Le retour en force des vieux démons Européens

La désintégration annoncée de l’Europe est en passe de constituer une catastrophe économique et politique majeure qui plongera notre continent dans une série noire jalonnée de faillites bancaires, de crédit plus ou moins complètement gelé, de dévaluation substantielle de sa monnaie unique (contrairement à ce que d’aucuns pensent peu profitable à l’Union car provoquée par des exodes massifs de capitaux) et, au final, d’une stagnation prolongée… De mesures d’urgence consistant en le sauvetage de Banques en décisions protectionnistes nocives parce que désespérées, l’Union Européenne est sur le point de dévoiler son côté sombre, noir, marqué bien plus par la peur (et par la xénophobie) que par une union jadis fière de ses liens commerciaux et économiques générateurs de valeurs ajoutées.

L’Europe de l’abolition des barrières douanières, celle qui s’était plongée à corps perdu dans un ultra libéralisme qu’elle croyait salvateur s’efface sous nos yeux devant une mosaïque de pays dont toute confiance en l’avenir s’évapore et où tous les égoïsmes sont en train de se réveiller. L’Europe des années 2010 ressemblera à celle des années 1930… car le fonds de 750 milliards d’Euros péniblement alloué à des nations qui ne tarderont pas en faire usage comme l’Espagne, le Portugal ou l’Irlande se sera tari en un peu plus d’une année sauf si la BCE se met à collectionner frénétiquement les papiers (dénués de) valeurs de ces pays! Car la planche à billets est désormais la seule et unique planche de salut de cet ensemble qui n’a plus d’Union que le nom, son membre principal – l’Allemagne – scrutant les expérimentations de sa Banque Centrale basée en son sein même, à Francfort, avec horreurs!

Non, l’Allemagne n’est pas farouchement opposée à la BCE (et à l’usage de la planche à billets) par crainte d’une hyper inflation qui aurait les relents de Weimar. En réalité, l’Allemagne dit catégoriquement « nein » à une Union en passe de se transformer en une Union de transfert de richesses hors de ses travailleurs industrieux et disciplinés et en faveur des amateurs de sieste Méditerranéenne… L’Allemagne, persuadée que le deutschemark se perpétuerait à travers l’Euro à la faveur d’accords de Maastricht protecteurs car fixant une fois pour toutes les règles du jeu découvre aujourd’hui que ce paquebot – où elle s’est embarquée volontairement – prend l’eau de toutes parts.

Car l’Euro que l’on a connu ces dix dernières années agonise et il emportera avec lui la mièvre croissance Européenne  attisant au passage la rancoeur grandissante des Allemands à l’encontre de la quasi totalité de leurs alter ego de l’Union. C’est pourquoi nulle illusion ne doit plus aujourd’hui être entretenue sur les véritables intentions Allemandes qui sont arrêtées: la Grèce, l’Espagne et d’autres devront quitter l’Euro … ou s’acquitter d’amendes rédhibitoires qui leur serviront de leçon de vie tout en perdant au passage leur droit de vote au sein de l’Union.

Celles des nations Européennes qui refuseront – ou qui échoueront – à ressembler à l’Allemagne devront la quitter! Son espace vital lui commande en effet d’être entourée de pays résolus à engranger les excédents dans une sorte de marche militaire harmonieuse, Wagnérienne, où toute l’Union est réglée au pas. Pourtant, ne vaudrait-il pas maintenir la cohésion Européenne au détriment de sa discipline fiscale et de sa Devise que de sauver l’Euro – et sa réputation – au prix d’un éclatement de l’Union?

Michel Santi

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *