Le mystère Sumérien(16) La source des civilisations

La source des civilisations

          Bon !  J’espère que cette incursion dans les textes sumériens est suffisante pour le moment.  Parce que si nous voulons que notre opinion de l’origine des Sumériens venant de la mer Noire se tienne, il faut bien trouver des arguments archéologiques, ethnologiques, géologiques et traditionnels pour les appuyer.

         Nous faisons alors face à une grosse entreprise qui, je crois, peut réussir;  parce que les spécialistes actuels en ces domaines ont développé une expertise à couper le souffle.  Nous n’en sommes vraiment plus à l’époque où on s’attaque à un site avec 1 000 personnes armées de pelles rondes, de pics et de massues.  On travaille aujourd’hui avec des truelles, des petits balais et plus souvent encore, avec ce que mon grand-père aurait appelé des «blaireaux» qui sont de petits pinceaux à poils doux avec lequel on balaie la poussière du sol. La patience nécessaire à un archéologue d’aujourd’hui, est digne du supranormal. Je suis constamment ébahit par celle que ces hommes et femmes démontrent dans leur travail.

        Resituons-nous.  Vers 9 500 ans av.J.C. les niveaux océaniques s’élèvent alors de 120 mètres.  L’eau de la Méditerranée est bloquée par un mur au niveau actuel du Bosphore.  L’agriculture prouvée existante depuis 15 000 av.J.C. doit se pratiquer sur les plateaux continentaux des océans jusqu’au moment où les niveaux se mettent à monter.  À ce moment-là, une majorité des habitants continentaux parviennent à trouver refuge sur les «terres hautes» ou la densité de population est moindre. Mais, les confrontations deviennent inévitables et s’installent aussitôt, des villages/villes protégées par des murs d’enceinte.  Nous en connaissons environ une quarantaine pour l’instant.

        Et le temps continue de s’écouler jusqu’en 5 500 av.J.C.  À ce moment-là, une fissure se produit dans la masse de terre bloquant le passage de l’eau de la Méditerranée vers la mer Noire.

        L’eau s’introduit dans cette fissure qui se transforme rapidement en une chute de 80 mètres de haut.  La Méditerranée se précipite alors dans la mer Noire et les niveaux s’égalisent en deçà de 30 ans.

        Durant ces 30 années, il est indiscutable que la population habitant le plateau continental de la mer Noire se précipite sur les terres plus sécuritaires.  Qui aurait bien pu rester là à bailler aux corneilles ?  Cette population eu le privilège de continuer d’évoluer sans aucun accroc depuis des dizaines de milliers d’années.  Je viens de me retenir pour ne pas écrire : des centaines de milliers d’années; j’espère que vous l’avez deviné.  Mais une évidence est incontestable, cette population qui s’enfuit du littoral de la mer Noire, apporte avec elle son histoire qui elle, s’étend définitivement sur les milliers d’années qui ont précédé.

       Voici une photo satellite de la Mer Noire où on peut voir son plateau continental :

 

        En fait il est difficile de refuser que cette histoire ne commence pas avec l’aptitude de la parole chez l’humain; ou du moins, l’aptitude à se mémoriser des faits au moyen de récits verbaux.  Des récits, considérés par eux comme historiques, et que certains «spécialistes» de ces époques apprennent par cœur et récitent en certaines occasions.  Les druides faisaient encore la même chose à l’époque romaine.

        Ce fut, fort probablement, à cette époque reculée que l’enseignement fit son apparition.  Le néophyte doit apprendre par cœur les anciens récits en ajoutant ceux des évènements contemporains.  Ceux-ci sont aussi transformés en récits à être mémorisés, de sorte que la connaissance de l’histoire s’accumule continuellement.  Je n’ai pas besoin d’apporter de preuves à cette réalité, elle se retrouve partout, dans toute culture qui ne possède pas l’écriture.

