Le revenu garanti

La prochaine étape du développement social est un revenu garanti pour tous. La sécurité du travailleur ne doit plus dépendre d’un droit toujours précaire à son emploi, mais d’un droit que lui garantit la collectivité a un revenu ferme lié à sa compétence acquise. Ce revenu doit lui être garanti indépendamment des activités concrètes que le système peut juger opportun d’exiger de lui. C’est sa disponibilité qui doi être sa contribution.

Il est absurde que dans tous les pays développés il n’existe pas déjà un revenu annuel garanti pour tous. Absurde, parce qu’un revenu garanti est plus équitable, plus valorisant, et ne coûte pas plus cher, que le saupoudrage erratique d’assistances ponctuelles qui est offert présentement un peu partout. C’est une grande source de confusion, d’injustice et de frustrations que de s’en remettre à des douzaines de programmes de soutien au revenu et à l’emploi pour faire face à la crise actuelle et, plus généralement, pour vivre le passage d’une struture industrielle d’emplois vers une économie tertiaire.

Garantir le revenu ne coûte pas plus cher, puisque chaque pays développé, sous divers masques, assure déjà un minimum vital à toute sa population. Il le fait parce que l’éthique collective ne supporterait pas qu’on laisse mourir de soif au bord de la fontaine, mais aussi, plus cyniquement, parce qu’une société de consommation exige, pour le bien de ceux qui produisent – qui sont ceux qui ont le pouvoir – que la demande de ceux qui consomment soit maintenue effective.

L’argent est là et on en met beaucoup. Mais, en l’accordant sous forme d’aumône, d’une façon vexatoire et humiliante, notre société perd son argent (notre argent!) de trois façons. D’abord, on démotive et on marginalise ceux qui reçoivent cette assistance financière; ensuite, on augmente les coûts de distribution de ce revenu; enfin, on renonce à la richesse réelle considérable en biens et services que représenterait le produit du travail de tous ces travailleurs qu’on a laissés pour compte.


 Ce qui est absurde va bientôt devenir intolérable.

Non pas intolérable pour quelques-uns, mais intolérable pour vous, pour moi et pour tous, à la mesure de l’insécurité croissante que va introduire pour tous l’accélération de la transformation des méthodes et des modalités de travail. Aujourd’hui, avoir travaillé dix ans dans une activité programmable sans avoir été recyclé, c’est déjà vivre en sursis de chômage et jouir d’une chance inespérée. Demain, si nous voulons demeurer à la pointe du progrès, les méthodes de travail devront se transformer encore plus vite.

Le travailleur ne doit plus espérer exercer un même travail ni occuper une même fonction plus de dix ans; ce serait une contrainte insupportable pour le système de production. 

Au contraire, le travailleur doit se préparer à consacrer désormais 10% et bientôt 20% de sa vie active à la formation et, après chaque recyclage, il devra aller vers le poste le plus productif pour lequel il sera devenu le mieux qualifié. Un poste différent de celui qu’il aura quitté. C’est à ce prix que nous bâtirons le système de production le plus performant et que nous pourrons assurer au travailleur le meilleur niveau de vie.

Nous serons loin de la sécurité d’emploi, qui est un anachronisme. Il faut penser sécurité du revenu. Le travailleur n’acceptera de bon gré ces incessants changements de sa vie professionnelle que s’ils ne mettent pas en péril son revenu. Il aura bien raison, car ce n’est pas lui qui fixe les taux d’intérêts et qui établit les politiques fiscales et douanières. Ce n’est pas lui qui choisit les infrastructures à créer et qui privilégie ainsi une avenue de développement plutôt qu’une autre; ce n’est pas lui qui finance le développement technologique, qui évalue les besoins de main-d’oeuvre à tous les niveaux et qui planifie les programmes d’éducation et de formation.

