Le « testament » des banques allemandes

Une chose qu’on ne peut enlever à nos voisins allemands, c’est leur lucidité. Et leur manière implacable d’y réagir. Madame Merkel vient de se distinguer par des prises de positions qui tranchent, c’est le moins qu’on puisse dire, avec la méthode Coué un peu benête de son collègue français.

« CINQ ANS OU PLUS »

La première de ces prises de position inscrit la crise dans un temps presque illimité :

« Nous devons retenir notre souffle pendant cinq ans ou plus. Beaucoup d’investisseurs ne croient pas que nous puissions tenir nos promesses en Europe. Nous devons faire preuve de rigueur pour convaincre le monde qu’il est rentable d’investir en Europe. »

Le « ou plus » de la première phrase apparaît singulièrement comme aussi illimité que les promesses d’aides mirifiques des différents présidents de banques centrales, qu’ils soientaméricaineuropéen ou japonais.

Sauf qu’il est bien plus facile de faire passer l’idée, même saugrenue, d’une aide planche-à-billets sans limite que celle d’une austérité de plus en plus accrue et dont on n’est pas capable de voir le bout.

DERNIÈRES VOLONTÉS

Mais le fameux pragmatisme allemand n’en reste pas là et enfonce le clou par des décisions qui décoiffent.

La BaFin, gendarme financier allemand, vient de demander aux banques du pays — Deutsche Bank comprise — de rédiger leur « testament » (textuel !) au cas où elles viendraient à être paralysées par une crise systémique globale, histoire de savoir à quelle sauce elles préféreraient être découpées et mangées.

C’est ni plus, ni moins reconnaître l’éventualité de plus en plus incontournable d’un tel fléau. Les lecteurs des Jorion, Lordon, Sapir ou plus modestement de ce blog ne seront guère surpris de voir un tel scénario pris enfin en compte.

Mais on ne peut guère en dire autant de nos responsables politiques français. En témoignent les récents délires tout roses d’un François Hollande totalement dépassé par la situation. Florilège pour rire un peu :

« Sur la sortie de la crise de la zone euro, nous en sommes près, tout près… Nous en sommes à la troisième année de crise. La reprise va arriver, c’est une question de cycle. »

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