        Ce qui ne veut pas dire du tout que l’écriture n’existait pas en 5 500 av.J.C.; ça veut simplement dire qu’avant l’écriture, on mémorisait des récits; quelle que soit l’époque dont on parle.  Lorsque apparaîtra l’écriture, à quel que moment que ce sera, on inscrira ces mêmes récits multimillénaires pour les conserver.

        Il est un peu difficile pour nous de conceptualiser la possibilité qu’un récit oral puisse être gardé intact pendant des milliers d’années quand nous-mêmes comptons sur l’écrit pour garder les «mémoires».  Mais on n’a qu’à prendre conscience que l’histoire du déluge sumérien se déroule, selon eux, à l’ère du Lion.  Cette ère représente les années comprises entre 10 000 et 8 000 av.J.C. et ce récit n’est écrit, au plus tôt, que vers 3 000 av.J.C.  On constate que le récit raconté est, malgré sa gestation orale, très exact au niveau de l’époque indiquée et l’est également au sujet des évènements géologiques impliqués. 

        On peut toujours contester les comportements et les gestes des personnages contenus dans le scénario, mais cette contestation ne s’appuie que sur nos préjugés.  Donc n’est pas tellement solide.  Elle est même inacceptable en elle-même.

        Donc, vers 5 500 av.J.C. une poussée d’envahisseurs se retrouve autour de la mer Noire.  L’Archéologie dans ces régions n’en est qu’à ses débuts mais nous allons vérifier au moyen de ce dont nous disposons pour l’instant.

Situons-nous géographiquement :

         Cette carte est exactement celle dont nous avons besoin. Elle couvre toute la région que nous voulons étudier. Allons-y :

        La mer Noire est une mer intérieure située entre l’Europe et l’Asie mineure.  Elle s’étend sur une superficie de 413 000 km2.

Les pays qui bordent la mer Noire sont :

L’Ukraine au nord ;

la Roumanie et la Bulgarie à l’ouest ;

la Turquie au sud ;

la Géorgie et la Russie à l’est.

        Les anciens Grecs nomment la mer Noire : le Pont-Euxin.

        Elle communique au nord avec la mer d’Azov par le détroit de Kertch, et au sud-ouest avec la Méditerranée par le Bosphore, la mer de Marmara et le détroit des Dardanelles.  Hérodote affirme que la mer Noire communique avec la mer Caspienne par des souterrains.  Il tient probablement cette information des habitants de la région.  La question est de savoir d’où ceux-ci avaient tiré leur propre renseignement.

        Nous savons que la Mer Caspienne est, elle aussi, une mer intérieure.  Pour justifier, quelque peu la théorie d’Hérodote, j’imagine qu’il ne suffit que de vérifier le niveau des deux mers intérieures actuelles pour savoir si elles communiquent.  Parce qu’il n’existe aucun barrage de défoncé entre la mer Noire et la mer Caspienne.  Si elles ne communiquent pas, la mer Caspienne doit être beaucoup plus basse que la mer Noire et ses eaux se doivent d’être non salées.  Voyons tout de suite.

Mer Caspienne :

        «La mer Caspienne est la plus grande étendue d’eau fermée du monde.  De faible profondeur au Nord, elle est composée dans sa partie centrale et méridionale par deux bassins plus profonds. (Profondeur moyenne de 170 mètres.)  Elle est coupée de la Méditerranée et de la mer Noire depuis le Pliocène.  Le niveau marin varie à l’inverse de celui de l’Océan mondial : il s’élève pendant les périodes glaciaires et baisse pendant les périodes plus chaudes.  À cette «périodicité» climatique se superpose une «apériodicité» inexpliquée présentant des variations fréquentes et d’amplitude variée.  Ainsi depuis 1977, le niveau de la mer, situé à -29 m au dessous de celui de l’Océan mondial est monté pour atteindre aujourd’hui la cote de – 27 m.»