Le travailleur n’a aucun contrôle sur toutes ces décisions qui font que l’offre et la demande de main-d’oeuvre s’ajustent ou ne s’ajustent pas. il est la victime innocente d’un jeu de hasard, une « loto du chômage » que la société est d’accord pour tolérer parce que, collectivement, nous en retirons l’avantage d’un progrès plus rapide. Le changement que nous vivons profite à tout le monde, c’est pour ça que nous invitons le changement.

Le système a choisi d’optimiser son rendement d’une façon brutale, en défenestrant sans avis les moins agiles et les malchanceux. Le sans-travail n’a pas à être pénalisé, encore moins culpabilisé… Pourquoi serait-ce sa responsabilité de porter le poids des ajustements et serait-il mis au chômage sans qu’on lui garantisse la continuité de son revenu?  C’est toute la collectivité qui doit assumer le coût du changement, pas l’individu.

On a prévu jusqu’à présent de petits filets pour ceux qu’on précipite dans le vide; maintenant que nous allons évoluer de plus en plus vite sur le trapèze du changement et du recyclage continu, à la vitesse qu’imposera le rythme de l’évolution des technologies, il y a fort à parier que TOUT LE MONDE, au cours des prochaines décennies, aura l’occasion de profiter de la solidarité collective le temps nécessaire à son recyclage.

Il faut donc cesser de parler avec condescendance des « chômeurs » et des « assistés sociaux ».  » There, but by the grace of God go I … » Il faut que chacun puisse en profiter sans subir de pertes matérielles et sans humiliation. Il faut mettre en place immédiatement un régime de revenu garanti.

À quel niveau de revenus? Au niveau, d’abord, qui correspond pour chacun à la valeur déjà établi du travail qu’il fournit. Au départ, il faut s’en tenir aux revenus qui découlent des normes du marché du travail actuel. Non pas que ces normes ne devraient pas être modifiées, elle le devraient certainement, mais parce qu’il ne faut surtout pas que la décision technique de remplacer une foule de paiements ponctuels par un revenu garanti se transforme en un débat sur l’opportunité de donner plus ou moins aux défavorisés. Ce débat paralyserait toute action.

Il faudra faire aussi ce débat sur le redistribution de la richesse, mais gardons-le soigneusement à l’écart de celui sur la mise en place du revenu-travail garanti.

Pierre JC Allard

N.B. :  Ce texte  s’inscrit dans dans une section du site Nouvelle Société qui traite du travail et de l’emploi.  Pour le mettre en contexte, on peut lire le texte précédent et le texte suivant.

23 pensées sur “Le revenu garanti

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    8 février 2010 à 8 08 49 02492
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    @PJCA

    Évidemment, le revenu-garanti ne ferait pas partie d’une société minarchique. Ceci étant dit, ce serait fort possiblement une amélioration par rapport au système actuel.

    Dans la mesure où ce revenu pourrait remplacer presque l’ensemble des différents programmes d’aide sociale actuels, ça simplifierait beaucoup le système et augmenterait l’efficacité.

    Ça permettrait d’éliminer un paquet de programmes et de réduire la bureaucratie étatique.

    De plus, beaucoup de ces « ressources bureaucratiques » pourraient être utilisées afin d’aider les prestataires de ce revenu garanti à réintégrer le marché du travail, afin qu’ils n’en soient plus dépendants.

    En somme, lorsqu’on me propose un changement qui permettrait de réduire la taille de l’État, je suis toujours réceptif!

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    8 février 2010 à 12 12 39 02392
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    Monsieur Allard,

    Le revenu annuel garanti devrait être la norme à la place de tous les programmes sociaux inventés par le système. C’est une évidence. Ce dossier est évacué par nos gouvernements: c’est peut-être trop simple d’y donner suite. La devise du Québec n’est-elle pas maintenant: “ Pourquoi faire simple, lors que l’on peut tout compliquer“.

    Sans remonter au déluge, il me semble que ce sujet a été abordé lors de la Commission Castonguay- Nepveu à la fin des années 1960 comme étant une voie à explorer, mais depuis il n’y a plus de sons et d’images sur cette avenue.

