Le plus grand accomplissement de F.D.R.

 
 

Vous ne verrez pas souvent un libertarien faire les louanges de Franklin Delano Roosevelt. Nous avons plutôt tendance à le mépriser, comme le grand étatiste qu’il était, mais il y a au moins un accomplissement de la présidence de Roosevelt que les libertariens peuvent admirer. Non, ce n’est pas le New Deal. Il a déjà été établi par plusieurs économistes que le New Deal, plutôt que d’avoir aidé à sortir l’économie américaine de la Grande Dépression, il l’aurait allongée de sept ans. Sa contribution à l’effort de guerre? Puisque les libertariens sont anti-guerre, ça ne serait pas vraiment considéré comme un point d’honneur, surtout si on considère certains documents qui suggèrent que Roosevelt savait que les japonais allaient attaquer Pearl Harbor, mais n’a rien fait pour avertir ses généraux afin de pouvoir rendre l’opinion publique favorable à une déclaration de guerre. Non, le plus grand accomplissement de FDR fût d’abolir le 18e amendement à la constitution américaine: la prohibition.

Pendant plus d’une décennie (1920 à 1933), la prohibition a rendu illégale la production et la consommation d’alcool. Contrairement à ce qui avait été l’intention, la prohibition a complètement raté son but de promouvoir la tempérance. Plutôt que d’éliminer les problèmes liés à l’alcoolisme, elle les a décuplés. Dans une étude de 30 villes américaines de 1920 à 1921, le taux de criminalité avait augmenté de 24%. Les cambriolages avaient augmenté de 9%, les homicides de 12.7%, les voies de fait de 13%, l’addiction aux drogues de 44.6% et les coûts des forces policières de 11.4%. Avant la fin de la prohibition le taux d’homicides monta à 10 par 100 000 habitants, une augmentation de 78% par rapport à l’ère pré-prohibitionniste. En peu de temps, les gangs se faisaient la guerre dans les rues. Les américains, qui jusque là étaient de grands amateurs de bière, se sont retrouvés à fabriquer des boissons fortes avec des méthodes de fortune. Un marché noir florissant s’est développé, mené par le crime organisé. Des dizaines de milliers sont morts de la consommation d’alcool frelaté. Bref, ce fût un échec sur toute la ligne.

Lorsque Roosevelt a pris le pouvoir en 1933, la prohibition était devenue très impopulaire, de plus, avec la Grande Dépression, on pourrait croire que les américains étaient fins prêts pour un petit remontant. L’abolition de la prohibition leur a non seulement fournit ça, mais avec la réouverture des brasseries, vignobles et distilleries légales, ainsi que toutes les autres industries qui les fournissent, elle a aussi fournit une pléthore d’emplois à un moment où le chômage était à 25%. Les alcools frelatés ont quitté le marché pour laisser la place à des boissons beaucoup moins fortes et beaucoup moins dangereuses à consommer. Le taux de criminalité a chuté dramatiquement.

Taux d'homicides aux États-Unis 1910-1944 - Source: US Bureau of the Census.

Pourquoi cette petite leçon d’histoire? Parce que depuis les années 60, nous revivons la même chose avec la guerre que nos gouvernements mènent aux drogues. Quels résultats ont-ils à nous montrer après tant de temps et d’argent à combattre ce supposé fléau? Absolument rien! Les drogues sont tout aussi faciles à obtenir, pour n’importe qui déterminer à en avoir. Notre système de justice s’écroule sous le poids. Les gangs de rues prolifèrent et les utilisateurs crèvent de consommer des produits fabriqués par des trafiquants qui se foutent éperdument que leurs client crèvent. Plutôt que d’avoir la construction de plus de prisons comme enjeu électoral, ne serait-il pas plus opportun de revoir notre stratégie et mettre fin à cette prohibition?

18 pensées sur “Le plus grand accomplissement de F.D.R.