        Donc le niveau est monté de 2 mètres depuis 1977.  Par contre il est toujours 27 mètres plus bas que le niveau des autres océans.

        «Les séries sédimentaires, qui présentent un fort taux d’accumulation, ont montré très nettement le début de la dernière déglaciation il y a environ 12 000 ans.»

        Par contre, étant 27 mètres plus bas que le niveau océanique actuel, la mer Caspienne ne communique certainement pas avec la mer Noire.  Ce qui ne l’empêche pas d’être salée comme le prouve cette partie d’un texte légal (à moins qu’une dénivellation de 27 mètres existe entre la Méditerrannée et la Mer Noire) :

        « Ainsi l’espace d’eau salée dénommé mer Caspienne… »

        Conclusion : l’eau est salée; ce qui est étonnant pour une mer intérieure, malgré les explications de spécialistes qui justifient cette salinité par l’accumulation de sodium etc.… déversée par les fleuves qui s’y jettent.  En comparaison, les grands lacs de l’Amérique du nord ne sont pas salés. 

        D’ailleurs, ces explications sont encore plus douteuses lorsqu’on les place devant l’autre explication de ces mêmes spécialistes qui justifie le peu de salinité de la mer Noire par l’apport d’eau douce des fleuves de la même région.  Donc, comment se fait-il que l’eau soit salée pour l’une et non salée pour l’autre, lorsque les fleuves leur fournissant de l’eau sont de la même région ? 

        L’eau salée est fournie à la mer Noire par la Méditerranée; mais d’où vient celle de la mer Caspienne ?

        Bon !  Laissons cette question à ceux qui s’y attaquent.  Ce qui est important pour nous, c’est que, pour l’instant, on ne peut pas dire que les plateaux continentaux de la mer Caspienne ont été inondés vers 5 500 av.J.C. comme ceux de la mer Noire.

        La Mer Noire quant à elle, est un ancien lac d’eau douce inondé par la Méditerranée, dont le niveau des eaux  était plus haut,  selon de récentes recherches roumaines.  Principaux arguments : les traces d’un littoral de 80 à 110 m plus bas et à 50 à 70 km plus à l’intérieur de l’actuel littoral ainsi que des poches d’eau douce deux mètres sous le fond de la mer Noire.

        La non communication entre la mer Noire et la Caspienne diminue simplement la quantitée de population qui a dû s’enfuir lors de cette inondation; rien de plus.  Il est toujours indiscutable que cette population est plus évoluée que le reste de l’humanité de l’époque.  Ce constat logique n’est pas du tout changé.

        Pour vérifier encore plus spécifiquement, il serait bon de jeter un coup d’œil sur ce qui a pu se dérouler sur les «terres hautes» autour de la mer Noire vers 5 500 av.J.C.  Nous devrions en tirer quelques renseignements importants.  Voyons l’archéologie des pays plus haut mentionnés qui entourent la mer Noire.

 Ukraine :

Figurine représentant un homme.  Culture Tripillienne : -5 400 à 2 900 av.J.C.

 La culture Tripillienne évolua durant le 4e millénaire av.J.C.  Elle s’étend sur de vastes territoires et est reconnue comme «très intelligente».

 Roumanie :

        De 5 400 à 2 750 vécu une culture appelée Culture Cucuteni qui est assez évoluée merci; heureusement, elle est la même que la Tripillienne ; ce qui simplifie les choses.

   

 

        Et voici une assiette qui est, à mes yeux, extrêmement importante.  Regardez bien le dessin.  Le tour de l’assiette démontre un mouvement qui tourne dans un sens, pendant que le centre tourne dans l’autre.  Cette assiette fait partie du «Early Tripillian» autrement dit d’environ 5 400 av.J.C. 

        Je ne vous demande que de vous rappeler ces 2 mouvements opposés complémentaires qui dénotent une certaine connaissance que nous aurons peut-être l’occasion d’aborder.