    Le revenu garanti, comme vous l’écrivez, serait un pas dans la bonne direction dans le dossier de la redistribution des richesses. Mais notre système actuel aura-t-il le courage de le faire ? Est-ce qu’il y aura un parti politique qui aura l’audace d’en faire une dossier prioritaire ? J’en doute… Mais on peut continuer à espérer et surtout à interpeller nos politiciens.

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    8 février 2010 à 13 01 01 02012
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    Je ferai remarquer que la « redistribution des richesses » est bien ce que la face publique du communisme utilise pour justifier l’agenda caché de tout contrôler dans la société. Ça va coûter combien tout ça? Sommes-nous suffisament dans l’trou à ce jour?

    Cela dit, j’ai fait du bénévolat durant un peu plus d’un an dans un centre pour sans-abrit et j’ai de la compassion pour ceux qui sont dans ces situations difficiles. Si vous avez la même compassion, informez-vous sur l’aide qui est déjà disponible et sur comment cette aide pourrait mieux être ciblée.

    L’utopie d’une société juste et équitable viendra de l’implication des citoyens, pas des efforts de confiscation des gouvernements.

    Les corpogouvernemômans n’ont pas la crédibilité ni l’intégrité requises pour réaliser un tel rêve.

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    8 février 2010 à 13 01 49 02492
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    @MissiveduTexas

    Je suis entièrement d’accord avec vos propos.

    Cependant, faisons preuve d’un peu de pragmatisme. Nous ne nous débarrasserons pas de l’État-providence si facilement.

    Le revenu garanti serait fort probablement un pas dans la bonne direction, aussi petit soit-il.

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    8 février 2010 à 15 03 33 02332
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    Je ne saisi probablement pas bien votre commentaire. Dites-vous que d’amener un revenu garanti amènerait la fin de l’état-providence?

    J’sais bien qu’en maintenant une direction en ligne droite un moment donné on fait le tour de la terre, mais là…

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    8 février 2010 à 16 04 12 02122
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    JFK aurait dit: « au lieu de se demander si poser des gestes sensés aide la Minarchie, on pourrait se demander si la Minarchie aide à poser des gestes sensés…

    PJCA

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    8 février 2010 à 16 04 26 02262
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    PJCA – C’est un peu facile ici. J’ai eu la tentation d’indiquer que votre suggestion ne présentait rien de pratique quant à la façon d’aider ceux qui en on besoin.

    Juste au niveau financier. Si demain matin, on donnait à tous ce revenu garantie, l’inflation que cela proquerait ferait en sorte que ceux qui sont dans le besoin en ce moment serait dans la même position d’ici la fin de l’année: l’argent qu’ils ont n’étant pas suffisant pour subvenir à leurs besoins.

    Vous me direz donc – « Que le gouvernement contrôle les prix », ce à quoi je vous dirais – « c’est bien ce que les soviets ont fait, où en sont-ils maintenant? ».

    Et ce n’est qu’une facette. J’pourrais passer la journée à élaborer sur les conséquences non-désirées de l’intervention de l’état dans tous les domaines.

    C’est pourquoi je soustrais au rôle définit par la déclaration d’indépendance des US pour un gouvernement: protéger nos droits inaléniables à la vie, la liberté et la propriété.

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    8 février 2010 à 16 04 51 02512
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    @MissiveduTexas

    Vous semblez ne pas prendre en compte le fait que le revenu garanti remplacerais la plupart des programmes d’aide sociale. Il ne serait pas versé en plus de ceux-ci!

    Il aiderait la réduction de la taille de l’État puisque moins de bureaucratie serait nécessaire pour gérer un seul programme simple plutôt que plusieurs programmes complexes.

    C’est ça que je décrivais comme un pas dans la bonne direction.

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    8 février 2010 à 17 05 04 02042
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    Merci er bravo pour cet article.

    Le revenu de citoyenneté est loin d’être une utopie.

    Son coût était évalué à $ 3.6 milliards au Québec en 1997.

    En fait, c’est le but principal d’une société que de s’assurer que personne ne manque de l’essentiel.