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    20 mai 2011 à 5 05 29 05295
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    @Philippe David
    Dans le principe, votre raisonnement est convaincant. L’interdiction du commerce de la drogue coûte cher et tue des utilisateurs. Cependant, il n’est pas facile d’acheter de la drogue pour celui qui ne souhaite pas violer la loi. Cette difficulté d’acheter de la drogue est une protection contre le risque que des enfants ou des adolescent en consomment.

    En pratique, il faut être très prudent sur une libéralisation du marché des drogues. Les gens sont habitués à identifier ce qui est bien à ce qui est permis par l’Etat. Si c’est mal, alors l’Etat l’interdit. Dans l’image de beaucoup, C’est à l’Etat d’être le gardien de la santé de chacun. L’Etat interdit les aliments frelatés, interdit la vente de poisons. Si demain l’Etat abroge l’interdiction de la vente de drogue, beaucoup penseront que la drogue ne serait plus du poison. Et chaque parent pense au risque pour ses propres enfants.

    L’Etat aurait une attitude incompréhensible s’il autorise la drogue et s’il interdit la vente libre des autres poisons et aliments frelatés.

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      20 mai 2011 à 7 07 39 05395
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      @ gdm

      Primo, une décriminalisation des drogues ne voudrait pas dire de le permettre aux enfants et adolescents. Les mêmes règles qui prévalent pour la consommation d’alcool pourraient être étendues aux drogues. Secundo, j’argumenterais que pour certains, l’illégalité est un attrait. En particulier chez les adolescents. On consomme des drogues justement parce que c’est un interdit.

      Quant à l’idée que les drogues continueraient d’être du poison, il n’y a qu’à constater ce qui s’est passé lors de l’abolition de la prohibition. Puisque la production d’alcool est passé dans les mains d’hommes d’affaires responsables, plutôt que des criminels sans scrupules, la qualité de l’alcool sur le marché a fait un grand bond. L’alcool frelaté a tout simplement disparu du marché. Il en serait de même si la production de drogues présentement illégales passait à des compagnies de pharmaceutiques au lieu de la mafia et des gangs de rue. L’amélioration de la qualité vient automatiquement aussitôt que la production se fait au grand jour plutôt que dans le monde interlope.

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    20 mai 2011 à 9 09 02 05025
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    BRAVO ! C’est une litote. Voyez-moi plutôt debout sur ma chaise en train de crier des encouragements. il saute aux yeux que la soi-disant guerre a la drogue est menée main dans la main par le crime organisé et le Pouvoir.

    J’ai déja soupconné que la guerre a la drogue était une soupape de sureté, un test de passage pour permettre l’accession au pouvoir a ceux qui auraient l’intelligence et le courage de le prendre de toute façon.

    Je crois maintenant qu’il se s’agit plus de rite de passage, mais que l’intégration permanente a été faite et qu’on ne sait plus trop du crime et du pouvoir lequel lequel est devenu une simple division administrative de l’autre. Comme on ne sait plus dans quelle mesure la corruption n’est plus qu’une simple modalité de la rémunération des gouvernants.

    Pour ceux qui craignent a raison l’impact d’une légalisation sans balises, je suggère le plan au lien ci-dessous

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/03/11/145-la-drogue-sous-controle/

    Pierre JC Allard

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      20 mai 2011 à 22 10 59 05595
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      @ PJCA

      Je vois plutôt cette guerre comme une autre des nombreuses façon que l’état utilise pour s’approprier nos vies en décidant qu’est-ce que nous avons le droit de fumer ou d’ingérer entre nos quatre murs, même si ça ne cause aucun tort à autrui. Tout est une question de contrôle.

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    20 mai 2011 à 13 01 30 05305
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    Que vous fassiez ce que vous voudrez , pour les jeunes c’est toujours le nouveau  »CHALENGE » , alors que ce soit sur la rue ou en pharmacie ils vont s’en procurer quand même. Faut qu’ils essayent.

    Le problème est que le  »MONDE » surtout ceux du Québec , sont devenus tellement  »GELÉS » , qu’ils ne voient plus qu’on les a endormis.

