Le poker menteur d’Hosni Moubarak

Hosni Moubarak vient donc de nommer un vice-président en la personne de l’actuel chef de renseignement, Omar Solayman. C’est un de ses proches. Comme premier-ministre chef du Gouvernement, il a nommé Ahmed Chafiq, ministre des Transports aériens et surtout ancien chef d’état-major de l’armée de l’air.

Malgré tous les scénarii qu’il pourra mettre en place, le scénario tunisien se dessine à l’horizon où, c’est lui et ses caciques qui sont visés. Donc, en Egypte, c’est simplement une « révolution de palais » où les milliers de manifestants ont servi de chair à canon. Il est très probable désormais que, le fils héritier, Gamal est, quant à lui, out définitivement.

Mais, le peuple va-t-il accepter ça ? Au nom de quoi surtout ? Cette révolte populaire, de plus en plus radicale et violente, se contentera-t-elle de quelques strapontins donnés à des proches en guise de changement pour se calmer ? Que nenni ! Les militaires ont donc aujourd’hui, en Egypte, la main. Mais pourront-ils endiguer cette révolution sans passer par la force alors qu’on compte désormais plus de 60 morts ?

Alors qu’il avait suspendu le poste de vice-président qu’il occupa pendant le règne de Sadate dès sa venue au pouvoir en 1981, le raïs égyptien prouve qu’il est perdu.  En le rétablissant dans l’urgence, va-t-il laisser en sourdine le pouvoir et aller en exil ? Ce serait aussi vu comme une succession dynastique, même si le pouvoir sera considéré comme vacant. Mais, va-t-on reprendre les statuts de 1981 et les prérogatives qui vont avec ? Tout ça est flou et a une petite odeur…

Avec l’élection présidentielle qui a lieu en septembre prochain, Moubarak, 82 ans, ne sera pas candidat mais, le peuple acceptera-t-il que les militaires restent au pouvoir ?

Affaire à suivre !


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