    Cela fait d’ailleur parti de la Déclaration universelle des droits de l’homme des Nations-Unies.

    Christian Montmarquette

    Réfences :

    Être pauvre aux portes du paradis
    Par : Michel Bernard :

    http://archives.lautjournal.info/autjourarchives.asp?article=735&noj=186

    Article 25 de la Déclaration universelle des droits de l’homme des Nations-Unies :

    «Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d’invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté.»

    Lien vers l’ONU :

    http://www.un.org/french/aboutun/dudh.htm

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    8 février 2010 à 17 05 04 02042
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    @minarchiste – Je vois. Faudrait que je m’y penche un peu plus, mais juste de voir l’expression « la plupart » dans votre énoncé me fait douter de la solidité de l’alternative…

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    8 février 2010 à 17 05 27 02272
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    @Christian Montmarquette – L’ONU?? Cette organisation corrompue?

    Toutes les déclarations de l’ONU ne sont que des beaux souhaits qui peuvent modifiés ou éliminés par vote de la majorité de l’assemblée (selon la charte de l’ONU, j’me rappel plus la source).

    Et si mon voisin à droit à de la nourriture, cela donne-t-il le droit au gouvernement de saisir la mienne pour le nourrir lui?

    Rappelez-vous que les gouvernements ne produisent rien, seul l’écosystème de cette planète, qui inclut les individus, peut produire. Le gouvernement n’est qu’une entité virtuelle qui n’existe que dans la tête des gens et sur papier.

    Je serais plus en faveur d’un « droit » genre « tout terrain vaccant peut être utilisé par un citoyen qui en fait la demande pour cultiver un jardin ». Au moins là, c’est clair qui a droit de faire quoi avec quoi.

    Au Costa Rica, un groupe de citoyen peut même se faire donner un terrain qui n’est pas utilisé pour un certain temps.

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    8 février 2010 à 18 06 21 02212
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    80% de la richesse mondiale est détenue par 15% de la population.

    Cela démontre bien à quel point nous sommes à des années luminières d’une répartition équitable de la richesse.

    L’ONU est peut-être corrompue, il n’en demeure pas moins, qu’il est prafaitement immoral pour toute société civilisée de laisser ses citoyens crever de misère dans une société aussi riche que le Québec.

    Il est donc de la responsabilité première de l’État à répartir la richesse et de voir à ce que chacun, ne manque pas du minimum essentiel.

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    8 février 2010 à 19 07 20 02202
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    Comme toute proposition, celle-ci a les défauts de ses qualités. Le principal problème avec le revenu minimal garanti (ou revenu de citoyenneté) est que ses premières victimes seraient celles qui bénéficient le plus de la redistribution ciblée que nous connaissons actuellement, soit les personnes âgées et les femmes, surtout monoparentales.

    http://www.fqrsc.gouv.qc.ca/upload/editeur/actionConcerte/rapcitoyen.pdf

    Quant à au coût de 3,7 milliards par an évalué en 1997, il correspondrait à environ 5 milliards $. À ce montant, on parlerait de moins de 1 000 $ par an, que ce soit le modèle ou il serait donné à tous (environ 650 $ par personne) ou seulement aux adutes (un peu plus de 800 $ par personne). Comme il n’y aurait plus d’autres programmes sociaux, ce montant est nettement insuffisant pour survivre plus d’un mois ou deux…

    La revendication des groupes sociaux se base en général sur le seuil de faible revenu. Dans ce cadre, il serait plutôt réparti en fonction du nombre de personnes par ménage et de la taille de la municipalité.

    À http://www.statcan.gc.ca/pub/75f0002m/2009002/tbl/tbl-2-fra.htm, on peut voir ces seuils. En calculant rapidement en fonction de la taille actuelle des ménages et de leur nombre, on parle d’au moins 50 milliards $. Et les femmes monoparentales et les personnes âgées seraient pénalisées.