    Pourquoi croyez-vous qu’il y a autant de tonnes d’opium entassé en Afghanistan ? Tapez , OPIUM WIKIPÉDIA , qui croyez-vous a le contrôle en Afghanistan ?

    On raconte que les Américains et la coalition , sont là pour le TRANS-AFGHAN , Hi , Hi , Hi, , on peut faire de l’énergie avec n’importe quoi , même avec de l’opium et du pot. C’est pas d’aujourd’hui que ces deux derniers sont reconnus planétairement et c’est beaucoup plus payant que le pétrole qui lui a déjà atteint son pic. L’opium et le pot il y en aura toujours………..
    Jean-Marie De Serre.

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    20 mai 2011 à 17 05 14 05145
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    @Philippe David
    A mon avis, les drogues sont du poison qui empoisonne son consommateur. Je ne suis donc pas d’accord avec vous sur ce point. J’ai entendu des rapports scientifiques qui me me laissent aucun doute sur le poison que sont les drogues, même le cannabis. Mais, à mon avis, chacun a le droit de se suicider comme il le souhaite. Enfin tous…. sauf ceux que j’aime. Je les en empêcherai. Hormis ces gens là, je n’ai pas le droit d’interdire à quiconque de se suicider. Donc, fondamentalement, je dis oui à la libre circulation des drogues.

    Mais les gens vont mettre un certain temps à comprendre que la drogue est dangereuse, bien qu’elle ne soit pas interdite. Cette période sera dangereuse pour les imprudents.

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      20 mai 2011 à 22 10 47 05475
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      @gdm

      En quantité suffisante, toute substance est toxique. Ce n’est qu’une question de dosage. Mais mon objectif ici consistait bien plus à démonter comment la guerre aux drogues est futile, tout comme la prohibition l’a été et qu’elle cause plus de problème qu’elle n’en résout. Avec seulement une fraction de tout l’argent dépensé dans cette guerre sans bon sens, on pourrait financer des programmes d’aide et de réhabilitation pour ceux qui sont touchés par les problèmes sociétaux causés par les drogues.

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    21 mai 2011 à 12 12 06 05065
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    Voilà un autre débat dont les avenues potentielles seront prises et décidées uniquement par un bon ou mauvais leadership politique. J’aimerais tout de même que vous jetiez un coup d’œil sur le tableau du lien ci-dessous :

    http://www.hc-sc.gc.ca/hc-ps/drugs-drogues/stat/_2009/summary-sommaire-fra.php

    Comment expliquer que, depuis la référence de 2004, dans toutes les catégories de drogues traitées par l’enquête, il y ait eu une baisse de la consommation, dans les 6 dernières années ? Surtout que depuis 5 années, nous avons à Ottawa, un gouvernement socialement conservateur, qui a serré la vis en matière criminelle (jeunes contrevenants, lutte aux stups). On y voit une chute de la consommation, ce qui était tout le contraire lors de l’Âge Sombre Libéral.

    Sans doute que vous savez aussi que les Canadiens ont (re)donné à ce même parti de droite, le pouvoir, majoritaire. Ils auront toute la latitude pour intensifier leur guerre à la drogue, aux dealers et toutes ces bonnes personnes qui contribuent grandement à notre société. Si l’île de Manhattan a pu se nettoyer des infâmes qui prospéraient avec leurs commerces illicites, je ne vois pas pourquoi le peuple canadien ne serait pas capable d’y arriver. Puis, ce n’est certainement pas en donnant le monopole de la production et la distribution de la drogue à la pharmaceutique que le problème sera «sous contrôle». Oublions deux minutes les dealers et l’industrie crasse ; pensons à nous et à l’honneur qu’il nous reste. Accepter le commerce LÉGAL des drogues illicites imposerait une structure de contrôle supplémentaire sur le dos des plus vulnérables et des gens déjà piégés par la consommation. Ce serait un contrôle corporatistes-sur-citoyens. Là on va me dire : bien, lorsque le docteur te prescrit un médicament, ce médicament, c’est une drogue, et cette drogue, tu vas la chercher à la pharmacie. D’accord, mais cette drogue (e.g codéine) me soulage d’une blessure, pendant un traitement quelconque. Mais la consommation de drogues, c’est autre chose. La personne qui en a jamais pris et s’en procure à la pharmacie, se verra alors dépendante de ce produit, un produit monopolisé par une industrie qui peut très bien doser les ingrédients actifs pour que ce dernier reste accro à leur merde.

