Le mystère Sumérien(17).Petite visite régionale

Petite visite de la région

        Allons nous promener un peu en Israël, pour savoir si les échanges avec le Caucase existent là aussi ?

        «La néolithisation, c’est à dire le passage des sociétés de chasseurs-cueilleurs à la production de nourriture, a commencé dans l’Ancien monde il y a plus de 12 000 ans.» 

         Si ce n’est pas de dire ici, que l’agriculture date d’avant la date officielle de 8 000 avant J.C. je ne me servirai plus jamais d’un calendrier, je le jure !

Mais laissons la parole à un spécialiste :

        «(L’agriculture) C’est un phénomène compliqué qui semble avoir été enclenché pour la première fois au Levant où il se développe sur plusieurs millénaires.  On y distingue aujourd’hui trois étapes principales.  La première est marquée par une forte tendance à la sédentarité qui s’épanouit surtout dans le Carmel et la Galilée pendant le Natoufien (12 500-10 200 avant le présent).  La seconde correspond au Khiamien et au Néolithique précéramique A (PPNA) (10 200-9 200).  On pense que c’est le moment où les céréales (blé, orge) et certains légumes (pois, lentilles) ont été domestiqués dans le bassin de Damas et la vallée du Jourdain.  La domestication, c’est à dire la prise en charge, des animaux de boucherie, chèvres et moutons, serait un peu plus tardive.  On discute pour savoir si elle est locale ou si elle a été introduite à partir du nord.»

        Bon !  M. le spécialiste, je vous ferai remarquer que vous avez oublié l’étape Quadan et même d’Halfan (-17 000) avec leurs faucilles ce qui représente des signes évidents d’agriculteurs et qui date de -15 000 av.J.C.; c’est à dire il y a 17 000 ans.  Cette date précède de 5 000 ans l’élévation des niveaux océaniques.  Je vous propose donc d’appeler cette étape, l’étape 0.  Ce qui nous donne quatre étapes au lieu de trois.  J’espère que vous daignerez adhérer à ma présentation des «faits».  En fait ce serait une marque de respect envers vos congénères qui ont découvert ces «faits» archéologiques.

Israël :

Mallaha (Eynan) s’étend à quelques centaines de mètres au sud de la source de Mallaha, au pied de la Haute-Galilée, dans la haute vallée du Jourdain.  Sa superficie exacte n’est pas délimitée.  Les dates au C14 suggèrent que l’occupation a duré près de deux millénaires entre 10 000 et 8 200 av.J.C.

       Les natoufiens s’y seraient installés pendant une des périodes chaudes et humides qui annonce la fin de la dernière glaciation, l’Alleröd, et auraient abandonné le site au moment où le Dryas récent, dernière oscillation froide et sèche, faisait place au réchauffement postglaciaire.  Les fouilles actuelles n’ont porté que sur les niveaux supérieurs et c’est ceux-là seulement, qui appartiennent au natoufien en question que l’on qualifie de : Natoufien final.  Il faut donc croire qu’il y eut un Natoufien antérieur.  Pour la première fois, des habitations appartenant à cet épisode peu connu ont été mises en évidence.

        Les matériaux révèlent une utilisation intense de ressources les plus proches qui s’accorde avec la sédentarité.  Les rares objets vraiment étrangers proviennent de si loin que, sauf à supposer un territoire immense, ils n’ont pas pu être acquis sur leur lieu d’origine. Mais il a pu exister, à l’époque une économie de troc en développement.

        Il est certain, cependant, que Mallaha, au bout du compte, a été déserté, et il très probable que cet abandon a eu lieu avant la fin du Natoufien.  Nous n’en connaissons donc pas la raison exacte.

        Retraversons la Méditerranée pour nous arrêter à Chypre.  À mes yeux, la civilisation qui s’y développe me semble complètement différente de celles que l’on retrouve autour de la Méditerranée.  Les us et coutumes, le degré de servilité envers les dieux etc. me paraissent tout à fait différents.  Peut-être pourrons-nous ici débouter cette impression personnelle ?

