Le Vieil homme est amer

Image Flickr par jca.photo

Après 40 ans de pouvoir volé à la démocratie, Moubarak tente par tous les subterfuges de se maintenir à son trône.

Sa dernière tentative a consisté à manipuler l’opinion, tentant en vain de faire croire aux médias, qu’il avait encore des partisans.

Aujourd’hui, grâce aux relais internet, les preuves s’accumulent prouvant qu’en fait de contre manifestation, ceux qui ont attaqué les manifestants installés sur la place AL TAHIR, étaient des policiers, militaires, déguisés en civils, montés à cheval, qui avaient été payés 50 EGP pour attaquer les manifestants,

Nombreux d’entre eux ont été démasqués, avec les preuves formelles qu’ils étaient des policiers déguisés.

Sur cette photo, les pièces d’identités de ceux-ci, prouvant leur appartenance aux services de la police.

Sur cette vidéo, les dernières images des affrontements.

Une manifestante raconte :

« Je fais suivre ce message facebook d’une amie qui vit au Caire sur la maintenant célèbre place Tahir, centre de la révolte contre le régime de Moubarak. Elle y parle des affrontements qui ont eu lieu aujourd’hui (3 février 2011) entre pro-Moubarak et anti-Moubarak. Les premiers s’avèrent en fait être principalement des policiers, fervents défenseurs du régime.

Mais il y a pire, le régime est tombé si bas qu’il embauche des gens contre de l’argent et de la nourriture, dans cette situation de pénurie (plus de retraits d’argent possible, plus d’approvisionnement en nourriture) pour aller affronter les manifestants coincés sur la place qui sont sans moyens de se défendre. Si vous pouviez faire passer cela à des organisations ou collectifs qui sont mobilisés sur la question égyptienne qui peuvent relayer l’information pour dénoncer les nouvelles exactions du régime »

«  Je voulais te confirmer que, oui, les pro-Moubarak (du moins les violents pro-Moubarak) ont été payés par le gouvernement 50 EGP par manifestant (confirmation par un ami à moi que le gouvernement a essayé d’acheter) : si tu marchandes un peu ut peux même avoir un repas gratos chez KFC…voilà !

C’est pour te dire jusqu’ou va le gouvernement ».

Au delà de ces témoignages, on voit que les tentatives du pouvoir de priver les citoyens égyptiens de moyen de communiquer, en les privant de téléphone et d’internet, ont produit l’effet contraire à celui espéré.

Les égyptiens sont donc sortis dans la rue, afin de communiquer directement, et se sont réunis sur cette place centrale du Caire, renforçant ainsi leur détermination.

Les Egyptiens se réunissent à nouveau aujourd’hui jour une manifestation intitulée « le jour du départ », et le samedi 5 février, une manifestation de soutien se tiendra Place de la République, à Paris, à 14h30.

Aujourd’hui, la Tunisie en révolution a pris de court pas mal de monde, y compris le gouvernement Sarközi, et Alliot Marie, dont les dénégations affolées ne font qu’aggraver le cas.

Pourtant, comme le dit très justement un blogueur, elle n’est pas la seule à être prise le doigt dans le pot de confiture : que penser de «  Frédéric Mitterrand, de Bertrand Delanoë, de Philippe Seguin qui entretenaient des relations cordiales avec Ben Ali ? » lien

Il faut reconnaitre que les « offres de services » que MAM a faites au despote tunisien étaient pour le moins mal venues.

L’Algérie est rentrée à son tour dans la danse, et appelle à une nouvelle marche le 12 février à partir de    11 heures, de la Place du 1er mai à la Place des Martyrs.

Le Yémen s’agite, tout comme la Syrie, voire la Lybie, et on serait tenté de dire « à qui le tour ? »

Ce jeu cruel de dominos qui s’effondrent les uns après les autres pourrait-il se poursuivre de l’autre coté de la Méditerranée ?

En France, les manifestations contre la retraite, même si elles ont été plutôt « bon enfant » ont tout de même mobilisé des millions de français, et leur échec leur est resté en travers de la gorge.

De nombreux sites se créent, comme celui-ci, sur facebook « Peuple Français, Reprenons le Pouvoir ».

Les raisons de mécontentement se multiplient, jusqu’aux juges bretons qui se mettent en grève ! (lien),

Les CRS qui se sont mis en grèves de la faim ont eu plus de succès que les millions de français qui ont voulu sauver leur retraite à 60 ans. lien

Les répercussions de ces évènements Nord Africains seront profondes.