    Non, franchement, je ne vois pas la valeur ajoutée d’avoir des champignons magiques et du hachich sur les tablettes, chez Familiprix. Apprenons tôt à nos jeunes le respect des autorités (familiales et sociales), le gouvernement a le devoir de durcir les peines pour ces crimes, et il sera plus facile d’éduquer nos jeunes sur les conséquences graves de consommer et vendre de la dope.

    Fraddé
    P.S : «Reconnais le moment favorable» – Pittacos de Mytilène

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      22 mai 2011 à 16 04 07 05075
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      @ Fraddé

      Comment expliquer que, depuis la référence de 2004, dans toutes les catégories de drogues traitées par l’enquête, il y ait eu une baisse de la consommation, dans les 6 dernières années ? Surtout que depuis 5 années, nous avons à Ottawa, un gouvernement socialement conservateur, qui a serré la vis en matière criminelle (jeunes contrevenants, lutte aux stups). On y voit une chute de la consommation, ce qui était tout le contraire lors de l’Âge Sombre Libéral.

      Évidemment, le fait qu’un gouvernement soit plus répressif envers l’utilisation de drogue ne pourrait pas possiblement influencer les réponses à ce genre de sondage. Comment savoir si les gens questionnés répondent honnêtement?

      Puis, ce n’est certainement pas en donnant le monopole de la production et la distribution de la drogue à la pharmaceutique que le problème sera «sous contrôle».

      Qui a parlé de monopole? L’industrie pharmaceutique n’est pas un bloc monolithique, mais disons qu’on peut supposer qu’ils prendraient la relève dans la production de drogues légales. les produit pourraient êtres aussi bien vendus dans des dépanneurs.

      Sans doute que vous savez aussi que les Canadiens ont (re)donné à ce même parti de droite, le pouvoir, majoritaire. Ils auront toute la latitude pour intensifier leur guerre à la drogue, aux dealers et toutes ces bonnes personnes qui contribuent grandement à notre société.

      Et il y a des libertariens qui travaillent dans le même parti et qui essaient de les faire aller dans le sens contraire.

      Accepter le commerce LÉGAL des drogues illicites imposerait une structure de contrôle supplémentaire sur le dos des plus vulnérables et des gens déjà piégés par la consommation.

      Est-ce que le commerce de l’alcool impose une structure de contrôle supplémentaire, mise à part le fait que l’état a choisi d’en faire un monopole?

      Mais la consommation de drogues, c’est autre chose. La personne qui en a jamais pris et s’en procure à la pharmacie, se verra alors dépendante de ce produit, un produit monopolisé par une industrie qui peut très bien doser les ingrédients actifs pour que ce dernier reste accro à leur merde.

      L’alcool et le tabac sont également addictifs, mais il est légal de les consommer et l’industrie ne tente pas de rendre les gens plus accroc. La compétition dans un marché plus ou moins libre rend les acteurs du marché plus honnêtes.

      Non, franchement, je ne vois pas la valeur ajoutée d’avoir des champignons magiques et du hachich sur les tablettes, chez Familiprix. Apprenons tôt à nos jeunes le respect des autorités (familiales et sociales), le gouvernement a le devoir de durcir les peines pour ces crimes, et il sera plus facile d’éduquer nos jeunes sur les conséquences graves de consommer et vendre de la dope.

      Crime? Quel crime? Si je choisis de fumer un joint dans l’intimité de ma propre maison, je cause un tort à qui? Éduquer les jeunes sur l’utilisation responsable de l’alcool et des drogues sera toujours de mise, mais de grâce, n’essayez pas de nous faire croire que de consommer des drogues est criminel. Que vous désapprouviez de l’utilisation de drogues pour vous et votre famille, grand bien vous fasse, mais ne prétendez pas un seul instant savoir qu’est-ce qu’il est préférable pour les autres et ne tentez surtout pas de leur imposer votre moralité. C’est ça la problème de la droite sociale.