Et voici la région dont on parle; à l’Est de la mer Noire:

Continuons avec 

La Bulgarie         

        La culture Hamangia débute en 5 500 av.J.C.

Elle se caractérise par un très grand conservatisme.  Elle  change tellement peu au cours des siècles, qu’il est difficile d’en faire une datation évolutive.

        Par contre, l’abondance du mobilier funéraire démontre depuis les débuts d’une statuaire de terre de valeur artistique exceptionnelle.  Elle disparaît au environ du début du Vième millénaire assimilée par la culture très dynamique Boian.  En Bulgarie elle est connue sous le nom de Culture de Marica.

        Les installations se font sur de hautes terrasses qui présentent parfois des éléments de fortifications (Fossés défensifs).  Les premières habitations ont un plancher plus bas que le niveau du sol.  Ensuite, les maisons deviennent carrées et sont construites en surface du sol.  L’outillage lithique se signale par la présence de microlithes.

       

        La céramique est de couleur noire avec des décors principalement de type géométrique.  Vers la fin de son évolution, cette culture semble connaître la métallurgie du cuivre.

        La culture Boian s’étendra vers le sud jusque sur les rives de la Mer Égée.

Texte d’une description de la dernière culture issue des autres :

        «La culture Gumelnita appartient en réalité à un important complexe culturel connu sous le nom de « Gumelnita-Karanovo VI-Kodjadermen » qui résulte, au Ve millénaire avant notre ère, du premier grand brassage culturel survenu entre les Balkans du sud (Dikili Tash, Sitagori…) et les Carpates.»

        Bon ! On a tous comprit : toutes ces cultures sont une seule et même culture qui date de 5 500 av.J.C.  Cette culture est avancée technologiquement au niveau de la poterie et construit sur des terrasses.

        Mais prenons un instant pour comparer l’assiette Tripillienne de

 -5 400 av.J.C. au bord de la mer Noire à d’autres assiettes de la même époque mais trouvées ailleurs:

       Je reprends l’assiette Tripillienne que je compare à des assiettes de Samarra. Samarra est en Mésopotamie.

        Les samarriens descendent des mureybetiens orientaux. 

Leur civilisation se déroule en plusieurs phases :- Bouqras (6 400-5 900 av.J.C. / 7 800-7 200 BC) : Culture du blé, de l’orge, des pois et des lentilles.  Élevage de chèvres, moutons, porcs et boeufs.  Chasse avec des pointes de flèches de type Byblos.  Utilisation de maisons carrées en briques et de poteries lustrées puis peintes.

 

 

 

 

 

 

 

 

Culture de Samarra (Irak) : assiette en céramique à décor peint d’oiseaux pêchant des poissons (autour de 5 500 av.J.C.)

        Toutes les décorations sur ces assiettes tournent; et chez chacune, le centre tourne dans le sens contraire des aiguilles d’une montre avec le pourtour qui tourne dans l’autre sens.  Par contre, dans l’assiette tripillienne, on trouve trois mouvements comme dans l’assiette des poissons. Le pourtour tourne dans le sens des aiguilles d’une montre, le centre lui, tourne dans le même sens, mais nous voyons deux dessins (haut et bas) qui indique un sens de rotation médian du sens contraire des deux autres.  Nous avons vu, dans une autre série d’articles (À la recherche de la science secrète du Seigneur), que ceci n’est pas du tout un caprice de décoration. Ces dessins révèlent une connaissance qui est inconcevable à cette époque.

        On y voit également sur l’assiette des poissons, une croix gammée. Assiette qui date de 7 500 ans et qui(la croix) elle tourne dans le même sens que le pourtour.  Sur cette dernière, on obtient trois sens de rotation différents.  La croix gammée n’a rien de vraiment surprenant puisqu’on en a trouvé dans des grottes préhistoriques beaucoup plus âgées que celle-ci.

        Voici également une assiette datant de 6 000 av.J.C. et provenant d’Hacilar en Turquie :

Elle dévoile également les mêmes connaissances sans le mouvement.

