LE PEUPLE ÉGYPTIEN EST MAÎTRE DE SA DÉMOCRATIE

Tout un peuple s’est levé pour faire le grand ménage. Ce sont des millions d’hommes et de femmes qui ont pris la rue pour exiger le départ du « dictateur » et la fin d’un régime, bâti sur les pouvoirs et le vouloir, non pas du peuple, mais de puissances étrangères et d’oligarchies nationales. Ce ne sont pas les analystes et commentateurs internationaux, pas plus que les dirigeants des grandes puissances qui ont produit ce départ, mais le peuple.

Si je comprends bien ce qu’est la démocratie, la suite des évènements appartient à ce peuple et non aux étrangers et étrangères y allant de leurs considérations sur les frères musulmans, sur l’islamisme et tout ce qui baigne dans une ambiance de préjugés confortés par des médias dont le mandat est de les renforcer. L’ennemi qui dérange le plus est toujours l’Iran dont la diabolisation ne saurait s’arrêter. Sur ce dernier, il faut lire l’excellente analyse de Grégoire Lalieu. , Une analyse qui en arrive à des conclusions qui, sans nier les tares existantes, sont loin d’entretenir les peurs, si utiles au soutien des belligérants.

Que dire maintenant de cette arme des « droits de la personne » qu’on utilise, là où on y trouve intérêt, avec la ferveur d’apôtres inconditionnels, de militants et de militantes disposés (es) à y sacrifier leur vie. Là encore, il faut lire cette excellente analyse de Robert Gil sur ce prétexte, mainte fois utilisé, du respect des droits de l’homme pour justifier hypocritement des objectifs autrement moins nobles.

L’intégrisme, le fanatisme, le fondamentaliste se retrouvent dans tous les milieux, dans toutes les religions et les mouvements idéologiques, qu’ils soient capitalistes, socialistes, communistes, évangélistes, islamiques, catholiques etc. Point n’est besoin de regarder dans la cour du voisin pour en découvrir ces travers dans nos propres milieux. Ceci ne veut toutefois pas dire que tous et toutes en sont atteints (es). Je continue à penser que les peuples, dans leur ensemble, demeurent majoritairement dans un équilibre qui permet les correctifs à ces excès que ces mêmes extrêmes auraient tendance à assumer pleinement. La démocratie appartient au peuple et elle doit en être l’expression la plus parfaite.

Il revient donc, dans le cas de l’Égypte, au peuple égyptien lui-même, sans aucune exclusion, de décider de sa constitution, de ses valeurs, de sa démocratie, de ses dirigeants. Chaque fois  que nos interventions ont pour effet de renforcer cette conviction, nous servons la démocratie et nous respectons le peuple égyptien. Il n’appartient ni à Obama, ni à Israël, ni aux analystes et journalistes qui pestent contre les frères musulmans de décider ce qui est bon ou pas bon pour le peuple égyptien. Les hommes et les femmes de ce peuple sauront choisir ce qui est le mieux pour le Bien commun de tous et de toutes. S’ils ont su passer un grand coup de balai sur un régime aux mains couvertes du sang de ses martyrs, ils sauront assumer la suite des évènements.

Il y a en Égypte plus de 80 millions de personnes et elles doivent toutes être mises à contribution pour bâtir un régime qui soit conforme à leurs besoins et à leurs idéaux. Que les étrangers s’occupent à en faire autant dans leurs propres pays. Ce sera déjà beau de leur part.

Peuple d’Égypte, ce que vous déciderez vous-mêmes méritera tout notre respect. Si la liberté et la démocratie ont un sens, elles seront là pour rendre possible vos projets.

Oscar Fortin

Québec, le 13 février, 2011

http://humanisme.blogspot.com

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Oscar Fortin

Libre penseur intéressé par tout ce qui interpelle l’humain dans ses valeurs sociales, politiques, économiques et religieuses. Bien que disposant d’une formation en Science Politique (maîtrise) ainsi qu’en Théologie (maîtrise), je demeure avant tout à l’écoute des évènements et de ce qu’ils m’inspirent.

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