Le marché du travail au Japon et en Allemagne

La population japonaise a baissé de 123’000 individus en 2010 (source AP), soit de l’ordre de 0.1%, tandis que la population en âge d’y travailler y a diminué dans des proportions beaucoup plus inquiétantes. C’est ainsi que 85 millions de japonais étaient âgés entre 15 et 64 ans en 2005 alors que ce chiffre a baissé à 81 millions à fin 2010, soit une réduction d’un peu moins de 1% – 0.8% très précisément – des citoyens susceptibles d’enrichir le marché du travail. Au même moment, la masse des japonais de plus de 65 ans a progressé de près de 3%, soit de 24.9 millions à 29.5 millions de la population, augmentation quasi entièrement imputable aux plus de 75 ans… Cette modification en profondeur de la structure de la population nippone est donc sur le point de remettre en question le niveau et standard de vie dans ce pays, le problème étant moins la réduction – modérée jusque là – de la population globale que l’augmentation substantielle des personnes âgées en comparaison du reste des actifs.

Contrairement à ceux qui sont persuadés qu’un tel phénomène contribuera à relancer la productivité, il agira en fait exactement dans le sens contraire dans la mesure où le nombre croissant de retraités réduiront le taux d’épargne national et, donc, l’investissement national. Par ailleurs, comme les prévisions sur 2050 estiment que la population en âge de travailler baissera de 20% supplémentaires par rapport à la population totale, il en résultera ainsi une baisse mécanique d’au moins 20% du revenu moyen nippon au cas où la structure démographique globale de ce pays reste inchangée! Hélas, une des rares solutions – sur le court et moyen terme – à ce casse tête japonais serait de repousser l’âge de la retraite afin d’augmenter la population active mais également pour réduire le nombre de retraités. Mais comment faire passer une telle réforme alors que les gouvernements successifs du pays rivalisent de faiblesse?

Changement de décor en Allemagne où, entre 2003 et 2005, l’ancien Chancelier Schröder avait fait adopter toute une série de lois sur le travail et sur la taxation du travail portant l’appellation d’ »Agenda 2010?. Les résultats de ces réductions des charges salariales et de l’assouplissement du marché du travail furent impressionnants puisque, contrairement aux autres nations de l’OCDE ayant connu une hausse ininterrompue de leur chômage, celui-ci a en fait baissé en Allemagne d’un taux de 9.7% en 2004 à 6.8% en 2010! Ainsi, ce redressement de l’emploi y est d’autant plus spectaculaire que le taux de chômage était notoirement plus élevé en Allemagne par rapport à la moyenne de l’Union Européenne.

Encore mieux: la population active y a même progressé de 1% alors que l’Allemagne (comme la Japon) accuse une réduction de l’ensemble de sa population et que celle en âge de travailler diminue dans des proportions encore plus importantes qu’au Japon… En fait, contrairement à tous les autres pays développés aux économies intégrées, l’Allemagne est la seule à avoir bénéficié d’une croissance réelle et nette de son emploi (ratio calculé en tenant compte de l’ensemble de sa population).

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