        Voici finalement des figurines dites d’Halaf mais que l’on retrouve à peu près partout.  Le musée d’Israël en possède quelques-unes qui furent trouvées en Palestine.  La culture Halafienne date de 5 500 av.J.C.

        On retrouve sur ces figurines les caractéristiques rencontrées sur presque toutes les figurines de plusieurs «cultures» de cette époque et des suivantes.  Je ne mentionnerai que les femmes à tête d’oiseau (Celui qui a choisit ce nom devait avoir une fixation sur les «poules») qui seront représentées pendant plusieurs générations d’humains.  Ces déformations crâniennes se retrouveront plusieurs millénaires plus tard chez les Incas.  Les yeux de serpents ou de hibou qui seront ajoutés aux caractéristiques «divines» etc.…

        Une chose demeure certaine, c’est qu’archéologiquement et ethnologiquement, ces figurines et leurs caractéristiques sont directement reliées au concept «d’êtres supérieurs aux hommes» que nos préjugés ont identifié à notre propre concept de «dieux». Je le répète encore, aucun mot des vocabulaires précédant l’époque de la Grèce ne signifie «Dieu».  Ils parlent tous de «Puissants» ou de «Lointains».  Continuons notre survol des cultures de l’époque :

La Turquie : A Cafer Höyük, l’agriculture remonte au IXe millénaire av. J.C., tout comme au Levant.  Dès leur installation sur le site, les habitants y pratique la culture des céréales (blé amidonnier et engrain) et celle des légumineuses, particulièrement des lentilles.  La fréquence des légumineuses diminue en faveur de la culture des céréales dans la phase récente quand apparaît l’orge.  Aucune pratique de l’élevage n’y est par contre attestée, le seul animal domestique est le chien.

        Cette datation du IXe millénaire nous indique clairement que l’agriculture pratiquée au 15e millénaire ne fut pas perdue mais qu’elle se pratiquait de façon plus intense sur les plateaux continentaux des océans que sur les terres hautes.  Lors de l’inondation des plateaux, l’intensification de l’agriculture est transportée à des niveaux plus élevés.

        Il n’est pas prouvé cependant que la domestication des animaux ne commence pas ailleurs qu’à Cafer Höyük.  On verra plus loin et souvent.

        Cayonu est probablement l’endroit ou le porc (Sus scrova) est domestiqué en premier.  On y pratique la même agriculture qu’à Cafer Höyük.  Ici cependant, on découvre des traces d’élevage de mouton, de porc, de chèvre et de chiens.

        Il semble bien que la diffusion de la domestication se soit réalisée, ensuite, assez rapidement vers l’Ouest, en particulier vers le reste de la Turquie et la Grèce

La Géorgie :   

        On voit bien ici, sur la carte des reliefs, la possibilité d’une grande surface de plateau continental qui peut s’étendre vers la gauche sous la surface de la mer Noire.  Mais les faits géologiques démontrent que ce n’est pas le cas. La Géorgie se situe aux abords de la fosse profonde de la Mer Noire. ? Le plateau continental est tout à fait de l’autre côté.

        Entre-temps, jetons un œil sur les traditions de l’endroit :

       Lorsque vous visitez la Géorgie, vous entendez beaucoup parler de la légende de sa création…

        «Le Seigneur, après avoir achevé la création de l’Univers et du Monde, décida enfin de répartir les territoires de ce dernier entre les différents peuples dont il convoqua les représentants afin de leur affecter leur portion de territoire.  Les géorgiens, étant retenus par un festin, n’arrivèrent à la réunion qu’après que tout eut été distribué.  Il ne restait plus aucun territoire à leur attribuer.  Ne perdant pas espoir, et loin de se laisser décourager, ils décidèrent de charmer le Seigneur par leurs chants et leurs danses.  Résultat : le Créateur leur dit : 

«Vous chantez et dansez si bien et vous démontrez une telle joie de vivre que je ne peux vous laisser partir les mains vides.  Prenez la Terre que je m’étais réservée et faites-en bon usage.»