    Certaines propositions visent une récupération graduelle à partir d’un certain revenu, par exemple à partir de chaque dollar gagné en surplus du seuil de faible revenu, jusqu’à une récupération complète si on gagne un certain nombre de fois ce seuil (3 à 4 fois, disons). Là, cela coûterait moins cher, mais la proposition générerait une partie des coûts de contrôle que le système prétend éviter…

    Il est d’ailleurs bon de savoir que ce type de solutions émane autant de groupes de droite que de gauche. Le parti créditiste le proposait il y a longtemps… Même Milton Friedman a déjà appuyé une intervention du genre (mais pas au niveau du seuil de faible revenu, bien sûr).

    En plus, il y aurait des impacts importants sur la production, l’offre de travail et j’en passe. Mais je m’arrête là…

    Bref, avant d’appuyer une mesure qui semble séduisante à première vue, il faut en mesurer les impacts soigneusement…

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    8 février 2010 à 19 07 52 02522
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    @ M du T:

    « J’ai eu la tentation d’indiquer que votre suggestion ne présentait rien de pratique quant à la façon d’aider ceux qui en on besoin. »

    Ceux qui ont des besoins sont quasi unnimes a souligner que leur donner un pet d’argent les aiderait. De façon bien pratique. Le revenu garanti part de cette hypothèse qui n’a pas été généralement infirmée.

    « Si demain matin, on donnait à tous ce revenu garantie, l’inflation que cela proquerait ferait en sorte que ceux qui sont dans le besoin en ce moment serait dans la même position d’ici la fin de l’année: l’argent qu’ils ont n’étant pas suffisant pour subvenir à leurs besoins ».

    L’argument de base est que si l’on donne de l’argent à ceux qui ont des besoins, ils le dépensent. C’est vrai, mais le but d’une société – et de l’argent – est justement de satisfaire des besoins. Il est faux de prétendre que les besoins essentiels sont insatiables, la preuve en étant justement que ceux dont la richesse augmente en consacrent une part décroisssante à la consommation.

    Dire qu’ils seront dans même position avant la fin de l’année et qu’ils n’en « auront pas suffisamment » – sans reference aux montants virés – sont des assertions qui sont gratuites et qui, à mon avis, ne resisteraient pas à une analyse quantitative.

    « Vous me direz donc – « Que le gouvernement contrôle les prix », ce à quoi je vous dirais – « c’est bien ce que les soviets ont fait, où en sont-ils maintenant? » »

    Mais non, je ne vous dirai pas ça….

    « Je pourrais passer la journée à élaborer sur les conséquences non-désirées de l’intervention de l’état dans tous les domaines. »

    Prenez plutôt une heure par jour et surtout, n’arrêtez pas. Je ne demande qu’à supprimer ces interventions

    « C’est pourquoi je soustrais au rôle définit par la déclaration d’indépendance des US pour un gouvernement: protéger nos droits inaléniables à la vie, la liberté et la propriété ».

    J’y souscris également… mais il faut préciser et interpréter. C’est ce que nous essayons de faire ici.

    PJCA

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    8 février 2010 à 19 07 56 02562
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    @ Christian Montmarquette

    Merci pour ce complément bien utile d’information.

    PJCA

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    8 février 2010 à 20 08 13 02132
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    @ Darwin:

    « Le principal problème avec le revenu minimal garanti… (ou revenu de citoyenneté) est que ses premières victimes seraient celles qui bénéficient le plus de la redistribution ciblée que nous connaissons actuellement, soit les personnes âgées et les femmes, surtout monoparentales ».

    Je ne parle pas de revenu minimal garanti, mais d’un revenu-travail selon le travail et la compétence. Je respecte votre opinion et ,si vous avez le temps, j’aimerais avoir vos commentaires sur la proposition telle que présentée, préférablement en tenant compte de ses tenants et aboutissants dans les autres article de la section « Travail »

    http://nouvellesociete.wordpress.com/travail/

    « La revendication des groupes sociaux se base en général sur le seuil de faible revenu. Dans ce cadre, il serait plutôt réparti en fonction du nombre de personnes par ménage et de la taille de la municipalité. »

    Les propositions pour une Nouvelle Société sont proches des revendications des groupes de base quant à leur but, mais bien loin quant aux moyens proposés. Je note d’ailleurs dans l’article que le revenu-travail garanti est individuel et non par famille ou par ménage.

