussement) comme un « libre marché », une « presse libre » et une « démocratie parlementaire ». L’auteur est connu pour sa fameuse liste des « 200 familles qui contrôlent la France ».

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    6 octobre 2010 à 5 05 20 102010
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    J’ai écrit 1991, mais je voulais plutôt dire 1911!

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    7 octobre 2010 à 5 05 08 100810
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    Avez-vous entendu ces rumeurs qui courent depuis de nombreux mois, concernant la création d’un NOUVEAU PARTI, une prétendue « 3e voie », réunissant des politiciens « déçus », issus de tous les partis. Évidemment tout ça est mis en scène par « l’élite » (un concept plutôt vague, je sais…).

    Il semble que ça se concrétise.

    Et je vous parie que les Québécois vont mordre à l’hameçon!!


    Un nouveau mouvement politique?
    6 oct 2010
    http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2010/10/06/005-mouvement-politique.shtml
    La rumeur de la création d’un nouveau mouvement politique, autour de l’ex-ministre péquiste François Legault, circule depuis quelques jours à Québec.

    Selon les informations obtenues par le journaliste de Radio-Canada Pierre Duchesne, M. Legault a réuni entre 15 et 20 personnes à sa résidence de Montréal, le 11 septembre, pour parler de l’idée d’un nouveau groupe de réflexion politique.

    Parmi les personnes présentes, il y avait notamment l’ex-ministre péquiste Joseph Facal, l’homme d’affaires Charles Sirois, et l’ancien président du Grand Prix du Canada, Normand Legault.

    L’ex-ministre libéral Philippe Couillard aurait aussi été approché pour faire partie du groupe. L’ancien chef de l’Action démocratique du Québec, Mario Dumont, ne serait pas dans le groupe.

    Le groupe voudrait prendre ses distances du Parti québécois et de la souveraineté.

    Selon les informations obtenues, le groupe jugerait que le Parti québécois va dans la mauvaise direction avec Mme Marois qui, estime-t-il, parle trop de souveraineté et de la question identitaire. Le groupe reprocherait aussi au premier ministre Jean Charest de ne pas avoir le courage politique de prendre des décisions sur les questions économiques.

    Le nom de Force Québec a été évoqué, mais a été abandonné, car il ferait trop référence à des forces armées.

    Une des personnes présentes, qui ne souhaitait pas être identifiée, dit avoir entendu M. Legault déclarer que s’il revenait en politique c’était pour être chef.

    Le groupe prépare un document écrit qui serait prêt dans les prochaines semaines.

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