A partir de ce jour, le Créateur habita les cieux et les géorgiens se trouvèrent en possession d’un véritable Eden.»

        Ceux qui sont sensible, comme moi, face aux légendes décrivant l’origine des choses et des peuples, ne peuvent s’empêcher de comparer cette légende au cataclysme de la création du Bosphore.  De plus, elle détermine la Géorgie comme l’emplacement où Dieu, on devrait évidemment dire : «les Puissants» avait décidé de s’installer, après avoir été chassé par l’élévation du niveau de la mer Noire.  La légende est sûrement plus vieille que le nom du pays; car elle se rattache principalement aux individus qui ont habité la région avant de s’attacher à la nationalité de ses habitants.  On pourrait donc dire que les «dieux» s’étant réfugiés sur les plateaux décidèrent d’aller s’installer ailleurs en laissant cette région aux ancêtres des géorgiens.

          Lors de votre visite en Géorgie, vous découvrirez également avec étonnement le caractère guerrier qui ressort de la plupart des danses du pays.

        Le combat est parfois évident (le port du poignard et des cartouchières caractérisent le costume national), parfois plus discret, mais toujours présent symboliquement.  Ce rappel guerrier n’est sûrement pas le fruit du hasard. Il résulte des traditions ancestrales de la Géorgie.

        De tout temps, sa position géographique et ses richesses naturelles ont fait de la Géorgie un pays convoité par tous les autres peuples. «Son histoire est une suite sans fin d’invasions et de reconquêtes.»

        Ce devait également être le cas des hommes évolués qui habitent les côtes de la mer Noire à l’époque qui précède la création du Bosphore.  Les habitants de cette région préservée de la première inondation «mondiale», sans frein dans son évolution, ont obligatoirement dû développer des traditions de défense du territoire à partir de 9 500 av.J.C. contre tous les immigrants des plateaux continentaux qui voulaient s’intégrer.

        Mais les Géorgiens ne combattent plus les visiteurs; au contraire.  Laissez-vous entraîner à une table géorgienne et participez à un Keïpi (Banquet).  Tout y est parfaitement organisé et son déroulement obéit à des règles très strictes.   Vous comprendrez tout de suite comment il se fait que les premiers Géorgiens furent en retard à la convocation des dieux.  Ces banquets sont extraordinaires.

        Qu’en est-il du climat ?

        Le long de la mer Noire, le climat est tempéré et subtropical.  Il est particulièrement doux dans la plaine de Colchide qui connaît des hivers d’une grande clémence ou la température ne descend jamais au-dessous de 4°C.  Les étés sont caractérisés par de grandes chaleurs et une humidité intense.

        Ils se prolongent tard dans l’arrière saison.  Il n’est pas rare d’y vivre encore en octobre des températures supérieures à 20° C.  La végétation est abondante et le thé et les agrumes y trouvent leur terrain de prédilection.

          Voici, entre parenthèses invisibles, quelques mots qui me font penser au sumérien :

Le Malheur = ubeduroba

Beau = lamazi

L’indépendance = damoukidebloba

Le cœur = guli

Le grand père = babua

La terre (à cultiver) = miwa

La Terre (le monde) = dedamiwa

        Continuons de vérifier d’autres caractéristiques établies scientifiquement.

Roumanie :

 Il existe aussi une culture du cuivre au VIe millénaire.  L’âge du cuivre commencera 500 ans plus tard en Mésopotamie.  On en verra l’implication plus loin.

Géorgie et Arménie, berceaux de la vigne ?

        On a pu dater d’environ 7 000 ans avant notre ère des pépins de vigne et des sarments retrouvés en Géorgie. 