       Voici une carte pour nous situer :

       Les recherches montrent une longue occupation de Chypre au cours du Néolithique précéramique, portant sur une période allant de la fin du IXe millénaire à la fin du VIIIe millénaire avant notre ère.  Le site est ensuite réoccupé pendant le Néolithique avec céramique (culture de Sotira) au Ve millénaire

        Donc, à partir d’autour de -8 300 ans av.J.C. Shillourokambos s’inscrit dans une économie totalement en rupture avec les genres de vie épipaléolithiques (chasse, pêche, collecte) qui étaient ceux des groupes humains antérieurs

        Un fait étonnant ici : La découverte à Shillourokambos de plus de 200 pièces d’obsidienne cappadocienne qui a dû nécessairement provenir de troc.  Donc, le troc existe à grande échelle 8 000 ans av. J.C.

        Les périodes les plus anciennes (Secteur 1, Couches 1 et 2), datées de la fin du IXe millénaire av.J.C. et de la première moitié du VIIIe, font essentiellement appel à une industrie confectionnée dans un chert translucide d’excellente qualité.  Ce matériau, issu de gîtes éloignés du site, est introduit sous la forme de grands éclats utilisés pour la confection de nucléus à lames ou à éclats.  Le débitage laminaire bipolaire à partir de nucléus naviformes est ici un trait technique déterminant.  A côté d’un outillage sur éclat (coches, racloirs, grattoirs), cette phase se caractérise par la présence de pointes de projectile, de segments de cercle pour armer les faucilles et de lamelles importées en obsidienne.

L’habitat ancien : Les phases les plus anciennes montrent le recours à des constructions bien différentes de celles du Précéramique classique, en pierre ou en pisé.  Cette architecture initiale est matérialisée par l’usage de poteaux aux assises creusées dans le substrat ou par des tranchées comportant elles-mêmes des emplacements de pièces de bois.  On peut aussi observer des alignements de poteaux, parfois redoublés. 

         Mais les éléments les plus originaux sont les tranchées de fondation de sortes d’enclos curvilignes, dont les tronçons aujourd’hui dégagés atteignent de 25 à 30 m de longueur.  Ces «clôtures» sont interrompues, de place en place, par des ouvertures, larges en moyenne de 1 m, encadrées de poteaux.  On a par ailleurs mis au jour les assises d’un curieux «bâtiment» triangulaire (ou sub-trapézoïdal), long de 19 m sur 8 m de large, délimitant un espace de 72 m2, et dont le plus grand côté n’était autre qu’une partie d’un plus grand enclos.

        Ce bâtiment triangulaire me fait penser à une partie de clôture qui servirait à diriger des bestiaux vers un endroit spécifique dans un enclos.

        «A quoi pouvaient servir ces dispositifs palissadés ?  Délimitaient-ils des espaces destinés à parquer les bêtes ou leur fonction était-elle plus complexe ?» Personnellement, plus complexe je ne sais pas; mais s’ils gardaient les animaux dans des enclos, comment les nourrissaient-ils ?

        Et là apparaît la question de l’agriculture que nous verrons plus loin.

        Les espèces animales introduites sur l’île par les néolithiques comportent essentiellement des espèces domestiques : caprins (chèvres, moutons), suidés (porcs), bovins. Mais provoquent tout de suite un questionnement : Comment les Néolithiques ont-ils transporté ces bêtes vers ces îles ?  Cette question ne semble que deux réponses possibles :

1)les bêtes se sont réfugiés dans ces régions, poussés par l’élévation du niveau de la Méditerranée.  Ou encore, ils y furent conduits par les éleveurs agriculteurs qui vivaient sur le plateau continental et qui ont dû se réfugier sur les hauteurs qui sont maintenant des îles.