    ...ce type de solutions émane autant de groupes de droite que de gauche.

    Il y a une infinité de façon s’en approcher 🙂

    « En plus, il y aurait des impacts importants sur la production, l’offre de travail et j’en passe. »

    J’ai mille ( 1 000) articles sur le site Nouvelle Société…. et j’en passe encore :-))

    « Bref, avant d’appuyer une mesure qui semble séduisante à première vue, il faut en mesurer les impacts soigneusement… »

    L’objectif immédiat serait de convaincre ceux qui prétendent nous gouverner de mesurer soigneusement les impacts de cette proposition… et de tout ce qu’ils font.

    PJCA

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    8 février 2010 à 21 09 27 02272
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    @ PJCA

    Je ne parle pas de revenu minimal garanti, mais d’un revenu-travail selon le travail et la compétence.

    J’aurais dû précisé que je parlais du revenu de citoyenneté tel que mentionné par Christian Montmarquette, dans son commentaire du 8 février 2010 à 17 h 4.

    J’avais lu que vous parliez d’autre chose, mais je ne comprends pas vraiment comment cela fonctionne. Comme vous le dites, je devrais lire les autres textes avant de me prononcer. Mais, déjà dans votre billet, j’ai des réactions sur certains des postulats.

    Par exemple, quand vous écrivez «Le travailleur ne doit plus espérer exercer un même travail ni occuper une même fonction plus de dix ans», cela n’est pas toujours exact. Selon les études que j’ai lues sur le sujet et les données sur le temps d’occupation moyen des emplois, les travailleurs changent de nos jours moins souvent d’emplois qu’il y a trente ans.

    Je sais, cela va à l’encontre de tout ce qui se dit et s’écrit sur le sujet, mais les données sont assez formelles sur le sujet. Et ceux qui prétendent qu’on change plus souvent d’emploi qu’avant ne fournissent jamais de données pour étayer leur affirmation : pas besoin, tout le monde le sait !

    Je reviendrai peut-être là-dessus et sur votre revenu-travail minimal garanti plus tard cette semaine. Il semble qu’il y ait moult lectures à faire…

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    9 février 2010 à 3 03 09 02092
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    @ Darwin:

    La rotation du personnel a fait l’objet d’une étude longitudinale de l’OCDE. J’essaie de vous retrouver la référence exacte. Il y a deux variables qui évoluent en sens opposé. A) le changement d’employeur, qui est fonction, i.a, du nombre employeurs dans chaque sous-branche d’activité; on tend vers une situation où, pour une compétence donnée, le nombre d’employeurs potentiels est plus restreint, ce qui favorise la stabilité. B) La transformation technologique accélérée du contenu des postes de travail qui n’est pas contestée

    Le résultat, quand les deux tendances de combinent, est que le travailleur qui a une protection syndicale, ou oeuvre dans une société où l’on privilégie une culture d’entreprise, peut changer de fonction sans changer d’employeur ou même d’emploi formel… ce qui biaise toute l’analyse.

    Même en ce cas, cependant il est à courir sur un tapis roulant – ce qui est bien essoufflant pour lui – et son maintien n’optimise pas le recyclage à l’échelle de l’industrie comme le ferait un système qui enlèverait toute contrainte au passage sans heurts de l’employeur A à l’employeur B.

    Troquer l’obligation de maintenir les emplois contre une participation a un revenu garanti qui enleve toute contraintes aux licenciements n’est pas une idée qui chagrine les employeurs…

    PJCA

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    9 février 2010 à 7 07 33 02332
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    «La rotation du personnel a fait l’objet d’une étude longitudinale de l’OCDE. »

    Je parlais de données canadiennes et québécoises. Le changement d’employeur a peut-être augmenté aux États-Unis, entre autres en raison de la baisse de syndicalisation, mais pas au Canada, sauf durant les années 1980. Depuis, il est à la baisse. Je reviendrai avec des sources ce soir.