        Le Caucase semble bien être le berceau de la viticulture, tellement l’archéologie d’Arménie et de Géorgie multiplient les indices de son enracinement dans leurs terroirs.  Sans oublier, ce qui est étonnant à plus d’un niveau, les pentes du Mont Ararat où s’échoue, selon la tradition, l’Arche de Noé. Noé qui, à sa sortie de l’Arche, s’empiffre de vin au point où il donna à Cham, son fils, l’occasion de voir «sa nudité».  On peu concevoir à quel point, en cette époque reculée, devait être extrêmement grave de voir la nudité de son père.  Époque ou les hommes portaient des jupes et se lavaient dans les cours d’eau des environs.  Mais on le conçoit beaucoup moins bien lorsqu’on y réfléchit quelque peu. Ce qui laisse douter de la raison pour laquelle Cham, fils de Noé, fut « renié » par son père.

        Les fouilles de Catal Huyük, dans l’actuelle Turquie, comme d’autres à Damas, en Syrie ou à Byblos, au Liban, mettent aussi à jour des pépins de raisin, vieux de près de 9 000 ans, datant donc, plus ou moins, de l’époque où les peuples de cette région font leur révolution néolithique.  L’époque où les hommes deviennent officiellement agriculteurs.  Aussi bien dire que le vin, selon nous, est originaire d’une époque qui précède le déluge, tout autant que l’agriculture.

        D’autant plus que Noé se faisant construire une arche pour se sauver du Déluge imminent, dans le récit original sumérien, le contenu de la onzième des 12 tablettes retrouvées, précise qu’au cours de la construction de l’arche, offre aux ouvriers chargés de cette construction «le jus de la vigne, le vin rouge et le blanc … pour qu’ils puissent en boire comme l’eau du fleuve.»

        On dit que l’arche se serait échouée sur les pentes du Mont Ararat (l’actuel Buyuk Agri) qui se trouve être le sommet le plus élevé du Caucase, entre l’actuelle Turquie et l’Arménie.  Noé y trouve-t’il la vigne à l’état sauvage et apprend-il alors à la cultiver ou bien avait-il apporté avec lui les plants qui lui permit de perpétuer cette espèce végétale ?  – La question ne se pose même plus. Il connait le vin depuis longtemps.

        Aussi anciens, ou presque, que les tablettes babyloniennes, les hiéroglyphes égyptiens, dès la IIIème dynastie, célébrèrent le vin, considéré comme un don d’Osiris aux hommes.

        Ce Dieu de la végétation et de l’agriculture, mais aussi Dieu de la résurrection et du renouveau, dont le nom signifie «celui du vin», est le véritable propagateur de cette boisson sacrée, – (donc les «dieux» sont les habitants évolués des plateaux continentaux etc.…) qu’il assimilera au sang – idée reprise par nombre de religions – s’identifiera plus tard à Dionysos lorsque la culture de la vigne gagnera la Grèce.

        Au nord-ouest, on parle le géorgien, langue du sud caucasique, c’est-à-dire autochtone du Caucase.  Aussi loin qu’on remonte (par les textes cunéiformes).  Avant le 3ème millénaire déjà, la langue géorgienne est présente dans cette région, avec tout un groupe de langues sud caucasiques.  Enfin l’albanien est une langue caucasique du nord-est, également autochtone, d’une structure très compliquée (le géorgien s’écrit avec un alphabet de 36 lettres; l’albanien avec un alphabet de 56 lettres, avec des consonnes très difficiles).

        En dehors des fouilles archéologiques et des légendes, dont certaines très connues comme celle des Argonautes, de Médée et de la Toison d’or qui se rattache à l’ancienne Colchide, on ne sait rien d’historique sur ces régions avant Alexandre le Grand.  Au moment de son expédition vers l’Inde, Alexandre n’a fait d’ailleurs que contourner le Caucase sans y entrer vraiment.