Et les gouvernements européens qui ont protégé cyniquement toutes ces dictatures risquent de le payer bientôt très cher.

Car comme dit mon vieil ami africain :

« Ne te laisse pas lécher par qui peut t’avaler »

4 pensées sur “Le Vieil homme est amer

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    7 février 2011 à 5 05 37 02372
    Permalink

    Ce n’ est pas l’homme qui se tente de se maintenir en place, mais ceux qui l’ont précisément mis en place, dont Washington, Ottawa et d’autres, comme Israël.

    Ils ont besoin de ce dictateur, ces fameux défenseurs de la liberté et de la démocratie…

    Des hypocrites. On devrait mettre en prison les défenseurs de la dictature de Mubarak, sans exception.

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    • avatar
      7 février 2011 à 11 11 52 02522
      Permalink

      Sylvain,
      c’est possible,
      je suis peut être un gros naïf mais j’ai l’impression qu’Obama n’est pas sur cette logique.
      qu’Israël ait des craintes de voir l’Egypte prendre la voie de la démocratie, et ne soit peut etre plus un rempart, çà ne me surprend pas,
      mais çà pourrait être productif d’un vrai changement, pour la reconnaissance réelle du peuple palestinien, et obliger ainsi Israël et la Palestine de décider de vivre en bonne intelligence.
      sinon, je suis d’accord avec vous pour la prison pour tous les défenseurs de la dictature de Mubarak.
      sans exception.
      merci de votre commentaire.

      Répondre
  • avatar
    7 février 2011 à 10 10 29 02292
    Permalink

    Aujourd’hui, ce ne sera pas une chanson mais deux !

    Les “experts” amis-amis et le petit prince

    Le chef égyptien,
    Lui-même, sa femme et le petit prince
    Sont venus chez moi
    Pour me serrer la pince.
    J’les ai accueillis,
    J’les ai applaudis :
    Puisque moi aussi,
    Je me suis enrichi !

    Le chef égyptien,
    Lui-même, sa femme et le petit prince
    Sont venus chez moi
    Par crainte qu’on les pince.
    Comme j’étais ravi,
    Qu’il soit mon ami,
    J’lui dis “pas d’soucis,
    Nous restons bons amis !”

    Le chef égyptien,
    Lui-même, sa femme et le petit prince
    Sont venus chez moi
    Juste avant qu’on les pince.
    J’les ai accueillis,
    Avec Alliot-Marie,
    Et tous entres amis,
    Nous nous sommes enrichis !

    Si les autres avant moi n’étaient pas beaucoup mieux, moi, en plus, je déborde de bonheur ! Vivent les riches !

    Sur la place Tahrir

    I

    Sur la place Tahrir,
    On se surprend à rire.
    Sur la place Tahrir,
    On rêve sans tarir.

    Ibrahim s’écrie “vive la liberté !
    A mort la propagande !
    Qui veut la liberté
    La chante en toutes les langues !”

    Sur la place Tahrir, de féroces voyous,
    Viennent d’on ne sait où
    Ils nous jettent des pierres.
    Comme à l’âge de pierre.

    II

    Sur la place Tahrir,
    On les voit atterrir.
    O ! Ma place Tahrir,
    Où sont passés tes rires ?

    Et Imaël dit “il faut pas s’alarmer”,
    L’armée, c’est notre armée.
    Les soldats sont nos frères.
    Mais soudain s’engouffrèrent

    Sur la place Tahrir, ces furieux mercenaires
    Venus pleins de colère
    Nous donner du bâton.
    Comme le font les matons.

    III

    Sur la place Tahrir,
    On jure de pas trahir.
    Sur la place Tahrir,
    Dans la nuit d’Altaïr.

    Et Ahmad dit “journalistes, amis,
    Luttez sans compromis,
    Soyez à nos côtés !”
    Soudain de tous côtés

    Sur la place Tahrir, le Peuple devient foule
    Et pour la propagande
    Sur eux il se défoule.
    Comme font les pires bandes.

    IV

    Sur la place Tahrir,
    On ne peut pas trahir.
    Sur la place Tahrir,
    On ne peut pas partir.

    Mohamed nous crie “appelez les secours !”
    On a plus de recours.
    L’armée n’a pas chargé.
    La foule s’en est chargé.

    Sur la place Tahrir, de la Libération,
    Nous sommes la Nation
    Qui combat la terreur
    D’un pouvoir franc-tireur.

    Sur la place Tahrir,
    On commençait à rire.
    Sur la place Tahrir,
    On rêvait sans tarir…

    Voris Bian

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