2) Les hommes les ont apporté avec eux sur des bateaux assez gros pour ce transport. Ce genre de bateaux n’apparaît pas par la suite. Dans ce cas, il existait, effectivement, une civilisation avançée pré-diluvienne « maritime » qui  a régressé par la suite. Et comme Chypre a toujours, semble-t-il, été une île, la civilisation maritime est plus que probable. Par contre, nous continuerons à développer la possibilité d’existence d’un isthme entre l’île et le continent. Principalement à cause de la présence de daimns sur l’île.

        Shillourokambos contribue tout particulièrement à renouveler la question de l’apparition du boeuf domestique à Chypre.  Jusqu’à la fouille de ce site l’on croyait que cette espèce n’avait pas été introduite sur l’île avant l’Age du Bronze ancien, au IIIe millénaire.  Or les niveaux anciens de la fouille montrent que le boeuf était bel et bien présent parmi les autres espèces animales introduites et élevées sur l’île dès les débuts du Néolithique

        Par contre le boeuf disparaît au cours de la phase moyenne de Shillourokambos (vers 7 300 av.J.C.), pour ne plus réapparaître à Chypre tout au long des temps néolithiques et chalcolithiques.  Des questions se posent donc sur les raisons qui ont entraîné cette très longue absence.   La réponse découle d’elle-même avec la suggestion que j’ai fait plus haut.  Le bœuf n’est réapparu à Chypre qu’au moment où les hommes ont pu construire des bateaux capable de transporter des bestiaux.  Ce qui nous donne une indication rationnelle de la date de l’apparition de navires importants et de la navigation commerciale à l’époque « historique ».

        Cette date serait après 4 500 av.J.C. date à laquelle les Chypriotes purent réintroduire le bœuf sur leur île et purent facilement communiquer avec le continent.

        Autre espèce faisant problème : le daim. «Introduit au Néolithique ancien, le daim ne semble pas avoir été réellement domestiqué.  Transféré sur l’île à l’état probablement sauvage, il illustre cette volonté des néolithiques de ne pas se couper d’une espèce à connotation symbolique que l’on pouvait continuer de chasser dans son nouveau milieu.» 

        Je ne crois pas que ce soit une volonté des Néolithiques.  Je crois que le daim s’est réfugié sur les hauteurs tout comme les hommes, vers 9 000 av.J.C.  Le daim est donc resté sauvage et à subit la prédation des néolithiques pour finalement disparaître presque complètement.

       Il n’y eu donc pas insertion de daims qui ont proliféré avant qu’il soit chassé.  D’ailleurs les fouilles ont démontré que la population de daim sur l’île a constamment diminué à partir de l’installation des hommes (et non augmenté pour ensuite diminuer).  Par contre, la population des animaux domestiques, sauf le bœuf, a continuellement augmenté.

Voici un autre site de Chypre.

Khirokitia :
 Les développements du Néolithique précéramique dans l’île de Chypre :

« C’est sur une île apparemment vide de toute présence humaine que, à une date qui, dans l’état actuel de nos connaissances, se situe vers la fin du 9e millénaire avant notre ère en âge corrigé, débarquent, venus du continent, des colons qui connaissent les techniques de l’agriculture et de l’élevage, mais ignorent celles de la poterie, qui apportent avec eux des espèces animales (boeufs qui disparaissent rapidement, daims, moutons, chèvres, porcs) et végétales (blé, orge, légumineuses telles les lentilles) nouvelles à Chypre.  S’élabore alors, à l’abri des influences extérieures, une civilisation originale : le Néolithique précéramique chypriote.  Fondé dans le courant du 7e millénaire, l’établissement de Khirokitia en illustre l’apogée.»

        Comme je l’ai mentionné plus haut, les colons en question ne débarquent probablement pas, ils arrivent à pied avec leurs troupeaux.  Ils ne sont pas venus du continent, ils sont venus du plateau continental de la Méditerranée.   De plus, ils sont agriculteurs / éleveurs. Et s’il débarquent, c’est que leur civilisation possède, à ce moment-là, un développement maritime permettant de transporter des bestiaux.

        Les daims étaient chassés; les moutons, les chèvres et les porcs, tenus à l’extérieur du village, étaient élevés.