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    22 mai 2011 à 22 10 19 05195
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    M. David,

    Et il y a des libertariens qui travaillent dans le même parti et qui essaient de les faire aller dans le sens contraire.

    Monsieur Bernier, et qui d’autre ? Je doute fortement qu’ils soient une majorité au parti, surtout si l’on regarde le premier ministre et les ministres forts du PCC. Parce que dans le cas où ces derniers iraient dans la voie libertarienne sur l’enjeu des drogues, l’électeur moyen ne pourrait faire la distinction entre le PCC et le PLC. Croyez-moi, sur cet enjeu, le PCC intensifiera la guerre et les arrestations de dealers et producteurs. Le gouvernement a désormais plus de dents en matière de sécurité publique (dans tous les ministères, à vrai dire).

    Est-ce que le commerce de l’alcool impose une structure de contrôle supplémentaire, mise à part le fait que l’état a choisi d’en faire un monopole?

    Je n’ai jamais été d’accord avec la vente et la consommation d’alcool. Quand c’est rendu que la personne a besoin de ça pour «compléter sa journée» (un besoin), ou que le «shake» lui prend par manque, alors oui, il y a une structure de contrôle qui limite l’individu.

    Si je choisis de fumer un joint dans l’intimité de ma propre maison, je cause un tort à qui?

    Ce passage cité ressemble à un aveu caché. C’est donc ça : se battre pour que les drogues soient légalisées, question de ne plus se sentir coupables de fumer sa marie-jeanne … Alors, il est là, le blocage, cher ami libéraux. Je me doutais que certains libertariens fumaient du pot, mais ça semble plutôt être une habitude généralisée.

    Pour les torts causés, c’est essentiellement des dangers potentiels. Le coké qui, dans son intimité, est sous l’effet de la drogue, puis entend son enfant de 3 mois pleurer et le petit persiste, la réaction peut être assez violente de la part du drogué. Même chose avec l’ivrogne au volant ou la personne sous l’effet des champignons magiques qui oublient la bouilloire sur le rond. Eux, ils ont la liberté de se casser la gueule, le problème, c’est qu’ils impliquent d’autres individus dans leurs bêtises. Ne pas permettre la consommation à des buts accessoires et «de relaxation», enlève une couche de connerie à l’erreur humaine. La criminalisation des produits, la prévention et la punition sont dans l’intérêt de tous.

    Fraddé
    P.S : «Reconnais le moment favorable» – Pittacos de Mytilène

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      23 mai 2011 à 7 07 09 05095
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      @Fraddé

      Monsieur Bernier, et qui d’autre ?

      M. Bernier est certainement le plus visible, mais il n’est pas le seul. Pourquoi croyez-vous qu’on l’a laissé faire ses petits discours (très populaires, en passant) en tant que simple député?

      Je n’ai jamais été d’accord avec la vente et la consommation d’alcool. Quand c’est rendu que la personne a besoin de ça pour «compléter sa journée» (un besoin), ou que le «shake» lui prend par manque, alors oui, il y a une structure de contrôle qui limite l’individu.

      Vous devez être un méchant « casseux de party ». Personnellement, j’aime bien prendre une bière de temps en temps et un verre de vin ou deux en mangeant. Je n’ai pas besoin d’alcool pour finir ma journée et je n’ai pas le « shake » si je n’en prend pas. Mais je me priverais certainement pas de ce simple plaisir parce qu’il y a des saintes-ni-touche qui croient que l’alcool devrait être banni.