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    9 février 2010 à 17 05 17 02172
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    @ Minarchiste qui écrit:

    « Cependant, faisons preuve d’un peu de pragmatisme. Nous ne nous débarrasserons pas de l’État-providence si facilement.

    Le revenu garanti serait fort probablement un pas dans la bonne direction, aussi petit soit-il. »

    ***

    Au contraire… rien de bon ne peut sortir de ça. C’est très tentant, très beau (en apparence), mais RIEN AU MONDE (à part la fausse monnaie), n’est plus insidieux que cette mesure ÉTATIQUE. L’enfer est réellement pavé des meilleurs intentions au monde. Cette nouvelle mesure universelle (ce que les programmes pour contrer la pauvreté -comme le bs- ne sont pas actuellement), ne va que faire augmenter la dépendance à l’état, encourager le laissez-aller, la bureaucratie et va faire en sorte -qu’encore une fois- la source des inégalités, ne soit pas examinée et éliminée.

    Il y a vraiment du monde qui savent comment manipuler les esprits… et qui n’avouent PAS leurs réelles intentions.

    C’est la fausse monnaie (une LOI), plus la règlementation, plus les subventions, etc , qui créent 90%-95% des inégalités économiques, des permet l’existence des monopoles/oligopoles, etc.

    RIEN D’AUTRE.

    Alors toutes les solutions qui ne vont pas à la racine de nos problèmes, sont des solutions de ceux qui veulent nous asservir.

    Cette mesure est digne des PIRES régimes que le monde ait connu.

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    9 février 2010 à 18 06 22 02222
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    @ Darwin:

    Au Québec, vous avez sans doute raison. Mais je crois que cet effet de la syndicalisation est pervers… Je trouve amusant de me retrouver de l’autre côté de la barrière… 🙂

    @ Sebas:

    On se met en société pour mieux se diviser le travail, étaler les risques et s’entraider. Comme on se met en cordée pour gravir un pic. Je n’ai pas d’autres intentions.

    Nous discutons entre gens qui partageons ces objectifs, mais divergeons quant à la façon de les atteindre. Partagez-vous ces objectifs fondamentaux ?

    Sinon, je crois que vous devriez avoir le droit de vous exclure de la société. Mais, vous tranchez alors la corde et votre opinion ne peut plus être prise en compte quand on choisit le chemin à suivre ensemble.

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/03/10/01-systemes-et-societes/

    PJCA

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    9 février 2010 à 21 09 06 02062
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    @ PJCA

    L’étude dont je vous parlais s’intitule «Durée d’occupation des emplois, mobilité des travailleurs et marché du travail des jeunes dans les années 1990». L’extrait qui nous intéresse est au pages 18 à 20 de http://www.statcan.gc.ca/pub/11f0019m/11f0019m2001155-fra.pdf .

    Quant à la durée moyenne des emplois au Québec, elle est passée de 87,5 mois en 1976 à 103,7 mois en 2008, assez stable depuis le début des années 2000. Elle a en fait un peu baissé chez les jeunes, car ils entrent plus âgés sur le marché du travail en raison de leurs études en moyenne beaucoup plus longues, mais a monté dans le principal groupe d’âge sur le marché du travail, soit les 25 à 54 ans. Ces données proviennent de l’Enquête sur la population active de Statistique Canada (non publiées sur le net à ma connaissance).

     Mais je crois que cet effet de la syndicalisation est pervers…

    Bon, je crois que j’ai déjà assez de débats comme cela avec des gens de droite et que je n’en ai vraiment pas besoin d’un autre… 🙁

    Amusez-vous bien !

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    10 février 2010 à 5 05 13 02132
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    @ Darwin

    Merci pour ces chiffres. Je crois que ça complète bien ce fil. On discute à partir de données plus complètes. Allons vers la conclusion qui en découle.

    PJCA

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