        La véritable connaissance des lieux et du pays commence avec les campagnes de Pompée qui envahit le Caucase en 66-65 av notre ère.  Il bat Artag, le roi d’Ibérie qui est accompagné de trente-six autres rois.

        L’Ibérie étant en réalité constituée de tribus et ne formant pas un royaume unifié.  Ici on parle de tribus au sens romain qui voient partout des barbares quand ces sociétés sont non centralisées.  Par contre, cette structure sociale est identique aux citées indépendantes, caractéristique des premières sociétés sumériennes et égyptiennes.

        Étudions une autre facette de la géologie.  Regardons l’évolution de l’obsidienne.  Son évolution et son cheminement en tant que monnaie d’échange.

        Les sites préhistoriques du Proche et du Moyen-Orient, de la mer Égée à la mer Caspienne et du Caucase au golfe Persique, ont abondamment utilisé l’obsidienne depuis la fin du Paléolithique.  L’obsidienne est appréciée à plusieurs titres, pour ses qualités tranchantes, son aptitude à la taille et la beauté de sa surface noire brillante.  Ce matériau peut donc, selon le lieu et l’époque considérés, être un bien de consommation courante, un objet de prestige et sûrement monnaie d’échange.

        Ce verre volcanique est absent de tous les pays du Croissant Fertile : les seules sources disponibles se trouvent sur leurs marges septentrionales, en Turquie et dans le Caucase.

        L’obsidienne  voyage donc sur de longues distances (depuis l’Anatolie et le Caucase jusqu’au sud de la mer Morte et au golfe Persique).  Elle voyage sous des formes diverses (matériau brut, nucleus, préformés, produits finis).  Ce qui nous donne un produit excellent pour le troc afin d’obtenir ce qui manque sur les plateaux de la mer Noire et Caspienne avant 5 500 av.J.C.

        Dans l’ouest de l’Arménie, les gisements d’obsidienne affleurent au bas des pentes des volcans (Arteni, Gutansar, Atis), entre 800 et 1800-2000 m d’altitude, non loin des villages permanents

        Ces affleurements d’obsidienne sont exploités dès le Paléolithique Inférieur comme en témoignent de nombreuses concentrations d’artefacts :

        Les sources de l’Azat se trouvent précisément au pied d’une grande falaise, constituée par plusieurs coulées superposées d’obsidienne.  Cette obsidienne est très homogène, d’excellente qualité pour la taille.  Le fond du ravin est jonché de blocs de toutes tailles, et sur les pentes se trouvent plusieurs petits ateliers.  La présence de transhumants dans le Sjunik dès le Chalcolithique et durant l’âge du Bronze est attestée par de nombreuses gravures rupestres.  

        La datation est assurée par le fait que l’une d’elles ait été partiellement recouverte par une coulée de lave basaltique, datée de 5 000 à 6 000 ans.

        Le plus curieux dans tout ça est que l’histoire ne parle presque pas de cette région avant l’époque de Pompée.  C’est une région de légendes et de mythes : Jason, Hercule etc.  Cette région est-elle «tabou» ?  On peut très bien se poser la question.  Et on peut même se poser la question : Est-elle « tabou » par habitude de l’avoir toujours été? La réponse semble être : Oui!

À suivre

                                                                                           Elie l’Artiste

2 pensées sur “Le mystère Sumérien(16) La source des civilisations

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    7 juillet 2011 à 16 04 17 07177
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    Bonsoir,
    Suis d’accord avec Lartiste. Mais cette théorie est démontrable d’une autre façon : à partir des textes égyptiens.
    Voir « l’histoire de l’antiquité d’après Bob ». J’en suis un des auteurs.
    http://www.histoire-antiquite-de-bob.fr
    Cordialement,

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    • avatar
      7 juillet 2011 à 19 07 10 07107
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      Merci BOBJOSS.

      J’ai placé ton lien dans mes favoris et je vais l’étudier au plus tôt.

      Elie l’Artiste

      Répondre

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