      Ce passage cité ressemble à un aveu caché. C’est donc ça : se battre pour que les drogues soient légalisées, question de ne plus se sentir coupables de fumer sa marie-jeanne …

      J’admet en avoir déjà fumé dans ma folle jeunesse et alors? Je fumais à l’époque comme je consomme de l’alcool maintenant, c’est à dire socialement, à l’occasion. Voyez-vous, pas tous les consommateurs de drogues sont irresponsables. Probablement que ce n’est qu’une petite minorité. Comme la prohibition des années 20 a fait migrer la consommation de la bière vers les boissons fortes, la prohibition contre les drogues les fait fuir vers des drogues plus dangereuses alors qu’ils ne consommeraient probablement que des drogues douces autrement. Les problèmes sociaux reliés à la consommation de drogues seraient moindres. Ensuite, il s’agit bel et bien de problèmes sociaux et non de comportements criminels. Vous croyez que de jeter les consommateurs de drogues dans les « cages à viol » que sont nos prisons va les aider?

      Pour les torts causés, c’est essentiellement des dangers potentiels. Le coké qui, dans son intimité, est sous l’effet de la drogue, puis entend son enfant de 3 mois pleurer et le petit persiste, la réaction peut être assez violente de la part du drogué. Même chose avec l’ivrogne au volant ou la personne sous l’effet des champignons magiques qui oublient la bouilloire sur le rond. Eux, ils ont la liberté de se casser la gueule, le problème, c’est qu’ils impliquent d’autres individus dans leurs bêtises. Ne pas permettre la consommation à des buts accessoires et «de relaxation», enlève une couche de connerie à l’erreur humaine. La criminalisation des produits, la prévention et la punition sont dans l’intérêt de tous.

      Le raisonnement des étatistes: parce qu’une poignée d’irresponsables « pourraient potentiellement » causer un tort, punissons violemment tout le monde. D’autant plus que si vous vouliez vraiment aider ces gens et si vous aviez vraiment de la compassion pour eux, il serait infiniment plus utile d’investir dans des programmes de réhabilitation que dans des « cages à viol » et des brutes en uniforme.

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    23 mai 2011 à 8 08 49 05495
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    @Fraddé
    Vous dites « Je n’ai jamais été d’accord avec la vente et la consommation d’alcool. « . Alors, la solution est la rue privée. C’est plutôt la ville privée. Une ville privée peut se former librement en choisissant son règlement intérieur. Une ville privée interdire l’alcool ou la drogue. Ainsi, les parents seront rassurés que leurs enfants éviteront la drogue et l’alcool.

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    23 mai 2011 à 10 10 50 05505
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    Excusez-moi mais le seul argument valable et exact que j’ai lu jusqu’ici est :

    « J’ai entendu des rapports scientifiques qui me me laissent aucun doute sur le poison que sont les drogues, même le cannabis. »

    Et je suis d’accord sur ce point. Ce sont des poisons dommageables pour l’individu.

    Par contre les règles et les lois n’y changeront rien, qu’on les garde ou qu’on les enlève. C’est une question d’éducation des enfants; donc: « responsabilité des parents ».

    Et comme le moyen éducationnel le plus « efficace » est l’exemple, la solution est assez simple.

    Fumer un joint en privé, chez soi, ne fait de tort à personne sauf à son propre cerveau et à ses enfants à cause de l’exemple donné.

    À partir de là, chacun fait selon son degré de « prise de ses responsabilités » .

    De toute façon il en assumera les conséquences.

    Amicalement

    André Lefebvre

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    23 mai 2011 à 18 06 22 05225
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    @ gdm

    Alors, la solution est la rue privée. C’est plutôt la ville privée.

    L’idée n’est pas folle. Ça va à l’encontre du vieux principe l’union fait la force, mais je suis d’avis que dans certains cas, vaut mieux ne pas forcer les choses. Intéressant.

    Ou bien, il y a toujours déménager en Iran 🙂

    Fraddé
    P.S : «Reconnais le moment favorable» – Pittacos de Mytilène

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    30 mai 2011 à 15 03 21 05215
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    Monsieur Lartiste12 , vous dites fumer un joint en privé , chez soi , ne fait de tort à personne , je vous pose la question : Est-ce que vous avez eu comme locataire , des poteux qui ne vont pas dehors pour soigner leur mal ?
    Jean-Marie De Serre.

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