        L’augmentation graduelle, au fil de l’occupation du site, F étant le niveau le plus ancien, du pourcentage des ovins aussi bien par rapport à celui des porcs qu’à celui des daims suggère une amélioration et une maîtrise croissante des techniques d’élevage; ou bien, encore, une amélioration des installations graduelle visant à l’équivalence de ce qu’ils avaient été obligé d’abandonner.

        Par contre, il sera évident plus loin que déjà, avant la montée des niveaux océaniques, on perçoit l’indication d’une civilisation où certains se «spécialisent» dans une production plutôt qu’une autre.  On remarquera que ceux qui se sont réfugié sur cette île ne possèdent pas la technique de pointe pour les pointes de flèches entre autre. 

        Ce qui permettra de dire : «l’outillage taillé est fruste et peu différencié. Le débitage est très majoritairement unipolaire, orienté vers la production de supports laminaires de modules variables, parfois irréguliers L’absence de la retouche plate par pression, l’absence de pointes de flèche sont des traits qui le distinguent, négativement, des industries contemporaines du continent.» 

       Autrement dit, les spécialistes de leur civilisation, ne les ont pas suivit mais ont été obligé de se réfugier sur le continent.  Ce qui démontre une spécialisation régionale qui existait « précédant la montée des eaux ».  Ça démontre également un commerce important de troc et surtout une culturation généralisée qui se rapproche énormément de la définition d’une civilisation pré-diluvienne.

 

        Dès la fondation du village néolithique, l’absence de protection naturelle est compensée par l’édification d’un mur de terre ayant la face extérieure revêtue d’un parement de pierre qui barre la colline et achève ainsi de clore la zone habitée.

       La question est : Se protéger de quoi au 9e millénaire ? Réponse : Probablement des autres réfugiés qui courent derrière eux. Il faut protéger ses possessions : troupeaux outils etc. de ceux qui fuient sans apporter suffisamment d’équipement pour survivre.

La maison et le village

 

          L’élément architectural de base est une construction de plan circulaire, à toit plat, au mur de pierre et de terre dont le sol comporte des aménagements qui fragmentent l’espace ou ont un caractère domestique (bassins, cuvettes, foyers).

 

        Leurs faces comme celle du mur de la construction servent parfois de support à des décors muraux peints.  Le tissu villageois est dense, les maisons sont juxtaposées les unes aux autres, séparées seulement par d’étroites bandes de terre utilisées pour la circulation des personnes ou le rejet des détritus.  Ce modèle ne s’applique toutefois pas à l’un des points les plus élevés de la colline.  Là se succèdent en effet constructions de caractère exceptionnel et espaces non construits.  Ces derniers, dont le sol a été préparé avec soin, sont équipés d’une plate-forme circulaire.  Le diamètre de l’une d’elles a été estimé à 6 m pour une hauteur de 0,20-0,30 m.  Et on retrouve dans cette population néolithique la même «fixation» sur des plateformes libres et lisses qui, à Jéricho, entre autres, s’élèvera sur 12 pieds et dont l’architecture évolue partout jusqu’à devenir des ziggurats et des pyramides.

        Quant aux constructions, l’une dont le diamètre intérieur est supérieure à 7,50 m, est en cours d’exploration. L’autre est remarquable. Ses dimensions, ses aménagements internes, sa décoration et le matériel qui y a été recueilli, sa nature et sa disposition officialisant l’abandon du bâtiment et, par là même, traduit son statut particulier.

        Merci beaucoup d’attendre un peu avant de le baptiser temple, résidence des dieux etc.  Ces populations indiquent clairement dans leur histoire subséquente que leur priorité est le commerce et que le culte des dieux pour eux se limite à respecter ceux des autres, parfois en installant un temple pour satisfaire aux nécessités de ces relations commerciales.

