Le Prix Nobel d’Economie Joseph Stiglitz approuve le mouvement social français

Après Jacques Généreux hier, nous donnons aujourd’hui la parole à un autre économiste contestant la petite musique libérale : Joseph Stiglitz, présenté par Le Monde comme « ex-chef économiste de la Banque mondiale (1997-2000), connu pour ses positions critiques sur les grandes institutions financières internationales, la pensée unique sur la mondialisation et le monétarisme ». On pourrait ajouter qu’il reçut le prix Nobel d’Economie en 2001 (plus exactement, puisque ce prix n’existe pas sous cette appellation, le « prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel »). Du sérieux, donc. Et que pense-t-il de la contestation française de la contre-réforme des retraites ? Réponse dans un entretien filmé il y a une semaine par Le Point : « Quand j’observe la France, je constate une réaction qui me semble plus saine (qu’aux Etats-Unis, NdA) : descendre dans la rue pour dire que quelque chose ne va pas ! Et plutôt que de se limiter à constater les problèmes et de se détourner de l’action collective pour faire quelque chose à propos de ce qui ne va pas, (…) ils disent : « nous pouvons résoudre nos problèmes si nous poussons notre gouvernement à le faire. » Je trouve que c’est un point de vue plein d’espoir. Il y a un engagement civique, un engagement civique dans la croyance que les citoyens, ensemble, à travers leur gouvernement et d’autres institutions ou unions de la société civile, peuvent travailler ensemble pour créer une meilleure société. Je trouve cette approche bien plus positive. » L’entretien s’arrête là, mais l’on sait ce que pense Stiglitz des politiques actuellement menées par cette belle Europe libérale en général, suivies avec zèle par nos sarkozystes : en mai dernier, il déclarait au Monde : L’Union européenne « veut un plan coordonné d’austérité. Si elle continue dans cette voie-là, elle court au désastre. Nous savons, depuis la Grande Dépression des années 1930, que ce n’est pas ce qu’il faut faire », et aussi : « il faut soutenir l’économie en investissant et non en la bridant par des plans de rigueur ». Tiens, notre brillant gouvernement ne propose-t-il pas justement un budget de rigueur ? Ou comment foncer droit dans le mur en klaxonnant. Et en sanctionnant comme toujours, les plus modestes : on ne touche toujours pas au bouclier fiscal. Une énième bonne raison pour retourner dans la rue samedi 2 !

Conférence sur la crise financière à l’université de Columbia, 20 février 2009 : quand Lagarde ouvre la bouche, Stiglitz est atterré !

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