Le veau d’or est l’Etat

NDLR: article publié le 9 septembre

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Deux ans après la période mémorable ayant vu l’effondrement de Lehman et la résurrection forcée du groupe AIG, les marchés – peu soucieux de questions existentielles ou simplement analytiques – connaissent un nouvel accès d’euphorie. Pourtant, le capitalisme est mort!

Nulle entreprise de quelque importance ne peut en effet aujourd’hui se targuer d’avoir pu traverser les tourmentes grâce à la qualité de sa gestion car le marché libre – je veux dire celui où tout un chacun assumerait les conséquences de ses actes – est devenu un instrument quasi préhistorique. La valorisation d’une société n’est ainsi pas tant calculée de nos jours en fonction de sa capacité d’endettement (elle même reflet de sa santé financière) que de la capacité d’accès de cette même entreprise aux fonds de l’Etat…

En fait, nous vivons dans un monde où l’Etat fait preuve d’un acharnement obsessionnel à maintenir les grandes entreprises en vie par crainte de réactions d’un marché qui serait susceptible de déstabiliser toute l’économie s’il décrétait d’exprimer son mécontentement! Ce monstre ayant constamment besoin d’être nourri, seule la caste des actionnaires semble digne d’être satisfaite: Qu’il est facile de vanter le capitalisme quand on gagne à tous les coups.

Ce spectacle déplorable de méga entreprises sauvées coûte que coûte a dénaturé la mission originelle (et noble) du capitalisme via une déresponsabilisation de ses acteurs à la faveur d’un passage du flambeau aux mains de l’Etat, c’est-à-dire aux mains de politiciens n’ayant jamais eu à naviguer dans le monde réel! Ce faisant, les critères d’antan sont devenus désuets et ringards, les frontières du passé ont reculé, voire disparu et pour cause puisque c’est l’Etat qui prend aujourd’hui littéralement en charge les entreprises sensibles. Puisque c’est également l’Etat qui, aux Etats-Unis, soutient un marché immobilier détruit par des banquiers et des actionnaires avides. La politique monétaire des taux zéro se poursuivra à n’en point douter le temps nécessaire pour que cette caste privilégiée puisse enfin voler de ses propres ailes.

Les Empereurs de Wall Street ont atteint leur but. Quant à nous, nous sommes des dégâts collatéraux: nous étions là au mauvais moment c’est tout…

2 pensées sur “Le veau d’or est l’Etat

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    22 septembre 2010 à 8 08 11 09119
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    «Ce spectacle déplorable de méga entreprises sauvées coûte que coûte a dénaturé la mission originelle (et noble) du capitalisme»

    Elle est bonne celle-là! Noble! De donner le droit à des parasites détenant le capital préalablement, d’exploiter les besoins d’autrui, leur labeur et leurs maladies, ce serait noble? Et quoi encore? On a troqué quelque roi, pour un peu plus de rois encore. Ça change quoi, ça, pour le prolétariat qui s’y fait exploiter? Quedal! La concentration de richesse chez une poignée d’affairistes est en fait, un fait inévitable dans ce système foutu et pourri d’avance. Les dés y ont toujours été truqués. Le prolétariat, lui, n’avait aucune chance de gagner! Le capitalisme, n’en déplaise aux libertariens, concentre les richesses créées par le prolétariat –qui la quémande ironiquement- chez une poignée de bourgeois. C’est inévitable, sauf quand l’État intervient! Le capitalisme doit sa survie aux États de ce monde, qui volent et pillent les exploités, pour satisfaire leurs exploitants!

    Et comme monsieur David, vous semblez affirmer que c’est l’État, là-dedans, le problème, alors que cet État a fait perdurer ce système déficitaire et faillitaire –aux 30-40 ans-. Sans l’État, les idiots utiles que sont les libertariens baigneraient dans une guerre civile –puisque l’État ne m’empêcherait pas de zigouiller du bourgeois!- où les seigneurs de guerre, seraient les plus fortunés de ces bourgeois. Déjà que l’État régule très mal et démontre très bien son parti pris pour certains bourgeois en particulier, on ne me fera pas croire que sa disparition immédiate règlerait les problèmes certain! À d’autres! Des trous de cul comme Péladeau, ça se fichent éperdument des droits et libertés des travailleurs, qu’ils exploitent.

    Sans l’État, dans les années 1930, les socialistes auraient fait e tour de la Terre et l’Amérique latine, l’Asie et bien d’autres endroits, comme l’Afrique, seraient peuplés de conseils populaires, dont les bourgeois ne seraient pas admis –ou ce serait encore la guerre, mais j’en doute fortement!-. C’est un fait que vous ne pouvez démentir. Sans les «Ronald Reagan» de ce monde, l’Amérique latine serait rouge d’un bout à l’autre. Pareil au Vietnam. Et ailleurs… Et Cuba aurait des «amis», des partenaires, et ceux-là n’auraient pas peur des représailles d’États bourgeois comme celui de Washington.

    Vous dites d’autre part, que les politiciens n’ont jamais vécu dans le monde réel, or, ce sont eux, même si je ne les soutiens pas là-dedans, qui ont permis au capitalisme de perdurer, outre ses premières morts. Et sans les interventions de l’État, trop souvent, nous aurions connu des périodes encore plus sombres que ces récessions de pacotille! Ces effets de soupape populaire, dénoncés par les libertariens, sont en fait les effets-mêmes qui ont fait persister la liberté d’exploiter son prochain. Comme quoi les idiots utiles n’étaient pas que ceux dénoncés par Lénine!

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    2 janvier 2011 à 2 02 40 01401
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    Ajoutez à cela une monnaie qui ne vaut plus rien sauf à être imposée par la force et le compte y est .

    Tk.

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