   Reconstitution, vue générale d’un village :

        Les morts sont ensevelis sous les planchers comme à Jéricho et Catal Huyük.  Ce qui identifie cette culture aux deux autresUne fois le corps déposé dans la fosse, cette dernière est comblée, puis recouverte d’une couche d’enduit qui reconstitue le sol de l’habitation où la vie quotidienne se poursuit.

        Aucun lieu de culte n’est retrouvé et les contextes dans lesquels les figurines, essentiellement anthropomorphes, sont découvertes, ne sont guère éclairants.

        À moins qu’ils ne soient très clairs, justement.  Toute la culture égéenne et cycladique ne porte aucune emphase aux dieux, on le verra plus loin.

        Pour sa part, l’étude anthracologique suggère un couvert arboréen plus important et plus varié avec, comme espèces le plus souvent reconnues et les mieux représentées, le pin, le chêne à feuilles caduques, le pistachier, l’olivier et le frêne.

        L’agriculture, l’élevage et aussi la chasse fournissent l’essentiel des ressources alimentaires. L’agriculture est une agriculture céréalière comme partout dans la culture natoufienne.  Ce qui supporte l’opinion d’une origine pré-diluvienne civilisée.  L’engrain (Triticum monococcum), le blé amidonnier (Tr. dicoccum) et, dans une moindre mesure, l’orge (Hordeum sp.) sont cultivés ainsi que des légumineuses telles les lentilles (Lens culinaris).  À ces ressources produites viennent s’adjoindre celles fournies par les arbres sauvages : pistachiers, oliviers et pruniers, dont les fruits sont cueillis.

        La présence de pièces d’obsidienne, matériau exogène à Chypre, est exceptionnelle; mais présente et donc, laisse entendre une communication possible avec le continent, sans possibilité d’apporter de bestiaux. 

        Nous avons ici la preuve que l’agriculture existe déjà  avant la montée des niveaux océaniques.  Les réfugiés de Chypre possèdent des troupeaux et pratiquent l’agriculture.  S’ils arrivent à pieds un peu avant -8 000, et qu’ils pratiquent l’agriculture pour se nourrir et nourrir leurs troupeaux, il n’y a que deux sources possibles de leur connaissance de l’agriculture : La première est qu’avant d’arriver à Chypre, ils pratiquent déjà l’agriculture sur le plateau continental.  La deuxième qui me semble plus que douteuse, est qu’ils apprirent l’agriculture par la poste, dans des revues maraîchères ou par internet.

        À côté d’une vaisselle en calcaire, existe une vaisselle en diabase qui est caractéristique du Néolithique précéramique chypriote.

        Ces récipients témoignant une maîtrise sûre du travail de la pierre et dont certaines formes paraissent réservées à des emplois rituels, sont des plats, des bols, des bassins rectangulaires ou ovalaires, éventuellement pourvus d’un bec verseur ou d’anses, plus tard décorés de motifs géométriques. 

        Nous venons de découvrir la spécialité de la production de ces gens avant la montée des eaux.

 Je me dois de souligner le travail archéologique extrêmement professionnel fait par le groupe Français d’archéologues qui opèrent sur l’île de Chypre. Ils font un travail extraordinaire de précision et de description objective.

        Profitons du bateau qui apporte le dernier chargement de bestiaux pour retourner sur le continent et nous donne l’occasion de reprendre l’étude après -5 500 av.J.C. c’est à dire après le deuxième déluge.

 Tilbeshar :

http://www.diplomatie.gouv.fr/culture/culture_scientifique/archeologie/tilbeshar/carte/pics/fig02.jpg

Les principaux résultats des fouilles.

        Les niveaux les plus anciens atteints en fouille appartiennent au quatrième millénaire.  Cette période d’occupation n’est attestée que sur la citadelle, à environ une quinzaine de mètres au-dessus du niveau probable du sol vierge

                                                                                                                                                     Dans le deuxième quart du IIIe millénaire av.J.C, la citadelle de Tilbeshar voit la construction d’une terrasse haute en brique crue, à trois degrés, recouvrant en partie le sommet du tell antérieur.

         Ces modes de construction s’apparentent tour à tour soit à ceux des terrasses hautes d’Iran, de Turkménistan et d’Afghanistan, soit à ceux des ziggourats de Basse Mésopotamie.  Il s’agit d’un ouvrage considérable et celui-ci maintient cette fixation psychologique sur les terrasses surélevées.

        Ceci n’est sûrement pas la citadelle dont on parlait plus haut; sinon on a un gros problème : Une construction en pierre datant du IVe millénaire suivit de constructions subséquentes en brique de glaise ?  C’est plutôt difficile à concevoir.  Pour l’instant disons que c’est une très belle photo.

        Par contre, la pierre était vraiment présente, comme on peut le constater ici : Tureng Tepe

        Au contact du plateau iranien et de l’Asie centrale, Tureng Tepe présente une longue séquence stratigraphique, de la fin du VIIe millénaire av.J.C. au XIXe siècle de notre ère.  Les cultures les plus anciennes, Djeïtun, Ismaïlabad et Hissar IC ne sont toutefois représentées que par des tessons recueillis en contexte secondaire, suffisants pour assurer que le site est occupé dès cette époque.

         Les périodes II et III correspondent aux IVe et IIIe millénaires av.J.C. et sont essentiellement connues par des tombes qui documentent le passage d’une céramique rouge à décor noir (IIA) à une céramique grise polie à décor incisé (IIB) puis lissé (III). 

        Vers 2 500 av.J.C., au début de la période IIIC, est construite une terrasse à degrés en briques crues, de 80 mètres de côté et 15 m de haut, un monument à fonction vraisemblablement « religieuse » très caractéristique de l’urbanisme de l’âge du bronze ancien dans le monde iranien oriental, comme à Altyn Depe et Ulug Depe au Turkmenistan.  Tureng Tepe est alors une ville importante, dont l’essentiel reste à fouiller.

        Voici une vue générale de tout ce qui s’est déroulé autour de la date établie pour l’inondation de la mer Noire.  Il doit être possible d’y déceler des changements majeurs provoqués par l’arrivée d’immigrants plus évolués parmi les peuplements autochtones.

5 600 à 5 500 av.J.C.

5 600 av.J.C. : Une élaboration du style de poterie appelé : samarienne.  C’est aussi l’époque de l’apparition des sceaux-étampes. L’artisanat s’améliore également.  Tout de suite après se répand la culture Halafienne.  Les techniques de constructions s’améliorent et on commence à tracer des rues pavées de pierres entre les maisons.

 5 500 à 5 400 av.J.C.

        Selon l’opinion actuelle, l’Anatolie (entre la Méditerranée et la Mer Noire)qui possède la culture la plus avancée au paléolithique perd sa première place au Chalcolithique au profit de la Mésopotamie et de l’Égypte.  L’écriture fait la différence et malgré l’usage de métal en Anatolie, ils ne développent que des villages.

       Je ne suis pas tellement d’accord avec cette opinion parce que les Citée/états sont développée AVANT l’écriture cunéiforme définitive.

        Une possibilité d’explication beaucoup plus logique serait que les tenants de l’avancé technologique supérieurs d’Anatolie durent déménager à cause de l’inondation de la mer Noire en Mésopotamie et en Égypte.  C’est lorsqu’ils arrivent en Mésopotamie, qu’ils s’installent assez rapidement dans les terrains propices à l’irrigation (marécage). D’autres continuent leur migration vers une autre région propice à l’irrigation : l’Égypte.  Ils y installent un royaume 200 ans après l’inondation de la mer Noire.  La première dynastie des Horus Égyptiens débute en -5 300 av.J.C. comme il est inscrit dans le temple de Séthy Ier.  Le nom Horus, comme on le sait ne signifie pas «dieu» mais plutôt «Puissant»; et l’hiéroglyphe égyptien du faucon est, en réalité, la représentation d’un vautour selon la traduction égyptienne.

 5 400-3 000 av.J.C. :

         Âge du cuivre en Turquie.  On a déjà vu plus haut qu’en Roumanie, le cuivre est utilisé 500 ans auparavant.  C’est donc que le travail des métaux est originaire de la région de la mer Noire.  Ce qui indique encore une fois la possibilité d’une culture plus avancée qu’ailleurs sur le littoral de la mer Noire avant la création du Bosphore.

        Les pictographies symboliques sont adoptées comme écriture.

Et là, une explosion de lumière au sujet des habitants de la mer Noire avant l’inondation. Selon Haarmann, « les premiers signes d’écriture sont apparus en Roumanie.  Ils datent de l’année 5 300 avant J.C. C’est à dire qu’ils sont de deux mille ans antérieurs à la plus ancienne écriture pictographique égyptienne connue et qu’ils précèdent également l’écriture de Sumer ».

 5 500 av J.C. :  

 À Hacilar, en Anatolie, on retrouve des objets de métal.

        Culture Halaf au Nord de la Mésopotamie.

Tell Es-Sawaan (Iraq) – Culture samarienne avec des murs défensifs, de grandes maisons. 

 Samarra

       Elle a recouvert la culture d’Halaf et d’Hassuna dans le temps.  Elle présente les travaux d’irrigation les plus anciens de Mésopotamie.

       Donc, nous avons ici une confirmation d’une culture supérieure qui se superpose à celle d’Halaf et celle d’Hassuna et prend la prépondérance en Mésopotamie.  Culture qui, en plus, maîtrise l’irrigation.

 5 400 à 5 300 av.J.C.

 5 400 av.J.C.  Eridu : installation de cette ville au sud de la Mésopotamie. Importance du Temple.  Culture Obeid avec ses figurines.  Et c’est ici qu’apparaît le concept des «êtres supérieurs aux hommes» que nous qualifions de «dieux», mais qu’eux qualifient de «Puissants».  Cette «apparition divine» se produit 100 ans après l’abandon du littoral de la mer Noire.

        Réagissons un tout petit peu.  Ces bien beau de trouver un texte comme celui de l’Enuma Elish que nous avons étudié et qui parle de la création du système solaire; mais en fait, tout ceci n’est que spéculations puisque rien ne prouve que ces «Puissants» viennent de l’Anatolie; ou plus spécifiquement, du littoral de la mer Noire.

       Attendez-moi une seconde, je sors dehors et je reviens tout de suite :

 – Ho là !  Le Scribe ?…Où es-tu Scribe ?

 – Oui patron ? Vous m’avez appelé ?

 – Oui j’ai besoin de toi.  Viens !

 –Tout de suite patron! (152)

                  Le scribe pourra sûrement nous aider à trouver d’autres informations de son époque. On le fera travailler au prochain article.

 À suivre

                                                                           Elie l’Artiste

7 pensées sur “Le mystère Sumérien(17).Petite visite régionale

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    26 octobre 2010 à 16 04 15 101510
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     »Par contre, nous continuerons à développer la possibilité d’existence d’un isthme entre l’île et le continent. Principalement à cause de la présence de daimns sur l’île. »

    Avec un agrandissement sur Google Earth me semble évident en effet que Chypre pouvait être une presqu’ile auparavant.

    Je suis la lecture avec Google Earth, c’est fort sympa.

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      26 octobre 2010 à 16 04 49 104910
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      J’ai vérifié moi aussi sur Google Earth et l’isthme aurait été assez mince.

      (En placant le curseur sur l’océan on obtient la profiondeur)

      Mais il est difficile d’explquer la présence des daimns autrement. Quant aux boeufs, c’est tout à fait impossible, à moins d’accepter que ces « survivants » pré-diluviens qui se réfugièrent là, possédaient des « bateaux » capables de transporter du bétail semblable.

      Remarquez que j’aurais pu souligner que c’était le cas de Noé mais Noé n’est pas une preuve très solide.

      Amicalement

      André Lefebvre

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          26 octobre 2010 à 19 07 04 100410
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          Oui à la fin de l’index « Mes articles ».

          Vous trouverez chacun des liens vers centpapiers.

          Amicalement

          André Lefebvre

          Répondre
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    14 septembre 2013 à 12 12 12 09129
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    Permettez-moi de rectifier le tout début de votre article. Vous dites que les faucilles sont des preuves évidentes d’une agriculture dès 17000-15000 av. Or, la présence de faucilles ne veux pas dire automatiquement agriculture. Elles peuvent être liées à la récolte des céréales sauvages, suffisamment abondantes à cette époque pour cette population en cours de sédentarisation. N’oublions pas qu’autour de 15000 la population est constituée de chasseurs-cueilleurs. Et pour cueillir et récolter les céréales sauvages, elle a besoin d’ustensiles comme les faucilles. Le spécialiste à raison jusqu’à preuve du contraire et en l’absence d’autres éléments.

    Cordialement,

    Un archéologue spécialiste de ces questions.

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      14 septembre 2013 à 17 05 34 09349
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      Vous pouvez rectifier tout ce qu’il y a de faux dans ce que j’écris. Cela améliore l’information ; mais il faut donner de meilleures dates et surtout plus précises.

      La faucille = 17,000 ans

      Rectifiez, au départ, le fait que la population est composée de chasseurs-cueilleurs bien avant « il y a 15,000 ans ».

      La date la plus ancienne de présence de blé et d’orge est de 23,000 ans en Israël et on a trouvé des traces de sorgho sur des grattoirs de pierre datant d’autour de 100,000 ans chez l’homme préhistorique.

      Donc de dire que la faucille datant de 17,000 ans fut fabriquée pour « cueillir » du blé sauvage est assez gratuit puisqu’on « cueillait » des céréales depuis 80,000 ans elle, sans faucilles.

      Par contre, récolter des céréales et les transporter jusqu’à l’abri sans jamais en échapper quelques grains pour se rendre compte qu’elles repoussent sur le chemin emprunté, pendant plus de 60,000 ans, il nous faut des « spécialistes » du transport ou de parfaits imbéciles obtus sans sens de l’observation. Ce qui n’était certainement pas le cas des hommes et femmes préhistoriques.

      L’important, pour quiconque, spécialistes ou pas, est de comprendre que les hommes les plus avancés vivaient sur les côtes des océans jusqu’à il y a 12,000 ans.

      Amicalement

      André Lefebvre

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    19 septembre 2013 à 15 03 52 09529
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    Pour recentrer le problème j’ajouterai que:

    Pour que l’agriculture n’aie pu apparaître que seulement vers 8,000 av J.C., comme on le dit officiellement, il faudrait que des hommes, qui ont inventé la faucille vers 15,000 av J.C. (et sûrement plus tôt parce que nous n’avons certainement pas trouvé la première qui fut fabriquée), se soient servi de cet outils agricole pendant au moins 7,000 ans avant d’inventer l’agriculture.

    Cela n’a aucun sens. Songez-y: 7,000 ans est une période qui est 2,000 ans plus longue que celle qui a produit notre civilisation qui a débuté vers 3,000 av J.C.
    Ce 2,000 ans plus long est la durée de l’histoire depuis l’époque de Jésus-Christ jusqu’à nos jours.
    L’homme se serait servi de la faucille durant une période équivalente à celle qui commence avec la civilisation sumérienne (3,000 av J.C.) jusqu’à une époque qui se situerait 2000 années dans notre futur (+4,000) avant de se faire un jardin.

    Il tombe sous le sens que l’homme pré-diluvien possédait l’agriculture depuis belle lurette lorsque le niveau des océans s’est élevé au-dessus des plateaux continentaux il y a douze mille ans.

    De plus, avant la date de cette catastrophe, cela faisait plus de 100,000 ans qu’aucun cataclysme ne s’était produit. Cela donne amplement de temps pour produire une civilisation importante. (La nôtre a mis 5,000 ans pour arriver à notre état actuel).

    André Lefebvre

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